Déclaration de M. Didier Guillaume, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, en réponse à une question sur les relations entre l'Union européenne et les pays du Mercosur, au Sénat le 3 juin 2019.

Texte intégral

Madame la Sénatrice, comme vous l'avez dit, la Commission relance des discussions en vue de parvenir à un accord avec les pays du Mercosur. Votre question me donne l'occasion de préciser de nouveau, comme je l'ai fait à cette tribune la semaine dernière, lors de la discussion de la proposition de résolution européenne sur la PAC, la position claire, ferme et nette de la France.

Le président de la République s'est entretenu samedi dernier avec le président Juncker. J'ai moi-même travaillé de longues heures avec le commissaire Hogan. Notre position est claire : la France est opposée à la signature de l'accord avec le Mercosur voulu par l'actuelle Commission, car il ne correspond pas à nos standards. La France ne peut pas être favorable à cet accord, car il se ferait au détriment de notre agriculture. La France est opposée à cet accord, parce qu'il se ferait au détriment de nos standards sanitaires. La France est opposée à cet accord, parce qu'il se ferait au détriment de nos standards alimentaires. Enfin, la France est opposée à cet accord, parce qu'il se ferait au détriment de l'accord de Paris et de nos critères environnementaux. Je ne peux pas être plus clair.

La majorité actuelle de la Commission négocie avec le Mercosur et voudrait entériner cet accord. La France n'y est pas favorable, nous l'avons dit. En l'état actuel des choses, si la question se posait, la France voterait contre cet accord. Avant que la question ne se pose, les discussions diplomatiques et politiques doivent se poursuivre. Il faut que la Commission infléchisse sa position. L'accord du Mercosur ne peut pas se faire au détriment de l'agriculture et des agriculteurs français.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 3 juin 2019