Déclaration de Mme Florence Parly, ministre des armées, en réponse à une question sur la vente d'armes à l'Arabie saoudite et le Yemen, au Sénat le 30 avril 2019.

Texte intégral

Monsieur le Sénateur,


Vous l'avez dit avec vos mots, la situation au Yémen est épouvantable. Cette guerre doit cesser !

La France est depuis longtemps engagée en faveur du processus de paix. Le gouvernement a encore récemment reçu l'envoyé spécial de l'ONU, M. Griffiths. Il lui a réitéré son plein soutien dans sa mission ô combien difficile.

Croire que cet horrible conflit disparaîtrait si la France mettait fin à son partenariat avec l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis est faux. On ne peut pas abandonner des pays qui font eux-mêmes face à des menaces telles que celle d'Al-Qaïda, organisation terroriste qui nous a frappés sur notre propre sol en 2015.

Le gouvernement n'a jamais nié la présence d'armes d'origine française au Yémen. Ce que j'ai dit et ce que je répète, c'est que, aujourd'hui, nous n'avons pas de preuves que ces armes ont été employées contre les populations civiles.

Vous le savez fort bien, Monsieur le Sénateur, pour avoir vous-même exercé des fonctions gouvernementales au Quai d'Orsay : l'autorisation d'exporter des armes n'est accordée qu'après un examen interministériel rigoureux, auquel participe le Quai d'Orsay. Cet examen tient compte de différents critères : la nature des matériels, l'identité de l'utilisateur final, le respect des droits de l'Homme, la stabilité régionale, la nécessité de lutter contre le terrorisme, ainsi que la sécurité des civils.

Nous avons un dialogue très franc avec l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis sur l'urgence de sortir de ce conflit, car la France n'a qu'un objectif : la fin de cette guerre.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 10 mai 2019