Déclaration de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur l'action du gouvernement en faveur des Français résidant à l'étranger, à Paris le 15 mars 2019.

Intervenant(s) :

  • Jean-Baptiste Lemoyne - Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Circonstance : 30e session plénière de l'Assemblée des Français de l'étranger, à Paris le 15 mars 2019

Prononcé le

Texte intégral

Merci beaucoup, Monsieur le Président,
Cher Marc,
Madame,
Monsieur le vice-président,
Mesdames et messieurs, les présidents de groupes, de commissions,
Mesdames et messieurs, les conseillers de l'Assemblée des Français de l'étranger,
Mesdames et messieurs, les parlementaires, un certain nombre, effectivement, sont venus ce matin et je sais aussi, tout au long de la semaine…


En premier lieu, je voulais m'associer aux hommages rendus à la mémoire de Guy SAVERY, parce qu'il y a eu une messe, je crois, lundi dernier, je ne pouvais hélas pas être présent, mais je sais qu'il a été un membre important de l'Assemblée, qu'il a énormément oeuvré, qu'il avait contribué à fonder la Caisse des Français de l'étranger, cher Alain-Pierre et que par ailleurs, au Maroc, c'était un des piliers de la Société de bienfaisance. Il a fait partie des engagés qui laissent une flamme et cette flamme, nous sommes, les uns, les autres, au-delà de nos engagements philosophiques, politiques, partisans en tout cas, attachés à perpétuer ce type d'engagements. Le visage de l'Assemblée a légèrement évolué, puisque vous avez accueilli, je crois, certains nouveaux membres. En conséquence de ce que je viens d'évoquer : Madeleine BERGER BEN NACEUR a rejoint l'Assemblée, mais c'était un visage qu'on voyait souvent. Et puis, bienvenue à Hélène DEGRYSE en remplacement de Pierre GIRAUD, à Luc de VISME en remplacement de Renaud DIGOIN-DANZIN et à Isabelle DUVOISIN en remplacement de Ronan LE GLEUT qui est devenu sénateur. Je leur adresse tous mes voeux de réussite également dans l'exercice de leur mandat.

Cette 30ème session se déroule dans un contexte particulier : elle est marquée d'une part, par le Grand débat national qui s'achève aujourd'hui et par également, les élections européennes du 26 mai prochain. Je vais revenir dans un instant sur ces deux points, mais j'ai souhaité les mentionner justement, parce qu'ils permettent de souligner l'apport des Français de l'étranger et le vôtre pour faire vivre notre démocratie en dehors des frontières du territoire national. Moi, je l'ai vu dans les grands débats, ils apportent par leurs idées, leur dynamisme, on le connaît, et vous l'incarnez aussi les uns et les autres… Il y a une formule que j'ai volontiers fait mienne, les Français de l'étranger ne sont pas des citoyens à part, mais des citoyens à part entière. J'interviens aujourd'hui en fin de session et je suis à votre écoute, parce que je sais que pendant ces cinq jours, vous avez énormément travaillé, énormément auditionné et que vous avez j'imagine, beaucoup de choses également à relayer. Vous l'avez fait, naturellement, avec Monsieur le Directeur, avec les équipes de la DFAE que je salue, puisque je ne l'ai pas fait en introduction. Je voulais leur dire toute ma reconnaissance.

Je vais revenir sur un certain nombre de points qui font l'actualité de nos compatriotes à l'étranger et on continuera avec le traditionnel exercice de questions-réponses, mais pour commencer, effectivement, ce Grand débat national, pour en tirer un rapide bilan. Nous aurons les données définitives dans le week-end, mais au 14 mars, donc à hier, on avait recensé, pas loin de 300 réunions dans 78 pays à travers le monde et 1 500 contributions écrites sur la plateforme internet, donc, notamment, le nombre de réunions est significatif. Moi, j'ai eu l'occasion de faire un débat à Munich et ce que j'ai vu, c'est que d'ailleurs, étaient évoqués naturellement les sujets spécifiques aux Français établis hors de France, mais que la vie nationale et que les thèmes qui, ici aussi, faisaient bouillonner en termes d'institutions, de transition écologique, d'Europe, étaient également très, très, très, très présents. D'ailleurs, c'est à Munich que j'ai été interpellé sur le 80 km/h et on peut se dire que pourtant, les autoroutes allemandes n'ont pas le même type de contraintes. Tout cela pour dire qu'on voit bien qu'également, les débats métropolitains, si je puis dire, étaient bel et bien présents également dans toutes les communautés. Je crois que cela montre justement cet attachement viscéral, cette connexion viscérale à l'actualité du pays. Je voulais également vous remercier, parce que je sais que les uns et les autres, vous avez joué un rôle actif dans l'exercice, aux côtés aussi des parlementaires pour organiser ces débats, rapporter les propositions qui en sont ressorties. Et puis, avec Jean-Yves LE DRIAN, on avait vraiment donné des directives très claires à l'ensemble des postes du réseau pour que d'un point de vue logistique, soit facilitée l'organisation de réunions dans le respect de la neutralité des agents de l'État bien sûr, mais qu'on puisse mobiliser, soit les locaux de lycées, d'instituts ou le cas échéant, parfois d'ailleurs, d'ambassades ou de consulats plus rarement. En tous les cas, je crois que c'est un beau succès collectif. Et puis, maintenant, comme disait le Président de la République, on n'a pas fait tout cela pour ne rien en faire, donc on va rentrer dans la phase aussi d'exploitation de toutes ces données, de toutes ces suggestions, propositions pour, dans les prochains mois, naturellement, transformer tout cela aussi en décisions, en actions, en mesures qui ne seront pas toutes législatives, je pense. Elles peuvent être réglementaires et puis, cela peut être aussi tout simplement, des processus, des procédures, des méthodes à faire évoluer.

Deuxième grand enjeu pour le pays dans lequel s'inscrivent pleinement, naturellement, les Français établis hors de France, ce sont les élections européennes du 26 mai prochain, dès le 25 mai, d'ailleurs pour les Amériques. Quelques mots peut-être pour préciser des aspects d'organisation. Naturellement, moi, sur le voeu que nos 1,25 million de compatriotes à l'étranger qui sont inscrits sur les listes électorales consulaires participent pleinement… En 2014, on avait eu une participation de 11,04 %, donc tout ce qui peut venir en plus de cela manifesterait, je trouve, un bel élan.

En termes d'organisation, il n'y a pas loin de 20 % de bureaux de vote supplémentaires par rapport à la précédente élection : 571 bureaux répartis sur 411 sites. Là, on était à 482 bureaux à l'époque sur 368 sites il y a 5 ans. Le cadre législatif a évolué récemment, puisque vous le savez, au 1er janvier, il y a eu la mise en place du répertoire électoral unique qui présente, je trouve, un double avantage, celui de mettre fin à la double inscription sur la liste dans la commune en France et sur la LEC également à l'étranger qui, parfois, pouvait être source de confusion. Et puis, je crois que ce qui était une très belle avancée, c'est la souplesse dans le calendrier d'inscription, parce qu'on a quand même jusqu'à six semaines maintenant, avant le scrutin pour s'inscrire. La date limite, c'est le 31 mars, donc il est toujours temps. Et puis, par ailleurs, c'est une réforme qui vous a donné une nouvelle responsabilité, consistant à présider ces commissions de contrôle des listes électorales qui sont venues remplacer les commissions administratives, jadis présidées par les chefs de poste. Cela va peut-être soulever quelques difficultés de mise en oeuvre ici et là, mais naturellement, on est à votre entière disposition en tant que de besoin pour aider, vous accompagner dans l'exercice de cette nouvelle responsabilité.

Avant de vous rejoindre ici, je m'entretenais avec les conseillers qui sont élus en Algérie, ce qui m'amène à dire deux mots également de la situation internationale, plutôt pour évoquer deux autres pays dans lesquels, naturellement, nous avons un suivi très attentif au regard de notre communauté et de ce qui s'y passe, c'est le Venezuela et Haïti, parce qu'on le sait, les sujets de sécurité qui, d'ailleurs, sont traités au sein de la commission, sont des préoccupations, je crois communes et ici, d'ailleurs, d'un point de vue budgétaire, Jean-Yves LE DRIAN a toujours été attaché à ce que ces sujets-là restent prioritaires. S'agissant du Venezuela, moi, j'ai un contact, naturellement, très régulier avec Romain NADAL, notre ambassadeur qui est quelqu'un de remarquable. On a 4 000 compatriotes qui sont installés là-bas. Vous avez vu la situation humanitaire qui prévaut, les pannes d'électricité qui ont également conduit à des problèmes d'accès à l'eau. Il semblerait que sur Caracas, d'ailleurs, cela se résorbe progressivement, mais ce n'est pas le cas ailleurs dans le pays. Tout cela, d'ailleurs, a conduit à tout simplement faire en sorte qu'effectivement, le lycée, pendant quelque temps, cesse les activités parce qu'il y avait l'impossibilité de garantir un bon fonctionnement. En tous les cas, les groupes WhatsApp de l'Ambassade sont des outils très utiles, le réseau radio aussi. En tous les cas, on est pleinement mobilisés et les femmes et les hommes qui sont présents là-bas, vraiment, ont notre pleine confiance. Nos services, également, pré-positionnés dans la Caraïbe, grâce à nos territoires ultramarins sont prêts en cas de dégradation majeure de la crise. Cela, c'était pour le Venezuela.

Sur Haïti, il y a eu, vous l'avez vu, après des mouvements, une certaine accalmie observée ces derniers jours. Il n'y a plus de mouvement d'ampleur depuis un mois maintenant, mais on reste quand même vigilants et notre ambassade maintient un dispositif spécifique sur place en lien avec le CDCS. On n'a pas loin de 2 000 compatriotes qui y sont établis.

Dans un autre ordre d'idée, parce que là, la situation relève plus de l'aspect politique naturellement, c'est le Brexit, qui est un autre contexte délicat. On le voit, c'est un feuilleton permanent, hélas. Je sais que la commission des lois suit le dossier avec attention. La date fatidique du 29 mars approche et nous, déjà, on regrette que l'accord de sortie ait été refusé, parce que vous avez vu, lundi soir, un petit geste supplémentaire qui était fait pour essayer d'aider la Première ministre à faire endosser cela. Il est clair que seul l'accord permettait d'assurer une protection pleine et entière de nos ressortissants respectifs, de préparer surtout, la relation future dans un cadre apaisé, mais force est de constater que l'hypothèse d'une sortie sans accord se renforce chaque jour. On s'est organisés. Un certain nombre d'ordonnances ont été prises, de mesures de contingence, notamment pour la circulation des personnes, mais mesures de contingence sont, par définition, provisoires, donc naturellement, nous allons veiller à ce que les droits des ressortissants français résidant au Royaume-Uni soient préservés. On se félicite que les autorités britanniques aient signifié, quand même, à plusieurs reprises, dans une notice du 6 décembre 2018 sur les droits des citoyens en cas de « no deal », leur intention de prévoir un cadre favorable pour les ressortissants européens avec un statut permanent, des facilités pour aller et venir. De notre côté, on veillera à la même chose dans le cadre de la réciprocité à en faire de même pour les résidents britanniques en France. Je parle de réciprocité, parce que c'est bien le seul levier qu'on a quelque part – c'est un levier essentiel – pour s'assurer que nos propres ressortissants recevront un traitement qui sera idoine et le plus adéquat possible. Je sais que vous avez eu une séance, c'était lundi ou mardi, je crois, sur ce sujet-là.

Dans les sujets naturellement de préoccupations communes, vous dire un mot également, ce matin, de l'enseignement français à l'étranger. Je m'exprimerai également sur ce sujet cet après-midi, puisqu'un colloque se tient à l'Assemblée nationale et je sais que certains d'entre vous, d'ailleurs, seront présents. J'entends bien, parfois, une impatience justement quant aux orientations qui seraient prises, qui seront prises, mais justement, le sujet est trop important pour qu'on prenne le temps qu'il faut, le temps nécessaire pour vraiment avoir une stratégie renouvelée. Très clairement, il y a eu, vous l'avez vu, des travaux finalement préparatoires, des travaux préparatoires internes aux administrations. Ensuite, il y a eu la mission qui a été confiée à la députée Samantha CAZEBONNE. Elle a rendu son rapport il y a quelques semaines. Il y a le colloque qui se tient aujourd'hui. Tout cela va nous aider à entendre les préoccupations des différentes parties prenantes, des partenaires, de tous les partenaires et ensuite, moi, ma porte va être ouverte très clairement. Je vais organiser une véritable concertation avec toutes les parties prenantes, naturellement, les partenaires, les partenaires sociaux avec toutes celles et ceux qui souhaitent s'engager dans ce chantier d'une nouvelle stratégie. Je salue naturellement – d'ailleurs, il est là – le nouveau directeur, Olivier BROCHET. Il est ici présent. C'est un moment charnière, un moment clé, mais très clairement, on veut une ambition qui porte ce nom-là d'ambition. On ne veut pas une stratégie au rabais. De ce point de vue-là, je lis parfois beaucoup de messages alarmistes, mais je peux vous dire que nous sommes vraiment mobilisés avec Jean-Yves LE DRIAN pour justement préparer et obtenir les meilleurs arbitrages possibles pour, à la fois conforter l'AEFE et dans le même temps, permettre la mise en oeuvre de l'engagement du Président qui est, en matière d'ambition francophone et d'influence avec une cible à 2030 de quasi-doublement, puisqu'on passerait à 700 000 élèves à ce moment-là. Très clairement, sur ces bases de travaux préliminaires, encore une fois, je vais m'emparer directement du sujet de telle sorte que le Président de la République sera en mesure d'annoncer, je pense, d'ici l'été, les grandes orientations de notre stratégie pour ce développement de l'enseignement français à l'étranger en ayant pris le temps d'analyser la situation en profondeur, de recueillir les avis et encore une fois, d'écrire une page que l'on veut aussi glorieuse que les précédentes.

Je pense, et d'ailleurs, Olivier BROCHET est là, on a une AEFE qui s'occupait aussi beaucoup de la gestion des établissements et des EGD naturellement. Cela va rester une mission majeure, mais je pense qu'il y a tout un pilier ingénierie qui gagnerait à être renforcé justement pour permettre un développement de l'enseignement français à l'étranger. À nouveau, je l'assure naturellement de notre pleine confiance ainsi que l'ensemble des personnels. Professionnalisme, dévouement, sont au rendez-vous. Je remercie également Christophe BOUCHARD pour son action durant ces dernières années. Peut-être quelques éléments, puisque vous l'avez vu, les missions confiées par le gouvernement à des parlementaires, nous nous attachons à en tenir compte et ensuite, à prendre des décisions. Lors de la dernière session, nous avions évoqué le rapport d'Anne GENETET et elle l'avait largement évoqué avec vous. Je voulais vous dire quelques mots de plusieurs pistes et idées que nous souhaitons mettre en oeuvre. Il y a eu notamment, dans son rapport, l'idée de procéder à une évaluation systématique de la qualité du service rendu par les services consulaires avec le recours à des indicateurs de performance. La DFAE a lancé, le 15 octobre dernier, une enquête d'une ampleur sans précédent par messagerie électronique auprès de tous les inscrits majeurs au registre des Français établis hors de France pour recueillir leur avis justement sur le fonctionnement du réseau consulaire. On a plus de 100 000 compatriotes qui ont répondu. Parmi les éléments statistiques, je voulais vous en donner quelques-uns, on a, sur la satisfaction des services de leur consulat, 61 % de satisfaits, plus, après, 23 % de moyennement satisfaits et 16 % de peu ou pas satisfaits. Sur la satisfaction de l'accueil dans les consulats, 60 % de satisfaits et 70 % de satisfaits de la qualité du travail fourni par l'agent traitant leur dossier. Ce que je veux dire, c'est qu'on a encore des marges de progression, mais qu'on part sur des fondamentaux qui sont assez solides. D'ailleurs, ce qui est intéressant, c'est de pouvoir avoir une véritable vision dans le détail. Je l'ai d'ailleurs demandé. On va pouvoir aussi travailler poste par poste, puisqu'il était demandé de renseigner le poste duquel on ressortait. Il y a deux éléments sur lesquels, on est, je pense, perfectibles, qui n'obtiennent pas la moyenne, c'est le temps d'attente pour les démarches sans rendez-vous et le délai d'attente pour joindre un agent du consulat par téléphone. Sur le premier point, finalement, cela montre qu'il faut inciter à cette prise de rendez-vous, mais surtout, la vraie faiblesse sur le délai d'attente pour joindre un agent au téléphone pousse à regarder de très près une des propositions qu'avait faites Anne GENETET qui est celui d'un projet de centre d'appels. Moi, j'avoue que je trouve que c'est un très beau projet. Certains pays, d'ailleurs, se sont dotés de ce type d'outils, je crois, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et donc, très clairement, il arrive que des consulats soient débordés d'appels, qu'ils aient ces difficultés de mise en liaison. Là, avoir un outil qui serait H24, 7j/7, je crois, serait un grand pas. Il y a vraiment une étude de faisabilité qui est en cours avec une petite équipe projet. Moi, je pense qu'il faut y aller. Naturellement, c'est un budget, mais je serai de ceux qui, vraiment, plaideront et pèseront pour qu'on ait cette innovation. Des équipes de la DFAE ont visité les plateformes à l'étranger justement pour voir comment cela fonctionnait, qu'on puisse en tirer les enseignements. Voilà quelques éléments, déjà, relatifs à cet aspect « relations clients » si je puis me permettre, « relations citoyens » plutôt pour parler plus exactement.

En matière d'action sociale, la réforme de la CFE est allée au bout, puisque le Parlement l'a adoptée le 12 décembre dernier. Les nouveaux tarifs pour les nouveaux adhérents vont entrer en vigueur prochainement. Pour certains, c'est au 1er février. Pour les anciens adhérents, c'est au 1er avril que la période transitoire s'étend. Je ne rentre pas plus dans le détail, parce que je sais que vous avez discuté en profondeur de cette réforme avec le président MIGNON, mais en tous les cas, on se félicite de sa mise en place et de la possibilité aussi, pour les retraités, de bénéficier de la catégorie « aidés sous conditions de ressources ».

S'agissant du STAFE, je crois qu'un certain nombre de suggestions qui avaient été émises par l'AFE ont pu être prises en compte, parce que là, on est sur la deuxième campagne qui a été lancée le 21 janvier dernier. Les associations ont jusqu'au 10 mai pour déposer leur dossier. On a un montant similaire à celui de 2018 qui était votée en LFI, donc 2 millions d'euros. Dans les améliorations que vous aviez suggérées, il y avait le fait que les critères d'éligibilité des projets puissent être précisés, notamment au bénéfice de nos compatriotes résidant à l'étranger, le fait que pour certaines géographies où il y a beaucoup de ressortissants, on puisse peut-être déposer plus de dossiers. Vous avez vu que sur certains postes, le nombre a été relevé à 10 en partant de 6. Par ailleurs, effectivement, il nous a été signalé que sur certaines petites associations, le niveau d'autofinancement pouvait parfois poser problème. Maintenant, le taux a été porté à 80 % pour les petites associations dont le budget n'excède pas 10 000 euros et qui sollicitent une subvention inférieure à 2 000 euros au titre du projet. Et puis, l'assouplissement aussi, des critères concernant le statut associatif, parce qu'on le sait, selon les pays et selon les règles juridiques qui prévalent, il y a une diversité qui ne doit pas nuire en tous les cas à nos compatriotes, donc c'est à nous de pouvoir aussi nous adapter à cela. Et puis, enfin, un guide du participant, cela avait été aussi une de vos préconisations, recommandations, qui a été publié.

S'agissant des bourses scolaires, nous avons un montant, vous savez, qui était voté, qui justement, est adapté, tout simplement, au besoin qui avait été enregistré l'année dernière. Le montant couvrira le coût de la campagne des bourses en 2019. S'il y avait besoin, d'ailleurs, de compléter, on le sait, il peut y avoir un prélèvement éventuel sur les 16,7 millions de la soulte qui résultent d'un résultat d'exploitation excédentaire constaté fin 2014 dans les comptes de l'AEFE qui avait été abondé. Cela, il n'y a pas de problème majeur, je crois.

Les débats parlementaires ont permis – et Jean-Yves LE DRIAN y était assez attaché – une mesure importante qui vise à renforcer le caractère inclusif du barème de bourses. Je sais que c'était une demande d'un certain nombre avec l'augmentation du quotient maximal qui est passé de 21 000 à 23 000 euros. Cela permettra l'entrée de nouvelles familles à revenu intermédiaire dans le dispositif. Le coût de la mesure a été évalué à un peu moins de 3 millions d'euros en année pleine pour être financé dans le cadre du budget. Voilà sur cet aspect de bourses. Et puis, vous le savez, il y a aussi la dotation spécifique de 300 000 euros qui est destinée au financement des accompagnants des élèves boursiers en situation de handicap.

S'agissant des aides sociales plus généralement, la LFI a prévu 13,3 millions d'euros destinés à ces aides. On a constaté une petite baisse du nombre des allocataires. On en est désormais à un peu moins de 4 000. C'est une baisse qui touche plutôt le public qui est aux Allocations de solidarité, les personnes âgées, mais on voit une augmentation en revanche sur les demandes s'agissant des enfants handicapés et de l'aide à l'enfance en détresse.

Quelques mots également, naturellement, sur notre réseau, parce que vous le savez, il y a toute une réflexion intitulée « action publique 2022 » qui a été lancée par le Premier ministre pour, tout simplement, réfléchir aussi à comment l'administration repense son action aujourd'hui, en 2019 et dans les années à venir, compte tenu de l'évolution aussi des besoins des citoyens, compte tenu de l'évolution des technologies. Les réseaux de l'État à l'étranger ont bien sûr été inclus dans le périmètre de cet exercice. Il a été décidé très clairement de maintenir l'universalité du réseau diplomatique et consulaire. Il y avait une première cible d'économie, vous vous en souvenez, de 10 % sur la masse salariale, administration et opérateurs compris, qui avait été fixée par le Premier ministre, donc il y a eu des négociations interministérielles qui se sont déroulées et notre souci constant, avec Jean-Yves LE DRIAN, cela a été de conserver des moyens d'agir satisfaisants, notamment dans le domaine consulaire. Donc, en fait, sur l'ensemble de l'effort demandé dans les réseaux à l'étranger, le fardeau sera réparti équitablement sur les différents services de l'Etat, sur propositions des ambassadeurs. Nous sommes déterminés à maintenir un réseau qui n'a pas d'équivalent chez nos partenaires de l'Union européenne ou de l'OCDE, notamment en Europe, un réseau qui sera préservé.

S'agissant du commerce extérieur, peut-être quelques mots, parce que je sais que vous avez une commission aussi dédiée qui s'y penche. C'est un sujet que je suis de très près et parfois, je constate, nos amis observateurs, journalistes, traitent un peu le sujet comme un marronnier. On a tendance à regarder toujours le verre à moitié vide : un déficit commercial qui persiste, une France qui ne prendrait pas sa place dans la mondialisation. Or, ce que les chiffres montrent, ils ont été dévoilés il y a un mois, c'est que derrière l'arbre du déficit commercial qui, effectivement, est relativement important avec 60 milliards d'euros, il y a quelques bonnes nouvelles et des bonnes nouvelles plutôt structurelles. Si on met de côté la facture énergétique, on a un déficit commercial qui connaît une baisse sensible de l'ordre de 12 %, parce qu'on a toujours une excellence dans un certain nombre de filières : aéronautique, agroalimentaire notamment ou chimique, parfums et cosmétiques, mais surtout, c'est la deuxième année consécutive – et ce n'était pas arrivé depuis 2011 – que le commerce extérieur contribue positivement à la croissance française. On a eu une croissance de l'ordre d'1,5 point en 2018, 40 % grâce aux exports, donc ce n'est quand même pas rien. Par ailleurs, on a une balance des services qui est excédentaire. Grâce, notamment, au secteur touristique, on a eu des recettes record. Et puis, par ailleurs, je crois qu'on a une forme de présence au monde qui est distincte de nos voisins et partenaires européens et je pense que vous en êtes l'illustration, c'est que la France produit aussi localement au plus près des marchés des clients. C'est pour cela que le nombre de filiales, le nombre d'entrepreneurs français établis hors de France, d'ailleurs, si on prend les filiales, on en a deux fois plus que les Allemands. Et je crois que cela montre le fait qu'on sait se fondre quelque part, dans des marchés, des géographies pour y produire directement. Tout cela a aussi naturellement des retombées positives économiquement pour l'ensemble du pays, puisque cela génère des revenus. Et puis, la dernière bonne nouvelle, c'est que le nombre d'entreprises exportatrices a atteint un record depuis 2003. On peut toujours aller plus haut, parce qu'honnêtement, cela se joue…, c'est quelques centaines de plus, mais je pense qu'avec tous les outils que mettent en place Business France, les chambres de commerce internationales à l'étranger, nos conseillers du commerce extérieur naturellement, vraiment, l'équipe est bien fédérée et tout cela va produire des effets. Tout cela s'inscrit dans un cadre, on parlait des tensions dans certaines géographies, mais dans un cadre global où on voit la montée des tensions commerciales, internationales, on le voit entre les États-Unis et la Chine, entre les États-Unis et l'Europe aussi, je crois que nous devons aussi nous penser, nous, Européens, comme une puissance en tant que telle et ne pas avoir peur d'exiger réciprocité, d'exiger respect d'un certain nombre de normes. C'est ce qui fait aussi qu'on ne doit pas se laisser marcher sur les pieds tout simplement par les puissances qui sont sur le retour ou sont parfois sur la voie de l'isolationnisme. En tous les cas, grâce à vous, on sait que H24, la France rayonne bel et bien, donc un grand merci en tous les cas pour votre engagement, pour tous les travaux conduits cette semaine et maintenant, c'est à vous pour me signaler tout ce qui vous semble devoir l'être.


Merci du fond du coeur.


Source http://www.assemblee-afe.fr, le 5 juin 2019