Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les relations entre la France et le Kurdistan irakien, à Erbil le 17 juillet 2020.

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Circonstance : Point de presse conjoint avec M. Netchirvan Barzani, président de la région autonome du Kurdistan

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Texte intégral

Merci cher ami,


Je voudrais vous dire que je suis très heureux d'être ici à Erbil, au côté du président Netchirvan Barzani.

C'est la huitième fois que je viens au Kurdistan. Vous l'avez rappelé, quatre fois comme ministre de la défense, y compris dans les moments les plus difficiles, et c'est la quatrième fois comme ministre des affaires étrangères. C'est aussi mon premier déplacement hors Europe depuis le début de la pandémie. Parce que, avec le Kurdistan, la France a toujours été au rendez-vous.

Dans les circonstances difficiles que traverse aujourd'hui l'Irak, et notamment la région du Kurdistan, je tenais à effectuer cette visite, qui est une visite de solidarité et de soutien.

Solidarité face à la crise sanitaire en cours, qui vous éprouve durement, comme elle nous éprouve nous, et c'est pourquoi nous livrerons dans quelques jours au gouvernement régional un important lot d'équipements de protection et d'assistance respiratoire. Ils aideront les soignants dans vos hôpitaux à affronter l'épidémie dans les semaines qui viennent.

Solidarité face à Daech, qui a endeuillé nos deux pays, et que nous devons continuer à combattre ensemble, Français, Kurdes, Irakiens, sans baisser la garde. Rien ne serait pire aujourd'hui que de baisser la garde.

Solidarité dans un contexte de tensions régionales dont l'Irak, et singulièrement le Kurdistan, subit sur son sol des conséquences qui peuvent être graves.

Solidarité dans le domaine humanitaire, où le Kurdistan fait preuve d'une exceptionnelle générosité envers les victimes des crises syrienne et irakienne. Je suis toujours, mon cher Netchirvan, impressionné par cette ouverture et cette générosité dont vous faites preuve à chaque fois que je viens ici.

Lors de mon dernier déplacement, qui était en octobre 2019, j'avais promis de mobiliser plusieurs millions d'euros pour venir en aide aux réfugiés du Nord-Est syrien, à qui vous avez ouvert vos frontières. Cette promesse a été tenue : la France a financé au camp de Bardarash des projets importants dans les domaines de l'eau, de la santé et de l'éducation.

Dans les mois qui viennent, la France viendra en aide à l'Hôpital de Halabja qui accueille les victimes de l'attaque chimique de 1988.

La France veut être aussi à vos côtés pour préparer l'avenir et l'Agence française de développement va financer pour quinze millions d'euros un projet en partenariat avec la coopération allemande pour améliorer les services d'eau et d'assainissement dans le gouvernorat de Dohuk, qui fournit un effort particulièrement significatif pour l'accueil des réfugiés.

Et puis, nous voulons aider, aussi, grâce à nos propres services, la création d'entreprises, en particulier en relation avec l'université américaine de Souleimaniyeh.

Sur tous ces sujets, nous avons eu l'occasion de parler ensemble, cher Président, et nous allons poursuivre des conversations avec le Premier ministre dans un instant.

Nous avons, cette année, pour la première fois - je voudrais conclure là-dessus - un élève kurde, enfant d'un peshmerga tombé au champ d'honneur face à Daech, qui a obtenu le baccalauréat français, et qui va poursuivre ses études dans notre pays grâce à une bourse du gouvernement français.

C'est le premier, mais ce n'est certainement pas le dernier. C'est toute une génération de jeunes Kurdes qui, grâce aux écoles françaises d'Erbil et de Souleimaniyeh, grâce aux partenariats avec nos universités qui se multiplient, c'est une génération de jeunes Kurdes qui, demain, contribuera à renforcer le pont entre nos deux pays. D'une certaine manière, cette manifestation à laquelle je participerai tout à l'heure montre que, y compris dans notre amitié, la relève est assurée.

En tout cas, merci de votre accueil.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 21 juillet 2020

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