Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les relations entre la France et Malte, à La Valette le 24 juillet 2020.

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Circonstance : Entretien avec M. Evarist Bartolo, ministre maltais des affaires étrangères et européennes

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Texte intégral

Merci Evarist, je voudrais te dire que je suis très heureux d'être aujourd'hui à La Valette, en présentiel, et de te rencontrer pour la première fois dans nos fonctions. Il se trouve que j'étais à Beyrouth et que cela valait vraiment le coup de faire cette escale pour nous rencontrer "en vrai".

Les relations entre nos deux pays sont excellentes depuis longtemps, il faut poursuivre notre cheminement commun parce que nous avons en réalité deux espaces d'action en commun : l'Union européenne et la Méditerranée. Et ce sont deux enjeux, deux défis, deux engagements que nous déclinons ensemble. Nous sortons d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne particulièrement important qui a été un succès, et qui permet à l'Union européenne de passer, je pense, une autre étape qualitative de son destin. Malte et la France étaient sur la même ligne, sur les mêmes priorités, ce n'est d'ailleurs pas une surprise.

Maintenant nous aurons à décliner les engagements qui ont été pris et je serai pour ma part, mais toi aussi, particulièrement attentif à ce que la dimension "voisinage sud" soit bien prise en compte dans l'application du cadre financier pluriannuel et des initiatives liées à la politique du voisinage.

Et nous serons tout particulièrement attentifs aussi, je crois, l'un et l'autre, au maintien de la dynamique qui existe autour du dispositif 5+5 et aussi autour de l'initiative du sommet des Deux Rives qui avait été initiée par le président Macron l'année dernière, qui a pris un peu de retard en raison de la pandémie mais sur laquelle nous devons de nouveau nous mobiliser.

Tu as évoqué, je pense, très complètement, les deux grands enjeux qui sont devant nous et qui sont particulièrement sensibles pour Malte mais aussi pour la France que sont le futur pacte migratoire européen et la question de la Libye.

Sur la Libye, je pense que nous partageons le même diagnostic : nous ne souhaitons pas que l'avenir de la Libye se produise dans une forme de "syrianisation" et que les Libyens et les Européens n'aient pas leur mot à dire sur leur propre destin. Et je pense que nous devrons poursuivre notre coordination pour permettre au processus de Berlin de se mettre en oeuvre, c'est-à-dire engager un cessez-le-feu et c'est-à-dire aussi faire en sorte que l'embargo sur le pétrole soit levé et puisse permettre une réappropriation par les Libyens de leur propre richesse, et faire en sorte aussi que l'embargo sur les armes soit respecté par toutes les parties, quelles qu'elles soient, et qu'enfin nous soyons sur le chemin du processus politique qui a été défini à Berlin.

Et sur la question migratoire, nous sommes bien conscients de la gravité et de l'importance de l'enjeu pour Malte, et que la déclinaison entre solidarité et responsabilité se fait différemment pour des pays de premier accueil comme Malte, d'autant plus que vous êtes à portée de mer de la Libye. Nous avons apporté nos contributions aux relocalisations, souvent dans l'urgence. Il y a d'ailleurs ici des représentants de l'Office français des réfugiés et apatrides, l'OFPRA, qui viennent régulièrement à Malte pour prendre les dispositions nécessaires pour que nous puissions prendre notre part aux relocalisations. Mais il faut passer de solutions ponctuelles réglées dans l'urgence à des solutions pérennes et cela doit faire partie du pacte migratoire. Et sur ces points, je pense que nous sommes en phase pour travailler ensemble dans la confiance.

On a encore beaucoup de sujets à évoquer ensemble, en particulier dans les relations bilatérales que nous n'avons pas eu le temps d'évoquer aujourd'hui, mais cela nous permettra d'avoir rapidement des entretiens et je serais très ravi, cher Evarist, de t'accueillir à Paris maintenant que le ciel est ouvert. Merci beaucoup.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 29 juillet 2020

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