Déclaration de Mme Geneviève Darrieussecq, ministre chargée de la mémoire et des anciens combattants, sur la bande dessinée et les armées, à Paris le 5 octobre 2020.

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Circonstance : Lancement du prix "les Galons de la BD"

Texte intégral

Monsieur le chef d'état-major de l'armée de l'air et de l'espace,
Monsieur le gouverneur militaire de Paris,
Mesdames et messieurs les officiers généraux,
Mesdames et messieurs,


En prenant mes fonctions au ministère des Armées et à vos côtés, chère Florence, j'étais loin de m'imaginer qu'un jour je prendrai la parole pour parler de Bandes Dessinées.

Tout arrive ! Et, les armées mènent à tout. C'est la richesse de notre ministère, c'est son extraordinaire vitalité, c'est ce qui fait la diversité du lien entre les armées et la nation. Dans ce lien, la culture occupe une place importante.

Et la France, pays de culture, pays de patrimoine, est un pays qui aime la bande dessinée. Les Français l'apprécient et la considèrent comme un art majeur, et plus seulement un divertissement destiné aux enfants et à la prime jeunesse.

Du mange aux comics, des romans graphiques aux séries, la BD a longtemps été inclassable, et elle le reste encore, à la croisée des genres et des cultures.

Elle connaît un temps de création foisonnant que chaque librairie, chaque médiathèque ressent. La taille des rayons BD a grandi, c'est diversifié, s'est transformé. Il n'est plus du tout le rayon BD que les personnes de ma génération ont pu connaître.

Nous en avons la conviction profonde, la BD est un remarquable instrument au service du lien entre les armées et la nation.

Et quel plus beau exemple en la matière que le concours de l'ONAC-VG, "Bulles de mémoire", organisé chaque année, dans lequel de jeunes collégiens et lycéens composent et réalisent leur propre Bande Dessinée. Avec des résultats artistiques parfois saisissants et une vraie force pédagogique.

Notre époque est celle de l'image omniprésente, de l'image pour tout, partout, sur tout et faite par tous. Dans ce contexte, je suis convaincue que la BD peut être une clef pour déchiffrer le monde. Le neuvième art a cette faculté d'être en résonance avec l'actualité, avec la marche de la société. il a cette propension au dialogue avec l'histoire et avec la mémoire.

De nombreuses bandes dessinées mettent déjà en scène les armées et le fait combattant. Il s'agit même d'un sujet de prédilection.

Combien d'album sur la Seconde Guerre mondiale ? Des centaines évidemment. Qui n'a jamais entendu parler de Maus de Spiegelman ? Ou encore de "La Bête est morte" sortie en 1945 ? Jusqu'à très récemment, la véritable saga graphique de Denis Rodier intitulée sobrement "La Bombe" sortie à l'occasion du 75ème anniversaire d'Hiroshima.

Même les conflits dont les déchirures sont encore très présentes dans nos mémoires sont propices à la BD, je pense ici au travail de Philippe Richelle autour de la guerre d'Algérie.

Le champs des possibles est immense. C'est aussi la force de ce prix "Les Galons de la BD". Il se situe au carrefour de l'histoire, de l'art, de l'actualité et de la mémoire. Nous croyons en la BD qui transmet la mémoire, en la BD qui passe des valeurs et des connaissances, en la BD qui instruit tout autant qu'elle divertit. le ministère des Armées souhaite ainsi poursuivre son travail de diffusion, d'incitation à la création et de reconnaissance d'artistes méritants.

Ce concours récompensera deux créations originales et récentes. Il y aura donc deux prix :

- le grand prix "Les Galons de la BD" : il récompense une oeuvre dont le thème est lié aux armées, aux enjeux de défense, aux faits militaires, aux guerres d'hier et d'aujourd'hui, aux conflits contemporains, à leurs conséquences géopolitiques, sociétales et humanitaires. Ce prix embrasse un très large périmètre. C'est une ouverture à la créativité et à la diversité.

- le prix Histoire "Les Galons de la BD" : nous l'avons voulu plus franco-français, comme un hommage à ceux qui, aujourd'hui comme hier, s'engagent sous notre drapeau. Ce prix récompense un ouvrage traitant d'un conflit dans lequel les armées françaises ont été engagées.

Le ministère des Armées a souhaité que "les Galons de la BD" soient bien dotés financièrement, il s'agit à la fois récompense et d'une reconnaissance. 6 000€ pour le grand prix et 3 000€ pour le prix histoire. C'est aussi un encouragement à poursuivre, une incitation pour le monde de la BD de s'emparer de ce prix.

Evidemment, les éditeurs de chacune des bandes dessinées lauréates bénéficieront d'un soutien promotionnel.

Au nom du ministère des Armées, je veux sincèrement remercier les membres du jury qui ont accepté cette belle mission, qui vont avoir, je l'espère, à départager une riche proposition d'oeuvres :

- Merci au président du jury, Gilles CIMENT, directeur adjoint de l'Etablissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense;

- A Frédéric BOSSER, fondateur et rédacteur en chef de la revue DBD;

- A Maiana BIDEGAIN, réalisatrice-documentariste et notamment de "Sous les bulles, l'autre visage du monde de la bande dessinée"

- A Stéphane DUBREIL, historien et iconographe spécialiste de la bande dessinée,

- Et à Ariane ROLAND, libraire et membre du réseau canal BD

Ce prix est une marque de confiance, un geste de soutien pour les artistes évoluant dans un environnement parfois compliqué. C'est aussi pour nous un formidable moyen de soutenir la diffusion d'une culture de défense.

Nous nous retrouverons avec plaisir, dans quelques mois, pour décerner les premiers prix.


Vive l'armée sur les planches ! Vive la BD !

Et longue vie aux "Galons de la BD".

Je vous remercie.


Source https://www.defense.gouv.fr, le 13 octobre 2020

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