Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, en réponse à une question sur le Haut-Karabakh, à l'Assemblée nationale le 13 octobre 2020.

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Circonstance : Question au gouvernement à l'Assemblée nationale

Texte intégral

Madame la Députée, vous faites référence au conflit du Haut-Karabakh qui est un conflit, un des affrontements les plus graves depuis l'effondrement de l'URSS. De nombreuses victimes au sein des populations civiles sont à déplorer.

Vous avez rappelé que le président de la République s'est exprimé publiquement sur les conséquences graves surtout de l'internationalisation de ce conflit, internationalisation engagée par la Turquie avec livraisons d'armes et mobilisations de mercenaires.

Et je souhaiterais souligner trois points supplémentaires par rapport à votre intervention. D'abord, je sais et je comprends l'émotion que suscite en France ce conflit, avec toutes les victimes qui s'ensuivent, avec le ciblage inacceptable des populations civiles. Cette émotion légitime exprime la proximité des liens humains, culturels, historiques, qui nous lient à l'Arménie et je connais votre histoire, et je la respecte, et je comprends votre émotion. Nous avons en effet une relation bilatérale étroite avec ce pays.

Et vous le savez, nous avons aussi une longue relation avec l'Azerbaïdjan. Et donc nous devons, nous, co-président du groupe de Minsk, utiliser les canaux bilatéraux pour faire pression sur les deux parties pour consolider le cessez-le-feu qui a été conclu dans la nuit de samedi à dimanche à Moscou en présence des deux autres co-présidents, c'est-à-dire de mon représentant et du représentant américain pour que les deux parties respectent strictement le cessez-le-feu pour que les affrontements cessent.

Et je voudrais rappeler un dernier point : le mandat que nous a confié l'OSCE en 1994 avec la Russie et les Etats-Unis pose une exigence d'impartialité de la France dans le contexte de crise du Haut-Karabakh. Nous ne serions plus légitimes si nous prenions partie pour l'un ou l'autre des pays. Et je pense que nous ne rendrons pas service à la qualité de notre relation bilatérale avec l'Arménie si nous tenions une posture déséquilibrée qui remettrait en cause le rôle que nous jouons dans le cadre du groupe de Minsk et qui remettrait en cause l'influence que nous pouvons avoir sur les parties en crise.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 14 octobre 2020