Interview de Mme Nathalie ELIMAS, secrétaire d'État à l'éducation prioritaire, à France Bleu Vaucluse le 8 octobre 2020, sur la lutte contre le décrochage scolaire post-confinement, les classes dédoublées en zone prioritaire et le dispositif de Cité éducative.

Texte intégral

JOURNALISTE
Camille LABROUSSE, la secrétaire d'Etat à l'Education prioritaire est en visite en Vaucluse, elle est notre invitée France Bleu Vaucluse matin.

CAMILLE LABROUSSE
Bonjour Nathalie ELIMAS.

NATHALIE ELIMAS
Bonjour.

CAMILLE LABROUSSE
Les enseignants et surtout les enseignants en zone d'éducation prioritaire sont confrontés à un défi de taille : lutter contre le décrochage scolaire post-confinement. Qu'est-ce que vous leur proposez comme outils et comme moyens ?

NATHALIE ELIMAS
Alors, pour lutter contre le décrochage scolaire, il y a déjà des outils qui sont en place et qui fonctionnent bien, que je vais d'ailleurs venir voir ce matin, comme le dédoublement des classes, en zone d'éducation prioritaire, dès le CP, dès le CE1, nous allons le renforcer pour l'année prochaine, puisque nous allons proposer le dédoublement à partir de la classe de grande section. Il y a eu pendant tout l'été des dispositifs : les vacances apprenantes, les colos apprenantes, les stages de réussite, les évaluations de début d'année qui se terminent et dont les résultats vont arriver prochainement consolidés, qui permettent de voir où en sont nos élèves, et puis nous apporterons des réponses individualisées, avec de nouveaux stages de réussite pendant les vacances de la Toussaint, et bien sûr dès le second degré, le dispositif, la mesure « devoirs faits », que nous allons renforcer.

CAMILLE LABROUSSE
Vous parlez des classes dédoublées dans les zones d'éducation prioritaire, on en est où ? CP, CE1 par exemple.

NATHALIE ELIMAS
Alors, les CP et les CE1 sont totalement dédoublés, et pour le territoire, à partir de la rentrée prochaine, c'est-à-dire à partir de la rentrée 2021, il y aura un dédoublement de classes pour les élèves de grande section.

CAMILLE LABROUSSE
Ça fait un an, Nathalie ELIMAS, qu'Avignon a été labellisée Cité éducative, qui vise à faire travailler ensemble, l'école, les associations et les parents, en gros, si je résume. Qu'est-ce qui a été fait, très concrètement ? Est-ce que vous pouvez nous donner des exemples ?

NATHALIE ELIMAS
Alors, la Cité éducative, ça n'est pas une mesure supplémentaire, ça n'est pas un dispositif supplémentaire…

CAMILLE LABROUSSE
C'est vrai que ça y ressemble, vous faites bien de le dire, parce que ça ressemble à un label de plus.

NATHALIE ELIMAS
Non, il faut préciser les choses. En fait, c'est un écosystème qui se met en place autour de l'enfant, depuis sa petite enfance, depuis ses 3 ans, jusqu'à l'insertion professionnelle. Et donc on ne vient pas rajouter une couche, on vient simplement faire travailler l'ensemble des acteurs, autour de l'enfant…

CAMILLE LABROUSSE
Et de quelle manière alors ?

NATHALIE ELIMAS
… sur son temps scolaire, et en dehors de son temps scolaire. Donc c'est de l'accompagnement par exemple pendant la classe, c'est la proposition de stages aux élèves de 3ème, parce qu'on va mobiliser le tissu économique, c'est aussi positif dans ce cas-là pour son insertion professionnelle, on sollicite également les associations, on sollicite les acteurs sportifs, les acteurs culturels, on sollicite les familles…

CAMILLE LABROUSSE
Et vous voulez je crois élargir ce dispositif de Cité éducative, vous allez proposer à plus de villes d'y participer.

NATHALIE ELIMAS
Alors, il y a… c'est une expérimentation, il y a aujourd'hui 80 Cités éducatives sur le territoire national, et en effet nous allons augmenter, nous allons passer à environ 120 Cités éducatives très très prochainement.

CAMILLE LABROUSSE
Est-ce qu'il y en aura d'autres dans le département du Vaucluse ?

NATHALIE ELIMAS
Alors là, je ne peux pas encore répondre à cette question très très précisément, puisque la première fois c'était un appel à projets, et d'ailleurs il y avait eu énormément de dossiers, et sur cette deuxième vague, si je puis dire, là on va travailler plus finement avec les recteurs pour voir sur les territoires, là où c'est le plus pertinent.

CAMILLE LABROUSSE
Qu'est-ce que les villes candidates ont à y gagner en fin de compte ?

NATHALIE ELIMAS
Eh bien je vous dis, c'est cet écosystème qui se met en place autour des enfants, c'est cette coordination, il y a moins de déperdition puisque les acteurs se parlent entre eux, et sont connectés entre eux, pour faire évoluer le jeune encore une fois depuis l'enfance jusqu'à son insertion professionnelle.

CAMILLE LABROUSSE
Donc vous faites le lien en quelque sorte entre les associations de sport, les parents, les enseignants, tout ça…

NATHALIE ELIMAS
Oui, c'est ça.

CAMILLE LABROUSSE
Mais il n'y a pas de choses en plus, pas de moyens supplémentaires, vous faites en sorte que tous ces interlocuteurs se parlent.

NATHALIE ELIMAS
Alors, les moyens supplémentaires, je vous le dis, pour l'éducation prioritaire et il y a un certain nombre de dispositifs, on va renforcer par exemple les Cordées de la réussite, on va mettre des internats d'excellence sur les territoires, on va développer le dispositif « devoirs faits », quand il est fait en classe, parce que les jeunes peuvent en bénéficier, c'est bien, mais par exemple demain je vais visiter une école sur un territoire rural, on a une problématique, c'est celle de la mobilité, quand on dépend d'un car scolaire pour rentrer le soir à la maison après les cours, eh bien c'est soit on rentre à la maison, soit on va aux devoirs faits, et donc je regarde comment passer ce dispositif en hybridation, c'est-à-dire à distance, afin de permettre à chacun, et de pouvoir rentrer à la maison, et de profiter de ce service qui est un service public extraordinaire, pour aider les jeunes dans l'accompagnement aux devoirs et puis dans la méthodologie qu'ils peuvent y gagner et surtout dans l'autonomiste.

CAMILLE LABROUSSE
L'appel à projets est donc lancé pour les Cités éducatives, Avignon en fait partie depuis un an, d'autres villes pourront en faire partie dans les prochains mois. Merci Nathalie ELIMAS, secrétaire d'Etat à l'Education prioritaire, en déplacement dans notre département. Bonne journée à vous.

NATHALIE ELIMAS
Bonne journée. Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 12 octobre 2020