Entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie, avec "Le Midi libre" le 20 octobre 2020, sur le tourisme face à l'épidémie de covid-19.

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Intervenant(s) :

  • Jean-Baptiste Lemoyne - Secrétaire d'État au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie

Texte intégral

Le secrétaire d'Etat chargé du Tourisme, des Français de l'étranger et de la Francophonie connaît le terrain et les élus. Le 27 septembre dernier il a été réélu sénateur de l'Yonne, son département d'origine. Avant de déployer verbalement les mesures mises en place pour soutenir l'économie touristique, le secrétaire d'Etat a jeté un coup d'oeil dans le rétro.

Dès le mois de mars le gouvernement a été au rendez-vous - et il continue de l'être- pour mettre en place du chômage partiel. Mesure poursuivie jusqu'à la fin décembre compte tenu de la crise qui rebondit.

Cet été les Français ont fait du bleu, blanc rouge ! Et les chiffres de l'Hérault montrent qu'il y a de belles réussites notamment dans le secteur rural, en montagne et sur le littoral. Ce fut plus compliqué dans les grandes villes comme à Lourdes par exemple victime de l'absence de pèlerinage. Mais globalement on a fait mieux que l'Espagne et l'Italie qui ont chuté de 75%. En France nous avons connu une baisse de 50%.

Q - Quelles mesures sont actuellement en vigueur ?

R - Le fonds de solidarité a été ouvert à hauteur de 1500 euros par mois. Mais ce n'est pas suffisant. Nous l'avons monté à 10000 euros. Cela sert à effacer des charges fixes qui courent toujours. Nous avons également les prêts garantis par l'Etat. Le secteur du tourisme en a consommé 10 milliards et nous travaillons encore le dispositif pour avoir des remboursements différés jusqu'à deux ans. Nous avons aussi ces prêts (PGE) saison. Ils permettent de mettre en place des prêts qui s'alignent sur un équivalent des trois meilleurs mois. Et un décalage de remboursement de deux ans dans le temps. La crise a eu cette vertu: il a fallu que l'on innove. Le tourisme est un secteur capital pour l'économie et c'est une grande chaîne avec beaucoup d'acteurs. Et toutes ces professions sont liées.

Q - Pour la Toussaint, vous avez préconisé de prendre des vacances. Vous maintenez ?

R - Ecoutez, si chacun fait attention oui. Il faut vivre avec le virus dans la durée et il va falloir s'adapter. Sachons respecter des protocoles et si nous sommes responsables alors la vie pourrait être presque normale. De nombreuses familles ont maintenu leurs vacances et nous n'avons pas empêché les mobilités parce que la vie doit être plus forte que le virus.

Q - Comment voyez-vous se dérouler les vacances d'hiver notamment pour le ski ?

R - Je me suis rendu à un salon de professionnels dernièrement. Je peux vous dire que toutes les personnes que j'ai rencontrées ont vraiment en tête les conditions sanitaires. Les professionnels de la montagne se sont préparés soigneusement. Et quand je vois ce qui est fait par exemple en Autriche, qui est la référence, je peux vous dire que nous avons aujourd'hui un niveau de sécurité sanitaire supérieur.

Q - Un mot sur les spectacles et le secteur de l'événementiel complètement touchés...

R - Oui. Et c'est une dure réalité. Il y a sans doute un modèle à repenser. En tout cas, il y a des idées qui remontent du terrain. Et c'est ainsi que l'on peut progresser. Mais nous continuerons à aider tous les secteurs en difficulté. De nombreux professionnels ont assisté au lancement du LabTourisme, quatrième du nom après la santé, l'immobilier et le littoral.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 21 octobre 2020