Interview de M. Olivier Dussopt, ministre des comptes publics, à BFM Business le 26 octobre 2020, sur la politique économique du gouvernement.

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Texte intégral

GUILLAUME PAUL
C'est le ministre chargé des comptes publics, Olivier DUSSOPT qui est avec nous, bonjour Olivier DUSSOPT.

OLIVIER DUSSOPT
Bonjour.

GUILLAUME PAUL
Merci beaucoup d'être avec nous, je disais avant la pause ce budget 2021, il est déjà obsolète compte tenu de l'aggravation de la situation sanitaire et des mesures qui sont prises, vous me dites non il n'est pas si obsolète que ça.

OLIVIER DUSSOPT
Ce n'est pas le cas puisque nous avons fait une prévision très prudente de ce que nous avons présenté avec Bruno LE MAIRE, les hypothèses de croissance, les hypothèses macro-économiques lors de la présentation du budget début septembre, nous avions retenu une hypothèse de récession à moins 10%, alors que tous les analystes de la Banque de France en particulier nous disait ce sera plutôt moins 8,7, moins 9, nous avons été prudents parce qu'en matière de finances publiques il vaut mieux être prudent et aujourd'hui malgré les mesures qui sont annoncées malgré le couvre-feu et des mesures de restriction que nous sommes obligés de prendre, nous sommes encore dans cette marge, et nous n'avons pas besoin de revoir notre cadrage macro-économique, ni l'hypothèse de croissance ou de déficit.

GUILLAUME PAUL
C'est-à-dire que là où certains se disent plus les jours passent, plus ce budget devient obsolète, vous nous dites plus les jours passent, plus on se rapproche du vrai finalement.

OLIVIER DUSSOPT
Ça peut être vu comme ça en tout cas, ça démontre que la prudence dont nous avons fait preuve, lorsque nous avons établi les hypothèses a été de bonne aloi et d'ailleurs c'est une prudence qui a été observée systématiquement par le Haut Conseil des finances publiques, depuis le début du quinquennat chaque avis du Haut Conseil des finances publiques sur des hypothèses de croissance, les hypothèses macro, chaque avis a été qualifié de prudent et chaque prévision était qualifiée de prudente et je le répète en matière de finances publiques ce qui compte à mes yeux, c'est la prudence, je le faisais lorsqu'il était maire, je n'ai aucune raison de ne pas le faire aujourd'hui, c'est aussi la sincérité ce que nous avons fait avec ce budget et le respect des autorisations parlementaires, c'est comme cela que nous avançons.

GUILLAUME PAUL
Alors je reprends vos prévisions, vous tablez toujours en 2021, rebond, on parle de 2021 maintenant, rebond de 8% du Produit Intérieur Brut, déficit du PIB de 6,7%, endettement plus de 116 %, ça pour vous, est-ce qu'on peut les tenir ces engagements, est-ce qu'à la fin de l'année, ils seront toujours…

OLIVIER DUSSOPT
C'est évidemment l'objectif, nous sommes en 2020 pour le moment avec une hypothèse de récession, j'allais dire de croissance mais de récession à 10%.

GUILLAUME PAUL
Ça par contre temps qui passe nous en rapproche effectivement.

OLIVIER DUSSOPT
Avec une hypothèse de déficit à un peu plus de 10%, 10,2 et de d'endettement à hauteur de 117%. Nous avons comme objectif grâce au plan de relance d'avoir une croissance qui soit plutôt autour de 8% l'année prochaine parce que le plan de relance va nous apporter un point et demi et c'est la raison pour laquelle nous voulons le décaisser, le mobiliser très vite. Cet après-midi nous serons avec Bruno LE MAIRE à l'Assemblée nationale pour examiner les crédits de la mission relance avec les 3 priorités qui sont les nôtres. Donc nous sommes dans cette hypothèse-là et nous faisons en sorte par les mesures que nous prenons pour accompagner le tissu économique de garantir ces hypothèses. Lorsque nous mettons en oeuvre un fonds de solidarité renforcée dans les zones de couvre-feu, c'est pour aider les entreprises à passer le cap, lorsque nous disons que les prêts garantis par l'Etat qui étaient ouverts jusqu'à fin décembre seront ouverts jusqu'à juin 2021, c'est aussi pour permettre aux entreprises avec un outil qui marche d'avoir accès à de la trésorerie. Et nous avons la semaine dernière j'ai déposé et fait adopter en tout cas le Parlement a accepté d'adopter un amendement pour remettre en oeuvre un dispositif d'exonération de cotisations sociales comme nous l'avions fait au printemps pour la période de confinement là aussi pour accompagner les entreprises.

GUILLAUME PAUL
Je regarde à plus long terme, 2022, puisque vous savez que Bruno LE MAIRE l'a dit, il l'a répété à plusieurs reprises, il dit nous aurons a priori sur le plan économique, je vois l'idée c'est effacer les stigmates de cette crise sur les comptes de la France en 2022.

OLIVIER DUSSOPT
Le but est très simple, c'est retrouver le niveau de production de richesse de fin 2019 d'ici 2 ans.

GUILLAUME PAUL
Non mais attendez, est-ce qu'on peut y croire ça, plus les jours passent plus effectivement cette crise handicape l'activité, handicape l'appareil productif sachant que vous savez bien qu'historiquement chaque crise ampute le potentiel de croissance de l'économie Française. Est-ce que ce n'est pas ambitieux comme objectif ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est un objectif ambitieux mais c'est un objectif réaliste et le potentiel de croissance nous savons que lorsque nous sommes en crise, il est dégradé. Par contre notre objectif, je disais il y a un instant, c'est faire en sorte que dans 2 ans à l'issue du plan de relance nous ayons retrouvé le même niveau de richesse qu'avant 2019, qu'avant la crise donc fin 2019, c'est ambitieux et en même temps ça fera toujours des années de croissance qui auront été perdues et c'est là qu'on perd le potentiel que vous évoquez. la question n'est pas d'y croire, c'est de faire et faire c'est mettre en oeuvre ce plan de relance, nous avons prévu 100 milliards d'euros sur 2 ans avec des crédits qui ont une vocation, une nature plutôt qui est d'être réversible, qui doit être ponctuelle puisque nous ne voulons pas que à l'issue du plan de relance nous ayons sédimenté de la dépense publique supplémentaire, nous ne voulons pas que le taux de dépenses publiques sur le PIB revienne à un niveau supérieur à ce qu'il était avant la crise. Nous avons à notre actif deux vraies grandes réussites en matière de finances publiques. La première réussite, c'est d'avoir réussi à tenir l'objectif des 3% pendant 3 années et donc il faut que nous puissions retrouver ce chemin progressivement.

GUILLAUME PAUL
C'est quoi progressivement pour vous ?

OLIVIER DUSSOPT
Je vais y revenir. L'autre réussite, elle est souvent moins mise en oeuvre, l'autre réussite qui est moins mise en avant, c'est le fait que depuis le début du quinquennat d'Emmanuel MACRON, le taux des prélèvements obligatoires qui est passé de plus de 45% à 44% et le taux de la dépense publique sur le PIB de 55,5 à 54 %, donc nous avons allégé le poids de la dépense publique et nous continuons à baisser les impôts. Nous allons le faire encore en 2021 tant pour les entreprises que pour les ménages. Et ça, ça nous permettra de reconstruire trajectoire de finances publiques.

GUILLAUME PAUL
Effacer les stigmates, vous dites, il ne faut pas le croire, il faut faire justement vous faites référence au plan de relance parce qu'on va se pencher sur les dépenses du plan de relance cet après-midi à l'Assemblée nationale, mais il y a un sujet en ce moment parce qu'on rappelle que ce plan de relance français, nous n'avons que 22 milliards sur les 100 qui seront débloqués dès l'année prochaine.

OLIVIER DUSSOPT
Vous vous trompez, vous vous trompez et je vais vous expliquer pourquoi. Nous avons prévu 22 milliards de crédits de paiement auxquels il faut ajouter les 10 milliards de baisse d'impôts de production au 1er janvier, nous sommes à 32 milliards, auxquels il faut ajouter les 10 milliards que nous avons déjà engagé sur la fin de l'année 2020, ce qui fera 42 milliards, soit la moitié des crédits dépendants directement de l'Etat, les autres crédits dépendent de l'Unedic et la Sécurité sociale notamment pour le financement de l'activité partielle ou de la BPI.

GUILLAUME PAUL
Donc 42 milliards de ce plan…

OLIVIER DUSSOPT
Et l'objectif c'est bien d'être 50% fin 2021 comme nous l'avons dit depuis le début.

GUILLAUME PAUL
Est-ce que ça ne va pas dépendre de ce qui se passe à Bruxelles parce que là aussi on est d'accord. Il y a un vrai sujet, je crois que la France doit récupère aux alentours de 40 milliards à l'occasion de ce plan de relance, vaste plan de relance à 750 milliards d'euros que l'Europe a conclu.

OLIVIER DUSSOPT
Pas dans la seule année 2021 mais sur la durée du plan effectivement.

GUILLAUME PAUL
Sauf que vous avez vu comme moi comme tout le monde, que les discussions s'enlisent sérieusement du côté de Bruxelles et entre Etats membres et en plus pour ne rien arranger entre Bruxelles et le Parlement européen qui considèrent qu'on sabre dans certains budgets d'investissement, est-ce qu'on va pouvoir récupérer rapidement d'après vous ces 40 milliards qui vont être absolument cruciaux pour financer une partie de ce genre de le relance, c'est un vrai sujet.

OLIVIER DUSSOPT
Voilà oui pour deux raisons. d'abord le Premier ministre, le ministre de l'Economie, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes étaient à Bruxelles vendredi pour défendre les intérêts de la France et appeler à ce que cette situation puisse être débloquée rapidement, le fait d'avoir un plan de relance européen, le fait que l'Europe puissent se doter de ressources propres, puisse avancer des outils de solidarité face à la crise, c'est une immense avancée que l'on doit à Emmanuel MACRON et Angela MERKEL qui ont travaillé ensemble, qui ont convaincu les autres Etats y compris les Etats considérés comme les Etats frugaux, notamment les Etats du nord, les Etats de l'est d'avancer sur cet aspect. Il ne faut pas que, des pardonnez- moi mais des chicayas politiques viennent bloquer ce processus-là, donc il faut que ça puisse avancer.

GUILLAUME PAUL
Mais là les chicayés, ils sont avec les pays de l'Est.

OLIVIER DUSSOPT
Je compte beaucoup sur à la fois la sagesse du Parlement européen et la conviction de la présidente de la commission, poussé en cela par tant les Français que les Allemands, pour que ça puisse être débloqué.

GUILLAUME PAUL
Si ces milliards ne sont pas débloqués…

OLIVIER DUSSOPT
et ensuite il y a une 2e raison qui fait que nous aurons ce financement européen, c'est le fait que notre plan de relance correspond aux priorités de l'Europe, il correspond sur le fond avec des priorités données à la transition écologique, avec des priorités données à la souveraineté industrielle ou à la cohésion et qu'il correspond aussi sur la forme puisque nous veillons et c'est ma responsabilité tout particulièrement à ce que les crédits soient les plus réversible possibles, que ce ne soit pas des dépenses structurelles ou durables et il est aussi conforme car nous n'abandonnons pas l'idée que notre pays doit être réformé et c'est une des conditions au plan de relance. Donc je n'ai pas d'inquiétude sur la capacité que nous aurons, la France et tous les Etats membres à accéder débloquer ces fonds. Par contre il est vrai qu'il faut que les discussions auxquelles nous assistons actuellement puissent aboutir rapidement.

GUILLAUME PAUL
Rapidement c'est quoi ?

OLIVIER DUSSOPT
Dans les jours, les semaines qui viennent.

GUILLAUME PAUL
Dans les semaines qui viennent, il faut que ces milliards soient débloqués et la France puisse les obtenir pour financer une partie de son plan de relance.

OLIVIER DUSSOPT
Le processus de déblocage des fonds, ça n'est pas de débloquer 40 milliards d'un coup, c'est un déblocage progressif, enfin en fonction des actions, des éléments qui seront mis en oeuvre, il ne s'agit pas de faire un chèque de 40 milliards et de l'encaisser d'un bloc.

GUILLAUME PAUL
Alors justement la maitrise de la dépense publique parce que vous l'avez dit vous restez attaché, vous à la maîtrise de la dépense publique même si ce budget sera celui de la démesure, budget 2021 mais c'est comme ça, c'est l'époque qui veut ça, mais la maîtrise de la dépense publique, c'est soutenable jusqu'à quel point pour vous, Olivier DUSSOPT ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est soutenable dans la mesure où il faut différencier les choses. Il y a un plan de relance pour lequel nous consacrons des moyens qui sont gigantesques, 5 milliards d'euros pour la relance qui viennent s'ajouter à ce que nous avons mis en oeuvre pour faire face à la crise. Nous avons garanti les prêts faits par les entreprises. Nous avons diminué les recettes de l'Etat, soit parce que nous avons consenti des exonérations, soit parce que les recettes fiscales ont diminué du fait de la crise et surtout nous avons engagé des crédits lourdement pour presque 60 milliards d'euros de dépenses. Je pense au chômage partiel, je pense au fonds de solidarité. Il faut différencier ces éléments d'urgence et de relance, du budget, que je qualifierais d'ordinaires, et pour ce qui concerne le budget classique, celui des ministères, celui qui finance nos priorités, nous tenons le cap. Nous avons des programmes pluriannuels, nous les respectons, tout en finançant nos priorités, si vous regardez les différentes… budgétaires vous verrez que les ministères régaliens, l'Armée, l'Intérieur, la Justice cette année, voient leur budget augmenter, comme nous nous y sommes engagés, et les ministères qui préparent l'avenir, la Transition écologique, l'Education, la Recherche, voient aussi leurs moyens augmenter, parce que ça correspond à nos priorités. Ça implique de faire des efforts ailleurs, de continuer à réformer, de continuer à restructurer, de continuer à limiter l'évolution de la dépense, c'est mon rôle, c'est celui du ministère de l'Economie et des Finances tout entier, et nous nous y attachons, avec une véritable coopération de mes collègues d'ailleurs.

GUILLAUME PAUL
Il faut continuer à réformer, c'est vous qui le dites effectivement, il faut continuer à réformer. Il y a, dans moins d'1 heure maintenant, une grande conférence sociale autour du Premier ministre, on va parler de la réforme de l'assurance chômage, de la réforme des retraites, de dossiers très sensibles. Qu'est-ce que vous pensez, vous personnellement ? Vous dites cette réforme de l'assurance chômage elle est toujours censée, dans les faits, être appliquée à partir du 1er juin 2021.

OLIVIER DUSSOPT
Nous avons toujours dit qu'elle serait appliquée en fonction des évolutions de la crise et qu'il faudrait certainement la revoir pour voir comment on peut l'adapter à la situation.

GUILLAUME PAUL
La revoir ou la déplacer ?

OLIVIER DUSSOPT
Mais surtout ne préemptons pas les débats qui vont avoir lieu tout à l'heure. Le Premier ministre réunit les partenaires sociaux, il tient à ce moment, et nous tenons à ce moment, de rencontre et de dialogue, et je ne suis pas là pour préempter des conclusions, ou préempter la nature des discussions qui vont se tenir. Par contre il y a d'autres éléments, d'autres éléments de réforme, j'entends que nous menons à bien, au 1er janvier, par exemple, nous allons faire en sorte que les APL, pour les ménages bénéficiaires d'APL, soient calculées en fonction de la réalité de leurs revenus. Aujourd'hui quand vous demandez à avoir droit aux APL, lorsque vous y avez droit, vos appels sont calculés en fonction des revenus d'il y a 2 ans, et c'est tout un mécanisme assez complexe…

GUILLAUME PAUL
C'est ce qu'on appelle la contemporanéité.

OLIVIER DUSSOPT
Pour les actualiser, on va les « contemporanéiser », c'est un mot un peu compliqué, mais quand on a l'habitude ça passe tout seul, et nous allons le faire au 1er janvier pour faire en sorte que nous aidions les ménages qui en ont besoin au moment où ils en ont besoin, et éviter les phénomènes de trop-perçu ou de sous-perçu. Nous travaillons de la même manière, parce que j'aime le mot, je vais le répéter, sur la « contemporanéisation » du crédit d'impôt pour les services à la personne à partir de 2022, c'est tout un travail de préparation, c'est faire en sorte que lorsque vous avez recours à de l'emploi à domicile, vous puissiez bénéficier du crédit d'impôt au moment où vous payez la facture et sans attendre 1 an après pour le percevoir. Tout ça se sont des réformes de fond, qui permettent de moderniser notre administration, qui permettent de simplifier la vie des usagers, et que nous continuons, qu'il y ait crise ou qu'il n'y ait pas crise, parce que c'est essentiel de les continuer, pour que notre administration fonctionne et que notre pays puisse aussi mais fonctionner.

GUILLAUME PAUL
Dernière question. Maîtrise de la dépense publique, Olivier DUSSOPT, vous le dites vous-même, l'opposition, qui ne va pas manquer de vous le répéter ces prochains jours à l'Assemblée, dit c'est malheureusement inéluctable, la hausse des impôts, à terme s'imposera.

OLIVIER DUSSOPT
Nous faisons tout l'inverse.

GUILLAUME PAUL
Oui, mais bien sûr vous faites tout l'inverse, jusqu'à quand ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous continuons à baisser les impôts. Lorsque vous regardez le projet de loi de finances de 2021, c'est une nouvelle tranche de baisse de la taxe d'habitation, c'est une tranche de baisse des impôts de production, c'est…

GUILLAUME PAUL
Vous le faites.

OLIVIER DUSSOPT
Au total, de 2018 à 2021, 45 milliards d'euros de baisses d'impôts, moitié pour les ménages, moitié pour les entreprises. L'opposition, j'entends à chaque fois qu'elle fait des propositions, ce que je constate, depuis le début des discussions budgétaires, c'est que les mêmes qui nous disent-ils il y a trop de dette, sont les premiers à déposer des amendements pour qu'il y ait plus de dépenses, à un moment il faut aussi assumer cette contradiction.

GUILLAUME PAUL
Elle va voter en tout cas, a priori, en faveur du plan de relance, l'opposition.

OLIVIER DUSSOPT
C'est une bonne chose.

GUILLAUME PAUL
C'est une bonne chose.

OLIVIER DUSSOPT
C'est une bonne chose.

GUILLAUME PAUL
Merci beaucoup Olivier DUSSOPT.

OLIVIER DUSSOPT
Merci à vous.

GUILLAUME PAUL
Merci beaucoup d'être venu nous voir aujourd'hui aujourd'hui sur BFM Business, le ministre chargé des Comptes publics, merci d'être venu nous voir sur BFM Business.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 27 octobre 2020