Interview de M. Olivier Dussopt, ministre des comptes publics, à Sud radio le 28 octobre 2020, sur la politique économique du gouvernement face à l'épidémie de Covid-19.

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Texte intégral

CECILE DE MENIBUS
Le petit déjeuner politique d'Olivier DUSSOPT, ministre délégué en charge des Comptes publics.

PATRICK ROGER
Oui, bonjour Olivier DUSSOPT.

OLIVIER DUSSOPT
Bonjour.

PATRICK ROGER
Emmanuel MACRON doit prendre la parole a priori ce soir à 20 heures, à l'issue de Conseils de défense, un hier et un aujourd'hui. Le reconfinement national pour quatre semaines vous semble la piste la plus sérieuse ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous sommes d'abord face à une situation épidémique qui est très compliquée, très difficile avec des chiffres que tout le monde connaît et qui montre que le virus circule très vite. Actuellement le gouvernement, le président de la République travaillent et le président de la République, après les consultations que vous avez évoquées, après la rencontre entre le Premier ministre et les chefs de parti, les chefs de groupe politique, aura à prendre des décisions et à annoncer ces décisions dans les heures qui viennent et après le Conseil des ministres et le Conseil de défense de ce matin. L'un des objectifs et même l'objectif principal, c'est la santé publique et nous travaillons actuellement sur toutes les hypothèses. Pour ce qui me concerne avec Bruno LE MAIRE, nous préparons les dispositions qui seront nécessaires pour accompagner l'économie, quelle que soit la nature des décisions prises.

PATRICK ROGER
Oui. Alors Olivier DUSSOPT, ça on va y revenir en détail mais est-ce que ça veut dire aussi que le déconfinement a été un échec ?

OLIVIER DUSSOPT
Je ne crois pas parce que le déconfinement, c'est d'abord la reprise de l'activité. C'est la sortie de l'isolement, c'est faire en sorte que la vie puisse continuer avec le virus. Comme dans tous les pays européens, nous assistons aujourd'hui à une reprise du virus, une reprise de l'épidémie avec beaucoup de virulence. C'est le cas dans tous les pays voisins, c'est le cas à l'échelle de l'Europe. C'est une situation qui est assez grave, c'est le moins qu'on puisse dire.

PATRICK ROGER
On a l'impression qu'on est plus touchés, nous en France quand même, que certains autres pays et puis l'Europe que certains continents aussi.

OLIVIER DUSSOPT
Je n'en ai pas le sentiment et vous avez certainement vu qu'en Italie, des mesures de confinement, de couvre-feux sont prises, que cela entraîne même un certain nombre d'incidents. Chaque pays européen réagit avec des méthodes qui peuvent être différentes mais réagit face à une épidémie qui est très présente.

PATRICK ROGER
Oui. Est-ce que les Français justement sont prêts selon vous psychologiquement aussi à ça ?

OLIVIER DUSSOPT
Les Français ont montré pendant le printemps dernier qu'ils étaient extrêmement disciplinés et attentifs. Et donc, nous devons veiller à ce que les mesures de protection soient prises et que dans le même temps nous puissions préserver un maximum d'activités, un maximum de liens et faire en sorte qu'une nouvelle fois - je le répète, quelle que soit la nature des décisions - une nouvelle fois l'appareil de l'Etat réponde présent. Je n'ai pas de doute sur cela. Nous allons répondre présents.

PATRICK ROGER
Est-ce que vous allez être obligé de revoir justement les prévisions de croissance et, plus largement, l'ensemble des prévisions économiques ? Je rappelle que vous tabliez sur, quand même, une croissance de plus de 8% en fait. C'est ça ?

OLIVIER DUSSOPT
En 2021.

PATRICK ROGER
Oui.

OLIVIER DUSSOPT
Nous travaillons sur deux années budgétaires. D'abord l'année 2020 qui est extrêmement dégradée et lorsque nous avons présenté le budget pour 2020, nous avons réactualisé nos prévisions. C'était au mois de septembre, il y a quelques semaines. Nous avions dit que 2020 se terminerait avec une récession et donc une croissance négative de moins 10%. A l'époque, beaucoup nous avaient dit : vous êtes très pessimiste puisque la Banque de France, par exemple, disait : ce sera plutôt moins 8,5, moins 8,7. Nous avions été prudents et nous avons assumé cette prudence en expliquant que nous préférions être prudents plutôt qu'imprudents en matière de finances publiques. Aujourd'hui l'épidémie que nous vivons montre que nous avons eu raison d'être prudents.

PATRICK ROGER
Parce que nous serons à combien à peu près ?

OLIVIER DUSSOPT
L'Assemblée nationale et le Sénat sont en cours d'examen. Le texte de la loi de finances est à l'Assemblée nationale et nous avons indiqué lundi, lorsque l'Assemblée a voté les crédits du plan de relance, que lors de la deuxième lecture - c'est-à-dire fin novembre/début décembre - la situation sera stabilisée en termes de prévisions et que s'il fallait modifier le budget 2021, nous le ferions. Et par ailleurs pour l'année 2020, nous aurons un exercice budgétaire à la fin de l'année, au cours du mois de novembre et du mois de décembre qu'on appelle le collectif budgétaire, qui traditionnellement sert à ajuster le budget sur la fin de l'année pour tenir compte des besoins ou des sous-consommations et ce sera l'occasion, là aussi c'est nécessaire, de recharger si vous me permettez cette expression, des dispositifs d'aide pour faire face à la crise économique.

PATRICK ROGER
Oui, mais alors on devrait être dans quelle fourchette ? A la fois sur l'année 2020 et ensuite budget 2021 ?

OLIVIER DUSSOPT
Aujourd'hui, il est trop tôt pour le dire. Mais bien évidemment, si nous avons…

PATRICK ROGER
Mais les 10% dont vous avez parlé tout à l'heure ?

OLIVIER DUSSOPT
Si nous avons à la fin de l'année une prévision bien différente, nous réactualiserons. Nous sommes sûr moins 10. Si nous devions prendre des mesures très restrictives pour les libertés de circuler et les libertés de travailler, il faudrait réactualiser et modifier ces prévisions de croissance.

PATRICK ROGER
Oui. Et les plans de relance et les prévisions de croissance justement pour 2021 alors ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous les maintenons car c'est essentiel de relancer l'activité économique. Il faut avoir en tête que lorsque le pays s'arrête de fonctionner comme ç'a été le cas au mois d'avril et au mois de mai, lorsque nous avons pris la décision et elle était utile, elle était juste, de procéder à un confinement et d'arrêter l'activité économique, c'est une perte entre 2 et 2,5 points de PIB par mois de confinement général. Et c'est un coût. C'est un coût parce que l'Etat perd des recettes puisque s'il y a moins d'activité, il y a moins de moins de fiscalité.

PATRICK ROGER
Ce qui veut dire qu'avec ce reconfinement, vous ne pouvez plus tabler sur la même chose quand même pour 2021.

OLIVIER DUSSOPT
Nous avons systématiquement – et je dis bien systématiquement - actualisé nos prévisions et, je le répète, il y a 2020 d'une part, il y a 2021. 2021, c'est une année avec un plan de relance. Les députés ont voté les crédits du plan de relance et ont acté le fait que nous allons consacrer cent milliards d'euros à la relance économique dans les deux années qui viennent. L'objectif est de tenir cette prévision de croissance en 2021 parce que nous avons besoin de cela…

PATRICK ROGER
Coûte que coûte ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous avons besoin que l'économie fonctionne, nous avons besoin de produire des richesses à la fois pour des questions de finances publiques mais aussi, tout simplement, pour des questions d'activités, de préservation du pouvoir d'achat. Nous sommes le pays qui protège le mieux le pouvoir d'achat des salariés. Sur l'année 2020, l'estimation est que le pouvoir d'achat va malheureusement baisser de 0,5% alors même que la production de richesse a baissé de 10%. La logique aurait voulu que ce soient les mêmes chiffres grâce au chômage partiel.

PATRICK ROGER
C'est le système, oui, le système d'aide qui…

OLIVIER DUSSOPT
Le chômage partiel. 31 milliards d'euros qui sont engagés pour garantir aux Français que lorsque leur activité s'arrête, l'Etat prend le relais. Imaginez qu'au mois d'avril, l'Etat a payé à la place des françaises le salaire de onze millions de salariés. Qu'au total sur l'année 2020, nous avons déjà financé deux milliards d'heures de travail qui n'étaient pas effectuées parce qu'ils étaient en chômage partiel. C'est le phénomène, c'est l'outil le plus massif et c'est le système le plus protecteur d'Europe.

PATRICK ROGER
Oui. Alors Olivier DUSSOPT, parce que le patronat a tiré quand même la sonnette d'alarme hier en disant : attention, si c'est un reconfinement total pendant une période en fait longue, il y a un risque d'écroulement de l'économie. Est-ce qu'il va y avoir beaucoup d'exception pour avoir des mesures peut-être un petit peu moins strictes qu'au printemps ?

OLIVIER DUSSOPT
Je l'ai dit tout à l'heure, le président de la République s'exprimera dans la journée et c'est à lui…

PATRICK ROGER
Non mais vous, comme vous regardez les comptes publics, vous avez votre mot à dire avec Bruno LE MAIRE bien sûr.

OLIVIER DUSSOPT
C'est au président de la République que revient de faire les annonces avec le chef du gouvernement. Ce que je dis et ce que je souligne, mais nous l'avons fait, c'est que lorsque l'activité s'arrête pendant un mois entier, c'est entre 2 points et 2,5 points de PIB que nous perdons. C'est plus de dix milliards d'euros de dépenses d'intervention et c'est au moins dix milliards d'euros de pertes de recettes fiscales. Donc ç'a un coût qui est conséquent. C'est le coût de la santé publique.

PATRICK ROGER
Comment on peut limiter un peu cet impact ?

OLIVIER DUSSOPT
On peut le limiter en maintenant l'activité mais je souligne, parce que parfois j'entends l'inverse, que des chiffres si importants, les efforts que nous avons déjà faits au cours de l'année 2020 : nous avons déjà engagé plus de soixante milliards d'euros de dépenses et nous avons déjà perdu au total - toutes administrations confondues – soixante-dix milliards d'euros de recettes fiscales. C'est la démonstration que dans notre pays, c'est la santé d'abord. C'est la santé d'abord et nous devons à la fois dire : la santé d'abord et nous y tenons…

PATRICK ROGER
Mais est-ce que ce n'est pas la santé et l'économie ? Parce que tout est lié quand même. Tout est lié. C'est l'organisation de nos sociétés, Olivier DUSSOPT.

OLIVIER DUSSOPT
A chaque fois qu'on le peut, il faut maintenir de l'activité parce que le maintien de l'activité c'est la meilleure façon évidemment d'éviter l'effondrement. C'est le maintien de relations sociales - je ne dis pas d'interactions puisqu'il faut justement les limiter - mais d'une vie sociale, d'une vie économique. C'est la démonstration que le pays continue à fonctionner et c'est cet équilibre qu'il faut trouver, mais je le répète avec un principe : c'est la santé d'abord.

PATRICK ROGER
La santé en fait, évidemment, qui est importante mais le télétravail, on l'a évoqué à plusieurs reprises là vous encouragez l'ensemble aussi des administrations, des entreprises à opter pour le télétravail dans la mesure du possible.

OLIVIER DUSSOPT
Tous les employeurs et avec cette idée qu'à chaque fois que c'est possible, le télétravail doit être privilégié parce que c'est une façon à la fois de préserver de l'activité tout en protégeant les salariés, dès lors qu'ils peuvent travailler à domicile. Ça n'est pas le cas de tous.

PATRICK ROGER
Oui. Du côté des mesures, vous les avez évoquées tout à l'heure, de chômage partiel, les mêmes mesures vont être reconduites ?

OLIVIER DUSSOPT
Les mesures sont déjà encore en vigueur. Le chômage partiel est encore en vigueur.

PATRICK ROGER
Bien sûr, bien sûr.

OLIVIER DUSSOPT
Nous l'avons prolongé. Le fonds de solidarité pour les entreprises fermées existe aussi, nous l'avons même renforcé au cours des derniers mois avec la prise en charge des entreprises jusqu'à cinquante salariés alors qu'au mois de mars, c'étaient les entreprises jusqu'à dix salariés. Et nous avons des prêts garantis par l'Etat qui devaient être ouverts jusqu'à fin décembre et nous avons annoncé avec Bruno LE MAIRE qu'ils seraient ouverts au moins jusqu'au 30 juin. Donc les dispositifs existent, et d'ailleurs je prends un exemple, une illustration. L'Assemblée nationale examine la loi de finances mais l'Assemblée nationale a aussi voté en première lecture la loi de financement de la Sécurité sociale. J'ai présenté devant l'Assemblée la semaine dernière et l'Assemblée l'a voté un amendement qui prévoit les exonérations de cotisations patronales et donc d'échéance sociale pour les entreprises concernées dans les mêmes conditions qu'au printemps. Nous l'avons d'ores et déjà voté et inscrit dans la loi.

PATRICK ROGER
Oui. Vous avez vous avez parlé de l'Assemblée nationale. On a vu que c'était compliqué quand même hier lors des échanges. Demain ce sera présenté aussi par Jean CASTEX, en fait l'ensemble du plan. Il n'y a pas, il ne semble pas y avoir d'unité nationale chez les politiques ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est la responsabilité de l'opposition.

PATRICK ROGER
Pourquoi selon vous ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est la responsabilité de l'opposition et moi je regrette les propos qui aussi parfois - je ne dis pas pour tout le monde mais parfois - entre l'irresponsabilité, le cynisme et la prise de distance avec toute forme d'intérêt général. Lorsqu'on est dans une situation telle que nous la connaissons, évidemment on peut toujours faire mieux et ça nous l'avons toujours dit, mais nous faisons beaucoup et il y a un principe et, je pense, une ligne rouge à tenir : c'est la question de l'unité. Peut-être que dans cette période on pourrait, et c'est une invitation que je fais aux représentants de l'opposition qui s'en…

PATRICK ROGER
Une trêve.

OLIVIER DUSSOPT
Peut-être faire une trêve. Peut-être respecter les personnes. Peut-être se dire que l'unité…

PATRICK ROGER
Quand vous dites « respecter les personnes, pourquoi ? Vous avez l'impression qu'hier à l'encontre de Jean CASTEX notamment les directement ont été virulentes ?

OLIVIER DUSSOPT
Des propos qui parfois sont déplacés et je pense notamment à certaines expressions de La France insoumise sur tel ou tel ministre qui sont totalement déplacés. Ça a été aussi le cas d'ailleurs de certains députés du groupe LR pendant les questions d'actualité. Mais peut-être respecter une trêve et peut-être se dire que la meilleure façon de soutenir ceux qui sont au front, pour reprendre cette expression, les soignants, les métiers en première ligne, ceux qui sont mobilisés, les forces de sécurité, pour faire en sorte que ça se passe bien, la meilleure façon de leur rendre hommage, ce n'est pas seulement des mots dans l'hémicycle ou des mots sur les chaînes de radio, c'est de faire corps.

PATRICK ROGER
Olivier DUSSOPT, vous connaissez bien aussi l'ensemble des rouages de l'Administration, pourquoi, sur les tests, c'est aussi long à se mettre en place ? Là, ce qui est critiquée dans cette période, c'est la mise en place, en fait, de l'ensemble des tests massifs.

OLIVIER DUSSOPT
Est-ce que vous savez combien de tests sont faits chaque semaine ?

PATRICK ROGER
Chaque semaine, en tests PCR ou en tests… ?

OLIVIER DUSSOPT
En tests PCR.

PATRICK ROGER
En tests PCR on est à plus d'1 million.

OLIVIER DUSSOPT
On est à plus d'1,5 million.

PATRICK ROGER
Voilà, c'est ça, mais on dit en fait qu'il faut des tests massifs. On avait une épidémiologiste qui était hier à cette antenne, qui disait on peut multiplier, il y a les tests salivaires, il y a d'autres méthodes pour tester de façon plus drastique.

OLIVIER DUSSOPT
Nous sommes le pays d'Europe qui aujourd'hui teste le plus, et il y a un certain nombre de tests, vous avez évoqué les tests antigéniques notamment…

PATRICK ROGER
Et les tests salivaires.

OLIVIER DUSSOPT
Qui font l'objet aujourd'hui de vérifications, de mise en conformité…

PATRICK ROGER
Oui, mais c'est assez long, pourquoi c'est aussi long ? On est dans une situation d'urgence, vous l'avez dit tout à l'heure.

OLIVIER DUSSOPT
Pardonnez-moi, mais je vais rappeler une évidence, je ne suis pas médecin, et lorsqu'il s'agit de process qui visent à certifier l'efficacité, et donc la fiabilité d'un test, ou d'un médicament, je me fie à un avis, c'est celui de la communauté médicale…

PATRICK ROGER
Oui, mais le Covid sera passé quand il y aura les certifications…

OLIVIER DUSSOPT
Et je pense que, dans ce domaine-là, la précipitation est mauvaise conseillère…

PATRICK ROGER
Tous ne disent pas ça quand même, non ?

OLIVIER DUSSOPT
Faisons confiance aux médecins et au Conseil scientifique.

PATRICK ROGER
Un mot, Olivier DUSSOPT, concernant le terrorisme. J'ai vu que le gouvernement comptait renforcer la lutte contre le financement du terrorisme, comment ?

OLIVIER DUSSOPT
Il y a un certain nombre de propositions, que nous portons avec Bruno LE MAIRE, nous pensons, par exemple, qu'un certain nombre d'associations, certaines sont évoquées aujourd'hui dans le cadre de procédures de dissolution, certaines associations, parce qu'elles sont associations, parce qu'elles ont répondu à un certain nombre d'agréments, bénéficient, pour les dons qui leur sont faits, de déductions fiscales. Nous, nous considérons que lorsqu'une association est dirigée par des gens qui s'opposent aux valeurs de la République, qui peuvent être condamnés, poursuivis pour terrorisme ou apologie du terrorisme, il n'y a pas lieu qu'il y ait des déductions fiscales. De la même manière nous sommes convaincus que les financements étrangers d'un certain nombre d'associations, notamment d'associations cultuelles, ne doivent pas nécessairement être interdits, mais doivent être contrôlés, doivent être déclarés…

PATRICK ROGER
C'était déjà le cas, mais pas suffisamment…

OLIVIER DUSSOPT
On peut renforcer ces dispositifs, à la fois sur le contrôle des fonds qui viennent de l'étranger, et puis nous pouvons mettre en place un certain nombre d'outils pour renforcer les moyens d'administration, pour empêcher tout simplement que des déductions fiscales, des crédits d'impôts, puissent être accordés pour des dons qui sont faits à des associations qui objectivement sont des associations qui s'opposent à l'intérêt général et à la République.

PATRICK ROGER
Question avec Cécile de MENIBUS, Olivier DUSSOPT.

CECILE DE MENIBUS
Oui, pour la rentrée scolaire, le 2 novembre, les enseignants s'interrogent sur la manière dont ils vont aborder forcément le drame qui est arrivé avec Samuel PATY, une idée commence à faire son chemin, c'est de montrer à nouveau les caricatures - qu'est-ce que vous en pensez ? - au nom de la liberté d'expression, et finalement du droit à la caricature.

OLIVIER DUSSOPT
Mon collègue, Jean-Michel BLANQUER, prépare la rentrée et cela relève de ses prérogatives. En ce qui concerne les caricatures, c'est un droit absolu, c'est un droit absolu parce que c'est le droit à la liberté d'expression. Il n'y pas, il faut le rappeler systématiquement, il n'y a pas de délit de blasphème dans notre pays, nous sommes dans une République laïque, il y a un droit à la liberté d'expression, à la caricature, sans mais, sans réserve, parce que j'entends ici ou là certains qui disent on peut caricaturer, mais il faut faire attention. Non. La caricature elle est libre, ceux qui ne veulent pas les regarder ne les regardent pas, ceux qui considèrent que tel ou tel dessin de, par exemple Charlie Hebdo, pour prendre cet exemple, ne leur…

PATRICK ROGER
Le nouveau, le nouveau dessin de Charlie Hebdo. Vous avez vu le ministre truc qui réagit violemment ?

OLIVIER DUSSOPT
…C'est le moins qu'on puisse dire ; si certains considèrent que ce dessin ne leur plaît pas ils ont le droit de ne pas l'aimer, ils ont droit de le dire, mais ils n'ont pas le droit de l'interdire.

PATRICK ROGER
Merci. Olivier DUSSOPT, ministre délégué en charge des Comptes publics, était l'invité ce matin de Sud Radio.

OLIVIER DUSSOPT
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 28 octobre 2020