Interview de M. Julien Denormandie, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, à Radio Classique le 3 novembre 2020, sur l'épidémie de Covid-19 et la lutte contre l'islamisme radical.

Prononcé le

Intervenant(s) :

Texte intégral

GUILLAUME DURAND
Nous sommes avec Julien DENORMANDIE, qui vous le savez a été déjà 2 fois ministre, la Ville, l'Agriculture, il est en direct avec nous. Les questions ne vont pas manquer concernant justement cette situation, notamment du petit commerce et celle d'un reconfinement qui est problématique.

-Jingle-

GUILLAUME DURAND
Julien DENORMANDIE, d'abord bienvenu.

JULIEN DENORMANDIE
Merci.

GUILLAUME DURAND
Vous avez entendu Guillaume TABARD, il parle à la fois de COURTELINE, de KAFKA pour la tragédie et d'une gestion quand même très bizarre de cette histoire de petits commerces, avec évidemment une perspective politique, et je vous regarde dans les yeux : si vous voulez précipiter les petits commerçants dans les bras de Marine LE PEN ou recréer des Gilets jaunes, continuez comme ça et ça va marcher très bien.

JULIEN DENORMANDIE
Mais vous savez, c'est la difficulté de gouverner dans le moment que l'on vit. C'est quoi le moment que l'on vit ? A la fin de cette interview, il y aura 3 Français qui seront morts du Covid, 3. A la fin de l'interview que vous aurez faite avec moi, 3 Français seront morts. Toutes les minutes nous avons des personnes qui rentrent à l'hôpital. Nous sommes face à cette crise sanitaire qui hier encore a battu des records en nombre de décès dans notre pays, et donc…

GUILLAUME DURAND
Plus de 400.

JULIEN DENORMANDIE
On fait quoi face à ça ? Eh bien on prend des mesures qui sont des mesures qui sont difficiles, incroyablement difficiles. Moi j'habite à Charenton, mon libraire à Charenton, est quelqu'un que je vais voir régulièrement, est un moment de partage, est un moment de bonheur pour moi…

GUILLAUME DURAND
Oui, mais vous le fermez.

JULIEN DENORMANDIE
Oui, mais pourquoi on le fait ? On ne le fait pas par plaisir, on le fait par nécessité face à cette crise sanitaire qui est face à nous. Et j'entends Guillaume TABARD disant : "à ce moment-là on tire tout le monde vers le bas". Mais non, non. Qu'est-ce qu'on essaie de faire ? On essaie de dire que dans la période, la seule façon utile de lutter contre le virus, c'est d'éviter ce qu'on appelle le brassage, c'est d'éviter les mouvements de personnes, c'est d'éviter de rentrer en contact les uns avec les autres, et ça c'est sacrément difficile. Et pour faire ça, qu'est-ce qu'on a pris comme décision ? C'est qu'on laissait ouverts que les produits dits de première nécessité. Ça ne veut pas de dire que les autres ne sont pas importants, mais il y a des produits de première nécessité, dont vous avez besoin tous les jours pour vivre, et c'est ça qu'on laisse ouvert. C'est compliqué.

GUILLAUME DURAND
Mais vous avez, dans beaucoup de régions, des petits commerçants qui sont au bord de l'asphyxie financière, et je lis Sylvain TESSON ce matin, que vous connaissez et que vous aimez, puisque vous aimez la littérature. Il dit : au fond, le problème du gouvernement c'est que les médecins sont sûrs de rien, le virus est mal connu, des adolescents succombent, des vieilles gens triomphent, des pays riches sont plus touchés que les pays pauvres. De ces inconnues les pouvoirs publics tirent, et c'est vous les pouvoirs publics ce matin, tirent pourtant une certitude, il faut enfermer les populations ».

JULIEN DENORMANDIE
Mais…

GUILLAUME DURAND
Il dit : mais comment DENORMANDIE…

JULIEN DENORMANDIE
J'adore Sylvain TESSON…

GUILLAUME DURAND
Mais oui, mais il dit : les médecins ne savent rien et vous tirez de cette…

JULIEN DENORMANDIE
On sait quand même…

GUILLAUME DURAND
… une seule, enfin, une seule décision : enfermons-les !

JULIEN DENORMANDIE
Sauf qu'on sait quand même quelque chose…

GUILLAUME DURAND
Eh bien alors, dites-moi quoi !

JULIEN DENORMANDIE
Qu'est-ce qu'on sait ? C'est que tous les jours, et encore hier, il y a des centaines de nos compatriotes qui meurent. Et qu'est-ce qu'on sait ? Deuxième élément, c'est qu'un virus, il n'y a qu'un paramètre sur lequel vous pouvez jouer, il n'y en a pas deux, il n'y en a qu'un, c'est pour limiter sa propagation, de limiter les contacts entre les gens, parce que vous ne pouvez pas jouer sur son côté d'impactant en tant que virus lui-même, vous ne pouvez pas avoir d'autres facteurs que de limiter le brassage pour limiter sa diffusion. Et comment vous faites pour limiter sa diffusion au jour le jour ? Eh bien vous limitez les endroits où les gens peuvent se rencontrer. Et ça, ça veut dire, cette décision incroyablement difficile de fermeture de plusieurs commerces. C'est incroyablement difficile.

GUILLAUME DURAND
Mais vous n'avez pas répondu à ma question. Vous savez que sur le plan politique, parce que vous vous êtes quand même maintenant un responsable politique, vous avez fait une carrière auprès d'Emmanuel MACRON, au début vous étiez une petite bande, vous avez, disons par surprise, d'une certaine manière pris le pouvoir en France, maintenant vous êtes l'establishment français. Tout ça a commencé dans le bonheur, je me souviens de la remontée des marches de l'Elysée, et maintenant on est en pleine tragédie, donc quelle est la part que MACRON doit assumer, qui est celle de la tragédie ?

JULIEN DENORMANDIE
Votre question qui est de se dire : est-ce que politiquement, vis-à-vis des risques qu'un certain nombre de populistes jouent sur cette vague incroyablement difficile que vit le pays aujourd'hui, est-ce qu'on devrait prendre d'autres décisions ? Mais vous voyez la responsabilité qui est la nôtre, c'est quoi la belle politique, la vraie politique ? C'est de protéger les gens, de protéger les Français. Evidemment si vous êtes dans une politique politicienne, vous dites pour lutter contre tout populiste, parce que oui il y en a qui font du populisme en ce moment. Quand vous voyez un certain nombre de maires qui ont pris des arrêtés allant contre les décisions du gouvernement qui mettent…

GUILLAUME DURAND
Une trentaine sur 36 000

JULIEN DENORMANDIE
Exactement, et pourtant ça fait la Une de toute la Presse, et qui parlent même…

GUILLAUME DURAND
Parce qu'ils ont des concitoyens qui leur disent : aidez-nous !

JULIEN DENORMANDIE
Oui, mais enfin, au même moment, en plus, mettent dans la difficulté les commerçants eux-mêmes, qui rentrent dans l'illégalité. Bon ben voilà, vous avez des gens qui font du populisme. Nous, qu'est-ce qu'on fait ? En responsabilité, on dit : il faut protéger les Français. Et en revanche, face à tout ça, moi ce que je dis aussi très clairement, c'est que pour tous ces commerçants qui sont impactés, parce qu'ils sont très nombreux, le gouvernement a pris un engagement c'est de les soutenir financièrement, autant qu'il est nécessaire de faire. On a mis en place un numéro, une plateforme dédiée, qui est opérationnelle depuis hier, c'est le : 0806 000 245. Derrière il y a des personnes qui sont à disposition toute la journée pour accompagner les commerçants et leur trouver les aides financières. C'est ça qu'il nous faut faire. Il nous faut faire cet appui. Mais il nous faut prendre des décisions de responsabilité pour éviter les morts.

GUILLAUME DURAND
Julien DENORMANDIE, nous sommes ne direct sur l'antenne de Radio Classique, vous savez que vous serez d'autant plus crédibles, que d'une certaine manière, comme l'a dit parfois Olivier VERAN par exemple, vous serez assez honnêtes sur les erreurs qui ont été faites, sur les incompréhensions avec les Français, car elles ont été nombreuses ces incompréhensions depuis le début de la crise, il y a beaucoup de gens qui disent : " le déconfinement a été totalement raté. Le confinement on ne sait d'ailleurs pas quand il pourrait se terminer". Par exemple, ce matin, il est 08h21, vous savez quand ça va se terminer ce qu'il se passe ?

JULIEN DENORMANDIE
Non, on ne sait pas ce qui… Mais on ne sait pas, mais attendez, il faut avoir de l'humilité face à cette pandémie. Moi j'adore tous ceux qui pendant cet été par exemple allaient sur les plateaux et nous expliquaient qu'il n'y avait soit pas de deuxième vague, soit souvenez-vous, le virus…

GUILLAUME DURAND
Enfin, "les jours heureux" a dit MACRON, "Les jours heureux reviennent".

JULIEN DENORMANDIE
Le virus serait moins impactant, souvenez-vous, on a eu cette petite musique pendant des semaines…

GUILLAUME DURAND
Mais le président de la République a approuvé.

JULIEN DENORMANDIE
Non, regardez le ministre de la Santé et le gouvernement, on a toujours dit : attention, attention ça continue, il faut se préparer. Une fois qu'on a dit tout ça, est-ce qu'aujourd'hui je peux vous dire quand est-ce qu'on sort de ce confinement ? Non. Par contre ce que je peux vous dire…

GUILLAUME DURAND
Mais ça peut durer jusqu'après les fêtes de Noël.

JULIEN DENORMANDIE
Par contre, ce que je peux vous dire, c'est deux choses…

GUILLAUME DURAND
Il peut y avoir une deuxième et une troisième vague.

JULIEN DENORMANDIE
Ce que je peux vous dire c'est deux choses. La première c'est qu'on a dit que tous les 15 jours on réviserait la situation, et que si la situation permet d'évoluer, eh bien on évoluera pour réouvrir ici ou là des magasins. Et la deuxième chose, ce qui est certain, c'est que plus chacun d'entre nous qui avons une responsabilité, respectons ce confinement, plus vite on en sortira. Ça aussi c'est une certitude.

GUILLAUME DURAND
Je suis certain que vous président de la République au soir de l'attentat qui a eu lieu et qui a été atroce près de Conflans-Sainte-Honorine et au soir de l'attentat de Nice, était dans une situation personnelle, comment peut-on dire, qui est probablement celle d'un homme bouleversé, mais vous avez aussi lu dans la Presse, des gens qui considèrent qu'il y a quelque chose d'assez particulier dans sa personnalité, c'est qu'on a l'impression qu'il a comme une sorte d'envie, ça c'est marqué à la Sorbonne, il y a cette double ambiguïté, ce n'est pas moi qui en parle, c'est la Presse, c'est-à-dire de quelqu'un qui à la fois comprend la tragédie, mais il voudrait en être le héros, comme s'il y avait une sorte de, je vais dire un mot qui va être terrible, mais comme une sorte de jouissance de la tragédie.

JULIEN DENORMANDIE
Non non non, vous ne pouvez pas dire ça Guillaume DURAND.

GUILLAUME DURAND
Mais ça a été écrit.

JULIEN DENORMANDIE
Oui, mais peut-être, peut être que ça a été écrit, mais…

GUILLAUME DURAND
On parle de l'homme seul, c'est-à-dire que même vous qui ne connaissez par coeur, on le dit, il décide tout seul.

JULIEN DENORMANDIE
Mais vous imaginez la gravité qu'a le président de la République en ce moment ? Ça fait combien de décennies qu'on n'a pas affronté au même moment une pandémie et une guerre interne par cette idéologie de l'islamisme radical ?

GUILLAUME DURAND
Eh bien il y a eu le Bataclan, pardonnez-moi, il était à l'Elysée, il y a eu le Bataclan.

JULIEN DENORMANDIE
D'accord. D'accord vous aviez ça…

GUILLAUME DURAND
Il y a eu les terrasses.

JULIEN DENORMANDIE
De quoi on parle aujourd'hui ? D'un islamisme radical…

GUILLAUME DURAND
Il y a eu les attentats de 95.

JULIEN DENORMANDIE
D'un islamisme radical, qui vient au sein même de notre République, créer les dispositifs qui font qu'on vit les atrocités qu'on a connues ces dernières semaines, et au même moment on a cette pandémie qui vient percuter tout notre quotidien. Ce que je peux vous dire, c'est que le président de la République il est dans une seule position aujourd'hui, il est dans la position du protecteur des Français, il est dans la position de celui qui tous les matins doit prendre des décisions compliquées avec son gouvernement, pour protéger au jour le jour les Français. Et ça veut dire quoi la protection ? C'est la protection sécuritaire, c'est la protection sanitaire, et puis c'est aussi la protection économique.

GUILLAUME DURAND
Mais vous voyez bien que les choses ne fonctionnent pas, par exemple des gens demandent que le droit soit revu, par exemple le tchétchène, il y a eu pour sa famille des décisions administratives qui ont dit : "non non, il ne reste que par là", et en même temps après les tribunaux ont dit " il peut s'installer en France".

JULIEN DENORMANDIE
Oui, mais là vous interrogez notre République, vous interrogez notre Etat de droit…

GUILLAUME DURAND
Oui mais vous êtes responsable, vous êtes quand même au…

JULIEN DENORMANDIE
Mais bien sûr, mais regardez ce Tchétchène dont vous parlez, c'est un tribunal qui lui a donné in fine les papiers, à sa famille.

GUILLAUME DURAND
Je sais, c'est ce que je viens de dire.

JULIEN DENORMANDIE
Mais c'est un Etat de droit dans notre République, et donc la question qui est posée derrière ça, c'est pour lutter…

GUILLAUME DURAND
Faites évoluer la jurisprudence.

JULIEN DENORMANDIE
Oui, mais pour lutter contre cette idéologie, pour lutter contre cet islamisme radical, il faut se doter de tous les moyens possibles, c'est d'ailleurs pour ça qu'on va prendre une loi qui sera la loi contre ces dérives et ce séparatisme. Mais au même moment il faut qu'on respecte aussi ce qui fait le fondement de notre République, c'est-à-dire un pays de liberté avec un certain nombre de règles, un certain nombre de droits, et beaucoup de devoir. Mais on ne peut pas faire n'importe quoi, et quand vous voyez ces populistes encore une fois qui vous disent : il suffit de fermer les frontières, il suffit d'arrêter toute liberté dans notre pays, tout ça n'a lieu que pour attiser encore plus les thèses.

GUILLAUME DURAND
Si vous fermez les frontières, les terroristes ne passent pas, pardonnez-moi, mais…

JULIEN DENORMANDIE
Mais monsieur DURAND.

GUILLAUME DURAND
Madame LE PEN, je ne suis pas son porte-parole…

JULIEN DENORMANDIE
Oui, mais enfin, vous avez vu la nationalité des terroristes ces dernières années ? Sur les 30 il y en a 22 qui sont Français, monsieur DURAND.

GUILLAUME DURAND
Sur les frontières, tout le monde a bien compris qu'un virus n'en a rien à faire des frontières, on est d'accord. Mais les gens qui sont contaminés par le virus et qui passent des frontières, ça c'est un problème.

JULIEN DENORMANDIE
Oui, mais enfin si la seule solution pour lutter contre le virus était ou avait été la fermeture des frontières, ça se saurait.

GUILLAUME DURAND
Ça, ça serait le début.

JULIEN DENORMANDIE
Et dès le début je peux vous dire qu'il y a des contrôles renforcés qui ont été faits sur les frontières. Il n'en reste pas moins qu'aujourd'hui le virus il est partout dans notre population et que notre responsabilité c'est de protéger les Français.

GUILLAUME DURAND
Est-ce que vous considérez, parce que l'alimentation fait partie évidemment de vos attributions, qu'à un moment ou à un autre dans le résultat de cette élection américaine, qui va intervenir dans les jours qui vient, il va y avoir la possibilité aussi de lever un certain nombre de contraintes qui nous ont été imposées par TRUMP ?

JULIEN DENORMANDIE
Eh bien en tout cas…

GUILLAUME DURAND
Sur les vins français, sur un certain nombre de produits.

JULIEN DENORMANDIE
Exactement. En tout cas on travaille aujourd'hui beaucoup pour lever toutes ces barrières que l'administration Trump a mis notamment sur le vin. Ils ont mis en place une taxe de 25% qui pénalise énormément nos viticulteurs. J'étais encore tout hier soir en réunion avec les viticulteurs pour pouvoir travailler avec eux, leur apporter les aides, ils souffrent beaucoup dans la période, et à terme aussi avec l'administration américaine pour lever ces taxes qui sont des taxes injustifiées. Donc on déploie un arsenal diplomatique pour, avec beaucoup de force et notamment également la mise en place de contre-mesures, mesures de torsion si je puis dire, vis-à-vis de l'administration américaine, pour réussir à les faire revenir sur le droit chemin sur ce sujet. Mais puisqu'on parle d'alimentation, vous savez moi je voudrais saluer toutes celles et ceux qui travaillent. Pendant le premier confinement, l'alimentation elle a tenu. Ce que je voudrais dire à tous les auditeurs, c'est que là encore l'alimentation elle va tenir et que chacun d'entre nous on est aussi des acteurs. Vous savez, dans votre acte de consommer, moi j'en appelle à tous les Français, au moment où ils consomment, de se demander comment dans la période ils peuvent aider le producteur du coin, l'agriculteur qui est dans sa région. Bref, moi j'en appelle à tous les Français qui lorsqu'ils vont faire ces achats, puissent consommer local, puissent consommer français, je crois que c'est très important là aussi.

GUILLAUME DURAND
Je faisais allusion tout à l'heure, et on termine par ça, car à un moment il faut toujours revenir à des choses personnelles, après tout vous êtes ministre, vous prenez des risques, vous êtes dans un studio, vous prenez des risques, comme surtout il faut penser aux soignants, aux hospitaliers, à tous les médecins qui nous aident dans la situation actuelle, qu'est-ce qui a changé chez vous et chez le président de la République, entre cette espèce de, puisqu'on parle beaucoup de Vienne ce matin, de cette Jeunesse un peu insouciante qui rappelle les Valses de Vienne et qui ce matin se retrouve dans une sorte d'ambiance qui est plutôt celle du Requiem de MOZART ? Qu'est-ce qui a changé dans la bande Macron ?

JULIEN DENORMANDIE
Eh bien je ne sais pas si c'est quelque chose qui a changé, ce qui est sûr c'est qu'aujourd'hui, on …

GUILLAUME DURAND
Ce n'est quand même pas ce que vous avez prévu.

JULIEN DENORMANDIE
Est-ce que quelqu'un avait pu prédire la pandémie ou cette puissance aujourd'hui de l'islamisme radical ? Peut-être pas. Quoi que sur le deuxième sujet c'est quelque chose qu'on voit monter depuis des années. Moi je crois surtout qu'aujourd'hui on est en responsabilité. Etre en responsabilité dans un tel moment, vous savez ça relève d'une certaine gravité, la gravité de se dire que tous les actes qu'on prend, on doit à chaque fois trouver le juste équilibre en se disant : mais comment on protège la santé des concitoyens et de l'économie de notre pays ?

GUILLAUME DURAND
Et Jean CASTEX est le bon Premier ministre qu'il fallait ? Dernier point parce que c'est important, parce que je rajoute justement par rapport à ça, dans cette équipe, l'homme qui dit-on avait réussi le déconfinement à l'époque, mais dont on dit maintenant il a raté le déconfinement, il a été nommé Premier ministre à la place d'Edouard PHILIPPE, est-ce que c'était vraiment le chef qu'il vous fallait ?

JULIEN DENORMANDIE
Moi je crois que Jean CASTEX est un très bon Premier ministre et il est extrêmement complémentaire avec le président de la République. Et je crois que cette complémentarité dans le moment que l'on vit, elle est absolument essentielle. C'est un homme de terrain, c'est un élu, c'est un maire, c'est quelqu'un qui connaît parfaitement le fonctionnement de notre territoire, et je crois que cette complémentarité avec le chef de l'Etat, dans le moment que l'on vit, elle est nécessaire.

GUILLAUME DURAND
Julien DENORMANDIE, donc, qui vous le savez appartient à l'équipe gouvernementale de Jean CASTEX, sous l'autorité d'Emmanuel MACRON, était l'invité politique de la matinale ce matin


source : Service d'information du Gouvernement, le 4 novembre 2020