Interview de M. Olivier Dussopt, ministre des comptes publics, à Sud Radio le 14 janvier 2021, sur l'épidémie de Covid-19, la politique économique du gouvernement et le Brexit.

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Texte intégral

PATRICK ROGER
Bonjour Olivier DUSSOPT.

OLIVIER DUSSOPT
Bonjour.

PATRICK ROGER
Est-ce qu'on peut encore éviter un couvre-feu généralisé à 18h00 ou un reconfinement ?

OLIVIER DUSSOPT
Le Premier ministre va s'exprimer à 18h00, donc vous lui laisserez l'exclusivité des annonces. Le gouvernement travaille toujours avec le même objectif, qui est un double objectif, d'abord la priorité donnée à la santé des Français, la jubilation de l'épidémie, et puis nous mettons en oeuvre toutes les dispositions nécessaires pour accompagner les Français, accompagner l'économie, accompagner à la fois les hommes et les entreprises, pour faire face à cette crise.

PATRICK ROGER
Oui, mais alors, ça c'est un peu du « en même temps finalement », parce qu'on ferme un peu et on laisse aussi ouvert un peu, non ?

OLIVIER DUSSOPT
La question n'est pas. Nous sommes le pays qui, aujourd'hui en Europe, déploie les outils, les moyens, les plus importants, à la fois pour faire face à la crise, mais aussi pour accompagner l'économie. Nous avons l'année dernière, en 2020, c'était il y a quelques jours, nous avons déployé plus de 80 milliards d'euros pour répondre à la crise, auxquels il faut ajouter les prêts garantis par l'Etat qui s'élèvent à plus de 140 milliards d'euros et que nous garantissons auprès des banques. Nous avons inscrit dans la loi de finances pour 2021 plus de 20 milliards d'euros de mesures d'aide d'urgence en plus du plan de relance et nous veillons à maintenir des dispositifs, comme le Fonds de solidarité, qui va encore être amélioré pour mieux protéger les entreprises avec des charges fixes, ou l'activité partielle, qui à la fois préserve le pouvoir d'achat, préserve les emplois, et les compétences.

PATRICK ROGER
Bon ! Donc, vous vous dites on met le plus de moyens, mais au global, parce que sur la vaccination, par exemple, ça va plus vite dans d'autres pays…

OLIVIER DUSSOPT
Ça va plus vite au début de la période, mais…

PATRICK ROGER
Quand même, 15 millions annoncées en Angleterre dans les prochains jours !

OLIVIER DUSSOPT
Olivier VERAN a eu l'occasion de revenir sur ce sujet-là, nous avons un choix, une stratégie qui est portée par le ministère de la Santé, en lien avec notamment le ministère de l'Industrie pour la question de l'approvisionnement, et l'objectif est de rester sur notre chemin et de faire en sorte que les plus fragiles soient vaccinés en premier.

PATRICK ROGER
D'un mot d'ailleurs sur la vaccination, puisque vous êtes en charge des Comptes publics Olivier DUSSOPT, combien ça va coûter à la France l'achat des vaccins au total ?

OLIVIER DUSSOPT
L'achat des vaccins, la campagne de vaccination, mais aussi les tests, parce qu'il faut rappeler qu'en France les tests sont gratuits, ce qui n'est pas le cas dans les autres pays, si vous allez en Grande-Bretagne un test peut coûter jusqu'à 200 euros, nous nous faisons des tests gratuits, pour permettre à tout le monde de se protéger. Nous avons inscrit dans la loi de financement de la Sécurité sociale 4,3 milliards pour les vaccins et les tests. Est-ce que cela suffira ? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais ce que je peux vous dire c'est que la vaccination…

PATRICK ROGER
4,3 milliards au total.

OLIVIER DUSSOPT
Au total.

PATRICK ROGER
Et rien que pour les vaccins ça représente quoi ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous avons prévu entre 1,5 milliard et 2 milliards d'euros, mais ce qui est important à avoir en tête c'est que la vaccination c'est certainement le meilleur investissement, pour la santé des Français, pour arrêter l'épidémie, et donc pour l'économie, et s'il manque de l'argent, nous rajouterons de l'argent pour permettre la campagne de vaccination et pour permettre à tous les Français d'avoir accès au vaccin. Je le disais il y a un instant, que contrairement à la majorité des pays les tests sont gratuits, c'est aussi le cas pour les vaccins, et c'est là un des bénéfices de notre système de protection sociale.

PATRICK ROGER
D'un mot quand même, puisque ça concerne aussi l'économie, certains scientifiques disent qu'il serait préférable de faire comme l'Allemagne qui a un reconfinement, tout est fermé jusque fin janvier, et peut-être même jusqu'en mars, et on sait que les Allemands sont quand même pragmatiques, Angela MERKEL, en matière d'économie….

OLIVIER DUSSOPT
Chaque pays répond à la crise en fonction du calendrier…

PATRICK ROGER
Oui, mais…

OLIVIER DUSSOPT
Au moins de novembre nous étions parmi les tout premiers à confiner parce qu'elle l'épidémie progressait plus vite chez nous que chez nos voisins, aujourd'hui les situations sont un peu différentes, le Portugal a par exemple annoncé un reconfinement total à partir de demain… je le répète, le Premier ministre, avec l'ensemble du gouvernement, prend les décisions, que nous essayons de prendre les plus adaptées à la situation, à la fois pour permettre l'activité, mais avec une priorité qui est la santé des Français.

PATRICK ROGER
Alors, pour beaucoup de commerces et d'activités, dont vous venez de parler Olivier DUSSOPT, fermeture à 18h00 ça risque d'être un coup dur. Est-ce que vous envisagez, dans l'hypothèse où ce se serait annoncé, est-ce que vous envisagez de nouvelles mesures, et combien l'Etat a-t-il déjà dépensé à ce niveau-là, vous avez déjà parlé de dépenses là tout à l'heure, est-ce que vous envisagez de nouvelles mesures justement pour les commerces ?

OLIVIER DUSSOPT
La question n'est pas celle des nouvelles mesures, nous avons des mesures qui sont en place depuis le printemps, et que nous avons renforcées, l'activité partielle, avec, lorsqu'il y a fermeture des commerces par décision administrative, fermeture des entreprises, une prise en charge à 100%, nous avons des exonérations de cotisations patronales, et nous avons un Fonds de solidarité, Fonds de solidarité qui est assez unique en Europe, qui au départ était à 1500 euros par mois, qui depuis le mois de novembre, je parle de la perte d'activité en novembre, a été porté à 10.000 euros par mois, qui pour le mois de décembre va permettre aux entreprises de choisir, pour les entreprises fermées, de choisir entre - en tout cas pour celles qui ont perdu 50% de leur activité, pour être tout à fait précis - qui va leur permettre de choisir entre un Fonds de solidarité à 10.000 euros, ou une prise en charge à hauteur de 20% de leur chiffre d'affaires, pouvant aller jusqu'à 200.000 euros, et avec Bruno LE MAIRE nous regardons comment faire en sorte que ce dispositif du Fonds de solidarité, qui est coûteux pour l'Etat, cela représente 3,6 milliards pour l'activité du mois de novembre, que ce dispositif puisse être amélioré, notamment pour les entreprises qui ont des charges fixes importantes et pour lesquelles 20% de prise en charge du chiffre d'affaires ne suffisent pas. Nous sommes dans une situation où nous répondons présents ainsi. Vous me demandiez combien cela a coûté, je l'ai indiqué tout à l'heure, pour 2020 nous avons engagé 86 milliards de dépenses, le chômage partiel, Fonds de solidarité, il faut ajouter que la crise fait perdre, dans le même temps, 100 milliards d'euros à l'Etat, et pour 2021 nous avons déjà inscrit…

PATRICK ROGER
Sur les recettes…

OLIVIER DUSSOPT
Sur les recettes fiscales ; et en 2021 nous avons déjà inscrit 20 milliards d'euros de mesures d'urgence, en plus du plan de relance de l'économie. Nous engageons des dépenses à un niveau qui est important, qui est même inédit, c'est notre volonté de répondre, quoi qu'il en coûte, comme l'a dit le président de la République, et aussi longtemps qu'il le faudra, dans le même temps il ne faut pas s'habituer, il ne faut pas…

PATRICK ROGER
C'est ça, oui, parce que là, si on est parti pour encore plusieurs mois, dans cette situation, un peu chaotique forcément, jusqu'à quand vont pouvoir durer les aides de l'Etat ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous aiderons les entreprises…

PATRICK ROGER
Ça ne peut pas être indéfini !

OLIVIER DUSSOPT
Nous aiderons les entreprises en difficulté, celles qui perdent la moitié de leur chiffre d'affaires, celles qui seront fermées par décision administratives, aussi longtemps qu'il le faudra, et nous mobiliserons les moyens nécessaires pour cela, mais quand je dis qu'il ne faut pas y prendre goût, c'est avec l'idée que ce niveau de dépenses ne peut pas être éternel, il ne peut pas être reconduit d'année en année…

PATRICK ROGER
Eh bien oui, mais il faut pouvoir travailler en fait pour ça !

OLIVIER DUSSOPT
Il faut travailler, il faut que nous puissions arrêter l'épidémie, et c'est l'objectif de toutes les mesures prises depuis le début par le gouvernement, comme on peut le voir un peu partout dans le monde d'ailleurs, mais avec des stratégies parfois différentes, et il faut faire en sorte que toutes ces dépenses que nous engageons, que j'ai rappelées il y a un instant, soient des dépenses qui soient temporaires. Je m'explique en un mot. Il faut que ce soit des dépenses d'aides aux entreprises, d'aides aux Français, qui à la fin de la crise ne soient plus utiles, n'aient plus à être faites, pour qu'on revienne à un niveau raisonnable de dépenses, à un niveau soutenable, pour qu'on puisse tenir nos enfants.

PATRICK ROGER
Oui, et puis que les prêts garantis par l'Etat soient peut-être décalés aussi pour pouvoir…

OLIVIER DUSSOPT
Nous les avons déjà décalés, nous les avons décalés, nous avons allongé la durée, nous avons permis le report de la première échéance, et nous avons fait des choses qui peuvent paraître très techniques, mais qui sont extrêmement importantes, et je pense notamment aux chefs d'entreprise qui nous écoutent, lorsque vous avez contracté un prêt garanti par l'Etat, et que vous demandez le décalage de la première échéance de remboursement, la grande crainte des chefs d'entreprise c'était que la Banque de France, en profite, ce n'est pas le mot mais, qu'à cette occasion la Banque de France dégrade la note de ces entreprises. La Banque de France est d'accord avec nous et a précisé, que lorsqu'il s'agissait d'un décalage de première échéance de PGE, il n'y aurait pas de dégradation de la note, ce qui est très important pour les entreprises, notamment pour la suite et leur reconstruction.

PATRICK ROGER
Oui, voilà, c'est extrêmement difficile. Est-ce qu'à la fin, donc de cette crise, il faudra augmenter les impôts, ou alors mettre à contribution ceux qui, eux, pendant la crise, ont pu quand même en profiter, je pense en fait aux GAFA, la grande distribution ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous avons déjà mis à contribution un certain nombre de secteurs, je pense au secteur des assurances qui a participé, je pense aussi au secteur des complémentaires santé qui ont…

PATRICK ROGER
Certaines assurances, tout le monde… il y en a qui ont traîné des pieds !

OLIVIER DUSSOPT
Le secteur des assurances a participé globalement pour 4 milliards d'euros entre les remises, entre les investissements consentis et leur participation au Fonds de solidarité. Nous avons aussi voté, le Parlement a voté, un prélèvement de 1,5 milliard d'euros en deux fois, sur les complémentaires santé, qui, du fait du décalage de certaines opérations de soins, ont constaté, ont réalisé des économies, elles n'avaient pas voulu les faire, mais il y a un peu plus de 2,5 milliards d'économies qui ont été réalisées et nous avons mis en place ce prélèvement. Au-delà de cela, nous ne voulons pas augmenter les impôts, nous considérons que pour sortir de la crise on n'augmente pas les impôts. La dernière grande crise…

PATRICK ROGER
Ce sera inéluctable à un moment ou à un autre, les spécialistes le disent !

OLIVIER DUSSOPT
Alors, tous les spécialistes ne le disent pas, au contraire, il faut lire les bons spécialistes, si vous me permettez, il faut aussi regarder ce qui s'est passé au cours des 10 dernières années. La dernière grande crise c'est 2008-2009, vous avez un choc fiscal de 30 milliards d'euros sur les ménages, et puis en 2012 vous avez un choc fiscal de 30 milliards d'euros sur les entreprises, est-ce que l'augmentation des impôts a permis la croissance ? La réponse est non, l'augmentation des impôts a freiné la croissance. Nous, notre objectif c'est, avec le plan de relance, faire en sorte que l'activité reparte, que l'investissement reparte, pour retrouver d'ici fin 2022, début 2023, le même niveau de production de richesses qu'avant la crise, et là, avec les mêmes impôts, vous retrouvez des recettes, et c'est avec ces recettes liées à la croissance que vous remboursez, ça n'est pas d'augmenter les impôts. Et d'ailleurs, en 2021, les impôts vont continuer à baisser, nous baissons les impôts de production des entreprises, nous continuons à baisser l'impôt sur les sociétés, et nous continuons à baisser la taxe d'habitation, elle a déjà disparu pour 80 % des ménages, elle va commencer à disparaître pour les autres.

PATRICK ROGER
Vous avez parlé, toujours, de la relance et de la croissance, d'Agnès PANNIER-RUNACHER maintenait 6%…

OLIVIER DUSSOPT
C'est notre objectif…

PATRICK ROGER
La Banque de France dit 5%

OLIVIER DUSSOPT
C'est notre objectif, et nous avons toujours, depuis le début de cette crise, et plus largement depuis le début du quinquennat, toutes les prévisions que nous avons faites en matière de croissance, comme en matière de déficit, en matière d'évolution de la dette, non seulement ont été tenues, mais la réalisation a toujours été meilleure que ce que nous avions annoncé, et donc nous travaillons, et le plan de relance a cet objectif, pour faire en sorte que nous atteignons 6% de croissance en 2021.

PATRICK ROGER
Olivier DUSSOPT, on a parlé, on a évoqué la grande distribution, là à l'instant, CARREFOUR pourrait être racheté par un canadien, COUCHE-TARD, Bercy y est opposé, votre maison-mère, mais comment pouvez-vous vous y opposer et pourquoi ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est un dossier qui est effectivement très complexe, mais nous avons inscrit, avec Bruno LE MAIRE, le secteur de la grande distribution, et notamment de la distribution alimentaire, dans la liste des secteurs stratégiques pour lesquels l'Etat a son mot à dire parce que, et la crise récente l'a montré, il y a des secteurs qui relèvent de la souveraineté, et nous avons cette idée de souveraineté, de reconquête industrielle, de reconquête de nos marges… à la fois en matière d'industrie, de grande distribution, c'est la même logique qui nous guide notamment pour le Brexit, par exemple, avec toujours cette volonté de protection.

PATRICK ROGER
Oui, mais sur CARREFOUR, il y a des moyens l'Etat peut réussir à vraiment s'y opposer complètement ?

OLIVIER DUSSOPT
Je l'ai dit à l'instant, il y a un décret qui liste les secteurs stratégiques, sur lequel nous pouvons nous appuyer pour empêcher ou autoriser telle ou telle opération.

PATRICK ROGER
Oui, écoutez, c'est à suivre, parce que c'est un dossier en fait urgent du moment. Il y a un autre dossier assez urgent, vous êtes en charge également des douanes, Olivier DUSSOPT, que donnent le Brexit et l'accord commercial qui a été trouvé en fin d'année, parce qu'on parlait de grand bazar potentiel aux frontières, avec les Britanniques, ça semble plutôt calme, non, pour l'instant ?

OLIVIER DUSSOPT
Les choses se passent bien, effectivement, et nous retrouvons progressivement un niveau de trafic équivalent à ce que nous connaissons habituellement. Depuis le début de l'année le trafic était bas, quand nous disons bas c'est environ 1500 camions par jour, alors que la moyenne est entre 5 et 6000, nous approchons des 5/ 6000, hier, par exemple, il y a presque 4000 camions qui ont franchi la frontière. Sur ces camions qui franchissent la frontière il y a deux choses à savoir, la première c'est que les choses ont changé depuis le 1er janvier, avant la Grande-Bretagne était un pays du marché intérieur, vous faisiez, quand vous étiez transporteur ou exportateur, une déclaration de douane par mois et cela suffisait, aujourd'hui il faut faire un dédouanement par opération et par passage, parce que la Grande-Bretagne a quitté le marché intérieur, et ce dédouanement est extrêmement important. Si vous faites le dédouanement, si vous ne faites pas l'objet d'opérations de vérification ponctuelle ou ciblée, vous passez sans formalités, ou presque sans formalités, à condition de l'avoir fait avant, à l'heure où nous parlons, il y a 1 camion sur 5 qui fait l'objet d'un contrôle plus précis, soit un contrôle de documents, soit un contrôle de la cargaison, certains sont pour des raisons sanitaires, parce que la Grande-Bretagne n'étant plus dans le marché intérieur il y a des contrôles sanitaires, alimentaires, mais la grande majorité des camions qui sont arrêtés à la douane c'est tout simplement parce que l'entreprise n'a pas procédé aux opérations de dédouanement préalables. Donc, les choses se passent bien, elles se passent bien parce que nous avons recruté 600 douaniers…

PATRICK ROGER
Voilà, c'est ce que j'allais dire, il vous faut des douaniers supplémentaires.

OLIVIER DUSSOPT
Nous en avons recruté 600 au cours des deux dernières années, nous sommes prêts à en recruter plus si nécessaire, nous avons recruté plus de 300 contrôleurs et inspecteurs vétérinaires et sanitaires pour les opérations de contrôle, la douane française, et les services français, sont prêts depuis plusieurs mois, et nous avons même changé le système d'information pour gagner du temps, c'est un peu moins fluide côté britannique, mais ce qui nous importe, et c'est normal, c'est notre responsabilité, c'est la fluidité côté français, mais je le répète, il y a là aussi des chefs d'entreprise qui travaillent avec la Grande-Bretagne, qui nous écoutent, il faut qu'ils dédouanent, il faut qu'ils fassent les opérations de dédouanement préalables…

PATRICK ROGER
Auparavant.

OLIVIER DUSSOPT
Il faut qu'ils s'inscrivent sur les régimes de transit, et ainsi il y aura beaucoup, beaucoup de fluidité.

PATRICK ROGER
Mais vous dites que, ce matin, 15 jours après, on est quasiment au même niveau de trafic quoi !

OLIVIER DUSSOPT
Alors, le trafic revient progressivement…

PATRICK ROGER
Non, mais vous avez dit 5000 camions contre…

OLIVIER DUSSOPT
Justement, habituellement, la première quinzaine de janvier est plutôt calme, elle l'est d'autant plus cette année, qu'avant l'accord du 24 décembre, les Britanniques ont beaucoup beaucoup importé pour faire quelques réserves, donc ça revient progressivement, et nous estimons qu'entre le 15 et le 20 nous allons atteindre la moyenne des 5/6000 camions par jour, et, je le répète, 20% font l'objet de ce qu'on appelle "la file orange", c'est-à-dire qui ne passent pas directement sur les axes de circulation…

PATRICK ROGER
Oui, et est-ce qu'il faut bien renforcer aussi…

OLIVIER DUSSOPT
Et ça peut baisser.

PATRICK ROGER
En termes vétérinaires, quand même, justement les frontières, avec le variant britannique qui arrive là ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est le cas depuis, et ce n'est pas lié au Brexit, depuis le 21 décembre, nous avons conditionné l'accès au territoire français, donc aux territoires communautaires, à la présentation d'un test PCR négatif récent, c'est ce que nous avons fait. Je note d'ailleurs, et nous l'avions tous vu fin décembre, que, à ce moment-là, des conducteurs de poids lourds, des étudiants qui voulaient rentrer, les expatriés français, ont pu constater le prix des tests PCR en Grande-Bretagne, alors qu'ils sont gratuits sur notre territoire, mais ce n'est pas liée à la question du Brexit. Le Brexit ça change les règles pour les particuliers, notamment pour les questions de permis de travail, et ça change surtout les règles pour les entreprises, il faut qu'elles continuent à travailler avec la douane pour s'adapter et prévoir tout cela.

PATRICK ROGER
Un dernier mot avec Cécile de MENIBUS.

CECILE DE MENIBUS
Oui, un mot sur la disparition de Marielle de SARNEZ, l'ancienne ministre, députée MoDem, et bras droit de François BAYROU, peut-être.

OLIVIER DUSSOPT
C'est de la tristesse, c'est de la tristesse. Marielle de SARNEZ est à la fois une figure politique, une parlementaire très respectée, très investie, elle laisse derrière à la fois une classe politique qui la respectait de manière unanime, et puis des amis, des proches, des compagnons de route, notamment au MoDem, qui sont désolés et éplorés de sa disparition, donc c'est beaucoup de pensée pour ses proches et sa famille.

PATRICK ROGER
Merci Olivier DUSSOPT, ministre en charge des Comptes publics, d'avoir été ce matin l'invité de Sud Radio.

OLIVIER DUSSOPT
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 15 janvier 2021