Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, en réponse à une question sur le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires, à l'Assemblée nationale le 26 janvier 2021.

Intervenant(s) :

Circonstance : Question au gouvernement à l'Assemblée nationale

Prononcé le

Texte intégral

Monsieur le Député,


La France n'a pas participé aux négociations du traité TIAN, la France n'est pas partie à ce traité et la France n’adhérera pas à ce traité. Ce traité n'emporte pour nous aucune obligation juridique, et cette position est une position constante, et elle est partagée par nos principaux partenaires internationaux.

Nous ne le faisons pas, parce que nous estimons que le TIAN n'apporte aucune plu value de sécurité, dans un contexte stratégique marqué par la dislocation de l'architecture internationale de sécurité et par les risques liés à la prolifération des armes nucléaires. Comme il n'y a pas, de plus, d'instrument de vérification et d'instrument rigoureux de clarification, il n'y aura aucune contribution concrète aux efforts que nous réalisons par ailleurs, pour un désarmement nucléaire réaliste, qui ne peut se faire qu'étape après étape, et c'est ce que nous faisons dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire dont nous sommes partie prenante et que nous voulons voir se renforcer.

C'est ce cadre d'action qu'il importe de préserver. Ce traité est entré en vigueur en 1970, il a permis des avancées, et dans ce cadre-là, notre bilan national, en termes de mesures concrètes et substantielles de désarmement nucléaire depuis 25 ans est particulièrement exemplaire parmi tous les Etats dotés et vous le savez. Cela ne date pas de cette présidence, cela a été entamé sous plusieurs présidences antérieures, je pense à la fin de la composante terrestre, je pense encore au démantèlement de nos sites de production de matière fissiles, je pense à la fin des essais nucléaires.

C'est dans cette logique que le Président de la République a prononcé un discours à l'Ecole de guerre en février dernier pour proposer un agenda concret pour progresser dans la voie du désarmement nucléaire, parce que, Monsieur le Député, le désarmement nucléaire ne se décrète pas, il se construit, pas à pas, et ce sera l'occasion de le faire, encore, lors de la conférence d'examen du Traité de non-prolifération, qui aura lieu au cours de cette année 2021.


source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 27 janvier 2021