Interview de Mme Olivia Grégoire, secrétaire d'Etat à l'économie sociale, solidaire et responsable, à Radio Classique le 8 février 2021 sur la politique sociale, la discrimination positive dans le secteur des grandes écoles, l'économie sociale et solidaire et les lieux culturels face à l'épidémie de Covid-19.

Texte intégral

GUILLAUME DURAND
Nous sommes avec Guillaume TABARD. Bonjour Olivia GREGOIRE. Je rappelle que vous êtes secrétaire d'Etat, chargée de l'Economie sociale, solidaire et responsable. Il y a une énorme page dans Les Echos ce matin expliquant que le président de la République aimerait bien que la politique sociale soit mise plus en avant avec des propositions qui sont des propositions que vous connaissez et des mesures dont nous allons parler. Mais nous passons par la case Guillaume TABARD ; la loi visant à renforcer les principes républicains entre dans sa semaine de discussions décisives. (…)
Avant de rentrer dans le détail des mesures que vous suggérez, Olivia GREGOIRE, je lis ces deux pages dans Les Echos de ce matin, égalité des chances, les pistes de l'exécutif pour relancer l'ascenseur social. Et l'édito de Cécile CORNUDET, qui sera notre invitée après vous, tout à l'heure, qui considère que le président regrette qu'on ne perçoive pas assez justement la politique sociale qui est menée par le gouvernement de Jean CASTEX. C'est vrai que pour les gens, politique sociale, Emmanuel MACRON, ce n'est pas évident.

OLIVIA GREGOIRE
Bonjour.

GUILLAUME DURAND
Bonjour.

OLIVIA GREGOIRE
Je pense qu'il y a ce qui se voit et il y a, parfois, des choses qu'on fait et qui se voient moins, ce qui est important, et depuis 2017, on s'est engagé lourdement, je prends un exemple, voyez, depuis maintenant quatre ans, nous augmentons tous les mois la prime d'activité, mais surtout le minimum vieillesse, nous accompagnons les personnes handicapées, tous les mois, et nous l'avions dit en 2017. Alors, c'est sûr que ça ne fait pas la Une des journaux tous les jours, puisque ça fait trois ans et demi qu'on le fait de façon récurrente. Il y a beaucoup de choses qu'on fait qui sont des choses extrêmement profondes, et qui ne sont pas forcément visibles aux médiatiques, c'est notre boulot de le rappeler…

GUILLAUME DURAND
Enfin, le soutien à l'économie, soutien par le salaire…

OLIVIA GREGOIRE
Il faut le rappeler…

GUILLAUME DURAND
Ça, tout le monde en a conscience…

OLIVIA GREGOIRE
Oui, le minimum vieillesse, l'allocation pour les personnes handicapées, je ne suis pas sûre qu'on ait conscience de ce qu'on fait depuis trois ans et demi, quatre ans, parce que c'est récurrent, parce que c'est profond, et que ça ne fait pas la Une des JT tous les mois puisqu'on le fait quasiment… enfin, pas quasiment, on le fait depuis maintenant trois ans et demi. On a fait par exemple, sur la prime d'activité, on a soutenu la prime d'activité, on a fait énormément de choses en faveur de la rémunération du travail, vous le savez, on a baissé l'impôt sur le revenu pour les DSIL, comme on dit, pour les Catégories les plus actives, la troisième, quatrième DSIL, ça n'est pas des mesures anodines. On a fait énormément de choses, tout l'enjeu aujourd'hui, c'est de le faire savoir, et soyons clairs, peut-être de mieux le faire savoir. C'est aujourd'hui la notion de bilan que j'essaie de pousser, si on met bout à bout tout ce qu'on a fait, prenons un autre exemple, pour les femmes seules, par exemple, Guillaume DURAND, vous le savez, les femmes qui ont une pension que les maris n'honorent pas, aujourd'hui, le gouvernement a légiféré, et vous pouvez avoir accès grâce au service public à votre pension quand votre ex-mari ne s'y soumet pas, nous avons mis en place, par exemple, la CMU-C, c'est la mutuelle à 1 euro, nous avons par exemple pour les personnes les plus âgées permis, et vous le savez, de bénéficier de prothèses auditives, de prothèses pour les lunettes aussi, de prise en charge à 100 %. Ce que je veux dire, c'est que la liste est très longue, merci d'ailleurs de ne pas m'avoir coupée, bien souvent, on me coupe pendant cette liste, si j'avais quelques minutes encore, la liste serait encore plus longue. Ce qui compte aujourd'hui, c'est de donner du sens à tout ça…

GUILLAUME DURAND
Non, mais ce qui fait peut-être que ces mesures passent, j'allais dire, un peu inaperçues, c'est parce que celles qui passent vraiment au coeur de l'actualité, c'est toutes celles qui ont été au fond le PGE, le soutien aux entreprises, le soutien aux restaurateurs…

OLIVIA GREGOIRE
Oui, mais tout se tient…

GUILLAUME DURAND
L'argent qui a été donné pour que le chômage partiel fonctionne, donc évidemment, on voit tout ça, et derrière tout ça, eh bien, le reste passe un peu inaperçu, ça, ce n'était qu'une remarque…

OLIVIA GREGOIRE
Oui, mais juste une chose, soutenir les petites entreprises, et on l'a vu, c'est sorti la semaine dernière, 80% des aides de l'Etat, toutes confondues, sont allées dans des entreprises de moins de 250 salariés, ma plupart des aides sont venues… les cotisations, par exemple, sociales, dont on a exonéré les entreprises depuis bientôt un an à cause de la crise sanitaire que nous vivons, c'est à 50% des toutes petites entreprises qui en ont bénéficié, soutenir les toutes petites entreprises, c'est soutenir souvent les indépendants et ou les salariés qui sont derrière, le chômage partiel aussi, le chômage partiel, ce n'est pas une mesure qui concerne… c'est une mesure qui concerne les entreprises, mais dont les salariés sont bénéficiaires, donc, oui, il y a sûrement un focus, je dirais économique, mais dans toute entreprise, il y a des salariés, et ce sont les salariés qu'on soutient.

GUILLAUME DURAND
Est-ce que vous êtes favorable à ce que l'on accélère la discrimination positive, par exemple dans le secteur des grandes écoles, puisque c'est une des pistes qui est évoquée par les Echos ce matin ?

OLIVIA GREGOIRE
Je pense que c'est un vrai sujet, voilà, ça fait des années qu'on tourne autour du pot, pour se dire les choses, et je pense qu'il y a aujourd'hui des voies nouvelles d'accès à mettre en place pour les grandes écoles, mais je pense aussi à la Fonction publique, il y a eu beaucoup de tentatives depuis une dizaine d'années, force est de constater que la diversité n'est pas toujours au rendez-vous aujourd'hui encore, il faut sûrement aller plus loin, Amélie de MONTCHALIN y travaille pour la Fonction publique, et je pense que ça fait partie des mesures qu'il faut regarder de très près effectivement.

GUILLAUME DURAND
Mais est-ce que vous considérez, parce que vous connaissez bien justement ce milieu des grandes écoles, est-ce que vous vous considérez…

OLIVIA GREGOIRE
Pas si bien que ça…

GUILLAUME DURAND
Non, mais ce que beaucoup de gens opposent à ça, y compris des gens de gauche comme CHEVENEMENT et les autres, c'est de dire, au fond, la République, elle fonctionne et elle a toujours fonctionné, on prend l'exemple de CHEVENEMENT, de JAURES, de JUPPE, etc., sur l'excellence, si on fait une excellence biaisée, parce qu'on va donner aux uns des avantages, etc., ça devient quelque chose d'un peu particulier, alors, c'est vrai que la culture française n'est pas la culture des Anglo-saxons qui le font, mais est-ce que vous considérez qu'à un moment, il va falloir, mais je ne sais pas, des gens rentreront à Normal Sup, sans passer par le concours sous prétexte que leur origine sociale…

OLIVIA GREGOIRE
Alors, je ne crois pas que…

GUILLAUME DURAND
Je caricature…

OLIVIA GREGOIRE
Voilà, je ne crois pas que ce soit exactement ça, je pense qu'il faut être pragmatique quand on fait de la politique, et je comprends bien leur point de vue, que ce soit Jean-Pierre CHEVENEMENT ou Alain JUPPE, après, il y a le réel, si vous voulez, il y a 15 ans, moi, j'y suis passée à Sciences Po, quand on a des parents qui ne vous aident pas, ce qui était mon cas, quand vous contractez un emprunt, ce qui était mon cas, et que vous vous endettez pendant 10 ans pour pouvoir payer vos études, quand vous avez aussi du mal à pouvoir suivre, suivre, ça veut dire aller avec les copains en vacances, pouvoir s'acheter les mêmes bouquins, pour pouvoir étudier dans les mêmes conditions, je sais que c'est peut-être parfois politiquement incorrect, mais être politique…

GUILLAUME DURAND
C'est devenu politiquement correct maintenant…

OLIVIA GREGOIRE
C'est pragmatique et moi, je suis pragmatique, aujourd'hui, ça ne fonctionne pas encore assez bien, et je ne crois pas que mettre en place des voies d'accès spécifiques, regardez, ça a été fait pour partie à Sciences Po notamment, ça a permis quand même de faire émerger une génération de jeunes qui n'auraient pas forcément eu accès, et pour autant, ils sont garants de l'excellence, on en a partout aujourd'hui sur des plateaux, on en a au Parlement, j'ai des exemples en tête, ils n'ont pas eu des coups de fil, ils ont passé les concours, ils ont peut-être eu en revanche un soutien plus important pour les amener vers ces concours, il y a un vrai problème d'information aussi, vous savez, Guillaume DURAND. Il y a 15 ans, j'avais pensé à un truc qui s'appelait « la courte échelle aux gazelles », c'était faire la courte échelle aux jeunes femmes issues des quartiers dont la majeure partie avec qui je discutais ne savait, pour une part, ne savait même pas que Sciences Po existait, et ensuite, par exemple, ne savait même pas comment on avait accès à ces écoles ; comment voulez-vous qu'on laisse toute une génération comme ça, sans information, sans soutien, moi, je pense que ça fait 15 ans qu'on patauge un peu autour du sujet, il faut y aller…

GUILLAUME DURAND
Mais vous savez que ça va être une grande bataille politique…

OLIVIA GREGOIRE
Une de plus…

GUILLAUME DURAND
Parce que Nicolas SARKOZY était pour, il avait demandé à Richard DESCOINGS de le faire…

OLIVIA GREGOIRE
Il l'avait fait d'ailleurs…

GUILLAUME DURAND
De le faire, donc ça a été fait à Sciences-Po, maintenant, c'est contesté parce que beaucoup de gens disent que Sciences-Po, eh bien, ce n'est plus exactement ce que c'était avant, je parle du point de vue du niveau, je ne parle pas du point de vue de l'uniformité sociale, donc ça va être une bataille politique quand même.

OLIVIA GREGOIRE
Oui, mais c'est un peu… alors, ce n'est pas du tout ce que vous dites dans vos propos, mais qu'est-ce qu'on est en train de dire, là…

GUILLAUME DURAND
C'est une question…

OLIVIA GREGOIRE
Bien sûr, mais que Science-Po a changé, et Sciences-Po aurait-il par exemple changé parce que Richard DESCOINGS avait mis en place des conventions ZEP, je ne crois pas que Sciences Po ait changé pour ça, Sciences-Po a changé parce que c'est une école qui a dû s'adapter et qui s'adapte aussi à la réalité des écoles internationales, donc il y a une année de césure à l'étranger, il y a un cursus qui est un peu plus souple, plus ouvert, et je pense que ça correspond aussi à ce qui se passe dans d'autres écoles.

GUILLAUME DURAND
Donc il y aura des propositions concrètes dans…

OLIVIA GREGOIRE
Je pense, oui, et je crois savoir notamment sur la Fonction publique, qu'Amélie de MONTCHALIN y travaille ardemment.

GUILLAUME DURAND
Question, 30 millions d'euros ont été développés et donc donnés par vous concernant les petites structures de l'économie sociale et solidaire, de quoi s'agit-il exactement ?

OLIVIA GREGOIRE
Ça va être très simple, un chiffre, on a depuis quelques heures, et je vous le confie, fin janvier, 21.000 associations seulement dans notre pays, sur plus de 130.000 associations employeurs, ont bénéficié du fonds de solidarité, c'est-à-dire, 200 millions d'euros seulement sur 13 milliards de fonds de solidarité décaissés pour aider nos associations, ça n'est pas un constat auquel je me résous, donc c'est très simple, sur un site Web « urgence-ess.fr » l'ensemble des associations, jusqu'à 10 salariés, peuvent se connectent, elles bénéficieront dans les 15 jours si elles sont éligibles à partir du moment elles n'ont pas été aidées, et Dieu sait s'il y en a, d'une aide allant jusqu'à 5.000 euros, jusqu'à 3 salariés, 8.000 euros, jusqu'à 10 salariés. L'objectif est simple, aider…

GUILLAUME DURAND
Ça, c'est pour toutes les associations qui n'ont pas d'aide jusqu'à présent…

OLIVIA GREGOIRE
C'est prioritairement celles qui n'ont pas d'aides mais celles qui en ont eu une petite peuvent aussi candidater, donc c'est ouvert, la meilleure façon de savoir si on est éligible, c'est de s'y connecter, donc connectez-vous sur le site, on a perdu à peu près 10.000 associations durant cette crise en un an ; ce sont… je parle ici des petites associations des territoires, celles qui font la cohésion du quotidien et qui bien souvent n'ont pas eu, elles aussi, vous voyez, on retombe sur le même sujet que tout à l'heure, accès à l'information, c'est un fléau, Guillaume DURAND, ça s'appelle le non recours, c'est le cas auprès de nos générations les plus précaires, auprès des gens les plus fragiles qui ne savent pas ou n'osent pas aller demander de l'aide ; c'est la même chose pour les petites associations. Et aujourd'hui, depuis maintenant 10 jours, ce guichet permet très rapidement d'être aidé, l'objectif, soyons clairs, et vous me connaissez, j'étais avant à la Commission des Finances, c'est assez rare que je dise ça : aidez-moi à décaisser ces 30 millions d'euros, je sais que Bruno LE MAIRE, je sais que Jean CASTEX seront au rendez-vous s'il faut donner plus, mais il faut absolument qu'on aide ces associations, seules 14% ont activé les aides. C'est un fléau ce non recours.

GUILLAUME DURAND
Tout à l'heure, nous aurons la revue de presse de David ABIKER, à la Une de L'Opinion, ce matin, il y a un grand papier, alors là, on sort de votre domaine, mais qui…

OLIVIA GREGOIRE
Ce n'est pas grave…

GUILLAUME DURAND
Qui parle d'un président de la République qui finalement travaille beaucoup, alors, c'est un peu… comment dirais-je… une mélodie rémanente, mais un président de la République qui finalement s'intéresse peu à ses ministres, ou en tout cas, il aime bien le "one to one", comme on dit dans le nouveau langage, et au fond, il travaille essentiellement avec son entourage immédiat, papier de Ludovic VIGOGNE, en général bien informé. Est-ce que c'est un sentiment que vous avez ?

OLIVIA GREGOIRE
Pas du tout, même si je comprends que certaines ou certains puissent l'avoir, moi, je…

GUILLAUME DURAND
L'homme seul qui dirige la France.

OLIVIA GREGOIRE
Alors, moi, ce n'est pas ce que je ressens, j'ai face à moi et à la tête de l'équipe, d'abord, un Premier ministre qui est d'abord et avant tout le chef du gouvernement, et ensuite, il y a un président avec lequel nous échangeons évidemment toutes les semaines en Conseil des ministres. Aujourd'hui, on est en crise, on est en guerre, il l'a dit depuis un an, pour être très sincère…

GUILLAUME DURAND
Mais c'est faux ou c'est vrai ?

OLIVIA GREGOIRE
C'est faux, moi, j'ai des contacts directs avec lui, nombre de mes collègues en ont, chacune et chacun sur ces sujets, vous voyez, j'étais avec lui par exemple en décembre sur les accords de Paris, j'animais la conférence sur la Finance verte, le président active et échange avec l'ensemble de ses ministres en fonction des thématiques, il n'a échappé à personne que la priorité, c'est aujourd'hui le sanitaire, c'est aussi la question économique et sociale, donc effectivement, il y a des ministres qui sont plus en première ligne, mais aucunement ceux qui sont un peu derrière ne sont laissés seuls, en tout cas, on a un Premier ministre à nos côtés, et un président qui échange. J'en témoigne très personnellement ce matin.

GUILLAUME DURAND
Je voudrais qu'on écoute Roselyne BACHELOT, nous allons demander ça à notre ami réalisateur, elle vient de s'exprimer il y a quelques instants, il y a ce matin une grande réunion avec les responsables des musées, vous restez avec nous, Olivia GREGOIRE, pour savoir s'il est possible de les rouvrir, alors par exemple, c'est le cas en Belgique, c'est le cas en Italie, voici ce que madame BACHELOT a déclaré chez nos confrères de BFM TV.

ROSELYNE BACHELOT, MINISTRE DE LA CULTURE
Je comprends les gens qui me demandent des dates, ô combien, et je peux dire que d'il y a une possibilité, nous le faisons. Mais il faut aussi tenir compte qu'il faut avoir donc une certaine visibilité, parce qu'un musée, ça ne s'ouvre pas comme on allume la lumière dans une pièce, donc on ne peut pas avoir, si on a une visibilité à 3, 4 jours, c'est pratiquement impossible, il faut quand même avoir une visibilité disons sur une quinzaine de jours. Pour moi, les conditions, ce sont que le nombre de contaminations et la pression sur le système hospitalier soient dans une logique de décrue.

GUILLAUME DURAND
Voilà, donc logique de décrue, ce qui n'est pas le cas pour l'instant. Donc vous avez deux visions des choses contradictoires, des gens qui considèrent que pour justement faire dans le social, le solidaire et le culturel, il faut rouvrir au moins un certain nombre d'espaces comme les musées, puisque cela existe dans des pays qui sont aussi touchés que nous en Europe, comme l'Italie ou la Belgique, et d'autres qui considèrent que c'est le sanitaire qui doit l'emporter sur tout. Quel est le sentiment que vous avez, bien que ce ne soit pas votre domaine d'activité ?

OLIVIA GREGOIRE
Mon sentiment, déjà, je vais vous dire, c'est que s'il y en a une qui est jour et nuit sur ce sujet et pour qui c'est un crève-coeur, on ne va pas se mentir, c'est Roselyne BACHELOT. Moi, je la vois toutes les semaines, toutes les semaines, elle remet le sujet sur la table, toutes les semaines, elle se bat, et toutes les semaines, on regarde de façon très précise les conditions sanitaires, je ne bougerai pas d'un iota sur ce qu'a dit Roselyne BACHELOT, je ne vous cache pas que j'estimerais qu'on ait une ministre de la Culture pas à la hauteur, je dirais ce que j'en pense. Elle est plus qu'à la hauteur, et c'est en plus un crève-coeur pour elle. Regardez, c'était dans un grand hebdo avec des photos terrifiantes, regardez la situation à Lisbonne, regardez la situation au Portugal, je me souviens, et je ne la citerai pas…

GUILLAUME DURAND
Mais attendez, au Portugal, ils ont laissé ouvert tout pendant Noël…

OLIVIA GREGOIRE
Les bars, les restaus…

GUILLAUME DURAND
Donc les gens y ont été…

OLIVIA GREGOIRE
Mais oui, mais aussi, les lieux culturels, et je ne reviendrai pas sur cette actrice bien connue, parce que ça n'est pas mon genre, mais qui, le 15 décembre, sur les antennes, critiquait ardemment le gouvernement et disait, et prenait Lisbonne et le Portugal en modèle, aujourd'hui, le couvre-feu à Lisbonne, il est à 13h, et l'ensemble des réa sont saturées avec 300, 400 morts/jour ; je sais que c'est atroce, les mots sont clairs, il faut qu'on tienne, et ce que je peux vous garantir en tant que membre du gouvernement, c'est que Roselyne BACHELOT ne laisse pas une journée, une minute, sans questionner cette possibilité, dès que ça sera possible, et comme elle le dit, dès qu'on aura un peu de visibilité, 15 jours, 3 semaines, alors, on prendra les mesures, mais, je veux le dire simplement, s'il y en a bien une qui à mon avis n'en dort pas, c'est vraiment notre ministre de la Culture, et elle a tout mon soutien.

GUILLAUME DURAND
Nous sommes avec Olivia GREGOIRE, donc membre du gouvernement, secrétaire d'Etat, dont qui était notre invitée ce matin, il est 8h28. Nous avons rendez-vous avec David ABIKER. Bonne journée à vous.

OLIVIA GREGOIRE
Bonne journée.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 12 février 2021