Interview de Mme Olivia Grégoire, secrétaire d'Etat à l'économie sociale, solidaire et responsable, à Sud radio le 22 avril 2021, sur le protocole sanitaire dans les écoles, les aides au secteur de l'économie sociale, la question climatique et l'élection présidentielle de 2022.

Texte intégral

BENJAMIN GLAISE
Bonjour Olivia GREGOIRE, merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio. Alors, on en sait un peu plus ce matin sur ce protocole sanitaire pour la rentrée, on maintient la fermeture des classes au premier cas positif, sans oublier les tests salivaires, les autotests, qui vont arriver progressivement. Les parents, les professeurs, peuvent être rassurés ce matin ?

OLIVIA GREGOIRE
Je pense qu'ils peuvent être rassurés même si, on ne va pas se mentir, c'est toujours inquiétant et que les parents, à juste titre, sont toujours inquiets, mais je crois qu'on a plutôt des signaux avec un début de baisse des contaminations, qui est certes très progressive, nous avons en parallèle une augmentation importante…

BENJAMIN GLAISE
On reste sur un plateau.

OLIVIA GREGOIRE
De la cadence des vaccinations, vous avez à peu près un adulte sur quatre aujourd'hui qui est vacciné et la moitié des plus de 65 ans. Nous serons progressifs, vigilants, dans cette reprise, mais je crois que c'est important de donner des perspectives. Je pense aussi aux perspectives au-delà des parents et de nos enfants, je pense aux perspectives pour notre jeunesse aussi, je pense que c'est important, le printemps arrive, le mois de mai, d'avoir quelques terrasses qui réouvrent, d'avoir les lieux de culture qui réouvrent et pas uniquement les musées, je pense aussi aux cinémas, on travaille sur des jauges pour rouvrir aussi les cinémas, les lieux de culture, on entrevoit un peu, quand même, des faisceaux de lumière au bout du tunnel et je crois qu'ils peuvent être rassurés.

BENJAMIN GLAISE
Donc c'est raisonnable finalement d'avoir ce calendrier, en tout cas de réouvertures, de le maintenir ?

OLIVIA GREGOIRE
Je pense que c'est raisonné et je pense que c'est raisonnable, on est extrêmement vigilant, mais il faut absolument donner des perspectives, l'ensemble des pays européens donnent des perspectives à leurs populations, ça fait plus d'un an que les gens sont d'une responsabilité incroyable, subissent cette pandémie, le printemps arrive, on va faire gaffe, pour le dire simplement, mais il faut donner des perspectives, et nos écoles c'est indispensable. Je veux juste donner un chiffre ce matin à vos auditeurs, 11 semaines de fermeture depuis un an et quelques mois en France, 32 semaines en Italie, 26 en Allemagne ou en Angleterre, c'est dire si ce gouvernement, Jean-Michel BLANQUER, a tenu à ce que les écoles soient maintenues ouvertes, et on sera aussi vigilant, mais c'est notre état d'esprit depuis un an et demi maintenant.

BENJAMIN GLAISE
Sur la vigilance justement, sur ce protocole sanitaire, on a l'impression que, au final, en tout cas pour cette rentrée, ça sera plus ou moins le même protocole sanitaire qu'à la fermeture des établissements scolaires, avec cette fermeture de classe si on a un cas positif, parce que sur les tests salivaires et sur les autotests ça va venir, mais vraiment petit-à-petit, si on a bien compris.

OLIVIA GREGOIRE
Vous avez bien compris, vous êtes très clair dans l'expression, il y a effectivement les tests salivaires, on va continuer aussi les PCR, on va continuer la vigilance, et au moindre test salivaire, il y aura des tests PCR derrière, la montée en puissance est fixée par Jean-Michel BLANQUER à environ un million de tests salivaires dans les prochaines semaines.

BENJAMIN GLAISE
Précisément, quand vous dites dans les prochaines semaines, est-ce qu'on en sait un peu plus ?

OLIVIA GREGOIRE
Je n'en sais pas plus à cette heure, moi j'ai le plaisir d'être à Bercy et pas à l'Education, mais je l'ai entendu hier s'exprimer à ce sujet, et on en saura - je vous écoutais, on en sait un peu plus ce matin à 7h48 sur Sud Radio - on en saura beaucoup plus d'ici une dizaines d'heures, à 18h le Premier ministre détaillera avec précision, comme il le fait souvent, c'est le retour des conférences de presse du jeudi, c'est important, et tous les détails seront donnés par Jean CASTEX ce soir.

BENJAMIN GLAISE
Olivia GREGOIRE, vous êtes en charge de l'économie solidaire, ça concerne notamment le secteur associatif, qui a également été fortement touché par la crise, les dispositifs actuellement mis en place sont-ils suffisants et est-ce qu'ils sont assez efficaces pour l'ensemble de ces associations ?

OLIVIA GREGOIRE
Alors, merci de la question déjà, ça me permet de saluer l'engagement des acteurs de l'ESS, économie sociale et solidaire, dans la crise, et notamment des associations. On a aujourd'hui des associations qui souffrent, pour différentes raisons, elles ont, soit pas pu mener leurs activités, ce qui a affaibli leur trésorerie, soit étaient fermées, et après plus d'un an c'est très difficile. Vous dire d'abord qu'elles sont éligibles, et c'est important, à toutes les aides qui sont disponibles pour les entreprises de droit, enfin les aides de droit commun, le fonds de solidarité, le prêt garanti d'Etat, le chômage partiel, mais un chiffre, important, seulement 1 % des associations ont eu recours au fonds de solidarité, elles n'ont pas demandé le fonds de solidarité pour beaucoup d'entre elles…

BENJAMIN GLAISE
Mais pourquoi ?

OLIVIA GREGOIRE
Pour plein de raisons, des raisons d'informations, des raisons aussi d'autocensure, beaucoup d'associations se disent « je ne vais pas remplir parce que je ne vais pas être éligible, et je vais perdre du temps », c'est quelque chose, l'autocensure, qu'on connaît bien nous les femmes, donc on ne tente pas, et la meilleure façon de ne pas être aidé c'est quand on ne le tente pas, c'est pourquoi, au-delà des aides qui ont été mises en oeuvre depuis maintenant un an, plus d'un an, j'ai demandé depuis quelques mois, et j'ai activé un fonds d'urgence, qui permet de déployer 30 millions d'euros supplémentaires pour aider les petites structures de l'ESS, moins de 10 salariés, c'est très simple, il suffit d'aller sur le site web urgence-ess.fr, les acteurs associatifs, mais aussi les petites structures de l'ESS, peuvent avoir accès à des aides directes, je ne parle pas de prêts ici, des aides directes allant jusqu'à 8000 euros, pour les structures jusqu'à 10 salariés. On a déjà décaissé, je voulais vous le dire, 10 millions d'euros, on est déjà en train d'aider plus de 1600 structures, ça a été lancé au mois de février, il faut absolument que les associations aillent sur ce site, urgence-ess.fr, pour demander les aides, pardonnez-moi de le répéter, mais c'est super important.

BENJAMIN GLAISE
Vous avez raison. Alors je regardais, les derniers chiffres que j'avais, là, c'était pour, alors c'était à la rentrée dernière, en septembre dernier, ça date un petit peu, on comptait 4000 associations employeuses menacées de disparaître, près de 30.000 associations au bord du dépôt de bilan, c'est quand même assez inquiétant.

OLIVIA GREGOIRE
C'est assez inquiétant, c'est aussi le reflet, peut-être un peu en avance, mais c'est aussi le reflet des difficultés qui sont devant nous. On a eu, certes, moins de défaillances, comme on dit, d'entreprises, en 2020 par rapport à 2019, mais il faut s'attendre quand même à ce que nous ayons des défaillances. Le secteur associatif connaît ces défaillances déjà, je m'attendais à ce qu'il y ait effectivement 5000 associations en risque de mort, en risque létal, c'est pour ça que je n'ai pas attendu qu'elles soient en risque de mort, et que nous avons dès l'été dernier, avec Jean CASTEX, activé, et voté grâce aux parlementaires en décembre, ce fonds d'urgence. L'idée c'est vraiment que l'Etat vienne aider les 4, 5000 associations qui sont justement dans ce risque de mort et mette plus que les aides de droit commun, que le fonds de solidarité, etc., en accompagnant avec des aides directes, et s'il faut faire plus, je vais être très claire, nous irons, et j'irai, demander plus au Premier ministre, pour continuer à aider les associations. On est très sensible évidemment au secteur associatif, c'est bien joli de remercier les associations dans des discours quand on fait de la politique, c'est quand même mieux de les aider très concrètement et de déployer des fonds pour elles.

BENJAMIN GLAISE
Donc de possibles nouvelles aides si besoin.

OLIVIA GREGOIRE
Si besoin était, oui.

BENJAMIN GLAISE
Et une pérennisation d'une certaine façon, en tout cas à moyen terme, sur ces aides-là… ?

OLIVIA GREGOIRE
Alors, pérennisation…

BENJAMIN GLAISE
Pas pérennisation, mais ce que je veux dire c'est qu'en gros l'idée c'est qu'effectivement elles vont encore subir cette crise-là pendant de longs mois, donc est-ce que ces aides vont être maintenues encore un peu dans le temps ?

OLIVIA GREGOIRE
Alors, les aides, d'abord merci de votre question, ça me permet de préciser une chose de façon très claire, nous ne retirerons pas l'échelle brutalement, que ce soit pour les entreprises, ou que ce soit pour les associations. Un certain nombre de secteurs économiques ont été particulièrement touchés, et c'est pareil pour les associations, je pense aux associations culturelles, sportives, aux associations de tourisme, qui emmènent nos jeunes en vacances par exemple, le gouvernement est responsable, nous ne retirerons pas ces aides de façon brutale, et nous continuerons, à tuiler je dirais, c'est-à-dire à enchaîner les aides, jusqu'à ce que, les associations notamment, puissent avoir accès au plan de relance. Il y a 1,3 milliard d'euros pour l'économie sociale dans le plan de relance, il y a 200 millions d'euros très directement pour les associations, pour aider celles qui aident à l'hébergement d'urgence, et Dieu sait si elles ont été mobilisées depuis un an et demi, et celles qui aident à lutter contre la pauvreté, on a déjà décaissé 50 millions d'euros pour aider les associations d'aide de lutte contre la pauvreté. J'étais vendredi dernier dans Paris, auprès d'associations, dans Paris même, qui avaient déjà reçu, pour certaines, quasiment 500.000 euros, lauréates de l'appel à projets France relance, et donc au-delà des aides d'urgence, ce qu'on essaye de faire c'est de les brancher, si je puis dire, sur la relance, pour qu'elles soient financées, mieux financées, et on ne lésine pas sur les moyens, c'est au moins, en tout cas pour l'instant, deux appels à projets de 200 millions d'euros pour justement les aider de façon pérenne avec des financements durables.

BENJAMIN GLAISE
Autre sujet, le président américain Joe BIDEN qui organise un nouveau sommet pour le climat, vous-même, à Bercy, vous travaillez notamment sur la finance verte, le développement durable, la responsabilité sociale des entreprises. Concrètement, ça veut dire quoi cette responsabilité sociale et environnementale des entreprises ?

OLIVIA GREGOIRE
Ça veut dire que, nous, en tant que consommateurs, de plus en plus, et pas que les jeunes, même si les jeunes nous y poussent, mais de plus en plus on se rend compte que les consommateurs ne veulent plus uniquement consommer, ils veulent savoir d'où viennent les produits qu'ils consomment, comment ils ont été fabriqués, est-ce que la provenance est saine, est-ce que les conditions dans lesquelles ces produits ont été fabriqués sont responsables, et de plus en plus, au-delà des produits, les consommateurs veulent en savoir plus sur le comportement des entreprises qui fabriquent ces produits, ces biens, ces services, et donc l'Europe, au même titre d'ailleurs que le reste du monde, les Etats-Unis et la Chine travaillent aussi sur ce sujet, l'Europe a annoncé hier, et c'est une grande annonce, qu'elle allait se mettre au travail pour définir des critères, des indicateurs, une sorte de grammaire commune, qui va permettre aux entreprises de… enfin, qui va obliger les entreprises de plus de 250 salariés, à faire savoir ce qu'elles font au plan environnemental, social, et en matière de gouvernance et de partage du pouvoir. En un mot ça, veut dire quoi ? ça veut dire que l'exigence des consommateurs elle est croissante, et qu'au-delà de savoir ce que les produits ont de responsables, et de transparent, les consommateurs, à juste titre, et les épargnants, veulent savoir quel est le comportement des entreprises. Imaginons, 2 minutes, acheter un produit qui a, certes une belle transparence, qui a une bonne traçabilité, mais qui est fabriqué dans des conditions complètement irresponsables à l'autre bout du monde, est-ce qu'au final votre consommation est responsable ? Non. Et cette curiosité elle est très saine, des consommateurs, et donc aujourd'hui l'ensemble du monde est en train de définir des règles pour qu'on voit mieux, qu'on soulève le capot et qu'on voit mieux comment les entreprises fabriquent, produisent, transportent leurs produits, et comment, au plan ESG comme on dit, environnemental, social et de la gouvernance, elles pratiquent. Ça prendra un peu de temps, il va falloir qu'on se mette d'accord, c'est aussi l'avantage de l'Europe…

BENJAMIN GLAISE
Et du côté de la France vous allez porter quels critères en particulier vous-mêmes ?

OLIVIA GREGOIRE
Nous, nous allons porter des critères, au nom de la France, mais au sein de l'Europe, on travaille beaucoup avec nos homologues européens, des critères qui ressemblent, en un mot, à ce qu'est notre modèle écologique et social. Ces critères ce n'est pas pour enquiquiner les entreprises, ces critères ce sont des critères qui incarnent le modèle social et écologique que nous voulons en Europe. Qu'est-ce qu'on veut ? On veut par exemple, en Europe, et on est nombreux, qu'il y ait de l'apprentissage, qu'il y ait de la formation, avoir un emploi c'est important, avoir un salaire c'est fondamental, être formé, accompagné tout au long de la vie, ça l'est aussi. Il y a une sensibilité européenne, à l'apprentissage, à la formation, que ce soit en France, en Allemagne, en Italie, beaucoup plus que dans d'autres pays du monde, beaucoup plus qu'en Asie ou aux Etats-Unis. Deuxièmement, par exemple, nous sommes très sensibles au sujet du partage de la valeur, en France, en Allemagne, en Europe, que ce soit la participation, l'intéressement, les primes qui sont données aux collaborateurs qui s'engagent dans l'entreprise, en plus du salaire, c'est un marqueur européen, beaucoup plus que dans d'autres pays du monde, voilà par exemple deux exemples qui incarnent le partage de la valeur notamment, la vision sociale et écologique de l'Europe, donc c'est très important ces indicateurs, ils vont venir déterminer les fondamentaux de notre modèle économique. Et c'est aujourd'hui un pas important, en plus de ce qui a été annoncé, parce que tout ça est cohérent, on a travaillé pendant des mois, et Pascal CANFIN était à la manoeuvre, ce n'est pas rien l'annonce qui a été faite de l'engagement de -55 % de gaz à effet de serre d'ici 2030, c'est une journée très importante aujourd'hui, merci de le rappeler, c'est le premier sommet pour le climat de Joe BIDEN, il se pourrait, et je croise les doigts, je vais vous dire, il se pourrait que les Etats-Unis, enfin, après avoir annoncé revenir dans les accords de Paris, ce n'est pas anodin, annoncent enfin qu'ils s'engagent, et qu'ils fassent un point intermédiaire là, mais qu'ils s'engagent à une réduction aussi drastique que l'Europe des gaz à effet de serre d'ici à 2030, possiblement de 50%, si cette annonce est faite ou était ébauchée par Joe BIDEN aujourd'hui, ça voudrait dire que l'Europe et les Etats-Unis sont raccords, si vous m'autorisez l'expression, pour engager une baisse de gaz à effet de serre importante, et je dirais similaire pour les deux continents. On ne peut pas faire cette révolution écologique tout seul dans notre pays, on ne peut pas non plus faire cette révolution écologique tout seul en Europe, il est indispensable que les Américains, et l'Asie, soient aussi à nos côtés, espérons que Joe BIDEN aura ce courage aujourd'hui.

BENJAMIN GLAISE
On va parler de la présidentielle aussi.

OLIVIA GREGOIRE
Oui, si vous voulez.

BENJAMIN GLAISE
C'est important.

OLIVIA GREGOIRE
Bien sûr.

BENJAMIN GLAISE
C'est dans un an, avec Xavier BERTRAND qui est déjà candidat, vous le connaissez bien…

OLIVIA GREGOIRE
J'ai travaillé avec lui, il y a presque prescription, mais je l'assume.

BENJAMIN GLAISE
Au ministère de la Santé.

OLIVIA GREGOIRE
Oui.

BENJAMIN GLAISE
Il s'en est beaucoup pris au bilan, sur la sécurité, d'Emmanuel MACRON, ça peut être un candidat de taille, redoutable pour Emmanuel MACRON, pour 2022 ?

OLIVIA GREGOIRE
Vous savez, d'abord vous dire qu'en tant que membre du gouvernement, et je peux le dire au nom aussi du Premier ministre, et même du président de la République, la seule campagne qui nous obsède, nous aujourd'hui, à un an de la présidentielle, c'est la campagne de vaccination et c'est le fait qu'on retourne à la normale, tout autre type de campagne, à cette heure, au moment même où les Français sont encore chez eux, me semble un peu prématuré. Deuxièmement, j'écoute Xavier BERTRAND, et je suis une femme qui respecte tous les adversaires politiques, donc…

BENJAMIN GLAISE
On n'est pas dupe, on sait très bien qu'à un an d'une campagne présidentielle, malgré la crise sanitaire…

OLIVIA GREGOIRE
Je vais vous dire, la chose qui différencie, et il le sait Xavier BERTRAND, quand vous êtes aux manettes, surtout dans une période aussi difficile, la responsabilité incombe de s'occuper du contexte et des Français.

BENJAMIN GLAISE
Emmanuel MACRON parle de la sécurité en l'occurrence…

OLIVIA GREGOIRE
Il en parle depuis 2017, vous savez, on a légiféré en 2017 pour mettre le plus gros budget…

BENJAMIN GLAISE
Bien sûr, mais sauf que là il ne parle pas de crise sanitaire, enfin il n'est pas sur la crise sanitaire en l'occurrence, il parle de sécurité, d'un autre type de sécurité, du quotidien…

OLIVIA GREGOIRE
Il parle de tout, il a toujours parlé du régalien comme on dit. Vous savez, on a enclenché une hausse, comme jamais vu, sur le budget de la sécurité, on a enclenché la loi de sécurité globale, on a mieux accompagné les policiers, on a 1,7 milliard d'euros aujourd'hui sur la table en matière de budget à l'Intérieur, ce qui est en augmentation, nous, en fait, depuis 2017, on n'est pas trop dans la surface. Moi j'écoute ses propositions, qu'est-ce que j'écoute ? J'écoute, Xavier BERTRAND il dit « il faut baisser les impôts de production, les emplois sont mal rémunérés, il faut qu'on baisse les charges sur les emplois », merci Xavier BERTRAND, là, en l'occurrence, La République en marche a eu le courage de faire ce que la droite n'a pas fait, c'est-à-dire de diminuer ces impôts de production de 20 milliards d'euros. J'écoute Xavier BERTRAND qui commente la sécurité, je ne reviendrai pas sur le bilan de Nicolas SARKOZY, on en a parlait il y a quelques jours sur votre antenne, moi, les faits sont têtus et l'Histoire elle est écrite. Ce que je veux rappeler aussi c'est que Xavier BERTRAND, qui se fait un peu passer parfois pour un candidat tout neuf, tout frais, tout jeune, Xavier BERTRAND ça fait 26 ans qu'il est élu, Xavier BERTRAND il a été ministre de la Santé, Xavier BERTRAND il a été ministre de l'Emploi, je veux bien qu'on critique ce que fait Emmanuel MACRON, c'est de bonne guerre, et c'est normal, il faut aussi regarder un peu le passé et comment on en est arrivé là, notamment au plan sanitaire, comment on en est arrivé là au plan de la recherche pharmaceutique, est-ce que tout incombe à un monsieur qui a été élu en 2017 et à une majorité qui est là depuis trois, quatre ans ? Je ne suis pas certaine. J'ajouterais aussi qu'avant de prétendre à la fonction suprême, avant d'essayer de rassembler les Français, deux petites choses, déjà il faut peut-être être très sérieux sur son bilan local aussi, régional, il est à la tête de la région depuis des années, il fait beaucoup de choses, la Cour des comptes l'a étrillé il y a un mois sur sa gestion de l'emploi dans la région, moi j'aimerais bien qu'il y réponde, puisque quand on prétend à la fonction suprême encore faudrait-il répondre à ce qu'on fait à la région, en disant que c'était limite et qu'il y avait des sujets par rapport au code du travail par exemple. J'ajoute aussi que Xavier BERTRAND a quand même un petit sujet, si vous m'autorisez, avant la présidentielle, c'est rassembler sa famille avant de rassembler les Français, j'ai hâte de voir comment ça va se passer avec ses grands amis du Parti Républicain, j'ai hâte de voir s'il va y avoir une primaire ou pas, et ce que j'entends c'est que les caciques, comme on dit, de LR, que ce soit Rachida DATI, que ce soit Christian JACOB, n'ont pas, à moins que j'ai loupé une info, déclaré de soutien et de passion à Xavier BERTRAND à cette heure, j'attends donc de voir comment il rassemble sa famille politique et comment ensuite il propose…

BENJAMIN GLAISE
Vous pourriez le rejoindre…

OLIVIA GREGOIRE
Ce n'est vraiment vraiment pas une option, j'assume qui j'étais, et j'assume qui je suis, au service d'Emmanuel MACRON.

BENJAMIN GLAISE
On prévient juste nos auditeurs qui ont un bus à prendre, il est 8h01, on a un peu de retard…

OLIVIA GREGOIRE
Pardon.

BENJAMIN GLAISE
Un mot pour conclure avec Laurence GARCIA.

OLIVIA GREGOIRE
Désolée.

LAURENCE GARCIA
J'imagine que vous connaissez le #saccageparis…

OLIVIA GREGOIRE
Ah oui !

LAURENCE GARCIA
Qui balance pas mal sur les réseaux. Hier on recevait David BELLIARD, l'adjoint à la mairie de Paris, et pour lui toutes ces attaques face à la propreté, Paris Aménagement, tous ces hashtags étaient source de manipulations politiques, notamment à droite, qu'est-ce que vous en pensez ?

OLIVIA GREGOIRE
J'en pense franchement, en tant que parisienne, j'y suis née, et en tant qu'ancienne députée de Paris, je pense que, franchement, il va falloir à un moment arrêter de se moquer du monde. Prenons le sujet très précisément de la propreté, je le connais bien, juste dire aux auditeurs que c'est à peu près 600 millions d'euros, même si ça diverge parfois, c'est à peu près 600 millions d'euros d'investissement annuel pour la propreté dans notre belle capitale, on a le droit de se demander où ils passent, et moi j'écoute David BELLIARD et je lui dis démontrez, faites de Paris une ville véritablement écologique, ce n'est pas en rajoutant quelques vélos, là où d'ailleurs d'autres villes européennes le font beaucoup mieux que nous, qu'on va changer la donne à Paris. Prenons un exemple, le recyclage par exemple, c'est un vrai sujet dans beaucoup de villes du monde, des grandes métropoles, on a des villes aux Etats-Unis, San Francisco par exemple, qui recycle plus de 80% des déchets ménagers, pourquoi ? Parce que la municipalité elle a agi, il y a des bacs de tri partout, dans les stations-service, dans les parcs, dans les, partout, ce n'est pas le cas à Paris. A Paris, je vais vous dire, on recycle moins à Paris qu'on ne recycle dans le reste de la France, on recycle 40, 45 kilos à peu près, par habitant, versus 70 kilos dans le reste du pays, il y a du boulot à Paris, ce n'est pas fait, et moi je vais vous dire une chose, j'y passe tous les jours, j'y vis bien évidemment, cette ville, de Paris, on peut dire ce qu'on veut, on peut dire qu'elle est plus belle depuis que Madame HIDALGO est là, c'est une drôle de perception, moi ce que je vois c'est qu'elle s'abîme, ce que je vois c'est des déchets partout, ce que je vois c'est des inanités aussi, des sens interdit, on l'a vu sur les réseaux sociaux, un youtubeur a déployé ça, vous avez des endroits dans Paris, par exemple à l'angle de Rivoli, où vous avez quatre panneaux sens interdit…

BENJAMIN GLAISE
Et on va s'arrêter là-dessus.

OLIVIA GREGOIRE
J'encourage les auditeurs à aller jouer à ce jeu, quatre panneaux sens interdit à un carrefour, débrouillez-vous pour passer, Paris est effectivement de moins en moins joli.

BENJAMIN GLAISE
Un nouveau jeu en tout cas pour nos auditeurs qui habitent à Paris, en tout cas merci beaucoup Olivia GREGOIRE, secrétaire d'Etat chargée de l'Economie sociale, solidaire et responsable, bonne journée à vous et merci d'avoir été avec nous sur Sud Radio.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 23 avril 2021