Déclaration de M. Clément Beaune, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, en réponse à une question sur les relations avec la Russie, à l'Assemblée nationale le 4 mai 2021.

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Circonstance : Question au gouvernement à l'Assemblée nationale

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Texte intégral

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Monsieur le Député,


Je veux d'abord réitérer notre plein soutien à la suite des mesures inacceptables dont vous avez été l'objet en fin de semaine dernière, comme nous l'avons indiqué dès samedi avec Jean-Yves Le Drian, et ce soutien est celui de tout le Gouvernement qui ne peut rester insensible à cette situation.

Vous l'avez rappelé, cette mesure touche aussi un certain nombre de responsables politiques européens, dont le Président du Parlement européen, dont la vice-Présidente de la Commission européenne en charge de l'Etat de droit, cela n'est pas innocent. Et cela intervient dans un contexte de dégradation très grave.

Tout d'abord, celui d'un engrenage que vous avez décrit. La République tchèque, notre partenaire de l'Union européenne, a pris des mesures d'expulsion, justifiées, à l'égard de diplomates russes, à la suite d'ingérences très sérieuses, et la Russie a répondu de manière disproportionnée, par différentes expulsions et par les mesures que vous avez rappelées et qui vous concernent également.

Bien sûr, cela intervient aussi dans le contexte de l'affaire Navalny, de l'emprisonnement dont la France a réitéré, à plusieurs reprises par la voix de Jean-Yves Le Drian, le caractère inacceptable, je le redis aujourd'hui, ainsi que celui de la détention parfaitement arbitraire d'un certain nombre de personnes qui n'ont commis pour seul crime ou délit de soutenir M. Navalny dans ses volontés d'expression.

Nous continuerons à porter cette voix, vous l'avez rappelé, avec la plus grande fermeté, notamment après les événements de la fin de semaine. Le Conseil de l'Europe en est une enceinte essentielle.

Je veux saluer votre action de rapporteur qui doit continuer. L'action, en particulier, de Nicole Trisse qui a écrit, ce matin-même, au président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, à la secrétaire générale du Conseil de l'Europe, pour tenir cette ligne de fermeté absolue, et en même temps, continuer à permettre un espace de dialogue dont vous avez été l'acteur, notamment en permettant, avec vos collègues français, le retour de la Russie, pour protéger les droits des Russes, à travers l'action de la Convention et de la Cour européenne des droits de l'Homme.

Je veux préciser aussi que cette ligne de fermeté, nous la défendrons en examinant toutes les options lors d'un sommet européen, de l'Union européenne, cette fois, en fin de mois, auquel participera le Président de la République.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 5 mai 2021

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