Interview de M. Marc Fesneau, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement et de la participation citoyenne, vice-président du MoDem, à France Bleu Berry le 20 mai 2021, sur la campagne des élections régionales dans le Centre-Val de Loire.

Texte intégral

JOURNALISTE
Dans un mois on vote pour le 1er tour des élections régionales, ce sera le 20 juin que les électeurs en Centre Val-de-Loire auront le choix entre 7 candidats, et ce matin c'est Marc FESNEAU, tête de liste d'union entre le MoDem et la République En Marche qui est notre invité sur France Bleu Berry. Il est avec vous Régis HERVE.

REGIS HERVE
Bonjour Marc FESNEAU.

MARC FESNEAU
Bonjour.

REGIS HERVE
Merci de votre présence. Le premier sondage sur ces élections régionales, réalisé par IPSOS pour France Bleu Berry et France 3, vous place en deuxième position des intentions de vote avec 21% derrière Aleksandar NIKOLIC du Rassemblement national, qui est à 28%. Honnêtement monsieur FESNEAU, est-ce que vous n'avez pas été surpris de vous retrouver à cette place-là, devant de surcroît François BONNEAU, président sortant ?

MARC FESNEAU
Ecoutez, oui, j'ai trouvé que c'était plutôt un sondage qui était encourageant. Alors, il faut toujours être prudent avec les sondages, qu'ils soient bon ou qu'ils soient moins bons, c'est une photographie à l'instant T, mais en tout cas ça montre la capacité de rassemblement qui est la mienne et celle de la liste que je conduis en région Centre, et donc ça prouve que cette volonté de rassemblement que j'ai marquée aussi dans la constitution de mes listes, dans le Berry comme ailleurs, elle est perçue par les électeurs de la région Centre Val-de-Loire et c'est encourageant.

REGIS HERVE
Alors, ce sondage dit aussi vous aurez du mal à vous vous imposer seul au second tour. Vous réfutez toujours l'idée d'alliance avec le candidat de la droite et du centre Nicolas FORISSIER, qui lui d'ailleurs ne veut pas entendre parler d'alliance ou en tout cas pour l'instant, une alliance souhaitée quand même par les trois quarts de vos électeurs.

MARC FESNEAU
Oui, c'est un sondage d'entrée de campagne. Il reste quatre semaines de campagne et donc je pense que c'est les électeurs qui détermineront aussi ce qu'ils veulent au soir du 1er tour, et donc je trouve toujours hasardeux de se prononcer sur telle ou telle équation, tant qu'on ne connaît pas l'équation du 1er tour, ma volonté c'est d'élargir encore ce socle et d'être en situation de pouvoir rassembler très largement, c'est ce que j'ai fait d'ailleurs déjà sur mes listes, avec des gens qui viennent d'horizons politiques différents, qui pour la plupart d'entre eux d'ailleurs n'ont pas de carte des partis politiques. Il y aura besoin de réfléchir à ces choses-là au soir du 1er tour. Mais pour l'instant, il me semble que le plus important c'est d'être dans la configuration qui est celle qui est la mienne, c'est celle de porter un projet, de porter un diagnostic et un regard sur le bilan du président BONNEAU, du président sortant, pour faire en sorte qu'on soit le plus rapidement possible en situation de rassembler.

REGIS HERVE
Alors justement, vous appelez à une alternance dans la région…

MARC FESNEAU
Absolument.

REGIS HERVE
…gouvernée par la gauche depuis 25 ans. Le bilan du président sortant François BONNEAU est jugé pourtant bon, voire excellent par 63% des sondés. Qu'est-ce que vous lui reprochez-vous ? Pas à la personne, j'entends…

MARC FESNEAU
Oui, bien sûr, d'abord je n'ai jamais fait des querelles de personnes, vous le savez, ce n'est pas ma façon de faire de la politique. Il me semble qu'après près de 25 ans, près d'une génération, on voit bien que cette majorité est au fond à bout de souffle, que les équations politiques qui ont été construites depuis lors font que cette majorité est souvent l'otage des équilibres partisans ici avec Europe Écologie ou avec d'autres, et ce qui fait qu'on est dans bien des situations en terme de politiques publiques, dans une voie d'immobilisme. On est dans une région où on ne peut pas par exemple parler d'aéronautique de façon sereine, parce qu'au fond il faudrait faire la chasse à l'aéronautique et à tous ceux qui travaillent dans l'aéronautique et qui sont durement impactés. On est dans une région où on ne peut même pas prononcer le mot nucléaire ou essayer de travailler sur ce sujet. Je rappelle que cette filière-là on en a besoin dans le mix-énergétique, ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas des énergies renouvelables, mais on a besoin de la filière nucléaire, c'est plus de 12 000 emplois par ailleurs, avec tous les emplois induits que ça implique, et donc je trouve que dans bien des secteurs en fait cette région elle tourne à l'immobilisme, et au fond aussi, il y a au fond le sentiment que le président BONNEAU, d'élections en élections, fait des promesses, en pensant que ça suffit à faire une politique. Ça ne fait pas une politique que de faire des promesses, il y a besoin aussi d'avoir des résultats concrets, et on voit bien que, et même si ce n'est pas facile, sur la santé on n'est pas au rendez-vous des promesses, sur la question des mobilités on n'est pas au rendez-vous des promesses, sur la question du développement économique on n'est pas au rendez-vous des promesses ou de l'aménagement du territoire.

REGIS HERVE
Alors, en matière de santé justement, vous en parliez, vous dites que la région doit accompagner les élus locaux dans la lutte contre la désertification médicale. Ça, finalement, tous les élus pourraient le dire, concrètement ça veut dire quoi ?

MARC FESNEAU
Ça veut dire qu'il faut essayer de faire, si vous me permettez cette expression, feu de tout bois. Il y a des initiatives des élus locaux, il ne faut pas que la région vienne imposer un moule unique. Il y a 10 ans on nous avait expliqué que c'était les Maisons de santé qui étaient la seule solution, maintenant on nous explique que c'est les emplois salariés de médecins. Je pense que c'est une combinaison de plusieurs choses qui le feront. J'étais l'autre jour dans le Berry, dans le Cher en particulier, il y a des élus qui cherchent à installer des médecins, parfois par voie de salariat, parfois par d'autres voies, qui ont leurs propres initiatives, avec le corps médical, et c'est avec eux qu'il faut travailler, et c'est dans ces conditions-là qu'on arrivera à s'en sortir. Le président BONNEAU avait proposé il y a 2 ans, le président sortant avait proposé qu'on salarie 150 médecins. Au bout de 2 ans quasiment on est à 5 médecins, 7 bientôt. A ce rythme-là on en reparle en 2050, et au fond dans la promesse qui faite, c'est de dire on va en avoir 300, mais quand on n'est même pas capable d'arriver à 150, on voit bien que ce n'est pas la solution. Je ne dis pas que la solution est simple. Au niveau national, le gouvernement a fait le choix de supprimer le numerus clausus, donc de pouvoir former plus de médecins, mais pour il ne suffit pas d'avoir formé simplement plus de médecins, après c'est le rôle de la région, avec les collectivités locales, d'inciter, d'encourager et de faire en sorte que les médecins aient envie de s'installer sur notre territoire, à commencer par d'ailleurs les jeunes qui sont en formation dans notre région, parce qu'il n'y a rien de mieux qu'un jeune de notre région pour s'installer dans notre région.

REGIS HERVE
Dernière question rapidement. Marc FESNEAU, vous êtes ministre en charge des Relations avec le Parlement, si vous êtes élu à la région, vous quittez le gouvernement ?

MARC FESNEAU
C'est la logique des choses. Si je suis élu, je serais président de région et c'est bien la volonté que j'ai que de que de participer à cette élection, avec la volonté, et de gagner, et d'assumer l'alternance qui sera la nôtre au mois de juin prochain, et donc c'est sans ambiguïté. Je n'ai aucun doute là-dessus. Quand on se présente devant les électeurs et qu'on est élu et qui on a la chance qu'ils vous fassent confiance, il faut être à la hauteur de cette confiance et donc siéger et gouverner.

REGIS HERVE
Marc FESNEAU, tête de liste MoDem La République En Marche, pour ces élections régionales en Centre-Val de Loire, invité de France Bleu Berry ce matin. Merci monsieur FESNEAU, bonne journée.

MARC FESNEAU
Merci à vous, bonne journée.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 21 mai 2021