Interview de M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie, des finances et de la relance, à CNews le 29 juin 2021, sur l'attractivité économique de la France, les élections régionales et la réforme des retraites.

Texte intégral

LAURENCE FERRARI
Bonjour Bruno LE MAIRE.

BRUNO LE MAIRE
Bonjour Laurence FERRARI.

LAURENCE FERRARI
Bienvenue dans " La matinale de CNews ".

BRUNO LE MAIRE
Merci.

LAURENCE FERRARI
Vous étiez hier au sommet Choose France avec des centaines de chefs d'entreprises étrangers pour leur vendre l'attractivité de la France. Comment vous leur vendez notre beau pays, un pays qui a mis son économie sous perfusion pendant plus d'un an, qui n'arrive pas à réformer son système de réforme de retraite, et qui a l'un des taux d'imposition les plus forts en Europe ; qu'est-ce qu'ils vous disent, les chefs d'entreprises étrangers ?

BRUNO LE MAIRE
Eh bien, ils nous disent, Laurence FERRARI, exactement le contraire. Ils nous disent que nous avons baissé les impôts, nous allons ramener l'impôt sur les sociétés à 25%, que nous avons simplifié la vie des entreprises, que nous avons créé un cadre fiscal qui est attractif pour l'investissement en France ; et du coup, cette troisième édition de Choose France, c'est un grand succès, vous avez beaucoup de chefs d'entreprises, parmi les plus importants de la planète, qui sont venus, plus d'une vingtaine d'investissements, 7.000 emplois à la clef, et surtout, beaucoup de perspectives dans beaucoup de domaines, je pense aux semi-conducteurs, je pense aux avions qui n'émettent plus de CO2, je pense à la décarbonation de l'acier, sur tous ces sujets dont nous avons discuté avec les chefs d'entreprises hier, je vois qu'il y a de nouveaux projets d'investissements possibles, et surtout, il y a un immense intérêt pour la France, qui est pour eux le pays le plus attractif en Europe, dans tous les domaines, industriels, financiers…

LAURENCE FERRARI
... L'Allemagne…

BRUNO LE MAIRE
Je pense que, aujourd'hui, quand je vois les chiffres d'investissements, nous sommes au même niveau ou mieux placés que l'Allemagne en termes d'attractivité. Alors, il faut se renforcer, il ne faut certainement pas baisser la garde, il faut faire preuve surtout de constance et de stabilité, parce que, ce qu'apprécient les chefs d'entreprise, c'est qu'avec le président de la République, nous avons tenu parole, nous avons dit depuis 2017 : notre problème en France, c'est un problème de compétitivité, nous avons réglé ces difficultés-là, nous leur avons dit : nos impôts sont trop élevés, on va les baisser, on a baissé les impôts de production pour attirer l'industrie, relocalisé des industries, notre impôt sur les sociétés, il n'est pas au niveau des autres grandes nations, on va le remettre au niveau des autres grandes nations. Et je pense que cette grande constance dans notre politique économique, elle donne des résultats, d'abord, pour les Français, pour l'emploi en France, et pour l'attractivité de la France.

LAURENCE FERRARI
Mais il n'empêche que nous avons toujours le record du monde des prélèvements sociaux, on est d'accord, selon l'OCDE ?

BRUNO LE MAIRE
On a toujours un niveau de prélèvements obligatoires qui est trop élevé, mais je rappelle que depuis vingt ans, nous sommes la majorité qui a le plus baissé les impôts, ceux des Français d'abord, la taxe d'habitation, l'impôt sur le revenu, et ceux des entreprises, parce que, ce que veulent les Français, c'est des emplois pour leurs enfants, des emplois pour eux-mêmes. Et quand nous nous battons pour la relocalisation industrielle, qui est pour moi un des grands enjeux des 25 prochaines années en France…

LAURENCE FERRARI
Avec des usines qui ferment tous les jours dans notre pays…

BRUNO LE MAIRE
Oui, mais d'autres qui ouvrent, avec d'autres qui ouvrent, regardez l'usine de batteries qui a été ouverte hier à Douai, regardez les projets d'implantations industrielles qui existent dans beaucoup de domaines en France. Nous sommes en train de réussir la relocalisation industrielle, parce que, contrairement à des majorités précédentes, nous traitons les sujets de fond. Alors, c'est plus long, c'est plus difficile, mais prenez l'exemple à nouveau des impôts de production, sept fois plus élevés en France qu'en Allemagne, nous avons commencé à les baisser, je crois que tout le monde maintenant souscrit à cette idée-là, mais nous, ce n'est pas une idée, c'est une décision et c'est des résultats.

LAURENCE FERRARI
Mais est-ce que, avec cette réunion, hier, vous n'avez pas l'impression d'être complètement déconnecté de la réalité, d'être avec l'élite de l'élite, les grands patrons, les cols blancs, et les Français qui vivent une réalité qui est tout autre, et ils se demandent : mais quel est le lien en fait entre cette réunion à Versailles et notre quotidien ?

BRUNO LE MAIRE
Eh bien, le lien, quand je rencontre monsieur MITTAL, qui est le président d'ARCELOR MITTAL, eh bien, le lien, c'est l'usine de Dunkerque…

LAURENCE FERRARI
Qui a fermé des usines en France…

BRUNO LE MAIRE
C'est l'usine de Fos-sur-Mer, c'est les plus grands de nos aciéries en France, c'est des milliers d'emplois, et c'est la décarbonation de l'industrie, donc effectivement, on peut dire : voilà, il ne, faut pas fréquenter ces gens-là, c'est horrible, on peut avoir une attitude un tout petit peu plus responsable, et un tout petit peu plus accueillante, qui consiste à discuter par exemple avec monsieur MITTAL, lui dire : comment est-ce qu'on va réussir la décarbonation de vos usines, comment est-ce qu'on peut faire des usines d'ARCELOR MITTAL, avec un millier d'emplois qui sont derrière…

LAURENCE FERRARI
Sans les fermer…

BRUNO LE MAIRE
Sans les fermer...

LAURENCE FERRARI
Parce qu'il en a fermé…

BRUNO LE MAIRE
Un investissement ensemble, MITTAL et l'Etat, pour accélérer la décarbonation de l'industrie de l'acier en France, et faire de la France le modèle de l'acier décarboné, c'est-à-dire, on maintient notre capacité de production, mais on émet beaucoup moins de CO2 que les Chinois ou les Turcs, grands producteurs d'acier.

LAURENCE FERRARI
Sur les Français, la consommation en France, est-ce que vous avez des indicateurs sur le fait qu'elle redémarre après cette année évidemment ultra compliquée de pandémie ?

BRUNO LE MAIRE
Elle a redémarré très fort, et elle continue à tenir bon, c'est le plus surprenant, alors qu'on est à la première semaine de réouverture, plus 15, plus 20% de chiffres de carte bleue, c'est à moitié une surprise, la vraie surprise, c'est que ça tient sur le long terme, et que nous avons, pour la semaine passée, plus 18% de chiffre de consommation de carte bleue par rapport à la même période en 2019, avant la crise.

LAURENCE FERRARI
Donc pas en 2020, 2019 ?

BRUNO LE MAIRE
2019, c'est-à-dire, avant la crise, nous sommes, là, aujourd'hui, à plus de 18% de dépenses de carte bleue, c'est un excellent signal, parce que c'est un des moteurs de la croissance, la consommation des Français, ça prouve qu'ils utilisent leur épargne pour consommer et relancer l'économie, c'est une excellente chose, et ça prouve, là aussi, que quand on fait preuve de constance, de stabilité et qu'on dit aux Français que nous n'augmenterons pas leurs impôts, et que, comme ministre des Finances, je refuserai toujours cette solution de facilité, ça crée de la confiance, et ça incite à la consommation.

LAURENCE FERRARI
Est-ce que vous n'avez pas peur que l'émergence du variant Delta n'impacte, ne ralentisse cette reprise de la croissance et de la consommation ?

BRUNO LE MAIRE
Vous avez raison, je pense que c'est important d'insister dessus, c'est le seul vrai risque, et c'est la raison pour laquelle je maintiens l'estimation de croissance à 5% pour 2021, quand d'autres instituts, je pense à LA BANQUE DE FRANCE, je pense à la Commission européenne, au FMI, disent que nous allons faire 5,5 ou 5,75 %, c'est qu'il reste un risque sanitaire, et je voudrais vraiment profiter de cette émission pour dire à tous ceux qui ne se sont pas encore fait vacciner, vaccinez-vous, parce que c'est notre sécurité sanitaire collective qui en dépend, et le seul obstacle qu'il y a encore sur le chemin du retour à une croissance très forte en 2021, et le retour à la normale total au début de l'année 2022, c'est le risque du variant, c'est le risque de pandémie, donc que chacun prenne ses responsabilités, fasse preuve tout simplement de sens collectif et aille se faire vacciner.

LAURENCE FERRARI
Et c'est ça qui nous empêchera de relancer le tourisme dans notre pays, c'est ce variant Delta, cette pandémie qui continue à bas bruit.

BRUNO LE MAIRE
Toute incertitude est mauvaise pour l'économie, mauvaise pour l'activité touristique, mauvaise pour des secteurs d'activité comme l'évènementiel, donc ça, c'est notre responsabilité, à chacun, chaque personne qui se fait vacciner, chaque personne qui participe à la sécurité sanitaire collective fait, à mon sens, oeuvre utile pour le pays.

LAURENCE FERRARI
Hier, on a vu le président donc à Choose France, avant, il était dans une usine à Douai, comme vous l'avez évidemment vu, c'était l'image qu'il voulait envoyer, un président au milieu des ouvriers, au milieu des cols bleus, encore une fois, pour balayer la page des régionales qui a été évidemment une mauvaise soirée pour la République En Marche ?

BRUNO LE MAIRE
Je crois surtout que le président de la République, sa responsabilité, c'est effectivement de s'occuper des Français, de l'emploi en France, de cette relocalisation industrielle, qui nous tient très à coeur, de la création de nouvelles chaînes de valeur, et les batteries électriques, il y a trois ans, on n'en faisait pas en France, aujourd'hui, on va en faire en France, avant, ça n'existait pas, aujourd'hui, ça existe, ça crée des emplois, ça ouvre des perspectives, donc je voudrais que tous les Français comprennent que nous avons entre nos mains, tous, collectivement, la possibilité de créer ces nouvelles chaînes de valeur, ces nouveaux emplois dans les nouvelles technologies et dans le monde qui vient ; on a tout pour réussir.

LAURENCE FERRARI
Les régionales, La République En Marche, ça, vous n'allez pas pouvoir me dire que ça a été un bon résultat pour La République En Marche ?

BRUNO LE MAIRE
Non, je ne vous dirai pas ça.

LAURENCE FERRARI
C'était un échec ?

BRUNO LE MAIRE
C'est une défaite, et quand on a une défaite, ça m'est arrivé dans ma vie politique, il faut la reconnaître, il faut en tirer les leçons, et puis, il faut rebondir, et je suis convaincu que nous allons rebondir, que la majorité va rebondir, que le président de la République a aujourd'hui tout entre les mains avec les personnes qui le soutiennent pour être réélu en 2022, mais il faut dire les choses telles qu'elles sont, une défaite est une défaite…

LAURENCE FERRARI
Vous êtes sûr qu'il sera candidat ? Vous êtes sûr que le président sera candidat ?

BRUNO LE MAIRE
Je ne suis pas certain, je le souhaite en tout cas. Je le souhaite et je le soutiendrai. Mais quand on a un accident de parcours, il faut le reconnaître, reconnaître que c'est une défaite, mais remettre aussi à sa juste place cette défaite, parce que, là, je vois tout d'un coup, d'autres, à l'inverse, qui vous disent : ce n'est pas une victoire, c'est un triomphe, ça y est, nous sommes déjà candidats à la présidentielle, élus présidents de la République, et la majorité actuelle, le président, c'est fini pour eux, non…

LAURENCE FERRARI
Vous pensez à Xavier BERTRAND, là ?

BRUNO LE MAIRE
Non, enfin je pense à Xavier BERTRAND, je pense à d'autres vainqueurs, je les félicite de leur victoire…

LAURENCE FERRARI
Valérie PECRESSE, Laurent WAUQUIEZ ?

BRUNO LE MAIRE
Je les félicite de leur victoire…

LAURENCE FERRARI
Ce sont vos amis.

BRUNO LE MAIRE
Mais je remets les choses à leur juste place, ils ont été élus dans un scrutin local, marqué par une forte abstention, et pour les trois que vous venez de citer, avec beaucoup moins de voix qu'au scrutin précédent, je ne considère pas que ça fasse une rampe de lancement pour une élection présidentielle, et ça peut préparer aussi beaucoup de désillusions si, tout d'un coup, on s'y croit, parce qu'on confond échéances locales et échéances nationales ; message envoyé par les électeurs au moment des élections régionales, et volonté des électeurs au moment des élections nationales, volonté qui sera à mon sens totalement différente sur des débats très différents.

LAURENCE FERRARI
L'autre fait politique de la soirée, c'est le Rassemblement national qui n'a évidemment pas fait les performances qu'il escomptait, et qui est très, très en dessous de ce plafond de verre qu'il pensait dépasser, mauvaise nouvelle pour Marine LE PEN ou pas ?

BRUNO LE MAIRE
Là aussi, restons prudents, enfin, tout d'un coup, on passe d'un excès à l'autre, il y a quelques jours, si vous m'aviez invité, on nous aurait expliqué qu'une région, deux régions, trois régions allaient basculer au Front national, qu'il peut y avoir une inquiétude démocratique très vive, les élections passent, et puis, le lendemain, avec tout aussi peu de sens de la nuance ou d'examen critique, on vous dit : ça y est, c'est fini pour le Front national, Marine LE PEN n'a plus aucune chance pour l'élection présidentielle…

LAURENCE FERRARI
Vous pensez que c'est faux ?

BRUNO LE MAIRE
Je pense que c'est faux. Et de la même manière que je pense que certains crient victoire beaucoup trop tôt, confondent élections locales et désir national, que peuvent avoir les électeurs, je pense que, à l'inverse, d'autres enterrent trop vite la menace du Front national, et que nous, notre responsabilité, la majorité, autour du président de la République, c'est de montrer que nous avons un chemin, que, d'abord, nous avons un bilan, qu'en matière économique et financière par exemple, nous avons relancé l'économie, nous avions commencé à rétablir les comptes publics, nous avons protégé les Français pendant la crise, et que nous savons où nous voulons aller avec une grande constance, améliorer la compétitivité de nos entreprises, relocaliser l'industrie, faire le choix de l'innovation et de l'investissement et accompagner les salariés dans les nouvelles qualifications dont ils ont besoin ; nous, nous avons un bilan, des résultats et un chemin, et c'est là-dessus que nous gagnerons.

LAURENCE FERRARI
Vous y tenez vraiment à ce duel MACRON-LE PEN, que les Français ne veulent pas ?

BRUNO LE MAIRE
Mais je ne tiens pas à ce duel, je tiens à la victoire du président de la République sortant, et je tiens à la continuité de la politique économique et financière que nous avons menée, c'est à ça que je tiens viscéralement. Laurence FERRARI, ça fait plus de quatre ans que je suis ministre de l'Economie et des finances, nous nous sommes battus avec le président de la République, avec le Premier ministre précédent et le Premier ministre actuel…

LAURENCE FERRARI
Qui va rester d'ailleurs…

BRUNO LE MAIRE
Pour tenir un cap…

LAURENCE FERRARI
Il ne va pas changer de Premier ministre a dit le président…

BRUNO LE MAIRE
Pour prendre les difficultés de l'économie française, régler ces difficultés-là et donner des résultats aux Français, de l'emploi, de la relocalisation industrielle et de la prospérité pour nos enfants et nos petits-enfants ; je n''ai aucune envie que tout ce travail qui a été fait, qui donne des résultats, soit abandonné, il faut tenir ce cap-là.

LAURENCE FERRARI
La réforme des retraites, vous faites partie des pro-réformes évidemment qui poussent pour une retraite à 64 ans, est-ce qu'il faut le faire vite, là, maintenant, avant l'élection présidentielle, pourquoi l'urgence ?

BRUNO LE MAIRE
Il faudra le faire quand le président de la République aura décidé de le faire, mais pourquoi est-ce qu'il faut le faire…

LAURENCE FERRARI
Vous ne pensez pas qu'il l'a décidé ?

BRUNO LE MAIRE
Je ne lis pas dans les pensées du président de la République…

LAURENCE FERRARI
Vous, vous êtes favorable ?

BRUNO LE MAIRE
Oui, moi, je donne mes convictions, je suis favorable, et je suis favorable pour une raison très simple, parce que c'est l'intérêt des Français et l'intérêt de la France.

LAURENCE FERRARI
De travailler plus longtemps ?

BRUNO LE MAIRE
Que tout le monde, globalement, que notre pays travaille davantage, parce que quand je regarde le temps long, qui est finalement ce qu'il y a de plus intéressant en politique…

LAURENCE FERRARI
On est des fainéants ?

BRUNO LE MAIRE
Mais pas du tout, les Français travaillent beaucoup, vous travaillez beaucoup, les téléspectateurs qui nous écoutent travaillent beaucoup, je travaille beaucoup, tous les Français aujourd'hui ont beaucoup de coeur à l'ouvrage, mais la réalité, c'est que quand vous prenez l'ensemble du travail de la nation française, cet ensemble de travail est insuffisant, pourquoi, parce que, on rentre difficilement dans la vie active, même si on amélioré les choses avec l'apprentissage, on part beaucoup trop tôt à la retraite, parce que, parfois, on vous pousse aussi dehors, vous avez 52 ans…

LAURENCE FERRARI
A 55 ans, on vous dit : vous êtes fini...

BRUNO LE MAIRE
Exactement, mais c'est scandaleux ! Enfin, dans une nation où on vit plus longtemps, où les progrès de la médecine nous permettent de vivre mieux et plus longtemps, vous expliquer à 52, 53 ans, quand vous êtes ouvrier et contremaître ou que vous êtes cadre, que vous ne valez plus rien, alors que votre expérience est précieuse pour l'entreprise, c'est un gigantesque gâchis collectif. Et la troisième raison pour laquelle nous avons un volume global de travail insuffisant, on la connaît tous, c'est le taux de chômage trop élevé en France depuis des décennies. Donc je considère que si nous arrivons notamment avec la réforme des retraites, mais qui est une partie seulement de cette réflexion sur le travail, à travailler tous collectivement davantage, c'est bon pour nous, c'est bon pour la prospérité de nos enfants, pour le niveau de vie de nos enfants et de nos petits-enfants.

LAURENCE FERRARI
64 ans, c'est le bon âge pour vous, le bon étiage au niveau européen, on est…

BRUNO LE MAIRE
Je ne vais pas vous donner un chiffre précis…

LAURENCE FERRARI
Un peu en dessous de l'Italie, de l'Allemagne…

BRUNO LE MAIRE
Mais je dis simplement que depuis 20 ans, quand je regarde le niveau de vie d'un Français, d'un Français de 40 ou 50 ans, par rapport au niveau de vie d'un Allemand ou au niveau de vie d'un Américain, il s'est dégradé, vous pensez que, comme ministre de l'Economie et des finances, je vais laisser faire cette lente dégradation et ce lent déclassement du niveau de vie des Français sans dire la vérité, la vérité, c'est que la façon dont vivront nos enfants et nos petits-enfants dépend de nos choix politiques maintenant, pas demain, maintenant, et la réforme des retraites en fait partie.

LAURENCE FERRARI
Est-ce qu'il faut la faire avant la présidentielle, après la présidentielle, c'est une réforme de fin de mandat ou de début de mandat ?

BRUNO LE MAIRE
Il n'y a que le président de la République qui peut évaluer cela…

LAURENCE FERRARI
Et vous, avec votre expérience, vous ne pouvez pas lui conseiller quelque chose ?

BRUNO LE MAIRE
Moi, mon expérience, c'est qu'on n'a jamais intérêt en politique à remettre à demain ce qu'on peut faire aujourd'hui.

LAURENCE FERRARI
Quitte à mettre le feu au plan social, au plan syndical, avoir une rentrée sociale terrible ?

BRUNO LE MAIRE
Justement, ça fait partie des points qu'il faut que nous évaluons, qui appartiendront, une fois encore, uniquement au président de la République, mais qu'il faut prendre en considération, est-ce qu'il y a des risques sociaux, est-ce qu'il y a des risques de troubles, est-ce qu'il faut encore davantage expliquer des choses ? Tout cela relève de l'appréciation et de la seule appréciation du président de la République.

LAURENCE FERRARI
Et quelle que soit sa décision, vous le soutiendrez ?

BRUNO LE MAIRE
Et quelle que soit sa décision, je soutiendrai le président de la République pour sa réélection.

LAURENCE FERRARI
Merci beaucoup Bruno LE MAIRE d'être venu ce matin dans " La matinale de CNews. "

BRUNO LE MAIRE
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 30 juin 2021