Extraits d'un entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie, avec Public Sénat le 16 juillet 2021 sur le tourisme face à l'épidémie de Covid-19.

Intervenant(s) :

  • Jean-Baptiste Lemoyne - Secrétaire d'Etat au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie

Prononcé le

Texte intégral

Q - Notre invité politique, ce matin, c'est Jean-Baptiste Lemoyne, bonjour !

R - Bonjour !

Q - Merci beaucoup d'être avec nous, secrétaire d'Etat chargé du tourisme, des Français de l'étranger et de la francophonie. (...) On va évidemment parler longuement de la crise sanitaire, Emmanuel Macron qui a donc présenté de nouvelles mesures pour faire face au rebond de l'épidémie : obligation vaccinale, élargissement du pass sanitaire isolement renforcé. On a vu des premières manifestations, il y en a d'autres qui sont annoncées, est-ce que vous êtes en train de créer une fracture entre les Français ?

R - Je crois que ce n'est pas l'idée de fracturer le pays. L'idée, c'est d'arriver à faire en sorte que le pays puisse continuer à vivre et la clé, c'est quoi ? C'est la vaccination, et c'est pourquoi d'ailleurs vous l'avez vu, trois millions de Français en quelques jours se sont inscrits parce que, on le sait, c'est la clé pour s'en sortir. Vous savez, c'est le virus qui fracture, c'est le virus qui tue et donc face à cela, eh bien, on doit prendre toutes les mesures adéquates.

Q - On entend le gouvernement et le Président de la République dire : il n'y a pas de raison que les Français vaccinés payent entre guillemets pour les Français non vaccinés, que les restrictions ne doivent pas toucher tout le monde. Est-ce que désormais il y a deux France, la France des vaccinés, la France des non vaccinés ?

R - Attendez, le pass sanitaire, ce n'est pas que le vaccin. Le pass sanitaire, c'est également la capacité à se rendre demain dans un café, un restaurant, etc., y compris en produisant un test antigénique. Vous savez, je vais vous raconter ma vie : moi, j'ai reçu ma deuxième dose seulement dimanche dernier ; jusqu'à maintenant, je faisais régulièrement des tests pour voyager, etc. Vous faites ça dans votre pharmacie, au coin de la rue, et derrière, eh bien, vous avez ce droit à pouvoir continuer vos activités, et ce droit, surtout, à être sûr que vous êtes vous-même protégé et que vous protégez les autres. Vous savez, vous connaissez ce dicton, la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres ; il y a un moment où on ne peut pas impunément mettre en danger la vie d'autrui. C'est ça, le message.

Q - Oui, vous êtes en contact avec des professionnels du tourisme, des gérants de campings, des gérants de sites patrimoniaux. Donc ça leur demande beaucoup d'accommodements.

R - C'est vrai.

Q - Pratiquement, allez-vous les aider financièrement d'abord et puis qu'est-ce que vous leur dites parce que c'est quasi infaisable dans un délai aussi court ?

R - Les professionnels du tourisme, ce sont des professionnels, comme leur nom l'indique, ils sont déjà effectivement très bien préparés parce qu'ils ont mis en place des protocoles sanitaires très stricts, etc. Moi, je leur tire mon chapeau parce qu'effectivement, cela va être du travail supplémentaire. Et en même temps, on a aussi affaire à des professionnels de la régulation des flux.

Q - Ce n'est pas pareil. Comment vous allez faire avec les gérants ?

R - Je vous prends un exemple très concret. Moi, je suis très terrain. Donc tout de suite, j'ai pris également mes informations auprès des acteurs du terrain, Maryline Martin, directrice du chantier médiéval de Guédelon dans l'Yonne, je vous incite ...

Q - Votre département.

R - ... à découvrir ce magnifique site, eh bien, elle me dit : nous, pas de problème, on s'organise, on est en train de travailler avec notre prestataire de billetterie etc., pour pouvoir gérer cela. Et donc, ces gens-là savent faire. Maintenant, c'est vrai que cela demande un peu de temps, éventuellement du personnel. Or, ce sont des métiers en tension, je fais une minute de pub, j'en profite, pour celles et ceux qui recherchent un emploi dans le secteur du tourisme ou les employeurs qui ont du mal à trouver, n'hésitez pas à aller sur la plateforme internet monemploitourisme.fr

Donc, tout cela pour dire que je salue globalement le grand sens de responsabilité des acteurs du tourisme.

Q - Est-ce que ce n'est pas les exposer ? Qu'est-ce que vous allez faire quand il y aura un gérant de restaurant ou un gérant de camping qui va se retrouver face à une personne qui refuse de présenter son pass sanitaire au risque de créer des tensions? Comment il va faire ?

R - Non, je sais, c'est leur crainte. Certains se sont ouverts de cette question ; nous on est là pour, me disent-ils, justement donner un bon accueil et ne pas créer de tension. Maintenant, je pense que finalement, il va y avoir aussi quelques jours de pédagogie qui vont permettre à tout le monde de bien comprendre quelles sont les règles. Les règles, de toute façon, elles doivent être respectées. Si elles ne sont pas respectées, qu'est-ce qui va se passer ? Regardez, ce variant est hyper contagieux, six fois plus que les variants précédents ou le virus souche. Donc cela veut dire que si collectivement et individuellement, on ne s'astreint pas à ce respect, eh bien, dans quelques semaines, on sera retour à la case départ d'il y a plusieurs mois et peut-être obligé de prendre des décisions à ce moment-là qui ne seraient pas agréables.

Q - Les décisions, c'est quoi, c'est la vaccination obligatoire pour tous ?

R - Ce que je veux dire, c'est qu'on voit bien, qu'est-ce qui s'est passé avant ? On était obligé de fermer des activités purement et simplement, cela a été douloureux pour tout le monde parce que je crois que, parfois, on a la mémoire un peu courte Souvenez-vous il n'y a pas si longtemps, on était astreint à rester dans un périmètre d'un kilomètre, puis de 10 kilomètres, puis de 100 kilomètres, etc., enfin, je pense que personne n'a envie de retomber là-dedans !

Q - Mais ça n'est pas exclu. Cela veut dire qu'il peut y avoir un reconfinement si jamais...

R - Non, je ne dis pas ... justement, notre philosophie, c'est de se dire : on ne veut pas retomber là-dedans. Et pour ne pas retomber là-dedans, eh bien, la clé, c'est tout simplement de passer un été en toute sécurité sanitaire. Et donc, c'est la vaccination, la priorité. Regardez, on va également au-devant des publics, vaccino-bus des pompiers hier que vous avez vus lors du Tour de France mais également des médiateurs qui sont déployés partout en France pour expliquer aux Français et puis également les tests.

Si vous n'êtes pas vacciné, testez-vous régulièrement, c'est ce qui vous permettra de faire un été presque comme les autres, d'avoir accès à toutes vos activités, mais en toute sécurité sanitaire !

Q - Pour la vaccination des Français de l'étranger, comment ça se passe ?

Q - Oui, donc comment faites-vous pour vacciner les Français de l'étranger ? Certains ont eu des vaccins qui sont pas ceux qu'on a. Doivent-ils présenter un test PCR ? Pratiquement, comment ça se passe ?

R - On a 3 millions de compatriotes, un peu plus, qui sont établis hors de France. Plusieurs possibilités : soit ils étaient inscrits dans des schémas vaccinaux locaux ; soit ces schémas vaccinaux locaux étaient défaillants. Et donc par exemple à aujourd'hui, nous avons nous-mêmes, France, Etat français, acheminé des vaccins pour nos compatriotes dans une cinquantaine de pays du Tadjikistan à Djibouti en passant par Madagascar etc. Et donc, ce sont nos postes, nos ambassades, nos consulats qui organisent eux-mêmes la vaccination avec des professionnels locaux de santé. Et je leur tire mon chapeau parce que c'est une véritable opération logistique, et c'est aussi beaucoup de négociations parce qu'il faut qu'on ait l'autorisation des pays d'accueil, ce qui n'est pas toujours simple. C'est comme ça qu'on continue à discuter avec l'Argentine, par exemple, qui ne nous a pas encore donné l'autorisation.

Q - Il y a combien de pays aujourd'hui qui refusent l'autorisation ?

R - Ecoutez, ça se compte sur les doigts d'une main, mais par exemple ...

Q - Donc ça veut dire que quasiment tous les Français de l'étranger ont accès à la vaccination via nos ambassades, ou pas ?

R - Attention, dans tous les pays où il y a une carence, où ça flambe. Dans quelques jours, je me rendrai en Tunisie, j'apporterai naturellement des vaccins pour nos amis tunisiens. J'en n'apporterai également pour notre propre communauté parce que le pays fait face à une flambée.

C'était le cas en Inde, où nous avons vacciné notre communauté au moment où cela flambait et cette campagne est finie.

Aujourd'hui, enfin dans quelques jours d'ailleurs, nous allons rentrer dans une nouvelle phase de cette campagne de vaccination puisque nous nous sommes adjoint les services d'une société, une filiale de ISOS, International SOS avec qui on travaille déjà beaucoup, qui va prolonger dans la durée cette vaccination, et par ailleurs, les Français de l'étranger qui reviendraient à l'occasion d'un séjour en France ont la capacité aussi à se faire vacciner dans le système national, s'ils le souhaitent donc comme tout Français.

Q - Donc ça veut dire qu'un Français de l'étranger, qui a fait sa première dose dans un pays, dans son pays de résidence, aujourd'hui, il revient en France, il se fait vacciner en France, il a un pass sanitaire comme vous et moi ?

R - S'il a fait tout son schéma vaccinal à l'étranger ?

Q - Non, s'il fait sa première dose à l'étranger, sa deuxième dose ici en France.

R - Ah oui, bien sûr, tout à fait et alors il y a un sujet qui se pose, c'est pour les Français de l'étranger qui ont fait leur schéma vaccinal à l'étranger avec des vaccins homologués par l'Union européenne, à ce moment-là, on est en train de travailler sur un système technique, avec Cédric O et Olivier Véran, pour qu'on puisse les intégrer dans notre base nationale, et faire en sorte que, du coup, ils aient le pass sanitaire comme tout Français, également vacciné avec ce même vaccin.

Q - Oui, mais pour les vaccins homologués par l'Union européenne.

R - Oui tout à fait.

Q - Et ceux qui ont fait des vaccins non homologués par l'Union européenne alors que dans les pays où ils étaient, c'était des vaccins non homologués, est-ce que eux, ils ont un pass sanitaire ?

R - Alors les vaccins, il y a les vaccins homologués et équivalents. Je prends un exemple, on a reconnu le Covishield qui est l'équivalent de l'AstraZeneca. Donc ça, c'est important parce que beaucoup de Français également ont été vaccinés avec ces équivalents. En Conseil de défense, la décision a été prise de reconnaître ce type de vaccin équivalent. C'est un premier point important. Deuxième point, en revanche, c'est vrai que, par exemple, sur des vaccins type Sinopharm ou Spoutnik sur lesquels on n'a pas de données scientifiques qui ont été suffisamment partagées et sur lesquels on n'a pas le recul scientifique pour pouvoir l'homologuer parce que l'Union européenne ne les a pas encore homologués, on est en train de regarder si l'injection d'une dose sur le sol national, une dose supplémentaire aurait scientifiquement suffisamment de sécurité pour la personne qui la recevrait et, du coup, pourrait permettre la délivrance du pass.

Q - Ça veut dire qu'eux ne pourraient pas entrer en France avec un pass sanitaire ?

R - Si ...

Q - Avec un test PCR ?

R - Ils peuvent rentrer en France mais ça veut dire qu'ils sont soumis aux contraintes des personnes qui ne sont pas vaccinées. Et donc, on est en train de regarder ce point avec peut-être une injection supplémentaire, mais c'est pour l'instant une hypothèse, je ne peux pas vous dire que c'est fait. Puisque pour tout cela, il faut être très prudent. On est soumis aussi aux recommandations de la Haute autorité de santé. En matière de santé, il faut faire attention à ce qu'on fait.

Q - Pour venir ou revenir d'Espagne ou du Portugal, il faut un test de moins de 24 heures. Cela va s'étendre à d'autres pays ?

R - La logique, c'est que cela s'étende à d'autres pays, dès lors que d'autres pays en Europe, on le voit, connaissent un peu le même type de poussée épidémique. Donc, selon les critères, dès qu'ils seront atteints, oui, potentiellement d'autres pays entreront.

Q - Quels pays sont dans le viseur ?

R - On voit par exemple que la poussée épidémique est assez forte du côté des Pays-Bas. Mais après, encore une fois, on a pris cette mesure - Espagne, Portugal - et peut-être qu'elle sera étendue à d'autres pays.

Q - Aujourd'hui, il y a une liste des pays verts, oranges, rouges. Est-ce que cette liste elle est amenée à évoluer là dans la période proche ?

R - Bien sûr. Ces listes on les révise très régulièrement. Au niveau européen, elle est révisée tous les 15 jours. Et donc, nous, après, on en tire régulièrement les conséquences en Conseil de défense en ajustant notre liste. Il y a quelques semaines, par exemple, on a sorti la Turquie des pays rouges. Inversement, on en a fait entrer d'autres. La Tunisie a été placée en liste rouge, il y a quelques jours. Donc, c'est révisé régulièrement. La nouveauté, d'ailleurs, sur laquelle on travaille, c'est que les personnes vaccinées, désormais, puissent venir de n'importe quel pays, qu'il soit vert, orange ou rouge, parce qu'on considère que la vaccination est protectrice et qu'elle permet de s'affranchir des motifs impérieux, par exemple, pour une personne qui vient d'un pays rouge. Donc ça, c'est une nouveauté sur laquelle on travaille.

Q - Et pour une personne qui souhaite se rendre dans un pays rouge, est-ce que là, il faut des motifs impérieux ? Une personne vaccinée qui souhaite se rendre dans un pays rouge, est-ce que c'est réciproque, en fait ?

R - A ce stade, il en faut mais là aussi, on est en train de travailler peut-être pour lever ce motif impérieux, dès lors qu'on est vacciné.

Q - À quelle échéance ?

R - Tout ça se fait dans le cadre d'un travail sur le décret qui régulièrement révise tout cela, mais je suis raisonnablement optimiste, dans les prochains jours.

Q - Juste un mot sur la Tunisie, puisque vous avez dit que vous allez vous y rendre.

R - Tout à fait.

Q - Vous avez dit que vous allez amener des doses de vaccins. Est-ce que ce sera la seule aide de la France ou est-ce qu'il y aura une aide financière ? On se souvient qu'en Inde par exemple, vous avez envoyé de l'oxygénation. Est-ce que là aussi, ce sera le cas ?

R - Je vous confirme que notre aide médicale pour la Tunisie ne s'arrête pas à l'envoi de doses de vaccins. Enfin je rappelle qu'il y en a quand même plus de 1130000 qui auront été envoyées. Mais c'est également des appareils, c'est également des bouteilles d'oxygène, c'est également des équipements personnels pour se protéger, des masques FFP2. On va en envoyer deux millions qui s'ajoutent aux cinq millions qu'on a déjà envoyés au mois de juin. Au total, juin-juillet, on aura envoyé 85 tonnes de matériel médical. La Tunisie, c'est un peuple frère. Il y a des liens humains très denses...

Q - Il y aura un renfort de personnels aussi envoyés par la France ?

R - Le Premier ministre y était encore, il y a quelques semaines.

Q - Il y aura des renforts humains ou pas ? Ou ce sera uniquement du renfort matériel ?

R - Pour l'instant c'est du matériel, on est là-dessus.

Q - Je reviens sur l'économie. Il y a des zones touristiques qui n'ont pas la clientèle étrangère.

R - C'est vrai.

Q - Il y a des professionnels qui vont essuyer de lourdes pertes. Le "quoi qu'il en coûte" va-t-il continuer avec des aides spécifiques ?

R - Tout à fait. Le Parlement a adopté, il y a quelques jours, la loi de finances rectificative qui prévoit 15 milliards d'euros de soutien pour les secteurs qui sont encore confrontés aux conséquences du virus et notamment le secteur du tourisme. Donc, c'est ainsi que le fonds de solidarité, l'activité partielle, le dispositif coûts fixes, tous ces dispositifs se poursuivent encore tout au long de l'été, et puis il faudra voir à la fin de l'été où on en est, au regard de ce qui se passe de ce variant Delta. D'ailleurs, dans quelques heures, je serai aux côtés du Président de la République à Lourdes. Lourdes, c'est justement une cité emblématique qui vit beaucoup par le tourisme - tourisme spirituel, mais pas que, - et qui était touchée de plein fouet et nous avons d'ailleurs mis en place des dispositifs spécifiques à Lourdes, comme nous l'avons fait d'ailleurs avec la Corse, chère à Oriane Mancini, ou avec les territoires d'Outre-mer.

Q - Donc, ça veut dire que vous envisagez d'autres aides à la fin de l'été si jamais vous voyez que le variant Delta entraîne une quatrième vague. Ça ne s'arrêtera pas au budget rectificatif qui a été voté.

R - Depuis mars 2020, on a toujours été pragmatique, on s'est toujours adapté. Aujourd'hui, il y a une nouvelle donne, c'est le variant Delta. On voit que cela aura sûrement des conséquences. Rendez-vous à la fin de l'été pour voir ce qu'il en est. Parce qu'à côté de ça, il est aussi possible que cet été soit un été bleu-blanc- rouge comme je l'appelle de mes voeux. Les Français qui avaient d'ailleurs prévu, pour certains, de se rendre à l'étranger, voyant la complexité que c'est pour voyager et pour se déplacer vont finalement changer leurs plans. C'est vrai qu'en ce moment, il faut être souple, il faut être agile, et là aussi je rends hommage aux Français qui s'adaptent, qui souvent réservent en dernière minute et qui vont peut-être privilégier à nouveau la destination France. Donc, il est aussi possible...

Q - Vous avez des premiers retours ? C'est un peu tôt pour faire, évidemment, le bilan de la saison touristique, mais est-ce que vous avez déjà des premières indications sur ce qui se passe cet été ?

R - Pour l'instant, les signaux étaient au vert, du point de vue des réservations, dans beaucoup de territoires. Je mets à part Paris et l'Ile-de-France parce que les clientèles internationales durablement ne sont pas là, même si les Américains - c'est un bon signal, j'ai demandé à Atout France - les Américains, même après les annonces du Président de la République, justement, maintiennent leurs déplacements vers la France, considèrent d'ailleurs que le pass sanitaire fait que le voyage est sûr. Donc, c'est très important.

Q - Ça peut être bénéfique pour le tourisme ces mesures annoncées par le chef de l'Etat ?

R - En tous les cas, c'est les retours que nous avons du marché américain. Et s'agissant d'autres territoires en France, ce que l'on voit c'est qu'il est parfois aujourd'hui extrêmement difficile de trouver un hébergement etc.

Q - Justement, cela a augmenté. Les prix ont augmenté et ça commence à se plaindre d'une augmentation de certains prix, parce qu'en effet il y a une forte demande.

R - Il y a une forte demande, c'est vrai, mais il y a encore des places. Je faisais le point avec Jean-Pierre Istre, le président de l'UMIH au Pays basque. Il me dit : "on a encore de la place". Donc, je crois que la France, je veux dire, c'est la chance d'avoir un pays qui est tellement varié, tellement divers, qui offre énormément d'expériences, et puis, l'offre s'est aussi renouvelée. Pendant la crise, la pandémie, les acteurs du tourisme ils ont continué à innover, à créer.

Regardez en Provence, il y a ce fantastique Rocher Mistral qui a été lancé, ce qu'on appelle un peu le Puy du Fou provençal, donc à découvrir. Regardez à Paris cette collection Pinault à la Bourse de commerce. Vous prenez les châteaux de la Loire, au Clos Lucé où toute l'histoire de Léonard de Vinci est mise en avant. Ils ont également ouvert un nouveau site dédié, très expérientiel pour les 15-25 ans. Donc l'offre française, elle bouge, vraiment, elle innove et donc, il y a plein de choses à découvrir. Et puis, il y a une envie, je crois, tout simplement de s'aérer, de s'oxygéner, donc je crois que nos sentiers des littoraux, nos chemins de montagnes auront également beaucoup de succès...

Q - Vous êtes plutôt optimiste sur le fait que ces mesures vont amener des touristes étrangers puisque ça les rassure. Est-ce que pour les touristes français notamment, je pense aux restaurateurs puisqu'il n'y a que 43% des Français qui ont un schéma vaccinal complet, ça veut dire 57% qui potentiellement doivent présenter un test PCR pour aller au restaurant. Est-ce que les restaurateurs...

R - Pas test PCR, test antigénique. J'insiste sur la facilité. Vous faites ça en 5 minutes à la pharmacie, vous avez le résultat dans la demi-heure.

Q - Mais est-ce qu'il y a une inquiétude de la part des restaurateurs de Français qui vont peut-être se dire "moi, je n'ai pas envie de faire un test pour aller manger au restaurant, je ne vais pas y aller" ?

R - Il peut exister des gens et je pense qu'on a tous dans nos entourages ce type d'exemple, mais je pense que ça reste une minorité. Parce qu'encore une fois votre test, il est quand même valable pendant deux jours, vous pouvez faire plein de choses une fois vous l'avez fait, donc c'est aussi un sésame. Mais j'y reviens : la clé, c'est la vaccination.

(...)

Quand Olivier Véran dit : "96% des personnes admises en réanimation, ces derniers jours, ne bénéficiaient pas de leur schéma vaccinal complet", cela veut dire que la vaccination, c'est quand même une sacrée protection, et donc il faut sans cesse, je crois, faire de la pédagogie, argumenter. Et je dois dire, pour avoir eu ce débat avec des personnes qui doutaient, que parfois ce n'est pas facile parce qu'on a l'impression qu'ils sont pris dans une sorte de cohérence interne avec des schémas qui parfois interrogent et interpellent, pour des gens qui d'ailleurs ont fait de belles études etc., mais qui rentrent dans des logiques un peu complotistes, et dont il est très difficile d'arriver à les décrocher.

Mais je crois qu'il ne faut jamais renoncer à expliquer, et puis la preuve par les faits, par les chiffres ; encore une fois, transparence totale sur les chiffres, ils parlent d'eux-mêmes : le vaccin protège.

Q - Et ce sera le mot de la fin parce qu'on va vous laisser rejoindre le Président de la République à Lourdes. Merci beaucoup.

R - Merci à vous.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 23 juillet 2021