Interview de M. Julien Denormandie, ministre l'agriculture et de l'alimentation, à France Bleu Champagne le 3 septembre 2021, sur la foire de Châlons, les agriculteurs impactés par les intempéries, l'utilisation du numérique dans l'agriculture et l'appropriation par la Russie de l'appellation Champagne.

Texte intégral

STEPHANE MAGGIOLINI
Bonjour Julien DENORMANDIE.

JULIEN DENORMANDIE
Bonjour.

STEPHANE MAGGIOLINI
L'année dernière, il n'y avait pas eu de foire de Châlons à cause du Coronavirus ; est-ce qu'on peut parler de retour à la vie d'avant et de grandes retrouvailles entre le monde agricole et le public ?

JULIEN DENORMANDIE
Très clairement. Je crois que l'année dernière, nous étions énormément à avoir le coeur déchiré par l'annulation de la foire de Châlons. Et c'est un immense bonheur que de pouvoir se retrouver sur cet événement qui est un événement incontournable. Songez que c'est la deuxième foire agricole la plus importante de France ; songez que ce sont des centaines de milliers de Français qui vont pouvoir venir admirer le savoir-faire français, déguster des produits, avoir des moments conviviaux. Donc c'est un immense plaisir, une immense joie que de pouvoir être là aujourd'hui et voir que cette foire de Châlons cette année se tient.

STEPHANE MAGGIOLINI
Justement, en quoi elle est importante, cette foire ? Qu'est-ce qui la différencie peut-être des autres ? Vous avez dit que c'est la deuxième plus grande foire de France…

JULIEN DENORMANDIE
D'abord, je pense qu'elle est à l'image notamment du département de la Marne, historiquement et incroyablement ancré dans l'agriculture mais c'est aussi un département qui s'est toujours tourné vers l'avenir, qui s'est toujours posé des questions en termes d'innovation, de progrès. Et la foire de Châlons, c'est un peu ça ; il y aura ces innovations pour voir comment on s'adapte aux effets du changement climatique, que ce soit la grêle, que ce soit les inondations, deux événements que malheureusement nous avons connus cette année.

STEPHANE MAGGIOLINI
Justement, c'est la troisième fois que vous venez dans ce département de la Marne en quelques semaines ; la dernière fois, vous étiez venu pour rencontrer justement des agriculteurs impactés par les intempéries que vous venez d'évoquer. Vous leur avez promis un accompagnement, des aides. La question va sans doute vous êtes posée à cette foire de Châlons. Ça en est où tout ça ?

JULIEN DENORMANDIE
Nous devions à attendre la fin des récoltes - et qu'est-ce qu'elles ont été compliquées, ces récoltes - et puis ensuite, activer les dispositifs de soutien. Il y a des multiples dispositifs que nous allons activer pour accompagner nos agriculteurs.

STEPHANE MAGGIOLINI
Julien DENORMANDIE, vous allez passer l'après-midi à la foire de Châlons-en-Champagne et même une bonne partie de la journée. Vous allez notamment signer une convention Etat-région-chambre régionale sur le programme « Virage ». Qu'est-ce que c'est ?

STEPHANE MAGGIOLINI
C'est de se demander justement comment l'agriculture peut permettre d'avoir des solutions et d'avoir des solutions en utilisant notamment les capacités du numérique, les capacités des nouvelles données. Vous savez, on le sait trop peu, mais l'agriculture, ça n'est pas que cette vision ancestrale, c'est aussi une vision profondément innovante et le numérique aujourd'hui a toute sa classe, que ce soit dans le machinisme agricole, que ce soit dans la façon de cultiver la terre, que ce soit – c'est incroyablement important - dans la façon qu'on peut avoir de capter du carbone ; et ensuite de permettre aux agriculteurs qui captent le carbone dans le sol, de pouvoir le valoriser. C'est tout ça que nous allons lancer par cette dynamique et j'y suis incroyablement attaché. Donc je suis ravi de pouvoir participer à cette signature.

STEPHANE MAGGIOLINI
On parlait Julien DENORMANDIE tout à l'heure des aléas climatiques – évidemment, ici dans la Marne, on en a été victime - il y a la FNSEA qui vous demande d'arbitrer sur la réforme de l'assurance récolte. Ça en est où ça aussi ?

JULIEN DENORMANDIE
Dans le Gers, par exemple, une catastrophe immense agronomiquement, qu'on a vécue au printemps dernier, l'Etat a mis un milliard d'euros – je dis bien un milliard d'euros - pour venir épauler nos agriculteurs qui avaient le genou à terre. On voit bien que le système ne peut pas durer comme ça. Donc on a complètement repensé le système pour faire en sorte que les agriculteurs puissent bénéficier d'une couverture, un peu comme vous quand vous avez une couverture parce que vous avez une catastrophe naturelle qui s'abat sur un logement ou sur une entreprise. C'est ça qu'on est en train de refondre, des sujets sur lesquels on a beaucoup avancé ; je pense que ça y est, on arrive à la fin des travaux et qu'on pourra très prochainement faire les annonces sur le dispositif que nous allons mettre en place.

STEPHANE MAGGIOLINI
Dans le courant du mois de septembre ? Enfin vous disiez à la rentrée, fin juillet, sur la question ; on est toujours dans ce calendrier ?

JULIEN DENORMANDIE
Exactement. Dans les prochaines semaines. On est en train de finaliser le dispositif technique et puis surtout de savoir comment on arrive à modifier la loi parce qu'il nous faut modifier la loi pour ce faire.

STEPHANE MAGGIOLINI
Julien DENORMANDIE, peut-être un autre sujet qui va être abordé avec vous et les vignerons dans cette foire de Châlons - vous étiez venu d'ailleurs à cette occasion début juillet dans la Marne - je pense à l'incident quasi-diplomatique : la Russie qui s'approprient l'appellation Champagne. Les vignerons évidemment avaient plus que déprécié cette nouvelle ; les exportations étaient impactées. Où en est la situation aujourd'hui ? Est-ce que ça a avancé entre la France la Russie sur cette question du champagne ?

JULIEN DENORMANDIE
Alors moi je vais être très clair : le champagne, il n'y en a qu'un et il est Français. Aujourd'hui, on a les discussions diplomatiques avec nos homologues économiques, agricoles pour réussir à faire en sorte que cette belle marque Champagne, ce soit évidemment une marque française, pour qu'on puisse réussir à trouver une solution.

STEPHANE MAGGIOLINI
Merci Julien DENORMANDIE, ministre de l'Agriculture, d'avoir été avec nous sur France Bleu Champagne-Ardenne. Bonne journée à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 23 septembre 2021