Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur le traité d'interdiction complète des essais nucléaires, à New York le 23 septembre 2021.

Intervenant(s) :

Circonstance : 76e assemblée générale des Nations unies ; 12e conférence de l'article XIV du traité d'interdiction complète des essais nucléaires

Prononcé le

Texte intégral

Mesdames et Messieurs,


Il y a 25 ans, nos prédécesseurs ont fait le pari de réunir les Etats autour d'un traité visant à interdire les essais nucléaires et associant les cinq Etats dotés dans un lien permanent et constructif.

À ce jour, 185 Etats ont signé le TICE. 170 l'ont ratifié.

Les moyens du Secrétariat Technique Provisoire sont désormais pleinement opérationnels.

L'achèvement et l'entretien du système de surveillance international, véritable clé de voûte du régime de vérification, demeurent une priorité.

Et, alors que les catastrophes naturelles se multiplient, le système de surveillance de l'OTICE participe de façon notable à la lutte contre les effets du changement climatique. Notamment à travers le système d'alerte tsunami, que la France soutient sans réserve.

La France fut l'un des premiers Etats à ratifier ce traité. Depuis, notre engagement en faveur du TICE s'est traduit par des actes forts et concrets.

En 1998, la France a démantelé de manière définitive et transparente son site d'expérimentations nucléaires en Polynésie française, en partenariat avec l'AIEA et l'OTICE. Encore aujourd'hui, force est de constater que notre pays se singularise par cet effort.

Nous avons réduit de manière significative notre arsenal nucléaire et arrêté définitivement la production de plutonium et d'uranium à des fins militaires. Le lancement de la négociation d'un traité d'interdiction de la production de matières fissiles pour les armes, complément indispensable du TICE, constitue une priorité portée par la France, notamment au sein du P5.

La France apporte, enfin, une contribution significative au système de surveillance international. 16 stations situées sur son territoire, 8 stations situées à l'étranger et un laboratoire radio-nucléaire certifié par l'OTICE sont opérés par la France. Avec la certification de la station IS25, à la Guadeloupe en 2021, la France remplit désormais tous ses engagements au titre du traité.

Le mandat de la Conférence de l'article XIV est clair : faciliter l'entrée en vigueur du Traité, dont les essais nucléaires nord-coréens nous rappellent l'urgence. L'annonce unilatérale par la République populaire démocratique de Corée de la fin de son moratoire sur les essais témoigne, en effet, de la persistance de graves menaces pour la paix et la sécurité internationale.

Huit Etats dits de l'annexe II manquent toujours à l'appel. Or, sans eux, le TICE ne peut entrer en vigueur. Cette exigence - je veux le rappeler - fait la force de notre Traité.

C'est pourquoi la France a coparrainé la résolution 2310, qui exhorte l'ensemble des Etats qui ne l'ont pas encore fait à signer et à ratifier le TICE. Cet appel sans équivoque du Conseil de sécurité doit être entendu.

Voilà ce que je souhaitais vous dire au nom de la France, qui appelle - vous l'aurez compris - tous les Etats à la rejoindre pour préserver et universaliser le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires.

Nous souscrivons par ailleurs pleinement à la déclaration du Haut Représentant de l'Union européenne.

Je veux enfin, remercier M. Lassina Zerbo pour son action résolue en faveur de l'universalisation du Traité et adresser tous nos voeux de succès à M. Robert Floyd : soyez assuré - Monsieur le Secrétaire exécutif de l'OTICE - de notre entière détermination à poursuivre notre coopération avec le Secrétariat technique.


Je vous remercie.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 28 septembre 2021