Conseil des ministres du 27 octobre 2021. Le Varenne agricole de l'eau et de l'adaptation au changement climatique.

Texte intégral

La ministre de la transition écologique, le ministre de l'agriculture et de l'alimentation et la secrétaire d'État auprès de la ministre de la transition écologique, chargée de la biodiversité, ont présenté une communication relative au Varenne agricole de l'eau et de l'adaptation au changement climatique.

Impulsé par le Président de la République et lancé le 28 mai 2021, le Varenne agricole de l'eau et de l'adaptation au changement climatique est un travail collectif qui vise à construire une feuille de route opérationnelle pour répondre aux enjeux de gestion de l'eau et d'adaptation au changement climatique auxquels est confrontée l'activité agricole, dans un contexte où l'eau sera une ressource de plus en plus rare, à préserver.

Le Varenne agricole de l'eau et de l'adaptation au changement climatique est ouvert à l'ensemble des parties prenantes. 850 personnes, issues des chambres d'agriculture, des collectivités, des services et opérateurs de l'État, des usagers de l'eau et des associations de protection de l'environnement, se sont déjà mobilisées depuis le début des travaux. Ils sont structurés autour de trois priorités.

1. Se doter d'outils d'anticipation et de protection dans le cadre de la politique globale de gestion des aléas climatiques

Une instruction a été diffusée aux préfets dès le 25 juin 2021 afin de permettre une réactivité maximale en cas de crise en s'appuyant sur le niveau territorial. Une réforme historique de l'assurance-récolte a également été annoncée le 10 septembre dernier par le Président de la République.

2. Renforcer la résilience de l'agriculture en agissant notamment sur les sols, les variétés, les pratiques culturales et l'efficience de l'eau d'irrigation

Plus de 42 filières et toutes les régions ont déjà engagé leur phase de diagnostic et l'identification de leviers sur la base d'une méthodologie commune produite dans le cadre du Varenne. 58 contributions consolidées provenant des représentants agricoles, de la recherche, des aménageurs et des associations ont été produites. Trois ateliers thématiques approfondiront les sujets de la sélection variétale, l'efficience de l'irrigation et la notion d'agriculture de résilience.
Le Gouvernement déploie, grâce à France Relance, 100 millions d'euros d'aides à l'investissement sur les solutions déjà reconnues et disponibles pour la protection et l'adaptation face au changement climatique. Cet accompagnement a d'ores et déjà été renforcé avec 100 millions d'euros de redéploiement et le sera davantage grâce à France 2030.

3. Partager une vision raisonnée des besoins et de l'accès aux ressources en eau mobilisables pour l'agriculture sur le long terme : réalisations, avancées et perspectives

La publication du décret n° 2021-795 du 23 juin 2021 relatif à la gestion quantitative de la ressource en eau et à la gestion des situations de crise liées à la sécheresse et les 30 millions d'euros engagés pour moderniser, rénover ou créer des ouvrages hydrauliques illustrent le volontarisme du Gouvernement.

L'objectif des Assises de l'eau de faire aboutir 50 projets de territoire pour la gestion de l'eau (PTGE) d'ici à 2022 est atteint. 25 nouveaux PTGE ont été approuvés depuis fin 2019, ce qui porte à 63 le nombre de PTGE validés. 31 PTGE sont en cours d'approbation et 10 autres ont démarré. La mission confiée au Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) et au Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) d'appui opérationnel à 15 PTGE fournit en outre un suivi précis sur les difficultés rencontrées et les leviers identifiés localement pour les lever. Un premier groupe de travail cherche des solutions pour améliorer de manière opérationnelle et pragmatique les PTGE. Ces travaux permettront d'aboutir à une boîte à outils pour le développement des PTGE mais surtout d'accélérer sur le terrain leur déploiement, y compris pour ceux qui aujourd'hui sont bloqués.

Un groupe d'acteurs travaille sur les solutions pour optimiser la mobilisation de toutes les ressources en eau, et ainsi développer une meilleure valorisation de toutes les ressources existantes. Les travaux doivent permettre de décliner des plans d'actions dans les territoires permettant de répondre aux besoins en eau à l'horizon 2050. Ces plans mobiliseront l'ensemble des leviers disponibles permettant une optimisation de l'accès à la ressource tout en prenant en compte un principe de sobriété, de gestion économe de la ressource, de préservation des milieux et notamment des sols, et d'évaluation coûts-bénéfices des projets.

L'ensemble des travaux se poursuivra jusqu'en janvier 2022.
 

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