Interview de Mme Élisabeth Borne, ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, à Europe 1 le 14 octobre 2021, sur l'augmentation de la facture énergétique, le pouvoir d'achat des Français et le "Travailler pour gagner plus".

Texte intégral

SONIA MABROUK
Bienvenue sur Europe 1 et bonjour Elisabeth BORNE.

ELISABETH BORNE
Bonjour.

SONIA MABROUK
De nombreux Français qui nous écoutent ce matin scrutent et s'inquiètent de l'envolée de leur facture énergétique. Le carburant, c'est une condition d'accès à l'emploi pour beaucoup de Français. Est-ce que vous craignez une étincelle, une colère de cette France qui travaille, qui se lève tôt, et pourtant elle se serre la ceinture ?

ELISABETH BORNE
On est bien sûr très attentif à l'évolution des prix des carburants. Je pense qu'on peut dire qu'on a été au rendez-vous ces dernières semaines pour protéger les Français de la flambée des prix de l'énergie qui concerne toute l'Europe, avec d'abord une aide exceptionnelle de 100 euros pour les près de 6 millions de bénéficiaires du chèque énergie, ou encore le blocage de la hausse des prix du gaz, ou la hausse plus faible des prix de l'électricité au début de l'année prochaine. Donc on va voir si cette hausse se confirme sur les carburants, on est en train de travailler pour trouver les bonnes solutions pour protéger le pouvoir d'achat de ceux qui doivent prendre leur voiture tous les jours pour aller travailler. Evidemment, moi c'est quelque chose auquel je suis très attentive.

SONIA MABROUK
Est-ce qu'une piste, ce pourrait être une baisse de la TVA sur l'essence ? Est-ce que c'est une piste que vous étudiez parmi d'autres ?

ELISABETH BORNE
Je ne vais pas vous dire ce matin quelle est la solution.

SONIA MABROUK
Mais est-ce qu'elle est sur la table ?

ELISABETH BORNE
Ce qu'on veut, c'est une réponse efficace pour protéger des Français qui ont un pouvoir d'achat…

SONIA MABROUK
Oui, ça je m'en doute. Vous n'allez pas me dire que vous voulez une réponse inefficace, mais est-ce que cette piste est sur la table ?

ELISABETH BORNE
Ça fait en théorie partie des pistes. Ensuite, il ne s'agit pas non plus d'encourager ceux qui ont des gros SUV, qui n'ont pas de problèmes de pouvoir d'achat donc il faut faire quelque chose d'efficace et qui protège effectivement les Français modestes qui doivent prendre leur voiture pour aller travailler.

SONIA MABROUK
Ce qui est compliqué Elisabeth BORNE, c'est que vous n'allez pas pouvoir longtemps affirmer comme vous le faites, comme le fait le gouvernement, que le pouvoir d'achat des Français a augmenté sous ce quinquennat.

ELISABETH BORNE
Alors c'est le cas. Il y a effectivement aujourd'hui une flambée des prix de l'énergie et il faut qu'on apporte des réponses sur les carburants comme on l'a fait pour le gaz et pour l'électricité, mais globalement on est très attentif à ce sujet du pouvoir d'achat depuis le début du quinquennat. Vous savez qu'on a supprimé la taxe d'habitation, supprimé certaines cotisations salariales, qu'on a fortement élargi la prime d'activité, qu'on a augmenté le montant de cette prime.

SONIA MABROUK
Oui, mais vous savez qu'en politique tout est affaire de symboles et que c'est une question de ressenti. Quand vous avez le sentiment que ça n'augmente pas, vous pourriez tout me citer, ça ne marche pas, ça ne colle pas.

ELISABETH BORNE
Ecoutez, je pense que les Français qui sont rémunérés au niveau du SMIC et qui ont l'équivalent d'un treizième ou d'un quatorzième mois de plus depuis le début du quinquennat, je pense qu'ils ont bien vu que le pouvoir d'achat a effectivement augmenté. On a ce sujet du prix de l'énergie sur lequel on va apporter des réponses.

SONIA MABROUK
Et le débat qui est brûlant d'actualité, c'est celui sur les salaires. Vous faites pression, Elisabeth BORNE, sur les branches pour qu'elles relèvent les minima sociaux inférieurs au SMIC ; mais on n'est pas sorti de l'auberge si vous comptez sur cela pour la revalorisation ! Vous-même vous le savez.

ELISABETH BORNE
Je pense que les branches, et il y en a près d'une quarantaine dont les minima de branches sont inférieurs au SMIC…

SONIA MABROUK
On est d'accord, voilà.

ELISABETH BORNE
Certains secteurs dans lequel les cinq premiers niveaux des grilles de rémunération sont inférieurs au SMIC, là évidemment toutes ces branches sont reçues au ministère du Travail par mes équipes et on attend qu'il y ait des gestes.

SONIA MABROUK
Alors vous, vous attendez mais nous…

ELISABETH BORNE
Non mais je pense qu'il y a des signes qui sont donnés aussi.

SONIA MABROUK
Lesquels par exemple ?

ELISABETH BORNE
Par exemple dans le secteur des hôtels-cafés-restaurants. Vous avez vu qu'il y a différentes propositions des organisations patronales. J'attends maintenant que ça se concrétise rapidement, qu'il y ait des négociations avec les organisations syndicales et qu'il puisse y avoir effectivement des avancées. Quand on a cinq niveaux de la grille de rémunération en dessous du SMIC, il faut faire quelque chose.

SONIA MABROUK
Restons sur le travail, Elisabeth BORNE. Sur quels chiffres se base le président de la République lorsqu'il affirme que les Français travaillent moins en quantité que nos voisins ?

ELISABETH BORNE
Ce sont toutes les études qui vous montrent que sur l'année et sur toute la vie professionnelle, on travaille moins que les autres.

SONIA MABROUK
? Toute ? ? Le chef de notre service économie - on ne va pas faire une bataille de chiffres ce matin, mais c'est important parce que ça veut dire beaucoup évidemment de la politique menée, ces six prochains mois notamment. Le chef de notre service économique Emmanuel DUTEIL a évoqué une étude de la DARES. Cette étude montre clairement que la France est le troisième pays où l'on travaille le plus.

ELISABETH BORNE
Sur la semaine, sur la semaine. Ensuite il faut regarder les choses sur l'année et sur toute la vie professionnelle, et là je vous assure que les études de la DARES - c'est les services du ministère du Travail donc je suis avec attention ce qu'ils produisent comme études - nous montrent qu'on travaille moins que les autres. C'est un enjeu de compétitivité et donc de création d'emplois, et c'est aussi un enjeu de financement d'une protection sociale à laquelle je pense que tous les Français sont attachés.

SONIA MABROUK
On va en parler. C'est aussi un enjeu de productivité. En réalité le plus important, ce n'est pas le temps travaillé, c'est la productivité. Et selon l'enquête, puisque là on va citer toutes les enquêtes d'Eurostat, nous sommes les plus productifs devant l'Allemagne.

ELISABETH BORNE
Je vous confirme qu'on est effectivement productifs.

SONIA MABROUK
On ne va pas laisser penser que collectivement on est fainéant.

ELISABETH BORNE
Non, non, personne ne dit ça. En tout cas pas moi. Le fait est qu'on travaille moins sur l'année et on travaille moins sur toute la durée de la vie professionnelle, et donc c'est un enjeu effectivement de financement aussi de notre protection sociale et, je vous dis, les Français y sont très attachés.

SONIA MABROUK
Qu'est-ce que vous répondez, Elisabeth BORNE, à ceux qui prônent à gauche l'acte 2, on va dire, de la réduction du temps de travail ? Vingt ans après les 35 heures, voici venues les 32 heures par semaine.

ELISABETH BORNE
Moi je trouve que c'est très décalé, alors pour les raisons qu'on vient d'évoquer : qu'on travaille moins que d'autres pays et donc c'est un enjeu de compétitivité, je le redis et donc de capacité de notre économie à créer des emplois, de financement de notre protection sociale. Et vous savez, moi les salariés que je vois, j'en vois surtout qui sont à temps partiel et qui souhaiteraient travailler davantage. Donc je pense que ce débat sur les 32 heures et la réduction du temps de travail est totalement décalé.

SONIA MABROUK
Mais c'est incroyable ! À vous entendre, on dirait qu'il y aurait deux France : une France à laquelle la gauche parle et qui voudrait cette semaine de 32 heures et la vôtre apparemment qui vous réclame de travailler plus.

ELISABETH BORNE
Non, non, mais je vous assure. Il y a un certain nombre de Français, qui sont souvent des Françaises du reste, qui sont dans des emplois avec des temps de travail qui sont réduits, qui ne peuvent pas travailler aujourd'hui à temps plein : ces Françaises et ces Français veulent travailler davantage, pour gagner davantage et c'est aussi un enjeu de pouvoir d'achat.

SONIA MABROUK
Travailler pour gagner plus. Restons sur le front de l'emploi. Le gouvernement à l'approche des présidentielles vante de bons chiffres, Elisabeth BORNE, et une baisse du chômage. Est-ce qu'elle va, est-ce qu'elle peut se poursuivre selon vous ?

ELISABETH BORNE
Alors c'est bien ce que nous annonce l'INSEE. Vous savez que grâce au ?quoi qu'il en coûte?, grâce au plan de relance, on a une croissance qui est très forte pour cette année 2021. On est revenu au niveau de chômage d'avant la crise sanitaire et l'INSEE, dans les prévisions de l'INSEE on sera à la fin de l'année revenu au niveau de chômage d'avant la crise de 2008-2009. Donc c'est évidemment un motif de satisfaction et c'est aussi le résultat du ?quoi qu'il en coûte?. Quand on à protéger les entreprises, qu'on a protégé les emplois c'est aussi ce qui nous permet d'avoir une économie qui redémarre très fort et donc avec beaucoup de créations d'emplois. On est largement au-dessus en nombre d'emplois de ce qu'on avait avant la crise sanitaire. Il y a beaucoup de secteurs qui embauchent, il y a même des secteurs qui ont des difficultés à embaucher.

SONIA MABROUK
? Satisfecit ? certains vont se dire ce matin en vous écoutant.

ELISABETH BORNE
Non, mais je pense que c'est effectivement le résultat de la stratégie du ?quoi qu'il en coûte? et le plan de relance. C'est aussi parce que les entreprises, les Français ont joué le jeu, ont respecté les consignes sanitaires et que désormais notre économie repart très fort.

SONIA MABROUK
Et vous pensez que la réforme de l'assurance chômage va contribuer à cette baisse sur le front du chômage que vous espérez ?

ELISABETH BORNE
L'objectif de cette réforme, c'est clairement d'encourager le travail, de faire que ceux qui peuvent travailler davantage le fassent, de faire aussi que les entreprises proposent des contrats de travail plus longs. C'est tout l'objet du bonus-malus pour les entreprises qui s'applique depuis le 1er juillet. On l'a vu, notre économie repart à fond. On a beaucoup d'entreprises qui veulent recruter donc c'est le bon moment pour faire cette réforme de l'assurance chômage.

SONIA MABROUK
Et qui ont du mal parce que beaucoup de chefs d'entreprise qui nous écoutent ce matin vous disent, Elisabeth BORNE, qu'ils ne trouvent pas de profils pour certains postes et c'est le problème structurel des chômeurs de longue durée. Le plan a été d'ailleurs mis en place.

ELISABETH BORNE
Alors je vous confirme qu'on ne reste pas les bras croisés. Depuis le début du quinquennat, on a doublé l'effort de formation des demandeurs d'emploi et là, on a un plan spécifique pour les demandeurs d'emploi de longue durée. L'idée, c'est à la fois qu'il n'y ait pas des Français qui restent sur le carreau alors que l'économie repart, et puis effectivement que les entreprises trouvent les compétences dont elles ont besoin. Donc on a annoncé un plan où on met 800 millions d'euros supplémentaires pour permettre aux demandeurs d'emploi, notamment les demandeurs d'emploi de longue durée, d'être mis en situation en entreprise et puis de se former, d'avoir des formations sur-mesure que proposent les entreprises qui ont besoin de ces compétences et donc c'est tout l'objet de ce plan pour les demandeurs d'emploi de longue durée. On donne par exemple également une aide de 8 000 euros pour les entreprises qui embauchent un demandeur d'emploi de longue durée en contrat de professionnalisation donc pour le former. C'est quelque chose qui a très bien marché pour les jeunes. Vous savez qu'on a battu tous les records notamment sur l'apprentissage.

SONIA MABROUK
Parlons-en justement. Là, c'est un point vraiment positif où tous les voyants sont au vert. Combien y a-t-il eu de contrats d'apprentissage là à date ?

ELISABETH BORNE
Alors à date, on est déjà à 480 000 contrats d'apprentissage. Vous savez qu'on avait battu des records historiques au cours de l'année 2020 avec plus de 525 000 contrats mais sur toute l'année 2020. Aujourd'hui on est déjà à 480 000 contrats d'apprentissage pour l'année 2021, donc je pense qu'on est bien parti pour battre à nouveau notre record de 2020.

SONIA MABROUK
Enfin une filière d'excellence reconnue à sa juste valeur et peut-être aidée aussi, ça il faut le reconnaître, par la prime exceptionnelle. C'était 1 jeune 1 solution qui a boosté ces contrats.

ELISABETH BORNE
C'est un plan effectivement qui cartonne. On a trois millions de jeunes qui ont pu trouver un emploi, un apprentissage, une formation ou un accompagnement grâce à ce plan. On a un site qui marche très bien, le site 1jeune1solution.gouv.fr. Il y a six millions de jeunes qui se sont rendus sur ce site et puis, effectivement, l'apprentissage… Vous savez, ça fait des années qu'on en rêvait d'avoir plus de 500 000 apprentis.

SONIA MABROUK
Et vous allez dire on en a rêvé, vous l'avez fait, c'est ça ?

ELISABETH BORNE
On l'a eu en 2020 et je pense qu'on est bien parti pour faire encore mieux qu'en 2020 pour 2021.

SONIA MABROUK
Nous sommes aussi tenus par une situation sanitaire, il ne faut pas l'oublier malgré tout. En ce moment Elisabeth BORNE, quand même, les chiffres sur le plan sanitaire sont stabilisés, la situation s'améliore et pourtant le pass sanitaire est prolongé. Franchement appelez-le tout de suite ‘pass politique'.

ELISABETH BORNE
Alors attendez, le pass sanitaire on n'a pas dit qu'on allait le prolonger jusqu'au mois de juillet 2022 : n se donne la possibilité, si on en a besoin, de pouvoir le remettre en place.

SONIA MABROUK
Là, vous me faites des circonvolutions.

ELISABETH BORNE
Non, non, je vous assure.

SONIA MABROUK
Enfin, vous ouvrez la porte à une prolongation. En quoi est-il sanitaire ? Je ne comprends pas. Donnez-moi un argument qui montre que ce pass est encore sanitaire et n'est pas un pass politique.

ELISABETH BORNE
Mais vous savez, si on a pu l'été dernier, alors qu'on avait certains départements où on avait un taux d'incidence de 500, de 600, de 700, maintenir ouverts les restaurants…

SONIA MABROUK
L'été dernier ; et aujourd'hui ?

ELISABETH BORNE
Oui, mais ça reste.

SONIA MABROUK
Non, nous n'avons pas du tout les mêmes chiffres !

ELISABETH BORNE
Alors on n'est pas du tout à ces chiffres-là et évidemment, dès qu'on le pourra, on allégera le pass sanitaire. Ça, c'est très clair. Aujourd'hui le Conseil scientifique nous dit ? soyez prudents parce qu'on sait qu'avec l'arrivée… ?

SONIA MABROUK
Madame la Ministre, ne vous abritez pas derrière le Conseil scientifique !

ELISABETH BORNE
Ecoutez, on écoute ce que nous dit le Conseil scientifique.

SONIA MABROUK
Mais vous regardez les chiffres aussi, vous les voyez. Depuis tout à l'heure, vous citez des chiffres.

ELISABETH BORNE
Je peux vous assurer que si la situation sanitaire reste favorable, ce qu'elle est aujourd'hui malgré l'arrivée du froid, de l'automne, évidemment on allégera le pass sanitaire. On veut aussi avoir pour les prochains mois la possibilité, si c'est nécessaire…

SONIA MABROUK
Voilà, ça s'appelle une opportunité politique à l'approche des présidentielles. Mais on peut le comprendre.

ELISABETH BORNE
Vous savez que le Parlement ne siège plus à partir de la fin du mois de février, donc si on se retrouvait sans la possibilité de mobiliser ce pass sanitaire au printemps prochain et qu'on ne puisse pas garder ouverts les restaurants, les salles de sport, les cinémas, je pense que tout le monde serait pénalisé.

SONIA MABROUK
Est-ce qu'on peut perdre, Elisabeth BORNE, son pass sanitaire si on refuse pour une raison ou une autre de faire la troisième dose ?

ELISABETH BORNE
C'est quelque chose qu'on est en train de regarder. Le message, c'est surtout que quand vous êtes effectivement une personne âgée vulnérable, que vous avez été vaccinée il y a maintenant plus de six mois, c'est vraiment très important. On sait que l'immunité baisse fortement au bout de six mois et donc il faut absolument faire cette troisième dose.

SONIA MABROUK
Mais on pourrait perdre son pass sanitaire donc.

ELISABETH BORNE
C'est quelque chose qu'on regarde ; en tout cas, ça n'est pas décidé aujourd'hui mais…

SONIA MABROUK
C'est injuste parce que le pass sanitaire, c'était les deux doses, s'ajoute cette troisième dose et ça nous peut pénaliser beaucoup de monde.

ELISABETH BORNE
Le message, vous savez, on est là pour protéger les Français face au virus. Quand on a reçu sa deuxième dose il y a plus de six mois, on le voit dans d'autres pays, l'immunité baisse et donc l'objectif c'est évidemment de rester protégé avec ce vaccin dont on bénéficie heureusement aujourd'hui.

SONIA MABROUK
Question concrète : vendredi, demain, les tests vont devenir payants. Que va-t-il se passer pour les salariés non-vaccinés qui sont obligés, Elisabeth BORNE, de présenter le pass sanitaire pour aller travailler ? Est-ce qu'ils vont assumer eux-mêmes les coûts des tests de dépistage ou leur employeur sera-t-il tenu de les prendre en charge ?

ELISABETH BORNE
Non, l'employeur n'est pas tenu de le prendre en charge. Mais vous savez, on a échangé avec les branches qui sont concernées et tout le monde nous dit ? les salariés, ils sont vaccinés. ? Depuis fin août maintenant, les salariés dans un certain nombre de secteurs - les secteurs dans lesquels on demande des pass aux clients - doivent avoir un pass sanitaire. Il n'y a pas de salarié qui se fait tester tous les trois jours et donc ces salariés sont vaccinés. Nous n'avons aucune remontée d'inquiétude dans ces secteurs.

SONIA MABROUK
On va se projeter, pour conclure si vous le voulez bien, à l'horizon 2030 avec le plan d'investissement annoncé par le président et le nucléaire qui retrouve une place de choix. Vous avez été, Elisabeth BORNE, ministre de la Transition énergétique et en juillet 2020, voici ce que vous déclariez lors de questions au gouvernement au Sénat. On vous écoute.

- Elisabeth BORNE, propos de juillet 2020 :
L'arrêt de Fessenheim incarne l'écologie de responsabilité portée par le président de la République, le gouvernement et la majorité depuis 2017.

SONIA MABROUK
L'arrêt de Fessenheim, une écologie de responsabilité au moment où vos relancez des centrales, des mini-centrales. Où est la cohérence ?

ELISABETH BORNE
Vous savez, on n'est pas en train de dire qu'on va se passer du nucléaire. On a aujourd'hui 70 % de notre électricité qui est d'origine nucléaire. Vous savez qu'on a l'objectif de ramener cette part à 50 % en 2035 mais ça suppose aussi de pouvoir avoir de nouvelles centrales nucléaires.

SONIA MABROUK
Ce qui était savoureux, c'est d'entendre dire que fermer Fessenheim c'était l'écologie de responsabilité alors qu'on sait que ç'a été fermé sur un accord politicien entre François HOLLANDE et les Verts. Vous le savez mieux que moi d'ailleurs.

ELISABETH BORNE
Ce qui est important, c'est de ne pas dépendre d'une seule énergie.

SONIA MABROUK
Mais aujourd'hui, vous diriez la même chose qu'en juillet 2020 ?

ELISABETH BORNE
Oui, je n'ai aucun problème pour assumer ce que j'ai dit à ce moment-là.

SONIA MABROUK
Vous pensez que fermer Fessenheim a été une bonne idée ?

ELISABETH BORNE
Je pense que ne pas dépendre d'une seule énergie, c'est quelque chose de très important et donc d'avoir un mix énergétique comme on dit équilibré et décarboné, avec du nucléaire et du renouvelable et de l'hydrogène, puisque c'est tout l'objet aussi…

SONIA MABROUK
Fermer Fessenheim a été une bonne idée ou pas ?

ELISABETH BORNE
Etre le leader sur l'hydrogène… Non, non, mais j'assume totalement que c'est une bonne idée.

SONIA MABROUK
Ç'a été une bonne idée de fermer Fessenheim.

ELISABETH BORNE
C'est une bonne idée de réduire progressivement la part du nucléaire.

SONIA MABROUK
Vous ne me répondez pas. J'entends ce que vous dites mais fermer Fessenheim, est-ce que ç'a été une bonne idée ?

ELISABETH BORNE
Fermer Fessenheim est pour moi une bonne idée et c'est une bonne idée de ne pas dépendre à 70 % d'une seule source d'énergie, d'avoir du renouvelable, d'avoir du nucléaire et d'avoir demain de l'hydrogène, et c'est un des domaines dans lequel avec France 2030 on veut devenir leader.

SONIA MABROUK
On verra ça à l'épreuve des faits. Merci Elisabeth BORNE d'avoir répondu ce matin à nos questions sur des sujets très concrets et brûlants d'actualité pour nos auditeurs, on l'espère.

DIMITRI PAVLENKO
Tout à fait. Merci Madame la ministre du Travail.

ELISABETH BORNE
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 15 octobre 2021