Interview de M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie, des finances et de la relance, à Radio Notre-Dame le 30 novembre 2021, sur la situation économique et l'élection présidentielle de 2022.

Texte intégral

CHRISTIAN MAKARIAN
Bruno LE MAIRE bonjour.

BRUNO LE MAIRE
Bonjour Christian MAKARIAN.

CHRISTIAN MAKARIAN
Bruno LE MAIRE, annoncée comme très forte, plus de 6 points, la croissance de l'année 2021 peut-elle subir brusquement à votre avis un coup de frein au 4e trimestre en raison du fameux variant Omicron dont on parle beaucoup tout en en sachant pas grand-chose ?

BRUNO LE MAIRE
Je ne crois pas à un brutal coup de frein parce que je crois que la croissance française repose sur les fondamentaux qui sont solides et que nous aurons la confirmation que la croissance française est bien orientée pour 2021 et est très dynamique et probablement une des plus fortes des pays européens, une des plus fortes de la zone euro. C'est dû à quoi ? d'abord les réformes de structure que nous avons faites depuis le début du quinquennat pour améliorer la compétitivité des entreprises et réduire les impôts des ménages, ce qui les incite aujourd'hui à consommer parce qu'ils savent que nous n'augmentons pas les impôts, nous les baissons. La 2e raison, c'est qu'on a bien protégé pendant la crise donc que les salariés sont là, les compétences sont toujours disponibles et les entreprises n'ont pas fait faillite. Et la 3e raison c'est l'efficacité de la relance, donc je crois à une croissance très vigoureuse pour 2021 pour la France.

CHRISTIAN MAKARIAN
L'autre crainte qui pointe de divers horizons, c'est évidemment le retour de l'inflation. Je donne juste un chiffre ce matin, l'Allemagne qui est quand même le moteur économique de l'Europe aura atteint cette année 5,2% sur une année, ce qui en fait est du jamais vu depuis 1992, c'est assez préoccupant pour nos amis et voisins allemands, est-ce qu'il faut imaginer un scénario de ce type-là en France ?

BRUNO LE MAIRE
Nous nous sommes là pour envisager évidemment tous les scénarios, ça fait partie des responsabilités du ministère de l'Economie et des Finances, mais ce que nous constatons aujourd'hui c'est que cette inflation, elle est d'abord liée à la vigueur de la reprise. Il y a une reprise très forte, donc qu'est-ce qui se passe ? Il y a de la demande de produits partout, on demande de l'acier, on demande de l'aluminium, on demande évidemment de l'énergie, du pétrole, du gaz, ça fait flamber les prix. Donc cette inflation pour nous aujourd'hui elle est temporaire, elle est liée à une forte demande liée elle-même à une reprise beaucoup plus forte que ce que nous avions anticipé, personne n'avait anticipé une reprise économique aussi forte. Mais quand les tensions se seront ajustées, quand on aura répondu aux besoins en matières premières, aux besoins en produits essentiels, nous devrions retrouver un niveau d'inflation plus faible, c'est une affaire de mois, c'est une transition qui ne va pas se régler en quelques jours ou en quelques semaines, mais notre évaluation reste que cette évaluation est temporaire.

CHRISTIAN MAKARIAN
Donc selon vous là encore Bruno LE MAIRE, ce n'est pas de nature à ralentir la croissance, ni même la consommation.

BRUNO LE MAIRE
Ce qui serait de nature à ralentir la croissance c'est justement de changer de politique, tout d'un coup de se dire, cette inflation est extrêmement élevée, il faut réagir tout de suite, donc il faut limiter la politique monétaire, c'est ce que demande un certain nombre de personnes en Europe. Du coup vous restreignez l'accès au financement et vous ralentissez la croissance.

CHRISTIAN MAKARIAN
Vous élevez les taux d'intérêt.

BRUNO LE MAIRE
Vous élevez exactement les taux d'intérêt, vous mettez les Etats dans une situation compliquée du point de vue du remboursement de la dette, donc finalement vous pensez régler un problème, vous en créez un autre encore plus important. C'est pour cela qu'à mon sens la Banque centrale européenne, Christine LAGARDE, ont raison de confirmer leur politique monétaire et ont raison de faire preuve de constance. Quand il y a une telle tempête économique comme celle que nous traversons depuis 2 ans, ce qui nous a permis de nous en sortir aussi bien, c'est de faire preuve de constance et de stabilité. Nous avons fait un choix, soutenir des entreprises et salariés, nous nous y sommes tenus coûte que coûte pendant plusieurs mois. Nous avons fait un 2e choix qui est celui dans une politique monétaire qui nous permet de lever de l'argent sur les marchés à un taux d'intérêt assez faible pour financer la reprise des investissements, la reprise est là et les investissements sont là aussi, donc ne changeons pas de politique toutes les 4 matins, c'est la meilleure façon de la faire échouer.

CHRISTIAN MAKARIAN
Alors venons-en à votre livre que vous publiez ces jours-ci, c'est le 2e livre cette année, vous avez déjà publié un livre au mois de janvier qui s'intitulait " l'ange et la bête " inspiration directe évidemment des pensées de Pascal qui était un itinéraire philosophique qui rejoignait votre carrière politique et tout ce qu'il peut y avoir comme grandeur et aussi petitesse dans la chose politique. Vous décriviez tout cela mais ça c'était au mois de janvier. Là vous publiez un livre ces jours-ci avec un titre ma foi lumineux " un éternel soleil " chez Albin Michel et le bandeau du livre est le suivant " et si la France allait mieux qu'elle ne le croit ". Alors dans ce livre vous vous montrez résolument optimiste tout en partant effectivement d'un constat qui est cette espèce de, pardonnez-moi ce néologisme, de dé-bonheur français alors que c'était comme vous le rappelez la nation qui a inventé le bonheur et vous partez de l'expérience d'une personne en l'occurrence une femme gilet jaune qui vous fait remonter tout le fil de cette expérience. Dans ce livre vous refusez le déclinisme qui est pourtant très en vogue dans cette campagne présidentielle, c'est même la plateforme de beaucoup de candidats de dire que tout va mal et il faut reconnaître que sur le plan des indicateurs économiques, vous avez plutôt raison, le taux de chômage est le plus faible depuis 2008 et un des meilleurs niveaux, nous avons en France un meilleur niveau de croissance de la zone euro. Tout ceci est assez indiscutable. La France est devenue le pays également le plus attractif pour les investissements étrangers en Europe et vous avez vous-même enfourché le cheval de bataille de la taxation des Gafa, domaine dans lequel ma foi on a obtenu, la France a obtenu encore quelques satisfactions lors du dernier G20. Mais croyez-vous Bruno LE MAIRE que cette élection se jouera sur autant de rationalité, est-ce que vous n'êtes pas frappé, c'est un sujet que vous abordez dans le livre par l'irrationalité, le fait par exemple que la question de l'identité, la résurgence des idéologies, la récurrence de ce thème encore une fois identitaire frappe toutes les familles politiques et devient quasiment obsessionnel. Aujourd'hui Joséphine BAKER entre au Panthéon dans un symbole très clair qui s'oppose à tout le discours de rejet, mais j'ai envie de dire même sur le plan économique la question du thème identitaire est absolument prégnante puisque tout le monde parle de relocalisation, de reproduire français. Et plus je termine par une conclusion de Jérôme FOURQUET qui est toujours très passionnant, dans son dernier livre il affirme que la France est passée d'une économie de production à une économie de consommation, je ne pense pas que vous soyez en désaccord. Est-ce que tout cela ne vous amène pas quand même réfléchir au-delà de l'économique et du rationnel à la sensation confuse mais absolument prégnante qu'ont les Français que tout va mal ?

BRUNO LE MAIRE
Alors vous le dites très bien, ce livre c'est un livre de combat, c'est un livre résolument de combat. Un livre de combat contre le déclinisme, un livre de combat contre le fatalisme, un livre de combat contre la résignation. Il y a 1000 motifs d'espérer mais effectivement je parle dans ce livre d'une histoire très personnelle d'habitants de ma circonscription, Annie que j'ai rencontré lors de ma première année d'élection, qui avait un problème de surendettement et que j'ai retrouvé quelques années plus tard en Une du Paris-Normandie, elle était sur un rond-point, elle faisait partie des gilets jaunes et elle manifestait contre la vie chère et pour avoir un travail avec une rémunération plus digne.

CHRISTIAN MAKARIAN
Vous l'avez reconnu sur la photo.

BRUNO LE MAIRE
Je l'ai reconnu sur la photo, je me suis dit mais dans le fond ça fait des années que je suis engagé en politique, je me suis battu et je vois Annie qui était dans ma permanence dans la commune de Donville qui est sur un rond-point et qui est toujours insatisfaite de sa situation. Donc que s'est-il passé pendant cette période ? J'ouvre aussi une autre réflexion quand en 2001 je travaillais avec Jacques CHIRAC et Dominique de VILLEPIN à la suite des attentats du 11 septembre la France s'est engagée contre les talibans en Afghanistan. J'ai évidemment soutenu fermement, je dirais même avec beaucoup d'enthousiasme cette opération militaire pour mettre fin au régime taliban qui était responsable en partie des attentats du 11 septembre. Et puis 20 ans plus tard les troupes américaines se retirent de Kaboul, c'est la débandade et les talibans reviennent au pouvoir, donc c'est ça qui m'a amené à écrire ce livre de combat et à poursuivre cette réflexion poétique pour me demander comment fait-on pour réellement changer les choses ? comment fait-on pour durablement changer les choses ? Là-dessus je vois qu'il y a effectivement quelques résultats économiques qui sont satisfaisants, on peut être satisfait d'avoir une croissance forte, d'avoir retrouvé un niveau d'emploi d'avant crise, d'avoir surtout un taux d'emploi qui est le plus élevé depuis un demi-siècle, jamais autant de Français ne se sont présentés sur le marché du travail, c'est une excellente nouvelle pour notre pays. Et pourtant vous le dites très bien, Christian MAKARIAN, ça ne suffit pas. Le problème est beaucoup plus profond et ce que ce livre s'efforce de faire, c'est de montrer qu'on peut faire de la politique avec de la passion au coeur, mais avec de la raison dans la tête. Et je pense que c'est les deux qu'il faut avoir, ne pas laisser la passion contaminer toutes ses décisions, garder une passion pour l'engagement politique, mais de la raison dans les choix qui sont faits. Et j'essaie de montrer qu'avec une feuille de route très claire traitant les sujets majeurs qui posent problème à la France la question de l'autorité et du respect des règles, la question du marché extérieur et de notre balance commerciale extérieure, la question des finances publiques et évidemment la question de l'éducation qui pour moi est absolument prioritaire, on peut poursuivre et accélérer le redressement français. Enfin une dernière remarque, je cherche comme tout le monde une réponse à ce malheur français qui est un malheur collectif, pas individuel, individuellement les Français dans leur famille, près de leurs amis, nous sommes tous très heureux de notre vie personnelle, mais nous sommes malheureux dans notre vie collective. Et moi ma conviction que j'exprime dans ce livre c'est que, un Français n'est jamais parfaitement heureux, s'il n'est heureux que dans sa vie individuelle, il a besoin de plus…

CHRISTIAN MAKARIAN
On a besoin du staff collectif.

BRUNO LE MAIRE
Il a besoin d'un bonheur collectif, il a besoin d'une ambition collective et pour moi ça se résume à un seul mot, la culture. Si nous nous ne retrouvons pas notre culture, notre langue, notre mémoire, nos figures historiques, notre passé, nous ne construirons pas l'avenir. Ce qui provoque le délitement de la société française par endroits, c'est cette absence d'enracinement de connaissance de notre mémoire, de maîtrise de notre langue, tout ce qui permet de naviguer au-delà de soi-même et c'est vraiment cet appel-là que lance le livre, naviguer au-delà de soi-même pour retrouver un bonheur collectif.

CHRISTIAN MAKARIAN
Alors c'est là que vous rejoignez le thème identitaire et la résurgence des idéologies à laquelle je faisais allusion tout à l'heure, c'est-à-dire à travers ce combat, cette prégnance culturelle.

BRUNO LE MAIRE
Tout à fait mais je le retrouve non pas en excluant, mais en essayant au contraire de montrer à quel point la culture française s'imprègne d'autres cultures et qu'elle est suffisamment forte pour accepter des cultures qui sont différentes. Nous sommes fiers de mettre au Panthéon de nos peintres un artiste comme Picasso, il vient d'Espagne. Nous sommes fiers d'avoir des influences européennes qui ont traversé tous les siècles, d'avoir des souverains qui ont été mariés à d'autres souverains venus d'Allemagne, d'Italie ou d'Espagne parce que ça fait partie de notre histoire, nous sommes fiers d'avoir une littérature qui est totalement imprégnée de littératures étrangères, c'est ce qui fait aussi la force de notre langue, une culture qui est forte et puissante n'exclut pas, elle accueille.

CHRISTIAN MAKARIAN
Vous faites allusion dans votre livre aux " nahrlas (phon) ", ce mot allemand qui définit, pour faire court, parce que beaucoup de mots allemands sont difficile à traduire en français, ceux qu'on laisse derrière soi, donc ceux qu'on laisse derrière soi, c'est quand même ce bilan positif dont venons de parler sur le plan économique, et vous résumez très bien néanmoins le sentiment dominant de beaucoup de Français, nous sommes heureux seuls, malheureusement ensemble. C'est exactement ce que vous venez de dire, ce qui fait allusion d'ailleurs à un autre proverbe allemand du 18ème siècle, " Leben, wie Gott in Frankreich ", je suppose que c'est à ça que vous pensiez…

BRUNO LE MAIRE
Heureux comme Dieu en France…

CHRISTIAN MAKARIAN
Voilà, merci pour la traduction. Les auditeurs auront compris que vous êtes parfaitement germaniste au passage. Mais lorsque vous observez le spectacle de la vie politique et à la lumière de ce que vous venez de déclarer sur l'importance de la culture, tout de même, on ne peut pas dire que la culture et même la bonne éducation soient le trait dominant de cette campagne électorale 2021, 2022. Quel regard portez-vous notamment sur votre ancienne famille politique, Les Républicains, qui semblent aux prises encore, jusqu'au 4 décembre, avec un schéma de désignation du candidat final qui paraît bien laborieux ?

BRUNO LE MAIRE
Ils font un choix démocratique, et ce choix, il est respectable, moi, je ne vais pas aller taper sur mon ancienne famille politique pour le plaisir de lui taper dessus, je trouve que ce serait indécent, ils ont organisé une méthode de partage de leurs candidats j'estime que tous ces candidats sont estimables, et la méthode de partage est tout à fait démocratique, la seule chose qui me frappe, c'est à quel point dans les propositions qu'ils font, on retrouve très largement ce que nous,, nous faisons déjà avec le président de la République notamment dans les domaines économiques et financiers, et j'ai un peu envie de leur dire : venez travailler avec nous pour que nous puissions accélérer le redressement français. Et quand j'entends les idées de baisse des impôts de production, nous l'avons fait, de baisse des charges sur les salaires, nous l'avons fait, d'amélioration de la compétitivité des entreprises nous l'avons fait, de baisse des impôts, nous sommes la majorité qui a le plus baissé les impôts des Français des entreprises depuis 20 ans. Donc j'ai l'impression d'entendre comme en écho un peu tardif ce que nous avons fait, je dirais, la modernité en moins, parce que nous avons aussi su écouter les Français, engager des pratiques politiques différentes qui me paraissent absolument indispensables. Et je reviens une seconde à ce que vous dites sur la culture, je voudrais vraiment expliquer ce que je défends dans mon livre, pourquoi est-ce que la culture est un élément de réassurance pour soi, à quel point elle permet de se sentir bien, à quel point permet de se sentir fort, à l'aise, stable, un responsable politique, quand il est confrontés à des difficultés, s'il n'a pas de culture, mais il voit ces difficultés comme des montagnes insurmontables, si l'on regarde dans le passé, et qu'il s'aperçoit, ministre des Finances, que d'autres ministres des Finances dans les siècles passés ont été confrontés à la dévaluation du franc, à la faillite du royaume, à des situations…

CHRISTIAN MAKARIAN
O combien de fois…

BRUNO LE MAIRE
O combien plus difficiles que celle que nous avons à affronter, cela relativise vos difficultés, cela permet de les ramener à leur juste proportion, la culture vous permet de ramener les choses à leur juste proportion en évitant d'être comme la mouches collée à la vitre, et en vous donnant la perspective dans votre action ; la culture crée de l'enthousiasme aussi, quand vous écoutez le général de GAULLE, quand vous lisez ses écrits, quand vous voyez son action, eh bien, ça vous donne de l'enthousiasme au plus profond de vous-même pour croire au redressement français. La culture vous évite aussi la confusion, qui est le trait dominant aujourd'hui de la vie politique, quand j'entends des responsables politiques mettre sur le même plan PETAIN et de GAULLE, je me dis que soit, ce sont des manipulateurs, soit, ce sont des menteurs, soit, ce sont des gens qui ne connaissent rien à notre histoire.

CHRISTIAN MAKARIAN
Alors celui auquel vous faites allusion clairement, là, c'est Eric ZEMMOUR, qui est donné pour se déclarer tout à l'heure, à midi, en mi-journée, candidat à la présidence donc, enfin, on va sortir de cette insoutenable faux, faux…

BRUNO LE MAIRE
Mais très bien qu'il se déclare, que la bataille politique commence, argument contre argument, projet contre-projet, et que nous puissions montrer que ce projet est une impasse complète pour notre pays.

CHRISTIAN MAKARIAN
Sa culture n'est pas celle que vous défendez, là, le mot culture prend deux significations complètement différentes.

BRUNO LE MAIRE
Mais ce n'est pas de la culture ce dont il parle, quand on met sur le même plan PETAIN et de GAULLE, ce n'est pas de la culture, c'est du révisionnisme, quand on explique que PETAIN a protégé les juifs en France, ce n'est pas de la culture, c'est du révisionnisme.

CHRISTIAN MAKARIAN
Bruno LE MAIRE, tout de même une difficulté, Emmanuel MACRON, vous l'avez considérablement à s'ancrer à droite, or, il a été élu en 2017 par une forte proportion d'électeurs de gauche, il doit désormais être élu plutôt à droite, voilà un homme, ce n'est pas banal, qui change d'électorat en cours de mandat, que vous êtes conscient de cela ?

BRUNO LE MAIRE
Non, parce que je ne me reconnais plus dans ce clivage droite/gauche, je vais vous donner des exemples très concrets, là, aussi, je l'explique dans mon livre en mettant des récits plus personnels de rencontres, de personnes, qui m'ont permis d'évoluer aussi dans ce sentiment, est-ce que c'est de droite ou de gauche de dire que le travail doit payer, et qu'une personne qui fait un travail digne…

CHRISTIAN MAKARIAN
Ça devrait être partagé en tout cas…

BRUNO LE MAIRE
Ça devrait être partagé, lorsque nous nous battons pour augmenter la rémunération des salariés les plus modestes, pour moi, ce n'est pas de droite, ce n'est pas de gauche, c'est tout simplement juste. Quand nous disons que nos entreprises doivent réussir, que leurs charges sont trop lourdes, qu'elles ont des impôts de production qui sont 7 fois ceux de l'Allemagne, c'est un fait, c'est un constat, ce n'est pas de droite ou ce n'est pas de gauche, c'est simplement une façon de défendre nos entreprises, nos entrepreneurs et ceux qui embauchent. Quand nous disons aussi que les règles doivent être respectées, et qu'un immigré en situation illégale doit quitter le territoire français, mais c'est la loi républicaine, donc ça ne devrait pas être de droite ou de gauche, et je pense que la force d'Emmanuel MACRON, de cette majorité, c'est justement d'essayer de dépasser ce clivage, et si j'ai rejoint Emmanuel MACRON en 2017, c'est précisément pour dépasser ce clivage, et je tiens à ce qu'on reste sur cette ligne-là.

CHRISTIAN MAKARIAN
Donc pas d'état d'âme, plus….

BRUNO LE MAIRE
Nous sommes un Etat combatif, je vous le dis, le livre a été écrit comme livre de combat, pour engager le redressement de notre pays, le poursuivre et d'accélérer, et je pense qu'il vaut mieux avoir un état d'esprit combatif pas les temps qui courent.

CHRISTIAN MAKARIAN
Bruno LE MAIRE, merci beaucoup.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 1er décembre 2021