Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'État, porte-parole du gouvernement, à Europe 1 le 30 novembre 2021, sur l'apparition et le séquençage du variant Omicron du Covid-19 et la crise migratoire.

Texte intégral

SONIA MABROUK
Bienvenue sur Europe 1 et bonjour Gabriel ATTAL.

GABRIEL ATTAL
Bonjour Sonia MABROUK.

SONIA MABROUK
Vous venez de l'entendre dans notre journal, un premier cas avéré testé positif au variant OMICRON en France sur l'île de La Réunion, un homme qui a voyagé au Mozambique via l'Afrique du Sud. De quelles informations supplémentaires disposez-vous sur ce cas et d'autres potentiellement ?

GABRIEL ATTAL
D'abord, je vous confirme qu'effectivement nous avons été informés hier soir d'un cas positif au variant OMICRON sur l'île de la Réunion ; vous savez quand ce variant a été identifié il y a un peu moins d'une semaine, on a pris des décisions immédiates – la suspension des vols en provenance de l'Afrique australe et évidemment la recherche tous les passagers qui s'étaient rendus dans les 15 jours précédents dans ces pays-là –, et c'est dans ce contexte-là que ce passager, ce monsieur a été identifié puisqu'il avait séjourné au Mozambique du 14 au 19 novembre et il était retourné à La Réunion le 21 novembre et donc il a été testé positif. Il a six personnes contacts à risque, trois de son entourage professionnel et trois de sa famille proche qui évidemment sont à l'isolement et qui vont être testées régulièrement. On a donc une vigilance absolue, on attend d'autres résultats de cas possibles, y compris dans l'Hexagone dans les prochaines heures. A ce stade, je n'ai pas d'autres informations à donner sur des séquençages positifs. On attend dans les prochaines heures d'autres résultats de séquençages qui devraient intervenir.

SONIA MABROUK
Vous avez parlé justement, Gabriel ATTAL, de séquençage, c'est l'une des armes essentielles, certains hier d'ailleurs, à ce micro Philippe JUVIN le docteur Philippe JUVIN et aussi candidat LR, dit : mais il faut, on est en sous-effectif dans le séquençage. On ne fait pas assez vite en France, pourquoi ?

GABRIEL ATTAL
On a beaucoup développé le séquençage en France. On est dans les premiers pays européens en termes de séquençage. Je vous donne un chiffre qui l'illustre : l'an dernier sur l'année 2020, en entier, on a fait 2 000 séquençages ; là sur l'année 2021, on est déjà à 242 000. Donc c'est plus de 100 fois plus que ce qu'on faisait l'an dernier parce qu'on a développé nos capacités. J'ai moi-même eu l'occasion de me déplacer dans des hôpitaux qui pratiquent du séquençage ; je veux saluer le travail de nos chercheurs biologistes qui font un travail absolument remarquable, on va continuer à monter en puissance sur le séquençage mais on en produit beaucoup, on fait partie des premiers contributeurs au monde en termes de souche séquencée sur la plateforme mondiale qui recense les séquençages.

SONIA MABROUK
Gabriel ATTAL vous n'êtes pas épidémiologiste. Ce matin, nous allons essayer d'être objectif sans aussi diffuser ni de peur ni de panique, qu'est-ce que vous savez ? Que savez-vous à l'exécutif du niveau de dangerosité de ce variant ?

GABRIEL ATTAL
On sait ce que nous disent les scientifiques. Qu'est-ce qu'ils nous disent ? D'abord, qu'il semble établi, c'est que cette souche, ce variant semble au moins aussi contagieux que le variant Delta, si ce n'est plus contagieux que le variant Delta, puisqu'il a pris le pas sur le variant Delta dans plusieurs régions sud-africaines et donc il semble être très contagieux. Ça, c'est ce qu'on sait, ce qu'on semble savoir. Après, on n'a pas encore d'information confirmée sur sa dangerosité, c'est-à-dire est-ce qu'il y a plus de cas graves, par exemple qu'avec le variant Delta ou d'autres variants et sur l'efficacité des vaccins ? Rien n'indique à ce stade que le vaccin n'est pas efficace ou que ce variant serait plus dangereux avec des formes plus graves. Il y a des tests qui sont menés par des scientifiques, par des laboratoires. À ce stade ce qu'on sait encore une fois, c'est la contagiosité, il y a eu d'ailleurs une alerte de l'OMS, l'Organisation mondiale de la Santé, hier qui a indiqué qu'il y avait un risque très élevé qu'il se propage au niveau mondial.

SONIA MABROUK
Qu'attendez-vous alors, disent certains, pour fermer les frontières si les scientifiques ont besoin de 2 à 3 semaines pour mieux identifier ce variant, pourquoi ne pas se prémunir au maximum dès aujourd'hui ?

GABRIEL ATTAL
Je vous l'ai dit, on a pris des mesures de protection dès le départ …

SONIA MABROUK
Sont-elles suffisantes ?

GABRIEL ATTAL
…en suspendant les vols de l'ensemble des pays d'Afrique australe où ce variant pouvait circuler, et évidemment qu'on prendra toujours les mesures qui permettent de protéger les Français et de ralentir la diffusion de ce variant, voilà donc on travaille sur ce sujet-là.

SONIA MABROUK
Donc vous n'excluez pas une fermeture des frontières ?

GABRIEL ATTAL
Non …

SONIA MABROUK
Certains disent, ça ne sert absolument à rien. Vous, vous dites : non on se garde quand même cela dans notre panoplie ?

GABRIEL ATTAL
Non, il n'est pas prévu de fermer les frontières. En revanche, on peut avoir des mesures pour renforcer encore notre capacité à tester aux frontières ; tout ça fait partie des choses qui sont regardées, on avait renforcé un certain nombre de mesures, notamment avec des pays …

SONIA MABROUK
Mais pourquoi ne pas le faire tout de suite ?

GABRIEL ATTAL
Notamment avec des pays où le virus circule beaucoup et notamment y compris des pays européens. Et donc on continue à le faire. On a pris encore une fois cette mesure de précaution qui est une mesure forte quand même, c'est de suspendre l'intégralité des vols avec les pays où ce variant circule. Tous les pays qui nous entourent n'ont pas fait ce choix-là. Certains ont maintenu la liaison pour permettre à leurs ressortissants de regagner leur pays ; ce n'est pas notre cas. Nous, on a simplement suspendu les avions …

SONIA MABROUK
Oui mais le variant circule au Portugal, en Italie, à nos frontières ?

GABRIEL ATTAL
Il circule à peu près partout aujourd'hui en Europe effectivement. On a un premier cas à La Réunion qui a été a confirmé s'agissant du territoire français. On garde une vigilance absolue et encore une fois, on a des capacités de séquençage importantes qui vont nous permettre de réagir, de garantir l'isolement des personnes concernées et de leurs contacts et on continuera à prendre des mesures de protection.

SONIA MABROUK
Alors avec ces mesures, l'outil dont nous disposons, évidemment c'est le vaccin ; à l'instant le patron de MODERNA Stéphane BANCEL, affirme, et ce n'est pas une bonne nouvelle, qu'il pourrait y avoir une baisse significative de l'efficacité du vaccin. Très clairement, Gabriel ATTAL, nous sommes dans une campagne de la troisième dose pour tous. Est-ce que l'exécutif avec les autorités sanitaires dit ce matin qu'il faut faire cette troisième dose ou est-ce que, le bon sens pourrait guider ça, on attend le vaccin qui pourrait être adapté par PFIZER, adapté à ce variant ?

GABRIEL ATTAL
Oui, évidemment qu'il faut faire le rappel aujourd'hui, d'abord encore une fois parce que sur ce variant, on n'a pas à ce stade de confirmation scientifique qu'il y aurait une perte d'efficacité du vaccin - j'entends que des patrons de laboratoire disent que c'est possible, que c'est un risque, par principe, c'est un risque mais on n'a pas encore de confirmation. Ça, c'est la première chose. Ensuite, la deuxième chose, c'est que et là, c'est des scientifiques qui nous le disent aussi, quand bien même il y aurait une diminution de l'efficacité du vaccin, on ne passerait pas d'un coup de 96% à 0% ! Il peut y avoir une perte dans une certaine mesure d'efficacité mais il restera une efficacité. Et la troisième chose c'est que la cinquième vague à laquelle on est confronté aujourd'hui, celle qui fait 30 000 cas par jour en moyenne avec, encore une fois, une augmentation fulgurante qu'on constate chaque jour, c'est une vague du variant Delta. Aujourd'hui, le risque, c'est le variant Delta. Ce que nous montrent les études qui ont été menées, que ce soit les études de la DREES il y a deux semaines, une simulation de l'institut PASTEUR, c'est que le vaccin et le rappel, ils fonctionnent comme une digue évidemment face aux formes graves ; le taux d'hospitalisation chez les plus de 80 ans, il est divisé par 6 pour ceux qui ont eu le rappel par rapport à ceux qui ont eu deux doses.

SONIA MABROUK
Bien Gabriel ATTAL, ça veut dire qu'on peut faire la dose de rappel peut-être dans une centaine de jours ou un peu moins, un autre vaccin pourrait venir pour contrer ce variant ; il faut quand même avoir cela en tête, c'est-à-dire que c'est une histoire sans fin !

GABRIEL ATTAL
Ça veut dire que le risque aujourd'hui, c'est une vague de variant Delta et qu'on a un outil qui nous permet de nous protéger face au variant Delta et à cette vague, c'est la vaccination et c'est le rappel dont on dispose aujourd'hui qui permet de protéger contre les formes graves et qui permet aussi de réduire la circulation du virus. Et c'est de ça qu'on a besoin aujourd'hui.

SONIA MABROUK
Alors les Français qui le peuvent sont en train de s'organiser pour partir en voyage durant les fêtes, certains peut-être loin de l'Hexagone. Est-ce risqué tout simplement ? Est-ce qu'on peut se retrouver bloqué ou bien aucune recommandation pour l'heure n'est faite depuis la France ?

GABRIEL ATTAL
Aujourd'hui, il n'y a pas de décision prise et il n'y a pas de décision qui indiquerait qu'on ne pourrait pas partir. Encore une fois, il ne faut pas inquiéter les gens. Maintenant il y a évidemment une vigilance à avoir quand on se déplace. Il y a une chose qu'on ne maîtrise pas, c'est des pays qui décident d'eux-mêmes de suspendre les vols.

SONIA MABROUK
Ce fut le cas pour le Maroc.

GABRIEL ATTAL
Voilà par exemple ou pour Israël, je crois, qui ont décidé tout simplement de suspendre leurs vols. Donc il y a des pays étrangers qui peuvent prendre des décisions. Ça, par définition on ne le maîtrise pas. Maintenant à chaque fois qu'on a pris des décisions en ce sens, on a toujours permis à nos ressortissants quand même de regagner notre territoire et donc on a toujours organisé les choses de manière à ce que des Français ne se retrouvent pas bloqués indéfiniment à l'étranger.

SONIA MABROUK
En quoi le pass sanitaire est-il encore efficace ?

GABRIEL ATTAL
Le pass sanitaire, il est efficace d'abord parce qu'il incite à la vaccination. C'est ce qui a été constaté.

SONIA MABROUK
Donc c'est un pass vaccinal. Mais en quoi le pass sanitaire tel qu'il a été imaginé est-il efficace ?

GABRIEL ATTAL
C'est ce qui a été constaté après l'allocution du président le 12 juillet s'agissant de la première dose de vaccination et c'est ce qui a été constaté encore une fois après le rappel de vaccination. Et puis on sait que la vaccination même si elle n'empêche pas d'être contaminé totalement et de transmettre le virus, elle réduit la circulation du virus. Encore une fois, étude de la DREES, la direction des études statistiques, qui montre que quand on est vacciné, on a 4 fois moins de risque d'être contaminé.

SONIA MABROUK
Qu'est-ce que vous répondez à cet argument, Marine LE PEN qui affirme qu'il est inefficace, ce pass sanitaire, affirmant qu'on peut être vacciné 2 ou 3 fois et être, et on le voit, contaminant avec le pass alors qu'en présentant un test négatif, eh bien, on ne présente aucun danger pour autrui ?

GABRIEL ATTAL
Alors je ne dis pas l'inverse sur le fait qu'on peut être contaminé quand on est vacciné. Je dis simplement que ça réduit quand même de manière importante le risque. La deuxième chose que je dis, quand elle dit "le pass sanitaire ne sert à rien" mais enfin, si on a une des couvertures vaccinales les plus importantes, c'est quand même notamment grâce au pass sanitaire !

SONIA MABROUK
Donc oui, c'est une incitation à la vaccination.

GABRIEL ATTAL
Bien sûr en partie !

SONIA MABROUK
…pass vaccinal.

GABRIEL ATTAL
Si on est aujourd'hui dans une situation qui est quand même moins dégradée que chez la plupart de nos voisins, si on n'a pas eu à reprendre de mesures comme chez d'autres pays européens de couvre-feu, de confinement, de fermeture d'établissement parce qu'on avait un taux d'incidence plus faible qu'eux, une pression sur l'hôpital moins importe qu'eux, c'est notamment grâce au pass sanitaire. On a fait ce choix, vous vous en souvenez, au cœur de l'été ; le président l'a annoncé le 12 juillet, on était un des premiers pays à le faire. Et d'ailleurs, un certain nombre de membres de l'opposition, je pense à madame LE PEN, à d'autres, nous ont critiqués en disant que ce n'était pas une bonne idée. Qu'est-ce qu'on a constaté ensuite ?

SONIA MABROUK
Bien mais ce n'est pas un bouclier contre les contaminations. C'est cela qu'il faut dire, Monsieur ATTAL !

GABRIEL ATTAL
Non mais ce qui est certain, et je le redis, c'est que quand vous êtes vacciné, vous avez encore un risque d'être contaminé, de transmettre le virus ; c'est pour ça qu'on insiste aussi beaucoup sur les gestes barrières, sur l'aération des pièces parce que ça va avec voilà mais quand même le pass sanitaire, c'est ce qui nous a permis de tenir jusqu'à maintenant et c'est ce qui nous permettra, je l'espère, de tenir dans les semaines et les mois qui viennent.

SONIA MABROUK
Vous gérez trois crises majeures en ce moment, la crise sanitaire – on vient d'en parler –, une crise aux Antilles – on va en parler –, et puis une crise migratoire. Sur la crise migratoire, Gérald DARMANIN exclut hier toute remise en cause des accords du Touquet, ce que demande le candidat à l'investiture LR, Xavier BERTRAND qui dénonce vos atermoiements et affirme qu'il faut mettre à bas ces accords du Touquet, il l'a dit sur notre antenne dimanche. Il a lancé "que monsieur Boris JOHNSON récupère sa frontière !»

GABRIEL ATTAL
D'abord moi, je suis toujours assez surpris de la capacité de Xavier BERTRAND à tirer à boulets rouges sur le bilan et l'héritage de Nicolas SARKOZY. Les accords du Touquet négociés par Nicolas SARKOZY…

SONIA MABROUK
Mais les choses changent, ça fait déjà un certain temps, le quinquennat de monsieur SARKOZY !

GABRIEL ATTAL
Ou mais il faut se souvenir de ce que c'était avant que Nicolas SARKOZY conclue les accords du Touquet, c'était Sangatte, c'était jusqu'à des dizaines de milliers de migrants qui étaient stationnés en France. Voilà ensuite, vous savez, quand vous avez des propositions sur ce sujet-là, il faut toujours regarder deux choses : est-ce que c'est possible et est-ce que ce serait utile ? Est-ce que c'est possible ? Dans les accords du Touquet, vous avez une disposition qui prévoit la possibilité d'en sortir. Enfin, elle prévoit que pour en sortir, il faut deux ans ; donc quand Xavier BERTRAND explique que dénoncer aujourd'hui les accords du Touquet permettrait de régler les problèmes, c'est faux puisqu'il faudrait deux ans !

SONIA MABROUK
Mais Monsieur ATTAL, Boris JOHNSON ne respecte rien et nous, nous devrions respecter à la lettre tous les mots de ces accords ?!

GABRIEL ATTAL
Mais enfin, je veux dire c'est aussi notre honneur et …

SONIA MABROUK
Notre parole, je suis d'accord !

GABRIEL ATTAL
…ce qui fait qu'on est respecté quand même dans le monde, c'est que nous, on respecte nos engagements.

SONIA MABROUK
Mais comment fait-on face à quelqu'un qui est dans l'affrontement et pas dans le dialogue ?

GABRIEL ATTAL
Sonia MABROUK, on ne peut pas demander à des partenaires de respecter leurs engagements si nous, on ne respecte pas nos engagements, ça c'est la première chose et la deuxième chose, est-ce que ce serait utile, efficace ? Les accords du Touquet, ils régulent l'immigration régulière et le tourisme. Est-ce que, en dénonçant les accords du Touquet, il y aurait moins ou plus de migrants qui se déplaceraient, qui traverseraient la France pour aller au Royaume-Uni ? Eh bien, non, on le sait. Donc l'enjeu, c'est quoi ? L'enjeu, c'est d'arriver à lutter efficacement contre les passeurs, on est de plus en plus efficaces, on a interpellé 1 500 passeurs depuis le début de …

SONIA MABROUK
Oui mais vous savez que ce sont les gros bonnets derrière les passeurs !

GABRIEL ATTAL
Oui et les gros bonnets, ils sont souvent pas en France et c'est pour ça qu'on a besoin de coopération européenne ; il y a eu une réunion importante le week-end dernier avec Gérald DARMANIN et des ministres européens de l'Intérieur pour être plus efficace en matière de renseignement, de réponses pénales pour interpeller les têtes de réseau des passeurs et on avance sur ce volet-là ; on aimerait aussi avancer avec le Royaume-Uni parce qu'il y en a un certain nombre qui sont Royaume-Uni, on a besoin de leur aide pour les démanteler et pour ça et ensuite, c'est de continuer à sécuriser la frontière en renforçant les officiers qui sont sur place.

SONIA MABROUK
C'est ce qui a été annoncé hier.

GABRIEL ATTAL
Il a annoncé un doublement notamment, Gérald DARMANIN, la surveillance aussi, on va avoir l'apport d'hélicoptères, d'un avion de Frontex qui vont permettre de surveiller la Manche pour, encore une fois, être plus efficace. Le Premier ministre va écrire à Boris JOHNSON pour lui proposer un accord, un traité entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.

SONIA MABROUK
Il vous a déjà répondu à l'avance !

GABRIEL ATTAL
Non, il a fait une provocation par courrier qui n'avait pas d'autre objectif que de ne pas permettre d'avancer !

SONIA MABROUK
Vous estimez ce matin qu'il est dans de bonnes dispositions, bon …

GABRIEL ATTAL
En tout cas, nous on veut avancer voilà et avancer, c'est notamment qu'ils bougent, eux qu'ils fassent en sorte d'être moins attractifs aussi pour des migrants parce qu'on est un pays de passage et de transit, la France. Ils passent chez nous mais il y a 60% des migrants qui sont aujourd'hui à Calais, à Grande-Synthe qui pourraient prétendre au droit d'asile selon les critères européens, il y en a moins de 5% qui le demandent. Pourquoi ? Parce qu'ils savent que quand ils vont Royaume-Uni, ils peuvent travailler pour un salaire de misère et parce qu'ils savent qu'ils ne seront pas expulsés. Au Royaume-Uni, vous avez deux fois plus de clandestins que chez nous et ils expulsent trois fois moins !

SONIA MABROUK
Gabriel ATTAL, deux questions d'actualité. L'entrée au Panthéon de Joséphine BAKER en ce jour anniversaire de l'acquisition par l'artiste de la nationalité française en 1937, évidemment une cérémonie pour l'Histoire mais aussi une signification politique ? Certains le disent dans ce contexte hystérisé d'une campagne présidentielle singulière !

GABRIEL ATTAL
Je pense que c'est un magnifique symbole. Joséphine BAKER incarne l'amour de la France qui peut aussi venir de personnes qui ne sont pas nées en France ; elle incarne la liberté ; elle incarne le combat contre la haine et évidemment contre l'occupant nazi, contre le racisme ; elle incarne aussi l'universalisme, le fait que on n'a pas vocation à être retranché derrière une forme de case identitaire et qu'on a vocation à se battre pour l'égalité, pour les droits humains.

SONIA MABROUK
J'ai la réponse, signification politique, vous êtes en train de la donner.

GABRIEL ATTAL
Il y a une signification symbolique très forte, je pense.

SONIA MABROUK
Eric ZEMMOUR devrait se déclarer tout à l'heure aux alentours de midi candidat, c'est une clarification ?

GABRIEL ATTAL
Moi, je ne vais pas commenter des déclarations de candidature avant qu'elles aient lieu voilà mais probablement que si c'est le cas, c'est qu'il s'est lassé de cette posture de polémiste dans laquelle il était et probablement aussi je crois que, et c'est ce qu'on a vu à Marseille le week-end dernier, les Français se sont lassés, voilà. Maintenant, il va faire sa déclaration. Je pense qu'il montre au quotidien à la fois par ses déclarations et par un certain nombre de comportements qu'on peut se poser des questions sur sa capacité à représenter notre pays et à occuper les plus hautes fonctions.

SONIA MABROUK
Apparemment, vous ne la posez pas, pour vous, c'est non ?

GABRIEL ATTAL
Ah oui ! Moi, je pense que dans un certain nombre de déclarations, dans un certain nombre de choses qu'on a vues, enfin je veux dire quand on est responsable politique, qu'on prétend être président de la République, on ne fait pas des doigts d'honneur aux Français, voilà je veux dire, ça témoigne quand même de quelque chose. On nous a vendu … il nous a vendu qu'il était le TRUMP français. C'est un "TRUMP commandé sur WISH" comme on dit, cette plateforme de contrefaçon-là qui vend des trucs qui ne fonctionnent pas, qui sont faux. Je veux dire, voilà, il y a un moment, il faut …ça permet quand même de se rappeler de ce que nous avons en face aujourd'hui. Et donc voilà on aura l'occasion de débattre s'il est candidat à la présidentielle.

SONIA MABROUK
En tous les cas, la campagne est bien partie. Merci Gabriel ATTAL …

GABRIEL ATTAL
Merci !

SONIA MABROUK
…d'avoir répondu à nos questions ce matin sur Europe 1 et bonne journée à vous !


Source : Service d'information du Gouvernement, le 1er décembre 2021