Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'État, porte-parole du gouvernement, à France Info le 14 décembre 2021, sur la crise sanitaire, la campagne de vaccination et la 3e consultation en Nouvelle-Calédonie.

Texte intégral

Gabriel ATTAL 
Secrétaire d'Etat, Porte-parole du Gouvernement

France Info, Marc Fauvelle – 8h30

14 décembre 2021


MARC FAUVELLE
Bonjour Gabriel ATTAL.

GABRIEL ATTAL
Bonjour !

MARC FAUVELLE
Le variant Omicron pourrait devenir majoritaire dans les infections dans les jours qui viennent, c'est Boris JOHNSON qui le dit, le Premier ministre britannique qui parle déjà d'un raz-de-marée. Est-ce qu'on est prêt en France à y faire face ?

GABRIEL ATTAL
Il y a une préoccupation très forte partout dans le monde vis-à-vis du variant Omicron dont il semble établi qu'il est encore plus contagieux que ne l'est le variant delta. Effectivement, on a vu une progression très forte en Afrique du Sud, on la constate aujourd'hui au Royaume-Uni et nous avons eu en France une politique qui a consisté à retarder au maximum l'arrivée de ce variant sur notre sol, le temps que la campagne de rappel de vaccination prenne son envol.

MARC FAUVELLE
Retarder, mais on sait que de toute façon, il va se développer ?

GABRIEL ATTAL
C'est le cas partout dans le monde.

MARC FAUVELLE
On en est à combien de cas aujourd'hui en France ?

GABRIEL ATTAL
Aujourd'hui, on est à plus de 130 cas, je crois, 133 cas qui ont été détectés, on séquence beaucoup, on crible l'essentiel des cas positifs qui sont détectés en France, on fait plus de 10 000 séquençages par semaine, ce qui nous permet d'identifier assez largement les cas sur notre sol et évidemment, d'avoir une vigilance particulièrement accrue sur les conditions d'isolement, de cas contacts.

MARC FAUVELLE
10 000 séquençages par semaine, 50 000 personnes détectées positives, ça veut dire très probablement, on est bien au-delà du chiffre de variant Omicron que vous venez de nous donner ?

GABRIEL ATTAL
En fait, ce que je vous ai dit, c'est que l'essentiel des cas sont criblés et ensuite, il y a le séquençage. Donc effectivement, le séquençage, c'est 10 000 mais on séquence après être passé par une première étape qui est le criblage qui permet de détecter, s'il y a lieu de séquencer, en gros si on voit qu'il y a une mutation particulière du virus, qui peut faire penser que c'est un cas d'Omicron. Donc en réalité, on a un tamis qui est assez serré ; maintenant, ce qui est certain, c'est qu'il y a probablement plus de cas que ceux qui sont séquencés, les 133 que j'ai évoqués. Mais il y a cette vigilance particulière ; vous vous souvenez qu'on avait suspendu les vols avec un certain nombre de pays, on les a rétablis dans des conditions particulièrement drastiques que j'étais moi-même allé constater à l'aéroport de Roissy, c'est-à-dire avec des motifs impérieux qui limitent drastiquement le nombre de personnes qui peuvent venir de ces pays en France qui exigent un test au départ, un test à l'arrivée et pour tous les passagers, qu'ils soient positifs ou négatifs d'ailleurs, il y a une quarantaine obligatoire contrôlée par les forces de sécurité soit dans un hôtel désigné soit dans un lieu choisi mais avec la police, la gendarmerie qui vient contrôler que vous respectez votre quarantaine et sinon, il y a verbalisation de 1 500 euros.

SALHIA BRAKHLIA
Mais là avec le Royaume-Uni, est-ce qu'on va faire la même chose ? Est-ce qu'on va durcir les règles d'entrée sur le territoire français ?

GABRIEL ATTAL
Aujourd'hui avec le Royaume-Uni, vous savez qu'il y a une règle de test négatif de moins de 48 heures au départ pour pouvoir rejoindre la France. Evidemment, on regarde toujours dans quelle mesure on peut renforcer encore nos règles aux frontières.

MARC FAUVELLE
C'est étrange parce que pour rentrer au Royaume-Uni, le régime est plus strict aujourd'hui que pour en sortir ; quand vous rentrez au Royaume-Uni en ce moment, il faut faire un test avant d'arriver, puis montrer le pass sanitaire, puis un test une fois sur place où on s'isole en attendant d'avoir le résultat, c'est-à-dire deux tests. Pour revenir en France, il suffit de faire un test avant, c'est-à-dire qu'on n'est pas bien sûr que la personne ensuite avec le délai d'incubation n'arrive pas malade sur le territoire français !

GABRIEL ATTAL
Il faut faire un test au départ. Après, vous avez des recommandations de réduction des contacts une fois que vous êtes en France. Ce je vous dis, c'est que évidemment, on regarde dans quelle mesure on peut renforcer notre cadre et c'est le travail qui est mené actuellement et qui aboutira, je pense, dans les prochains jours.

SALHIA BRAKHLIA
Est-ce que vous avez l'intention de durcir les règles d'ici Noël parce que voilà le variant Omicron se propage, il risque de se propager beaucoup comme vous le dites ? Est-ce que vous avez l'intention de modifier les règles d'ici Noël ?

GABRIEL ATTAL
Ce que je vous ai dit, c'est qu'on a renforcé les règles aux frontières. J'ai eu l'occasion d'annoncer la semaine dernière s'agissant des frontières qu'il y avait maintenant un test négatif nécessaire d'où qu'on vienne dans le monde en dehors de l'Union européenne même si on est vacciné, ce qui est un renforcement. S'agissant des règles en France, aujourd'hui, il n'est pas prévu de renforcer …enfin, il n'est pas prévu de changer les règles mais d'ailleurs, ce qu'on constate au Royaume-Uni ou Boris JOHNSON a parlé lui-même d'un raz-de-marée en vue Omicron, quelles sont les décisions qu'ils prennent ? C'est d'accélérer la campagne de rappel en l'ouvrant à tout le monde, c'est le choix qu'on a fait il y a maintenant plusieurs semaines.

MARC FAUVELLE
Il y a d'autres décisions qui sont prises au Royaume-Uni, je prends l'exemple des discothèques qui sont fermées en France ; au Royaume-Uni, on les a gardées ouvertes mais on dit "on teste tout le monde à l'entrée" !

GABRIEL ATTAL
Oui et puis, ils ont, je crois, mis en place l'équivalent du pass sanitaire aussi qui est un choix qu'on avait fait, nous, cet été. Donc vous voyez bien que dans les décisions qui sont prises, il y a une forme d'accélération d'une stratégie qui est la nôtre depuis maintenant plusieurs mois et plusieurs semaines, et vraiment la clé, c'est de poursuivre la vaccination, le rappel. Il y a désormais plus de 15 millions de Français qui ont reçu un rappel de vaccination ; il faut évidemment poursuivre, aller plus loin. On vaccine entre 600 000, 700 000 personnes chaque jour, ce qui est colossal, ça va continuer à monter en puissance grâce – et je veux les saluer – aux pharmaciens, aux médecins, aux sages-femmes, aux infirmiers libéraux, aux masseurs kinésithérapeutes, à tous ceux qui travaillent dans les centres de vaccination. Il faut poursuivre cette campagne de rappel.

MARC FAUVELLE
On va en parler !

SALHIA BRAKHLIA
En parlant de la dose de rappel, d'après nos informations, 400 000 Français de plus de 65 ans qui sont éligibles à la dose de rappel ne l'ont toujours pas fait 7 mois après leur dernière injection. Qu'est-ce qui va se passer pour eux demain 15 décembre ?

GABRIEL ATTAL
On a été clair sur les règles. A compter du 15 décembre pour les plus de 65 ans qui ont eu leur dernière injection il y a 7 mois, le pass sanitaire doit intégrer la dose de rappel. Maintenant ce qu'on a mis en place depuis donc …

MARC FAUVELLE
Donc ce soir, minuit, le pass est désactivé ou demain ?

GABRIEL ATTAL
Je rappelle la règle : à partir du 15 décembre, le pass sanitaire est conditionné à la dose de rappel.

MARC FAUVELLE
S'ils vont faire la dose de rappel dans les jours qui viennent, le pass est automatiquement réactivé ou il y a un petit délai ?

GABRIEL ATTAL
Oui alors le pass est réactivé si on fait sa dose de rappel. On a fixé une règle il y a maintenant 15 jours qui permet aux plus de 65 ans de pouvoir accéder aux centres de vaccination pour recevoir un "rappel coupe-file". Moi, ce que je veux rappeler aussi, quand même …

MARC FAUVELLE
Ça ne marche pas partout !

GABRIEL ATTAL
Il y a eu des endroits effectivement où est remonté, notamment la semaine dernière, que ça ne marchait pas ; je peux vous dire qu'à chaque fois on fait très attention pour faire en sorte que ça marche. On met souvent en avant les endroits où ça ne marche pas et pas les endroits où ça marche ! Dans la majorité des centres évidemment, une personne qui a plus de 65 ans qui se présente, on lui fait son rappel. Ce que je veux rappeler aussi c'est que les plus de 65 ans, la campagne de rappel leur est ouverte depuis début septembre donc ça fait plus de 3 mois que il y a cette possibilité de faire ce rappel pour eux.

SALHIA BRAKHLIA
Vous dites "ils ont eu du temps" mais pour les autres aujourd'hui encore on a beaucoup de mal à trouver des créneaux pour effectuer sa dose de rappel, beaucoup de gens cherchent des créneaux. Est-ce qu'il envisageable de repousser la date du 15 janvier qui correspond donc à suspension du pass sanitaire pour tous ceux qui n'auront pas pu se faire vacciner avant ?

GABRIEL ATTAL
Non, Olivier VERAN l'a dit, il y a une date qui a été fixée au 15 janvier …

SALHIA BRAKHLIA
Même si on n'a pas eu de créneau ?

GABRIEL ATTAL
Et ensuite, je vais vous dire. Charge à l'Etat et à l'ensemble des acteurs mobilisés sur la campagne de vaccination de proposer des créneaux de vaccination à tous les Français concernés.

MARC FAUVELLE
Ce sera le cas par exemple le jour de Noël, le jour de l'An, les centres vont rester ouverts ou pas ?

GABRIEL ATTAL
Je n'élude pas le sujet ; évidemment qu'on est conscient qu'il y a des Français qui ces dernières semaines ont pu se connecter et n'ont pas trouvé de créneau avant le 15 janvier, c'est pour ça qu'on mobilise toute la campagne de vaccination pour augmenter le nombre de créneaux. On a eu l'occasion d'annoncer qu'on augmentait de 8 millions le nombre de créneaux d'ici à janvier, ce qui veut dire que d'ici à début janvier, on aurait été en capacité de proposer une vaccination de rappel à plus de 25 millions de Français. Donc il y a cette mobilisation colossale. Moi, je suis allé faire mon rappel ce week-end, j'ai voulu tester comme tout le monde et voir ; je me suis connecté le vendredi après-midi sur Doctolib, j'ai trouvé un créneau pour le lendemain.

MARC FAUVELLE
Mais vous êtes à Paris ?

GABRIEL ATTAL
Mais je suis à Paris, j'en suis conscient !

MARC FAUVELLE
Et vous savez que c'est parfois beaucoup plus difficile ailleurs !

GABRIEL ATTAL
C'est pour ça qu'on a une mobilisation particulière ailleurs ; c'est pour ça aussi que les professionnels de santé libéraux en ville peuvent aujourd'hui vacciner, qu'ils augmentent leurs commandes de vaccin pour pouvoir vacciner davantage. Je vous dis aujourd'hui, la responsabilité, elle est pour l'Etat, pour nous, de faire en sorte qu'il y ait suffisamment de créneaux. Encore une fois, on augmente de 8 millions les créneaux, le nombre de créneaux qui était prévu sur le mois de décembre.

SALHIA BRAKHLIA
Vous nous disiez juste avant le fil info, pas de nouvelles mesures, pas de restrictions supplémentaires avant les fêtes. Pourtant, le Conseil scientifique propose pour les événements à l'intérieur d'ajouter un test PCR de moins de 24 heures pour les 18 / 65 ans qui ont été vaccinés il y a 5 mois au moins ! Que dit le gouvernement là-dessus ?

GABRIEL ATTAL
Nous on a toujours … d'abord, on regarde toujours évidemment avec beaucoup d'intérêt les recommandations du Conseil scientifique. On a toujours invité les Français qui ont un doute à se faire tester. Avoir un doute, ça peut être avoir des symptômes, ça peut aussi être le fait de retrouver peut-être à l'occasion des fêtes ou autre des personnes qui sont fragiles qui sont particulièrement à risque. On n'a jamais fait autant de tests dans notre pays !

SALHIA BRAKHLIA
Là, le Conseil scientifique ne parle pas de doute. Il dit : il est fortement recommandé de faire un test en plus de la vaccination quand on rejoint d'autres personnes à l'intérieur.

GABRIEL ATTAL
Moi, ce que je dis encore une fois, c'est que, évidemment pour des Français qui vont retrouver des personnes notamment des personnes fragiles pour les fêtes, évidemment que c'est bien de se faire tester. Ça, il n'y a pas de doute sur ce sujet-là. On n'a jamais autant de tests qu'aujourd'hui ! D'ailleurs quand vous entendez certains qui disent "il faudrait rétablir la gratuité des tests pour tout le monde", il n'y a jamais eu autant de tests qu'aujourd'hui qui sont faits parce qu'aujourd'hui quand vous êtes vacciné, vous avez la prise en charge des tests, quand vous êtes mineurs …

SALHIA BRAKHLIA
Vous ne reviendrez pas là-dessus sur les tests payants pour les non-vaccinés ?

GABRIEL ATTAL
Aujourd'hui, vous avez plus de 90% des Français qui ont accès à des tests remboursés, enfin fin pris en charge par la Sécurité sociale soit parce qu'ils sont vaccinés soit parce qu'ils sont mineurs, soit qu'ils sont cas contacts ….

MARC FAUVELLE
Mais le problème, que les 10% qui restent sont ceux qui risque d'avoir les formes les plus …

GABRIEL ATTAL
Oui parce qu'aujourd'hui si vous voulez les personnes qui sont concernées par le fait de payer les tests, c'est des personnes qui ont fait le choix délibéré de ne pas se faire vacciner et qui se font tester pour avoir le pass sanitaire pour aller au restaurant, au cinéma, au théâtre et là, on assume de dire que ce n'est pas à la collectivité de prendre en charge ces tests-là.

MARC FAUVELLE
Quelles sont les règles que le porte-parole du gouvernement s'est fixées pour son réveillon de Noël pour lui, pour vous ? Est-ce qu'il y a des choses que vous ne ferez pas cette année à Noël ?

GABRIEL ATTAL
Il y a là aussi des recommandations du Conseil scientifique, il y a des choses qui ont été dites. Moi, je vais vous dire, je pense que les Français, ça va faire 2 ans qu'ils vivent avec le Covid, ils ont déjà eu un Noël sous Covid.

MARC FAUVELLE
Ils en ont peut-être marre qu'on leur dise ce qu'il faut faire !

GABRIEL ATTAL
Eh bien oui et puis surtout, ils savent à peu près comment il faut faire maintenant. Nous, on a toujours fait le choix de la responsabilité des Français, on croit à la responsabilité des Français, on a toujours incité à la prudence. Il y a déjà eu un Noël sous Covid. Moi, je me souviens à l'époque, je venais sur les plateaux, on me disait "vous êtes fous de laisser les Français aller faire Noël en famille comme ils veulent, se déplacer en France, les contaminations vont exploser début janvier parce que vous les aurez laissé aller faire Noël" ; on a assumé ce choix, il n'y a pas eu d'explosion des contaminations début janvier parce que les Français, ils savent maintenant voilà qu'il y a des personnes qui sont plus à risque que d'autres, qu'il y a des situations qui sont plus à risque que d'autres. Donc moi, je ne suis pas dans cette infantilisation, on ne va pas fliquer le Noël des Français.

SALHIA BRAKHLIA
Vous n'imposez pas de limitation du nombre de personnes ?

GABRIEL ATTAL
On recommande la prudence mais encore une fois, il ne faut pas être dans l'infantilisation. Je me souviens que l'an dernier, et ça vaut pour tout le monde l'an dernier, je me souviens qu'il y avait un médecin qui avait dit "vous mettez papy et mamie dans la cuisine avec un bout de bûche" …

MARC FAUVELLE
C'était ici et il a regretté des propos parce qu'il a pris une vague d'insultes et même de menaces derrière !

GABRIEL ATTAL
Franchement, ça va faire deux ans qu'il y a ce virus, je pense que les Français savent aujourd'hui.

MARC FAUVELLE
D'accord, on ne flique pas les Français, c'est ce que vous dites !

GABRIEL ATTAL
Maintenant, c'est sûr, il y a des recommandations qui sont d'aérer la pièce régulièrement, effectivement de faire attention. Le Conseil scientifique dit que statistiquement moins on est nombreux, moins il y a de risques voilà. Maintenant, les Français, ils savent comment faire ; en tout cas, c'est ma conviction.

MARC FAUVELLE
Un mot sur les enfants. Ils partent en vacances à la fin de la semaine pour les vacances de fin d'année, est-ce qu'il est envisagé de prolonger les vacances ?

GABRIEL ATTAL
Aujourd'hui, ce n'est pas du tout prévu.

MARC FAUVELLE
Pas du tout ?

GABRIEL ATTAL
Non, non !

MARC FAUVELLE
Quel que soit le niveau de l'épidémie ?

GABRIEL ATTAL
Vous savez que, une piste qui avait été avancée par certains …

MARC FAUVELLE
Et qu'on a faite déjà une fois, on les avait avancées !

GABRIEL ATTAL
Oui dans le débat public pour les avancer avant les vacances, ce n'est pas le choix qu'on a fait, on a fait le choix de renforcer le protocole sanitaire à l'école. Vous savez que depuis le début de cette épidémie, on a fait le choix de l'école et on ne le regrette pas. Nos écoles ont été deux fois plus ouvertes qu'en Allemagne, 3 fois plus qu'en Italie, 4 fois plus qu'aux Etats-Unis et je peux vous dire que quand on regarde les autres pays …

MARC FAUVELLE
Vous n'avez pas l'ombre d'un doute aujourd'hui sur la situation à l'école quand vous voyez que le taux d'incidence est 2 fois plus élevé aujourd'hui chez les enfants que chez les adultes ?

GABRIEL ATTAL
On voit que le virus circule partout et qu'il circule notamment beaucoup à l'école ; encore une fois, c'est pour ça qu'on a augmenté aussi, on a renforcé le protocole sanitaire, on est passé au niveau 3.

MARC FAUVELLE
Sans suivre les recommandations du Conseil scientifique sur les dépistages des enfants ?

GABRIEL ATTAL
Il y a un dépistage qui aujourd'hui très massif chez les enfants, je vous disais qu'on n'avait jamais autant testé …

MARC FAUVELLE
Ce n'est pas la solution du Conseil scientifique qui dit qu'il faudrait tester tout le monde une fois par semaine. Aujourd'hui, on teste uniquement les classes des enfants malades !

GABRIEL ATTAL
Je disais qu'on n'avait jamais autant testé qu'aujourd'hui depuis le début de la crise ; c'est notamment parce qu'il y a énormément d'enfants qui sont testés mais on a renforcé les règles. Et on a renforcé le protocole mais on a fait le choix qui est de laisser les écoles ouvertes le plus possible ; il y a des moments où, malheureusement, on a dû faire d'autres choix et on a dû effectivement prendre des mesures au tout début de la crise de fermeture ou après l'élargissement des vacances. Aujourd'hui, il n'est pas prévu de le faire.

SALHIA BRAKHLIA
On parlait à l'instant des vacances. A la SNCF, 3 syndicats appellent à la grève à la fin de la semaine, grève reconductible. Qu'est-ce que vous leur dites ?

GABRIEL ATTAL
Moi, je regrette évidemment ce choix. Après, on est en démocratie, évidemment qu'il y a un droit de grève.

SALHIA BRAKHLIA
Ils demandent une prime Covid en fait, ces syndicats, parce qu'ils considèrent qu'ils font partie de ces salariés de la deuxième ligne, ils ont travaillé pendant la crise sanitaire, vous leur dites quoi ? Ils y ont droit ou pas ?

GABRIEL ATTAL
D'abord, il me semble des informations dont je dispose qu'il y a une prime pouvoir d'achat qui a été versée par le groupe SNCF.

MARC FAUVELLE
300 à 600 euros aujourd'hui.

GABRIEL ATTAL
De 300 à 600 euros selon le niveau de revenu. Maintenant nous ce qu'on souhaite, c'est minorer au maximum l'impact de cette grève pour les Français.

MARC FAUVELLE
C'est-à-dire comment vous faites ?

GABRIEL ATTAL
Mettre tout le monde autour de la table pour faire discuter …

MARC FAUVELLE
Vous allez demander aux syndicats, à monsieur FARANDOU, le patron de la SNCF et éventuellement au ministre des Transports de …

GABRIEL ATTAL
C'est une demande qu'a formulée mon collègue ministre des Transports, Jean-Baptiste DJEBARRI …

MARC FAUVELLE
Ça fonctionne pour l'instant ou pas ?

GABRIEL ATTAL
…de tout faire pour minorer l'impact de la grève, je crois qu'il a invité lui-même l'ensemble des parties prenantes à se mettre autour de la table, on va présenter un plan de transport adapté pour minorer encore une fois au maximum l'impact pour les Français.

SALHIA BRAKHLIA
Ça veut dire réunion quand ?

GABRIEL ATTAL
Je pense que tous les Français, ils ont envie de pouvoir se retrouver en famille à Noël. On n'a pas spécialement envie non plus de se retrouver avec des trains bondés en période Covid parce qu'il y a moins de trains pour se déplacer.

SALHIA BRAKHLIA
Très bien, les syndicats, ils ne pensent pas à ça pour le moment, ils parlent de leur prime Covid, donc ça veut dire réunion quand pour résoudre la situation ?

GABRIEL ATTAL
Ça, le ministère des Transports et le groupe SNCF communiqueront mais pour le coup, il y a un souhait très clair du gouvernement qui a été exprimé par mon collègue d'avoir ce dialogue pour trouver un chemin vers une solution.

MARC FAUVELLE
On va parler de l'intervention d'Emmanuel MACRON demain soir sur TFI dans quelques minutes, Gabriel ATTAL, vous nous direz si c'est là qu'il va se déclarer candidat, on va tenter notre chance mais d'abord la Nouvelle-Calédonie après le référendum boycotté par les indépendantistes, c'est la victoire, c'est le non à l'indépendance, qui a très largement remporté les suffrages, 96% des votes mais les indépendantistes aujourd'hui disent qu'ils ne reconnaissent pas le résultat puisqu'ils appelaient à boycotter le scrutin. Que leur dites-vous précisément ?

GABRIEL ATTAL
C'était la 3e consultation qui avait lieu ce dimanche pour la troisième fois et sans la moindre ambiguïté, les Calédoniens ont choisi la République.

MARC FAUVELLE
Avec 40% de participation.

GABRIEL ATTAL
Mais rien ne justifiait de changer cette date, pas la situation sanitaire puisqu'on a un taux d'incidence qui est en dessous de 50 en Nouvelle-Calédonie.

SALHIA BRAKHLIA
Est-ce qu'on était à 10 mois près en fait, Gabriel ATTAL ?

GABRIEL ATTAL
Mais attendez, je rappelle que cette troisième consultation, elle avait été demandée par les indépendantistes eux-mêmes, que la date avait été fixée en concertation avec eux. Ce qui aurait pu justifier de changer la date c'est si on avait eu une situation sanitaire qui empêchait les opérations de vote de se tenir.

MARC FAUVELLE
Ce que disent les indépendantistes, vous savez c'est que le délai du deuil là-bas n'est pas le même qu'ici et que la période est beaucoup plus longue et qu'on ne fait pas campagne pendant qu'on porte le deuil.

GABRIEL ATTAL
J'entends mais la démocratie c'est de respecter les échéances qui ont été fixées encore une fois en concertation avec les acteurs concernés, les acteurs locaux.

MARC FAUVELLE
Il est hors de question qu'il y ait un nouveau vote ?

GABRIEL ATTAL
Il y a des opérations de vote qui se sont déroulées sans encombre, il n'y a pas eu de heurts, il n'y a pas eu de blocage, il n'y a pas eu de problème d'accès aux bureaux de vote.

SALHIA BRAKHLIA
Il y a eu boycott quand même !

GABRIEL ATTAL
Oui, enfin, je veux dire, les bureaux ont ouvert, y compris, je crois, dans les villes.

SALHIA BRAKHLIA
Boycott, abstention record …

GABRIEL ATTAL
Y compris, je crois, dans les villes qui sont tenues par des indépendantistes ….

SALHIA BRAKHLIA
Le résultat est légitime pour vous ?

GABRIEL ATTAL
Mais c'est la démocratie évidemment de même que quand pour tout vote, quand il y a une abstention évidemment, c'est un fait politique mais il y a un résultat du vote, évidemment qu'il doit être entendu.

MARC FAUVELLE
Le problème, c'est qu'aujourd'hui, il manque quelqu'un autour de la table, les indépendantistes ne sont pas là pour discuter de l'avenir des institutions, le processus, il n'est pas terminé aujourd'hui après ce 3e vote. Comment est-ce qu'on discute de l'avenir de la Nouvelle-Calédonie sans tout un pan représentatif de la population ?

GABRIEL ATTAL
Mais justement aujourd'hui, on a l'avenir à décider, on a toujours été très clair sur le fait que le résultat, soit le "oui" ou le "non" à ce référendum, il y aurait de toute façon un avenir à dessiner avec la Nouvelle-Calédonie différent et un jour nouveau qui s'ouvrait, c'est pour ça que mon collègue Sébastien LECORNU est sur place pour échanger avec eux, il y a la question institutionnelle mais il y a aussi d'autres enjeux, les enjeux économiques, la question du nickel, la question de la jeunesse calédonienne et c'est pour ça que mon collègue Sébastien LECORNU est sur place pour échanger avec l'ensemble des acteurs pour dessiner l'avenir.

SALHIA BRAKHLIA
Et toujours avec Gabriel ATTAL, le porte-parole du gouvernement. A 4 mois de la présidentielle, Emmanuel MACRON a décidé donc d'accorder un entretien d'une heure 30 demain à la télévision pour défendre son bilan et dans la foulée de l'annonce Valérie PECRESSE, la candidate des Républicains à la présidentielle a décidé de saisir le CSA, elle dit : on ne peut pas avoir un président-candidat qui se fait ouvrir les chaînes de télévision à la demande alors que ses adversaires doivent se contenter de 5 minutes de duplex pour lui répondre.

GABRIEL ATTAL
Est-ce que je peux vous lire une phrase ? Je vais vous la lire. "Je souhaite que le président de la République soit candidat le plus tard possible parce que nous avons besoin d'un président qui agisse ; aujourd'hui, nous sommes dans une période de crise et de toutes les façons, pour l'instant, le sujet c'est les Français, le chômage, la croissance, l'Europe. Donc nous sommes totalement notre tâche et la présidentielle le temps viendra." Est-ce que vous savez qui a prononcé cette phrase ?

MARC FAUVELLE
Valérie PECRESSE lorsqu'elle soutenait Nicolas SARKOZY qui n'était pas encore candidat !

GABRIEL ATTAL
C'est Valérie PECRESSE et c'était à la fin du mois de janvier 2012 après que Nicolas SARKOZY …

MARC FAUVELLE
Mais ce n'est pas parce que les autres l'ont fait qu'il faut le faire aujourd'hui !

GABRIEL ATTAL
Non mais je vais y venir mais après que Nicolas SARKOZY ait fait une émission sur 8 chaînes de télévision et à l'époque, elle défendait le fait que je rejoins d'ailleurs, sa défense que le président de la République puisse puissent exprimer dans un contexte de crise.

MARC FAUVELLE
Alors, je ne sais pas où vous étiez, vous, en 2012, Gabriel ATTAL ? Vous étiez où en 2012 ?

GABRIEL ATTAL
La crise qu'on vit aujourd'hui est sans commune mesure par rapport à ce qui était vécu à l'époque. Donc moi ce que je veux dire très simplement, c'est que le président de la République, il s'exprime, qu'évidemment que sa parole est attendue sur l'action qui est menée aujourd'hui, sur la crise aussi, sur le bilan du quinquennat, ce qui a été conduit dans ce quinquennat et que c'est légitime et que visiblement manifestement Valérie PECRESSE a peur que le président s'exprime. Moi, je trouve ça assez étonnant parce que quand on veut convaincre les Français, on cherche à leur parler, on ne cherche pas à empêcher les autres de leur parler !

SALHIA BRAKHLIA
Sauf que vous savez ce qui s'est passé. Au même moment, elle, elle était l'invitée, elle était prévue d'être l'invitée spéciale d'une émission sur BFM TV qui a été annulée pour justement faire faire un "service après vente" de l'émission de d'Emmanuel MACRON sur TF1. Donc elle, elle est lésée, et enfin c'est pour ça qu'elle réagit aussi !

GABRIEL ATTAL
Je ne sais pas si les personnes qui nous écoutent peuvent considérer ou considèrent que les oppositions n'ont pas aujourd'hui la possibilité de s'exprimer dans le débat public. On a eu, je crois, 12 heures de débat de la primaire des LR où, grosso modo, on a entendu pendant 12 heures en soirée en prime time des candidats critiquer le président de la République mais on est en démocratie, c'est normal. On a vu Éric ZEMMOUR en prime time sur France 2 la semaine dernière, c'est normal, on est en démocratie !

MARC FAUVELLE
Mais vous savez, Gabriel ATTAL, il faut expliquer aux auditeurs et aux téléspectateurs dans quel cadre ça se passe de la part du CSA quand on est en période comme aujourd'hui, il y a la règle des 3 tiers, c'est-à-dire un tiers pour le chef de l'Etat, un tiers pour la majorité – de temps de parole –, c'est-à-dire vous …

GABRIEL ATTAL
Non, moi, je suis avec ...enfin, c'est l'exécutif le premier tiers, la majorité.

MARC FAUVELLE
Et un tiers pour l'ensemble des oppositions, les insoumis, la droite, j'en oublie, les socialistes, etc. Un tiers pour tous les autres et deux tiers, pour dire les choses comme ça, pour vous et que du coup Emmanuel MACRON, le fait qu'il ne soit pas déclaré candidat aujourd'hui fait que tout son temps de parole aujourd'hui n'est pas pris sur celui du candidat. Est-ce qu'il n'y a rien qui vous choque là-dedans, dans cette règle-là ?

GABRIEL ATTAL
D'abord ce sont des règles qui se sont toujours appliquées parce que la différence, c'est que nous, on ne parle pas des élections, on ne parle pas de la campagne, on parle de l'action qui est menée dans le pays.

MARC FAUVELLE
Emmanuel MACRON va défendre son bilan puisqu'on nous dit que c'est le bilan et où va la France …

GABRIEL ATTAL
Il va expliquer l'action qui est menée. Moi, je pense que les Français sont en attente quand même de savoir ce qui a été fait, les engagements qui ont été tenus, les réformes qui sont conduites, les effets des réformes qui sont conduites, l'impact de la crise aujourd'hui sur notre pays. C'est quand même une information d'intérêt général, c'est normal que le président puisse s'exprimer. Après, il y aura une campagne le moment venu. Le moment venu, il y a des règles qui ont été fixées par le CSA qui sont très claires, qui s'appliquent d'ailleurs à partir du mois de gens et à ce moment-là, les choses seront évidemment …

MARC FAUVELLE
Vous avez dit il y a quelques instants si Valérie PECRESSE nous attaque, c'est qu'elle a peur d'Emmanuel MACRON, ce n'est pas l'inverse ? En ce moment, on n'a pas peur autour du chef de l'Etat de cette candidature de Valérie PECRESSE parce qu'on ne sait pas vraiment sur quel l'angle l'attaquer aujourd'hui, elle dont on nous dit qu'elle aurait même pu être à vos côtés finalement à la table du conseil des ministres, elle aurait pu être ministre d'Emmanuel MACRON ?

GABRIEL ATTAL
Mais attendez, moi, je n'ai jamais peur du débat. Je le souhaite, le débat en démocratie, c'est normal, on a les élections présidentielles, c'est normal qu'il y ait des candidats, des candidats sérieux qui fassent des propositions et qu'on ait un vrai débat. Moi ce que je dis aujourd'hui, c'est que, encore une fois et je trouve que ce qu'elle dit aujourd'hui par rapport à ce qu'elle a pu dire il y a 10 ans le montre assez bien, c'est qu'elle a la fébrilité comme moteur et l'hypocrisie comme carburant parce que la réalité c'est qu'elle dit aujourd'hui l'inverse de ce qu'elle disait à l'époque, voilà, c'est ça qui dérangeant !

SALHIA BRAKHLIA
Sur quoi par exemple ?

GABRIEL ATTAL
Mais sur ce sujet-là en particulier !

MARC FAUVELLE
Mais sur le fond qu'est-ce qui vous différencie d'elle aujourd'hui ? Qu'est-ce qui différencie Emmanuel MACRON de Valérie PECRESSE ?

GABRIEL ATTAL
Déjà on attend de voir le programme parce que la réalité c'est qu'elle avait un programme qui a été présenté dans le cadre de la primaire avec notamment des mesures avec lesquelles on n'est pas en accord, c'est-à-dire notamment des suppressions massives de postes dans la fonction publique, indifférenciées puisqu'elle ne dit pas où elle va les supprimer.

MARC FAUVELLE
200 000.

GABRIEL ATTAL
Donc ce qu'on peut attendre, c'est une nouvelle saignée dans l'hôpital. C'est ça qu'on peut attendre de cette annonce. Donc il faut clarifier les choses et ensuite, elle a dit au lendemain de la primaire, j'avais mon projet mais Éric CIOTTI a fait 40% à la primaire et donc je vais devoir assaisonner mon projet en reprenant des mesures d'Eric CIOTTI, ce qui est assez curieux parce que des mesures en général, vous vous demandez si elles sont bonnes ou pas pour le pays, vous ne les reprenez pas parce que quelqu'un a fait 40%, c'est typiquement de la tambouille que nous, on ne rejoint pas. Donc on verra ce qui en ressortira et on aura un vrai débat à ce moment-là mais aujourd'hui non, on n'est pas dans ce temps-là et je vais vous dire, c'est davantage un inconvénient qu'un avantage, c'est plus un inconvénient qu'un avantage de ne pas être en campagne aujourd'hui pour nous parce que la réalité, c'est que on a moins la possibilité de répondre aux critiques …

MARC FAUVELLE
Vous êtes en train de le faire en ce moment !

SALHIA BRAKHLIA
Vous le faites quand même !

GABRIEL ATTAL
Oui mais on a moins de temps pour le faire, parce qu'on parle aussi de notre action, parce que le fait de pas être en campagne, pourquoi ? Parce qu'on continue à faire des réformes et des réformes qui sont difficiles, je veux dire, on fait la réforme de l'assurance chômage qui consiste à dire quand même à des personnes qui vont se retrouver au chômage qu'elles toucheront moins d'allocations chômage parce qu'on veut qu'elles aient moins au chômage qu'en travaillant, c'est une réforme difficile, c'est une réforme dure, on la mène parce qu'on n'est pas en campagne présidentielle, parce qu'on continue à agir et à réformer le pays, parce qu'on en a besoin pour la relance économique. Donc je vais vous dire ça serait plus facile pour nous de nous mettre en campagne que continuer à agir est à être concentré sur notre tâche comme on l'est aujourd'hui.

SALHIA BRAKHLIA
Gabriel ATTAL, juste une dernière question sur Eric ZEMMOUR qui ces derniers jours s'est attaqué directement à Emmanuel MACRON, "il est le grand vide, c'est un adolescent qui se cherche, on a l'impression d'un type qui n'est pas fini." Comment vous réagissez ?

GABRIEL ATTAL
Je ne suis même pas sûr que ça appelle une réaction, Salhia BRAKHLIA franchement. On a maintenant l'habitude de voir qu'Eric ZEMMOUR manie l'insulte, l'invective en permanence, il fait même des doigts d'honneur aux gens dans la rue ! Donc si vous voulez, je ne vais pas commenter tous les faits et gestes. Il y a des propos outranciers ; je pense que c'est leur faire beaucoup d'honneur que de les commenter à chaque fois et que c'est les Français qui jugent. Moi, ce que je peux vous dire, c'est qu'en tant que porte-parole du gouvernement, je vois tous les jours ce que la fonction de président de la République demande comme sang-froid, comme capacité à se maîtriser, comme capacité aussi à chercher en permanence l'apaisement et le rassemblement et dans les propos, dans les actes d'Eric ZEMMOUR je ne vois aucune de ses qualités.

MARC FAUVELLE
Gabriel ATTAL porte-parole du gouvernement, était ce matin, merci à vous l'invité de France Info.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 14 décembre 2021