Interview de M. Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué chargé des transports, à CNews le 1er décembre 2021, sur la précampagne des élections présidentielles et la suspension des vols en provenance de l'Afrique australe.

Texte intégral

LAURENCE FERRARI
Bonjour Jean-Baptiste DJEBBARI.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Bonjour madame FERRARI.

LAURENCE FERRARI
Bienvenue dans la matinale de CNews. La déclaration de candidature d'Eric ZEMMOUR a eu lieu hier. Est-ce que vous avez trouvé qu'il a opéré la mue entre le polémiste et le candidat ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je trouve qu'Eric ZEMMOUR a un problème de comportement et que ça commence à se voir. Il a un problème de comportement quand il prétend être le pacificateur des vrais Français et qu'il fait un doigt d'honneur aux Français qui contestent ses positions. Il a un problème de comportement hier soir avec ce journaliste, Gilles BOULEAU, qui fait son travail et n'étant pas content de l'interview, il insulte le journaliste. Vous voyez, il y a un problème de comportement et je crois que quand on aspire aux plus hautes fonctions de l'État, on ne peut pas avoir ce type d'attitude.

LAURENCE FERRARI
Et sur le fond, c'est-à-dire sur la déclaration, les mots qu'il a employés : il se lance dans la campagne pour que les Français se sentent de nouveau chez eux, il s'adresse aux Français exilés de l'intérieur. Est-ce que ça, ce sont des notions qui résonnent à vos oreilles ou pas du tout ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Sur le fond, c'est toujours la même rhétorique d'Eric ZEMMOUR. C'est la même rhétorique ancienne, nostalgique, d'une France impériale, coloniale, identitaire, ethnoculturelle. Rien de nouveau sous le soleil si je puis dire et, surtout, on a du mal à comprendre quel est le projet d'avenir d'Eric ZEMMOUR. On comprend qu'il est obsédé par le grand remplacement, par l'immigration. Ce sont ses thèmes de prédilection. Il ancre tout autour de ça et je pense qu'on peut se convaincre que son analyse est fausse. D'ailleurs j'en veux pour preuve, je pense que le vrai sujet pour la France c'est la prospérité. Il n'en parle jamais.

LAURENCE FERRARI
La prospérité économique. C'est tout ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
La prospérité économique qui nous permet d'avoir le modèle…

LAURENCE FERRARI
Pas la prospérité culturelle, intellectuelle ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Mais bien sûr. La prospérité au sens large mais aussi la prospérité économique pour satisfaire un modèle social, pour mieux intégrer. Bref, c'est un tout. J'en veux pour preuve qu'en Allemagne, ils ont eu une élection récente. C'est vrai que le sujet de l'immigration a été très largement subalterne. Or ils ont vécu une vague migratoire importante. Ils en ont fait une opportunité, et aujourd'hui c'est un pays qui vit bien parce qu'elle vit, l'Allemagne, vingt ans de prospérité et ça continue. Donc je pense que, voilà, on a du mal à comprendre quel est le projet positif d'avenir d'Eric ZEMMOUR raison, pour laquelle nous allons le combattre sur le plan politique.

LAURENCE FERRARI
Est-ce que ça veut dire aussi que le projet du candidat Emmanuel MACRON, lorsqu'il sera déclaré, ne parlera pas du tout d'immigration ? C'est un non-sujet pour lui ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je crois que ce n'est pas un non-sujet. Je pense que réguler l'immigration, aborder l'émigration dans le bon cadre avec les bons mots c'est tout à fait essentiel.

LAURENCE FERRARI
Ça veut dire quoi le bon cadre et les bons mots ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Le bon cadre, ça veut dire au niveau national, au niveau européen. On le voit bien sur le sujet par exemple des migrations à Calais : on est sur une coordination européenne parce que les migrations sont très largement transeuropéennes. Donc ça veut dire regarder tout ça de façon extrêmement lucide et clairvoyante, et ça veut dire, oui, souhaiter des bons outils de régulation migratoire. On sait qu'on est probablement face à des vagues d'immigration pour des raisons climatiques, pour des raisons économiques et que tout ça se tient. Mais on n'est pas obligé de l'aborder sous l'angle identitaire, nostalgique et évidemment…

LAURENCE FERRARI
Il n'y a pas de problème d'identité française pour vous aujourd'hui.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
L'identité française, on en a parlé hier. C'est aussi Joséphine BAKER par exemple, vous voyez, qui a passé plus glorieux que celui d'Eric ZEMMOUR et qui a été une vraie combattante de la liberté pour elle-même, qui a combattu pour la France, qui s'engageait totalement. Et moi ça, ça résonne beaucoup plus à mes oreilles que cette espèce de vision d'un passé qui probablement d'abord n'a pas existé. Si on se ramène dans les années 60, en fait on aurait pu diffuser les mêmes vidéos y compris de violence. Tout ça est assez artificiel et surtout la France du passé d'Eric ZEMMOUR, c'est celle qui n'a pas beaucoup existé, la France de l'avenir c'est celle du passé, donc vous voyez, ça tourne en rond. Je pense qu'en fait, c'est un projet qui est éminemment négatif.

LAURENCE FERRARI
Il y a aujourd'hui Les Républicains qui commencent à voter. Ils ont commencé là depuis un quart d'heure pour désigner leur candidat ou leur candidate. Il y a des candidats, notamment Xavier BERTRAND et Valérie PECRESSE, qui ne vous ont pas ménagés sur votre politique de transport. Ils ont chacun un projet très défini. Est-ce qu'ils n'offrent pas au fond la vision d'un pack gouvernemental, quel que soit celui ou celle qui sera désigné ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
…partie des 150 000 heureux qui vont voter à la primaire. Je note d'ailleurs que 150 000, c'est beaucoup, beaucoup moins qu'il y a 5 ans. Ils étaient plus de quatre millions.

LAURENCE FERRARI
C'était une primaire à l'époque. Ça ne vous a pas échappé.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Donc c'est une primaire fermée et avec très peu de monde.

LAURENCE FERRARI
Oui, réservée aux adhérents LR.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Et ensuite moi, j'ai suivi un petit peu les débats comme tout le monde. Ça m'intéresse. Moi j'ai retrouvé la vieille droite classique gestionnaire qui est obsédée par la coupe de fonctionnaires, et a contrario ou côté de celle-là, la droite d'Eric CIOTTI à la remorque du FN. Donc je n'ai pas appris grand-chose de nouveau et je n'ai pas trouvé là aussi de projet enthousiasmant pour la France à vrai dire.

LAURENCE FERRARI
D'accord. Mais il y a des idées quand même qui émergent et il y a surtout, ce que je vous disais, l'idée d'un pack gouvernemental qui a potentiellement cinq ministres sur le plateau et que ça, c'est une vraie alternance pour la France.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ce sont des gens qui ont été ministres, qui ont un passé politique, qui sont en politique depuis très longtemps, que les Français connaissent, pour qui parfois ils votent. Je pense que chacun pourra se faire son idée. Moi je n'ai pas trouvé qu'on avait une équipe de France qui, encore une fois, donnait particulièrement envie mais ça reste évidemment un avis tout à fait subjectif.

LAURENCE FERRARI
Alors qui est l'adversaire principal du candidat MACRON ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Moi je ne raisonne pas comme ça. Je ne suis pas obsédé par les adversaires politiques. Je suis assez obsédé, pour le coup, par notre pays, par ce qu'il peut devenir, par ce qu'on est en train de faire dans un moment compliqué de crise et qu'on en train d'engager quand même des réformes qui sont assez structurantes pour l'avenir. Donc c'est ça qui m'obsède, c'est le fait d'être utile à mon pays. Ce n'est pas de regarder si monsieur BERTRAND ou madame PECRESSE arrivera en tête devant monsieur CIOTTI ou pas.

LAURENCE FERRARI
Donc vous n'êtes pas encore dans la campagne même si, en réalité, vous ne pensez qu'à ça.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non. Evidemment qu'on vit très largement cette pré-campagne. Le président de la République n'est pas encore candidat mais je souhaite qu'il le soit, évidemment, et je le soutiendrai, mais je crois qu'on a suffisamment à faire dans notre gestion quotidienne.

LAURENCE FERRARI
Justement, parlons de la crise du Covid qui s'aggrave. La situation sanitaire s'envenime dit Olivier VERAN. 47 000 contaminations en 24 heures hier. Expliquez-moi pourquoi les liaisons aériennes avec l'Afrique australe ont été rétablies. Elles ont été rétablies ou pas ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, elles sont suspendues.

LAURENCE FERRARI
Elles sont suspendues, OK.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
En fait il y a deux choses. On est dans la cinquième vague – ça, c'est le variant Delta, et donc pour ça on connaît bien les armes qu'on a. Vous les connaissez par cœur, c'est les gestes barrières, la vaccination, le pas sanitaire, les protocoles sanitaires notamment dans les transports - et on a ce variant Omicron ou ‘Omicrone' qu'on ne connaît pas encore beaucoup. Donc par mesure de précaution, un certain nombre de pays notamment européens ont suspendu les vols en provenance de l'Afrique australe, le temps de mieux comprendre quelles étaient les caractéristiques de ce variant. Et nous allons mettre en place, si possible de façon coordonnée dans les tout prochains jours, un protocole adapté pour réduire beaucoup les circulations. On connaît ce protocole, il a déjà fonctionné. Ce sont les motifs impérieux pour pouvoir se déplacer quel que soit le statut vaccinal, ce sont les tests avant, les tests à l'arrivée, les hébergements et les isolements obligatoires en cas de test positif. Donc on va certainement aller vers ce dispositif.

LAURENCE FERRARI
Alors à partir de quand vous allez le faire ? Donc ça veut dire que vous allez rouvrir les lignes ? C'est bien ça ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
De façon très restreinte et pour des motifs essentiels. Je prends un exemple : vous êtes Français ou résident en France, vous êtes en Afrique du Sud, vous devez pouvoir rentrer, vous voyez. C'est même constitutionnel. Donc on va organiser…

LAURENCE FERRARI
Et si vous êtes en vacances en Afrique du Sud, vous devez pouvoir entrer en France.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Tout résident français, tout Français qui se trouve actuellement dans ces pays d'Afrique australe pourra rentrer en France. On va l'organiser exactement comme on l'a fait quand on avait des pays rouge dits écarlate avec, encore une fois, des motifs impérieux, restrictifs et un protocole sanitaire très renforcé.

LAURENCE FERRARI
Pourquoi est-ce que les gens par exemple qui font Johannesburg-Amsterdam-Amsterdam-Paris ne sont pas contrôlés à l'arrivée à Paris aujourd'hui ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est justement une raison pour laquelle…

LAURENCE FERRARI
Aucun contrôle !

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est justement une des raisons pour laquelle on raisonne au niveau européen justement pour laquelle on a engagé ce qu'on appelle le frein d'urgence au niveau européen pour coordonner les efforts entre les pays, pour éviter ces effets de détournement. Donc on fait des contrôles en réalité. On fait des contrôles avec les compagnies aériennes, on avait observé dans les vagues précédentes des contournements par Nairobi, par le Kenya, par l'Ethiopie et évidemment par des plateformes européennes. On avait fait beaucoup de contrôles, on avait sanctionné les compagnies aériennes. On a mis des peines d'amende et on continue de le faire.

LAURENCE FERRARI
Mais il y a encore des trous dans la raquette donc les gens continuent à arriver.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Très, très peu. En vrai, on parle vraiment de très, très peu de cas. On a un système de contrôle des compagnies aériennes, on sanctionne dès qu'on a les cas. Et croyez-moi, les cas sont rapportés puisque les gens les signalent et c'est juste.

LAURENCE FERRARI
Il y a un variant, le variant Omicron a été détecté à La Réunion. Quel protocole précis a été mis en place pour les gens qui viennent ou qui reviennent de La Réunion ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ça va être ce même protocole qui va très certainement s'appliquer avec - encore une fois, je l'ai dit - des motifs plus restrictifs, impérieux et…

LAURENCE FERRARI
Et un isolement qui sera contrôlé ? Par qui ? Comment ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
En fait le principe, c'est que quand vous arrivez, quand vous venez de ces pays dits rouge écarlate, et on l'a déjà appliqué par le passé, quand vous arrivez vous êtes testé. Et si vous êtes testé positif, vous êtes isolé dans un hébergement obligatoire à l'hôtel près de l'aéroport. Si vous êtes testé négatif, vous allez chez vous ou vous êtes hébergé et vous faites un test trois jours après et vous pouvez être contrôlé, comme cela a déjà été le cas par les services de la Sécurité sociale et d'autres services adéquats.

LAURENCE FERRARI
Un mot des Antilles, où là on parle plus de la situation et de la crise sociale, à la Martinique et à la Guadeloupe. Monsieur LECORNU est reparti sans que le dialogue n'ait abouti, les violences ont repris, on a tenté de mettre le feu à la mairie de Basse-Terre en Guadeloupe, c'est un fiasco total ce déplacement gouvernemental ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je pense qu'il y a trois sujets. Il y a un sujet d'ordre public, et vous avez vu que, y compris dans les heures qui ont passé, nous avons, le gouvernement a renvoyé des forces supplémentaires, notamment en Guadeloupe et en Martinique, il y a un sujet donc d'ordre public, qu'il faut résoudre, il y a un sujet de crise sanitaire, la vaccination obligatoire, je crois que le ministre a dit être ouvert à des adaptations locales, et puis un sujet politique, qu'on connaît, le sujet des Antilles, sujet économique, social, de relations à la métropole, tout ça est très largement connu, donc je pense que le ministre…

LAURENCE FERRARI
Oui, non mais la visite n'a servi absolument à rien, les violences reprennent, les barrages sont tout aussi nombreux et les vaccinations ne repartent pas à la hausse.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je crois d'abord que…visite c'est toujours important, c'est important notamment d'être auprès des forces de l'ordre qui connaissent des situations qui sont particulièrement compliquées sur le terrain, et donc cette visite a été utile.

LAURENCE FERRARI
Les adaptations dont vous parlez, concernant la vaccination des soignants dans les Antilles, c'est quoi, c'est-à-dire qu'il y aura un régime de passe-droit pour les Antilles ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, il n'y a pas de régime de passe-droit, mais il y a déjà un délai qui a été…je ne suis pas au cœur de ces sujets…

LAURENCE FERRARI
Au 31 décembre.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Mais effectivement il y a un délai jusqu'au 31 décembre, je crois que le ministre a dit être ouvert à des adaptations locales, donc il faudra donner cette chance au dialogue, encore une fois c'est son sujet et pas le mien.

LAURENCE FERRARI
Alors, votre sujet c'est les transports évidemment. L'OMS demande que si l'on est vulnérable et qu'on a plus de 60 ans il ne faut pas voyager, déconseille de voyager, et ce n'est pas du tout le message qu'on a par ailleurs nous en France, qui faut-il croire ? Est-ce qu'il faut voyager, est-ce qu'il fermer les frontières, est-ce qu'il y a un moment où vous allez, vous… de fermer les frontières ou pas ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
L'OMS dit dans le même temps qu'elle considère que d'interdire les voyages n'est pas la solution pour endiguer le virus, donc nous on a une stratégie qui est très claire sur les personnes les plus vulnérables, ce sont celles qui ont bénéficié de la vaccination les premières et ce sont celles qui bénéficient du booster de la troisième dose, la dose de rappel, les premières, c'est ça notre stratégie pour les populations les plus vulnérables, depuis le début, et donc c'est ce qu'on continue d'appliquer.

LAURENCE FERRARI
Est-ce sur les voyages, est-ce que vous déconseillez les voyages, est-ce que vous dites aux Français, attention, là il y a les fêtes de fin d'année, ne bougez pas, faites attention ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je ne fais pas de catégories de Français, encore une fois il y a un sujet de vulnérabilité des personnes âgées, plus âgées, raison pour laquelle nous les avons priorisées dans l'accès aux tests, à la vaccination, et c'est à mon avis comme ça qu'on permet de vivre, qu'on se donne la capacité de vivre en collectivité, ce n'est pas en segmentant les populations.

LAURENCE FERRARI
Est-ce qu'il y aura des mesures de restriction justement en prévision de ces fêtes de fin d'année, est-ce qu'il y aura des mesures de contrôle renforcé dans les trains, les gens vont beaucoup prendre le train, vont énormément se déplacer pendant ces périodes ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
D'abord on a déjà vécu ça l'année dernière, vous vous rappelez qu'on nous avait annoncé d'ailleurs une apocalypse, notamment les oppositions, et la période de Noël s'est plutôt très bien passée, avec beaucoup de gens dans les trains, et à l'époque nous n'avions pas la vaccination, nous n'avions pas le pass sanitaire. Donc cette année nous avons la vaccination, nous avons le pass sanitaire, et nous aurons des trains à Noël et nous ferons en sorte que, la SNCF, que les opérateurs ferroviaires, répondent en nombre aux demandes de déplacement des Français.

LAURENCE FERRARI
Donc il y aura des personnels de la SNCF qui seront mobilisés, supplémentaires, pour ces contrôles-là ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est toujours le cas à Noël, ce sera évidemment le cas cette année, et la particularité c'est qu'avec le pass sanitaire nous mobilisons déjà beaucoup plus de personnes pour contrôler plusieurs centaines de milliers de personnes par semaine.

LAURENCE FERRARI
Est-ce que le trafic aérien est à nouveau menacé par cette ombre du variant Omicron qui plane ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
De fait le trafic aérien, qui était revenu à peu près à 60% au global, en moyenne, de son niveau 2019, subit des creux et des vagues, c'est sûr que c'est compliqué pour les opérateurs, c'est compliqué pour les aéroports, et on voit bien qu'à chaque vague, et à chaque vague de restrictions, on est face à des grandes difficultés financières pour les opérateurs. C'est pour ça que moi je veux rester positif et je pense qu'il faut aborder la situation avec beaucoup de… et clairvoyance, on a la chance d'avoir des vaccins, on a la chance d'avoir des laboratoires pharmaceutiques qui nous disent pouvoir repositionner très rapidement des vaccins pour couvrir, le cas échéant, le variant…

LAURENCE FERRARI
D'ici l'été, le très rapidement est quand même…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui, mais on disait aussi qu'on n'aurait pas de vaccin entre trois, quatre ans, donc moi je pense que ça va aller beaucoup plus vite que prévu, et j'espère que ça va aller beaucoup plus vite que prévu…

LAURENCE FERRARI
Enfin, pour fabriquer des milliards de doses il y a un tout petit délai incompressible, vous le savez.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui, mais, d'abord, si on se dote de la troisième dose, a priori ça renforce, quoi qu'il soit, nos anticorps et notre capacité à lutter…c'est quand même le même virus à la fin de la fin, ce n'est pas le même variant, mais c'est le même virus, et donc moi je suis optimiste s'agissant de notre capacité à nous protéger de ce virus et à retrouver des déplacements normaux.

LAURENCE FERRARI
Mais en aucun cas en fermant les frontières, c'est ce que vous redites ce matin, il n'y aura pas de fermeture des frontières ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Personne n'a fermé durablement et complètement les frontières, personne n'a arrêté…

LAURENCE FERRARI
Même si nous permet de gagner 15 jours sur l'avancée des… ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Mais personne n'a arrêté les transports, les transports c'est une nécessité, c'est essentiel pour pouvoir travailler, se soigner, s'alimenter, on a maintenu les flux logistiques parce qu'on s'est rendu compte que la logistique c'était important dans un monde très interdépendant, donc évidemment les transports vont continuer, ce qu'on a construit pour protéger les Français ce sont des protocoles sanitaires, qui sont efficaces, d'ailleurs il n'a pas varié depuis mai 2020 et c'est un protocole qui est un des plus sérieux du monde.

LAURENCE FERRARI
Merci beaucoup Jean-Baptiste DJEBBARI d'être venu ce matin dans la matinale de Cnews.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 2 décembre 2021