Extraits d'un entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat au tourisme, aux Français de l'étranger, à la francophonie et chargé des petites et moyennes entreprises, avec BFM TV le 15 janvier 2022, concernant les conséquences des mesures sanitaires sur l'activité des commerçants.

Intervenant(s) :

  • Jean-Baptiste Lemoyne - Secrétaire d'Etat au Tourisme, aux Français de l'étranger, à la Francophonie et chargé des Petites e

Prononcé le

Texte intégral

Q - Bonjour, Jean-Baptiste Lemoyne.

R - Bonjour.

Q - Vous êtes ministre délégué chargé du tourisme et des Français de l'étranger, c'est pour le portefeuille des PME qu'on voulait vous avoir ce matin pour évoquer notamment les soldes, les soldes qui ont débuté mercredi.

(...)

Q - Jean-Baptiste Lemoyne, on le voit, petit moral du côté des commerçants. C'est compliqué à Marseille. Est-ce que vous avez déjà des retours sur ces premières journées de soldes ?

R - Alors, on a des retours venant de Lorraine, puisqu'en Lorraine, cela commence un peu plus tôt. Effectivement, on voit une baisse de fréquentation de l'ordre de 40%, une baisse du chiffre d'affaires qui est un peu moins forte que celle-là, de moins 25%. Mais attention, il faut avoir un peu plus de recul : ce week-end va être très important, on le sait. Les soldes, c'est quatre semaines, tout se joue sur les quinze premiers jours. Donc, j'ai envie aussi de lancer un appel aux citoyens et aux consommateurs en leur disant : voilà, faites-vous plaisir, c'est le moment. N'hésitez pas à vous rendre effectivement dans vos magasins de proximité, dans vos commerces de proximité, parce qu'ils sont prêts en toute sécurité sanitaire. Et puis, il est vrai aussi qu'il faut mettre en perspective cela avec une consommation qui a été dynamique dans le commerce en octobre, en novembre, en décembre, ce qui était plutôt positif parce que cela veut dire que, d'ailleurs, ce sont des articles qui se sont vendus au prix normal si je puis dire, au bon prix, et donc qui a permis aussi aux commerçants de faire de bonnes affaires. Mais c'est vrai que, quelque part, il est important que les clients soient au rendez-vous de ces soldes, parce que cela permet pour les trésoreries de faire face, naturellement.

Q - Allez faire les soldes, c'est un geste citoyen, donc, vous nous dites, ce matin. Il n'y a pas eu de fermeture administrative. Il y a un chiffre d'affaires qui est en berne pour la période des soldes. Est-ce que les commerces, du coup, sont éligibles au fonds de solidarité ?

R - Alors, pour l'instant, nous avons mis en place des dispositifs qui concernent ce qu'on appelle le secteur S1-S1 bis. C'est tout ce qui a trait au tourisme, à l'hôtellerie, à la restauration, et donc nous sommes naturellement dans un pilotage permanent avec les différentes organisations professionnelles pour pouvoir ajuster les dispositifs. J'ai reçu moi, mardi dernier d'ailleurs, le secteur hôtellerie-restauration, agences de voyages, événementiel. Lundi prochain, avec Bruno Le Maire, nous réunirons à nouveau le secteur de l'hôtellerie-restauration. On a réactivé un certain nombre de dispositifs.

Q - Mais là, l'habillement, par exemple, ils peuvent prétendre à quelque chose ou pas, les commerçants qui ne vont pas réussir les soldes ?

R - À ce stade, on est sur le secteur S1-S1 bis que j'évoquais, mais naturellement on est en contact. J'étais hier avec la présidente de la PROCOS, Laurence Paganini, qui représente justement un certain nombre d'enseignes et l'Etat, naturellement, est vigilant. Encore une fois, il y a eu de bons chiffres à l'automne, j'espère que les Français vont entendre cet appel. Et puis, le commerce, on a des enjeux devant nous ; des enjeux, parce qu'il y a des changements de comportement, de consommation. C'est pourquoi d'ailleurs on a lancé les assises du commerce tout au long du mois de décembre, et l'idée, c'est aussi de pouvoir faire face à tous ces enjeux : la numérisation, la transition écologique. Et nous, on veut aider les commerçants à faire face à cela.

Q - Et parmi les changements de comportement, il y a aussi le télétravail ; télétravail qui fait que beaucoup de personnes désertent les boutiques, c'est ce que disent les commerçants en fait. Ils ne viennent plus s'habiller, et puis en plus, il n'y a plus la pause-déjeuner pour l'achat coup de coeur notamment. La filière de l'habillement s'inquiète, réellement ; je lisais ce chiffre : 8 indépendants sur 10 se disent inquiets pour la pérennité de leur activité commerciale en 2022, selon la Fédération nationale de l'habillement. Il y aura de la casse dans ce secteur ?

R - Vous savez, on a été depuis le début de la crise présents auprès de toutes et tous. Ne serait-ce que par l'Etat qui a garanti des prêts, je rappelle, à 90%, les prêts garantis par l'Etat.

Q - Visiblement, ça ne suffit pas, pour le secteur de l'habillement en tout cas.

R - Oui, mais on travaille d'ailleurs avec Bruno Le Maire, par exemple pour faire en sorte que ceux qui ont des échéances qui vont arriver très vite, pour lesquels c'est le plus nécessaire, on puisse peut-être travailler à un étalement, jusqu'à dix ans ; peut-être décaler aussi les échéances. On est en train d'y travailler avec la Fédération bancaire française, la Banque de France pour essayer d'avoir un accord de place. Donc, vous voyez qu'on essaye de trouver à chaque fois les meilleures solutions face aux problèmes concrets qui se posent. (...).


source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 18 janvier 2022