Interview de M. Olivier Veran, ministre délégué, chargé des relations avec le Parlement et de la vie démocratique, à France Inter le 8 juin 2022, sur le pouvoir d'achat, la campagne des élections législatives 2022 et le risque de cohabitation.

Texte intégral

NICOLAS DEMORAND
Et avec Léa SALAME, nous recevons ce matin le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et de la Vie démocratique, candidat Ensemble aux législatives en Isère. Et j'attends toutes vos questions amis auditeurs au 01 45 24 7000 et sur l'application France Inter. Olivier VERAN, bonjour.

OLIVIER VERAN
Bonjour.

LEA SALAME
Bonjour.

NICOLAS DEMORAND
Et merci d'être à notre micro ce matin, on est maintenant à 4 jours du 1er tour des législatives et beaucoup se demandent quel aura été votre stratégie de campagne ou plutôt de non-campagne comme le disait à ce micro la semaine dernière Brice TEINTURIER, il montrait, il pointait 0 polémique, 0 débat, 0 risque. Ne craigniez-vous pas Olivier VERAN qu'avec cette stratégie vous soyez pris de court dimanche prochain, dimanche-là qui vient avec certains de vos électeurs qui resteront chez eux démobilisés faute d'avoir été intéressés ?

OLIVIER VERAN
Mon premier message et vues mes fonctions, je ne peux pas ne pas le porter, c'est de demander aux Françaises et aux Français le 12 juin prochain et le 19 d'aller nombreux voter, quel que soit leur choix d'ailleurs, voter c'est important. C'est un geste citoyen, un acte qui permet de donner sa vitalité à la démocratie, c'est essentiel.

NICOLAS DEMORAND
Mais avez-vous tout fait pour réveiller cette ardeur ?

OLIVIER VERAN
Je partage avec vous le constat que la campagne a démarré tard, la campagne législative. Alors est-ce qu'elle a démarré tard du fait des candidats, vous savez pour être allé dans des dizaines de circonscriptions aider les collègues, en ruralité comme dans les métropoles ou pour avoir arpenté ma propre circonscription grenobloise, je peux vous dire que nous faisons de travail sur le terrain nous les candidats pour aller à la rencontre des Français. Par contre l'état d'esprit n'était pas à la campagne, probablement d'une part en raison…

LEA SALAME
Pourquoi ?

OLIVIER VERAN
D'abord parce que les Français ont voté en avril, ils ont élu un président de la République et la succession de l'élection des élections présidentielles et législatives donne…

LEA SALAME
C'est les institutions ?

OLIVIER VERAN
Le sentiment pour un certain nombre de Français que le choix a été fait et que désormais il faut que les réformes soient conduites dans le pays. Vous savez on est un pays et je le comprends parfaitement, plutôt légitimiste. On aime le l'ordre plutôt que le désordre et on préfère accorder au président élu une majorité plutôt que de créer les conditions d'une crise institutionnelle.

LEA SALAME
il y a 5 ans vous étiez candidat déjà aux législatives, il y avait une campagne beaucoup plus nerveuse, beaucoup plus passionnante, beaucoup plus excitante, beaucoup plus passionnée tout simplement, convenez que là il y a eu une volonté générale et Brice TEINTURIER le disait, il y a une stratégie du pouvoir de dépolitiser totalement les choses, convenez y, vous pouvez, d'ailleurs vous pouvez dire oui, je veux dire, on pourrait être cyniquement électoralement trouver ça normal et vous avez sans doute raison.

OLIVIER VERAN
Il n'y a aucune stratégie écrite disant qu'il ne faut pas faire campagne ou pas politiser. En revanche le contexte est différent. D'abord il y a 5 ans souvenez-vous il y avait l'effet nouveauté, là on est dans la stabilité. Alors la stabilité, ça fait un peu moins parler dans les chaumières que la totale nouveauté. Ensuite on sort, on sort j'espère de 2 ans et demi d'une pandémie, on a une guerre aux frontières de l'Europe, on a la question du pouvoir d'achat qui est cruciale pour les Français et tout cela est assez pesant comme contexte et fait qu'on a peut-être un peu moins d'espace d'esprit disponible pour pouvoir s'intéresser pleinement aux législatives. Et puis vous avez un candidat qui essayent de dévier la réalité de cette élection, c'est Jean-Luc MELENCHON qui explique aux Français à grand renfort d'affiches qu'il faudrait que les Français l'élisent Premier ministre, ce qui crée de la confusion et la confusion n'est généralement, vous savez, pas un facteur de motivation pour la population.

NICOLAS DEMORAND
Le Figaro titrait hier que l'inquiétude monte à l'Elysée face à la progression de la NUPES, dites-nous franchement Olivier VERAN, est-ce que vous ressentez vous aussi de l'inquiétude avec un risque selon les derniers sondages que vous n'ayez pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale, alors que c'était impensable il y a encore 3 semaines ?

OLIVIER VERAN
Je considère et je pense et j'espère que nous aurons une majorité accordée par les Français pour pouvoir conduire la politique pour laquelle les Français ont voté de façon large pour Emmanuel MACRON pour être leur président de la République, c'est important. On a eu une crise sociale, les gilets jaunes, une crise sanitaire sans précédent la pandémie, une crise géopolitique avec la guerre aux frontières de l'Europe, n'ajoutons pas une crise institutionnelle avec un pays qui ne serait plus gouvernable, parce que parfois l'ensemble, vous savez…

LEA SALAME
Ce ne serait pas gouvernable s'il y avait une situation de cohabitation, elle a existé par le passé en 86.

OLIVIER VERAN
Mais pardonnez-moi une cohabitation avec un extrême politique n'est pas une cohabitation avec un parti de gouvernement. Par ailleurs une cohabitation pendant 5 ans n'est pas une cohabitation pendant un an et demi, 2 ans en fin de mandat pour avoir un peu d'alternance.

LEA SALAME
On peut toujours dissoudre l'Assemblée nationale.

OLIVIER VERAN
Là je discute avec des Français qui me disent parfois, nous on veut qu'il y ait une opposition quand même, ils ont parfaitement raison et je les rassure dans tous les cas de figure, il y aura de non pas une, mais des oppositions qui pourront se faire entendre au Parlement, elle sera sans doute plus importante qu'il y a 5 ans d'ailleurs en nombre. Et parfois certains Français me disent mais on a élu le président de la République, ça nous va bien, mais on voudrait qu'il y ait un contre-pouvoir. Attention l'élection législative n'est pas la désignation d'un adjoint au président de la République. Le gouvernement, c'est celui qui conduit la politique intérieure. Les Français doivent faire le choix entre l'Europe où le frexit caché, entre le pouvoir d'achat ou l'endettement et la hausse des impôts.

LEA SALAME
Mais vous entendez, Olivier VERAN, vous entendez beaucoup de Français dire même ceux qui ne sont pas forcément des grands fans de Marine LE PEN ou de Jean-Luc MELENCHON dire, on ne veut pas donner les pleins pouvoirs. Vous entendez cette musique ?

OLIVIER VERAN
Je leur dis que non seulement je l'entends mais je la comprends, il n'y aura pas de pleins pouvoirs accordés au président de la République ou au gouvernement, vous avez, vous savez je suis en en charge du Parlement je peux vous dire que l'opposition, elle est très vive, il y a cette vitalité et elle est essentielle.

LEA SALAME
Pendant 5 ans le Parlement, vous qui êtes maintenant chargé de la vie démocratique vous avez trouvé que le Parlement avait joué pleinement son rôle pendant 5 ans, que c'était un lieu de débats, de représentativité honnêtement ?

OLIVIER VERAN
Prenons un exemple que je connais bien, la crise sanitaire, j'ai passé 500 heures, 500 heures au banc entre l'Assemblée nationale et le Sénat. Les forces d'opposition en présence face à nous n'ont voté aucun des textes pour protéger les Français pendant la crise, il fallait bien qu'on soit capable d'adopter des mesures. Qui regrette aujourd'hui que nous ayons eu à prendre des décisions qui étaient difficiles certes sur le moment mais qui ont sauvé des vies et qui font qu'on s'en est mieux sorti que les autres. Le pass sanitaire, il faut du courage politique pour adopter des mesures qui ne sont pas forcément populaires, à aucun moment les députés de la France insoumise n'ont adopté la moindre de ces mesures et pourtant il était important de prendre ces dispositions pour protéger les Français. Donc l'opposition a pu se faire entendre, elle pourra se faire entendre dans le pays, que vraiment chacun soit rassuré.

NICOLAS DEMORAND
Léa, vous posez la question de la cohabitation, imaginons une majorité relative, que se passerait-il, il faudrait faire des alliances de circonstance avec la gauche, la droite selon les lois. Ce ne sera pas facile, Olivier VERAN de gouverner dans un tel cas de figure.

OLIVIER VERAN
Ce qui est certain c'est que nous avons une feuille de route et qu'elle a été présentée aux Français en transparence. Le premier texte que le gouvernement présentera en conseil des ministres à l'issue des élections législatives, c'est une loi sur le pouvoir d'achat. Je le rappelle le Français nous voulons augmenter le point d'indice des fonctionnaires, ils l'attendent nombreux, nous voulons augmenter les pensions pour les retraités de plus de 4 points, c'est-à-dire en moyenne 63 euros de plus par mois et par retraité. Nous allons maintenir un bouclier tarifaire qui fait que le prix de l'énergie a beaucoup moins augmenté dans notre pays qu'il a augmenté dans le reste de l'Europe. Nous allons mettre en place des chèques de solidarité à destination des foyers les plus précaires. Tout cela nous ne pouvons le faire et nous le ferons, je le souhaite, qu'à la condition que nous soyons équipés d'une majorité. S'il devait y avoir une crise institutionnelle, tout cela serait évidemment balayé et pardonnez-moi, je comprends que les périodes électorales soient propices à toutes les promesses, mais quelqu'un qui vous expliquent que demain vous aurez un SMIC qui sera augmenté de je ne sais combien de pourcent, que vous travaillerez je ne sais combien d'années en moins, que vous allez avoir des services publics multipliés par 2 ou par 3, personnes ne peut y croire. Et ça voudrait dire de toute façon une hausse écrasante des impôts et chacun doit bien lire les programmes des uns et des autres, qui toucherait la quasi-totalité d'entre nous. Une hausse écrasante des impôts. De notre côté nous avons montré pendant 5 ans que nous tenions notre engagement, nous avons baissé les impôts pour les Français et nous continuerons à les réduire dans le quinquennat qui s'ouvre.

NICOLAS DEMORAND
Encore un mot sur ce chapitre, si jamais Jean-Luc MELENCHON obtenait la majorité, Emmanuel MACRON dit qu'il ne serait pas obligé de le nommer Premier ministre, hier à ce micro Jean-Luc MELENCHON a fait valoir que le président sera raisonnable et qu'il nommera celui qui sera élu, sinon on ne votera pas la confiance, fin de citation. Que lui répondez-vous sur ce point ?

OLIVIER VERAN
Je lui réponds que de toute façon on sait très bien ce qui va se passer au soir des élections législatives lorsque Jean-Luc MELENCHON n'aura pas de majorité au Parlement et qu'il ne sera pas Premier ministre, il vous expliquera que maintenant c'est l'heure du 4e tour, et que le 4e tour il est dans la rue. Enfin pardon, c'est tous les 5 ans la même chose. On joue une élection présidentielle, ensuite on bidouille un peu avec la lecture des institutions pour se dire qu'on peut se faire élire Premier ministre et puis quand on n'y arrive pas, on explique tout le monde dans la rue pour empêcher la France d'avancer. Moi je suis, j'ai choisi le camp, vous savez, je suis de, je viens de la gauche vous le savez, j'ai choisi le camp de cette gauche, de ses valeurs sociales qui sont compatibles avec un gouvernement, parce que je considère que, ensemble nous devons avancer surtout dans la période que nous connaissons.

LEA SALAME
Vous n'avez pas de valeurs communes avec Jean-Luc MELENCHON ?

OLIVIER VERAN
En tout cas j'ai suffisamment de divergences profondes, moi je ne suis pas un idolâtre d'un certain nombre de tyran, ma position est très claire par rapport à la Russie de POUTINE, pour ne citer que celle-ci. Je suis un Européen convaincu. Jean-Luc MELENCHON prône des réformes économiques qui conduiraient inexorablement à la sortie de l'Union européenne, voire on ne demanderait pas à sortir, on nous mettrait dehors de l'Union européenne.

LEA SALAME
Non mais je vous pose la question…

OLIVIER VERAN
Sur la laïcité, je suis aux antipodes de la position actuelle de Jean-Luc MELENCHON mais qui a eu autrefois une position qui était différente et je considère qu'il faut tenir un discours de vérité. Vous savez, on a été capable de déployer des sommes colossales pour protéger les commerces, les restaurants, pour soigner les Français dans la période et on est aujourd'hui capables de déployer des sommes importantes pour faire en sorte que les Français puissent se chauffer, qu'ils puissent conduire, qu'ils puissent manger et on va aller au-delà encore dans les prochaines semaines et les prochains mois. Mais il faut avoir un discours de vérité, tout cela a un coût et cela repose donc sur le travail, notre capacité à travailler pour produire des richesses. La gauche du gouvernement, c'est celle qui est capable de dire, le travail c'est ce qui procure des cotisations, des impôts et qui nous permet de payer plus de services publics.

LEA SALAME
Oui le discours de vérité c'est aussi de dire la même chose qu'on disait il y a un mois et demi. Je vous ai posé la question parce que vous multipliez et c'est normal c'est la politique les attaques contre Jean-Luc MELENCHON, le Chavez gaulois selon Bruno LE MAIRE. Vous venez de dire tout ce qui vous sépare de lui, vous dites que c'est un homme autoritaire et communautariste, globalement tous les jours dans les micros et pourtant vous n'avez pas toujours dit ça, au soir du 1er tour de l'élection présidentielle, Richard FERRAND président de l'Assemblée nationale qui était à ce micro chez nous disait que vous aviez des valeurs communes avec Jean-Luc MELENCHON. Depuis qu'il monte dans les sondages il y a plus de valeurs communes ?

OLIVIER VERAN
Non Léa SALAME pardon, Jean-Luc MELENCHON a appartenu un jour un parti auquel j'ai appartenu un jour, pas en même temps et pas au même niveau du parti. Il s'en est écarté, donc les valeurs qui consistent à dire, vous savez si vous me posez la question, est-ce que vous trouvez que les grands patrons touchent trop d'argent dans notre pays, qu'il faut le réguler ? Je vous répondrai oui, d'ailleurs le président de la République propose un plafonnement, un encadrement des grands salaires des grands patrons à l'échelle européenne. D'ailleurs si nous avons une majorité au parlement 30 % des rémunérations des grands patrons relèveront d'objectifs écologiques et sociaux, ça n'est jamais arrivé dans notre pays. D'ailleurs si nous avons une majorité il y aura une prime défiscalisée désocialisée jusqu'à 6000 euros pour les salariés et nous aurons aussi une politique de répartition des richesses dans l'entreprise qui fait que tous les salariés seront quelque part actionnaires de leurs propres entreprises. Pardonnez-moi j'étais dans le quinquennat 2012-2017 si on avait proposé ça, le groupe socialiste ne l'aurait pas pris. Donc on est capable d'avoir ces mesures sociales, c'est en cela qu'on peut dire qu'il y a des valeurs qui sont communes, mais Jean-Luc MELENCHON, pardonnez-moi de le dire, je vais rajouter une caractéristique que vous n'avez pas cité, je le trouve brutal. Je l'ai écouté hier sur votre antenne, il est brutal. Être capable de dire en matinale que la police tue, être capable de s'exprimer comme il le fait avec une espèce de légitimation de la violence sociale, vous savez dans tous les pays du monde où la gauche radicale est arrivée au pouvoir et s'est assortie d'une forme de légitimité du discours sur la violence sociale, ça c'est très mal fini et ça c'est très mal passé. Donc je dis attention, on n'est pas en train, Jean-Luc MELENCHON ne s'est pas recentré avec la NUPES, ce n'est pas parce qu'il a fait un accord avec le PS que tout d'un coup c'est le programme commun de 80 de MITTERRAND, 81 c'était MITTERRAND, un socialiste qui était au centre et qui a pris, laissé un peu de place aux extrêmes. Là vous avez quelqu'un qui vient de l'extrême et qui a phagocyté, totalement phagocyté la gauche de gouvernement, ce n'est absolument pas la même chose, il n'est pas quelqu'un de centre gauche, il faut le rappeler parce qu'on a tendance parfois à l'oublier.

NICOLAS DEMORAND
Olivier VERAN, le Conseil d'Etat a demandé à Gérald DARMANIN, ministre de l'Intérieur de considérer la NUPES comme une nuance politique à part entière lors des législatives donnant raison à Jean-Luc MELENCHON qui l'avait saisi en référé, le Conseil d'Etat estime que je le cite comptabiliser les partis politiques de cette coalition séparément peut porter atteinte à la sincérité de la présentation des résultats électoraux. Votre réaction à cette décision, est-ce une erreur politique de Gérald DARMANIN de refuser de comptabiliser la NUPES ensemble alors que la REM, le MoDem et Agir eux étaient bel et bien comptabilisés ensemble ?

OLIVIER VERAN
Non une interprétation qui avait pu être donnée et le Conseil d'Etat a tranché, pour moi ça ne pose aucun problème.
A la rigueur, ce que ça signifie Nicolas DEMORAND, ça signifie que quand vous avez une émission de télé ou un débat logiquement il devrait y avoir un représentant de la NUPES ou alors égalité de temps de parole, donc ça va plutôt avoir un impact sur leur temps de parole.

LEA SALAME
C'est sur la présentation des résultats, ce n'est pas sur le temps de parole.

OLIVIER VERAN
Oui enfin pardon, excusez-moi, la présentation des résultats par définition c'est déjà après les élections, donc ça n'a pas d'impact sur les…

LEA SALAME
Oui mais la décision du Conseil d'Etat porte sur la présentation des résultats.

OLIVIER VERAN
Pour moi il n'y a aucun problème.

LEA SALAME
sur le pouvoir d'achat, la Première ministre, Elisabeth BORNE a annoncé hier qu'une aide ciblée à l'inflation serait versée à la rentrée aux plus modestes, en revanche pas de chèque alimentaire ou reporté à plus tard, elle ne précise pas quand, les agriculteurs sont pas contents, ils comptaient sur ce chèque alimentaire que vous promettez depuis des semaines et des semaines qui devaient être ciblés sur les produits agricoles bio et sains et ils disent au lieu de quoi les ménages qui vont recevoir cette aide pourront acheter des basket ou des téléphones au lieu d'acheter des produits bio et les produits agricoles made in France. Vous leur répondez aux agriculteurs ? Hier il y avait la patronne la FNSEA qui disait là, qui était à votre place et qui disait il faut absolument le faire ce chèque alimentaire, vous ne le faites pas.

OLIVIER VERAN
Il y a un travail de fond à mener plus poussé, j'ai beaucoup bossé sur cette question figurez-vous, parce que quand j'étais députée j'ai mis le nutriscore dans la loi, j'ai fait voter par le Parlement une taxe sur les sodas, enfin je me suis très impliqué dans la question de la santé alimentaire et de la bonne alimentation. C'est fondamental qu'on y arrive à un moment donné, mais enfin là permettez-moi de vous dire que pour les Français qui nous écoutent l'urgence c'est d'avoir de l'argent sur leur compte en banque pour pouvoir, je crois pas acheter des baskets en l'occurrence, mais pour pouvoir manger à leur faim pendant la période estivale notamment et à la rentrée.

LEA SALAME
Mais pourquoi vous l'avez promis, c'est vous qui l'avez promis le chèque alimentaire, Bruno LE MAIRE était là à ce micro la semaine dernière, il disait encore on va faire le chèque alimentaire, on va faire le chèque alimentaire.

OLIVIER VERAN
Là où vous avez raison Léa SALAME, c'est que ça fait un moment qu'on cherche la martingale, le bon moyen de mettre en place un dispositif qui ciblerait une aide financière vers un type d'alimentation, juste le contexte d'inflation, le contexte où les Français attendent de nous des mesures rapides et efficaces pour le pouvoir d'achat fait qu'on a choisi la simplicité cette fois-ci, mais on ira, on y arrivera, c'est dans le sens de l'histoire.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 9 juin 2022