Déclaration de M. Sébastien Lecornu, ministre des armées, sur les Fusiliers Marins, à Ouistreham le 6 juin 2022.

Texte intégral


Monsieur le chef d'état-major de la marine,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Monsieur le Préfet,
Monsieur le président du conseil régional,
Monsieur le président du conseil départemental,
Monsieur le Maire,
Amiral,
Officiers, officiers-mariniers, quartier-maitres et matelots,
Mesdames et Messieurs,


En ce 6 juin, au coeur de ces dunes de Ouistreham, qui, il y a 78 années, dans une nuit de feu et de sang, sont devenues une terre sacrée de notre Histoire ; je mesure avec vous ce que nous devons aux hommes qui ont mené ici un assaut intrépide pour notre liberté.

Face à ce drapeau du 1er régiment de fusiliers marins, témoin de la bravoure de ceux qui vous ont précédés, qui, comme vous, avec l'élan de leur jeunesse et l'envie de servir ancrée au fond de l'âme, ont fait le choix de leur Patrie ; je suis fier de m'adresser à vous, officiers, officiers mariniers, quartiers-maîtres et matelots, nouveaux détenteurs du béret vert et jeunes fusiliers marins recevant les fourragères qui participent de votre entité.

Devant vous, cher Léon Gautier, dernier survivant des 177 fusiliers marins du commando Kieffer, je veux rappeler sans cesse ce que nous devons à ceux qui, comme vous, avaient fait le choix de la France Combattante. 10 de vos frères d'armes sont morts ce matin-là. Puisse leur mémoire nous servir d'exemple, et votre parole inspirer l'engagement de vos successeurs, qui portent désormais fièrement le glorieux béret vert.

Vous qui sortez du stage commando, vous avez connu ces dernières semaines la fatigue, la faim, le froid, l'âpreté du combat au corps à corps et appréhendé la nature implacable de ceux qui se font à balle réelle. Cette formation est plus qu'un simple exercice, elle est l'héritage d'une histoire, celle des fusiliers marins et commandos dont vous devenez les dépositaires.

Elle recrée l'épuisement des fusiliers de Dixmude, qui en 1914, à dix contre un, ont tenu héroïquement face à l'ennemi allemand ; elle recrée tantôt la chaleur et la soif de Bir Hakeim ; tantôt le froid de la Manche qui ce 6 juin 1944 au matin, a glacé le corps des hommes du commando Kieffer sans jamais qu'ils ne s'arrêtent, résistant à la fatigue, ne tombant qu'atteint par une balle, combattant 78 jours durant…

Elle vous prépare aux dures missions et aux combats difficiles qui seront les vôtres, face à des adversaires déterminés et des compétiteurs aguerris. Ces semaines d'entraînement vous ont formés à la tactique, à la technique, mais vous ont surtout transmis cette force de l'âme qui fait désormais votre caractère. A l'exemple des 177 du commando Kieffer, qui, connaissant les risques, ce 6 juin au matin, s'étaient tous présentés l'arme à la main et le coeur empli de courage.

Vous, jeunes fusiliers marins, cette histoire devient aussi la vôtre. La formation que vous recevez est exigeante et ardue, elle fera de vous des marins combattants, entre mer et terre, opérationnels et projetables à tout moment. Vous qui venez d'être baptisés du nom du Second Maître René GUY, inspirez-vous de son exemple, lui qui fut de toutes les missions les plus risquées pour la France Libre, d'août 1940 à cette terrible nuit du 28 février 1944, où il mourut pour la France, dans un raid le long des côtes hollandaises avec ses cinq compagnons d'armes.

Plus proches de nous, et autour de vous, les exemples ne manquent pas non plus pour vous guider sur ce chemin de bravoure que suivra votre engagement. Je pense en particulier aujourd'hui à tous les fusiliers marins et commandos marine morts en opération au cours des derniers conflits, qui ont pris part à l'engagement de la France, en Afrique et au Moyen-Orient.

En binôme, en équipe, en escouade, en équipage toujours, sur l'eau, sous l'eau, par les airs, vous mènerez de par le monde les missions qui vous seront confiées pour le succès des armes de la France. Vous serez déployés en mer, depuis la mer, sur le sable d'une côte, ou sur la roche d'une montagne. Partout où vous irez, je sais que vous serez braves : c'est là votre force. La France compte sur vous, elle compte sur ses fusiliers marins, et sur ses commandos marine.

Avant de conclure, je veux dire à vos familles qui vous regardent qu'elles peuvent être fières et heureuses pour vous. Fières de l'engagement que vous avez pris de servir la France et les Français. C'est un acte fort, qui vous oblige mais qui vous distingue et vous honore aussi.

Heureuses enfin, car vous entrez dans la grande famille des fusiliers marins et commandos, où la fraternité, l'entraide et la cohésion sont des valeurs ancrées au plus profond de chacun de ceux qui vous ont précédés.

Fusiliers marins et commandos, soyez fiers de votre engagement pour votre patrie. Soyez heureux de votre réussite. Soyez dignes de l'héritage de ceux qui vous ont précédés.


Vive les fusiliers marins.
Vive les commandos marine.
Vive la Marine Nationale.
Vive la République.
Vive la France.


Source https://www.defense.gouv.fr, le 9 juin 2022