Interview de M. Gabriel Attal, ministre chargé des comptes publics, à France Info le 10 juin 2022, sur la politique économique du gouvernement.

Texte intégral

MARC FAUVELLE
Bonjour Gabriel ATTAL.

GABRIEL ATTAL
Bonjour.

MARC FAUVELLE
Pour la première fois depuis 10 ans, la Banque centrale européenne a décidé de relever ses taux d'intérêt. C'est la fin de l'argent gratuit en Europe, mais c'est aussi une très mauvaise nouvelle pour tous les Etats qui se sont endettés ces dernières années. Est-ce qu'il y a une menace aujourd'hui sur la dette française ?

GABRIEL ATTAL
Non, et c'est une nouvelle qui valide le choix que nous avons fait, de remettre notre pays, après la crise Covid et après des dépenses qui étaient nécessaires pour protéger notre économie, pour protéger les emplois des Français, pour protéger le pouvoir d'achat des Français, de remettre nos finances publiques dans une trajectoire qui les mène vers les 3% de déficit.

MARC FAUVELLE
Donc le temps de l'austérité est venu.

GABRIEL ATTAL
Non, ce n'est pas ce que je dis non plus, puisque nous avons aussi une relance économique qui s'est faire de manière très forte, et donc des rentrées fiscales supplémentaires, qui permettent de continuer à dépenser pour protéger les Français, notamment sur la question du pouvoir d'achat, de continuer à investir, mais ce qui est certain, c'est qu'il faut revenir, et c'est ce que nous avons commencé à faire déjà depuis l'an dernier, vers une plus grande maîtrise de nos finances publiques. Il y a un peu moins d'un an maintenant, Bruno LE MAIRE avait annoncé la sortie du " quoi qu'il en coûte " de la crise Covid, je vous rappelle que le déficit l'an dernier était inférieur à celui de 2020, que celui de cette année sera inférieur à celui de l'an dernier, et que nous mettons notre pays…

SALHIA BRAKHLIA
On est quand même à 2 800 milliards de dette, et on est loin des 3%.

GABRIEL ATTAL
Oui, ça ne m'aura pas échappé en tant que ministre du Budget, mais nous avons remis notre pays sur une trajectoire vers les 3%. Le déficit en 2020 c'était près de 9%, l'an dernier c'était 6,4%, ce sera 5% cette année, c'est ce qui a été voté par les parlementaires, et 3% en 2027.

MARC FAUVELLE
Donc il y a bien des économies. Il n'y a que deux façons de réduire la dette, doit on augmente les impôts, et vous avez dit non, mais peut-être que vous avez changé d'avis, soit on fait des économies. C'est bien la piste des économies qui va permettre d'y arriver.

GABRIEL ATTAL
Alors, d'abord, je vais être extrêmement clair, nous on n'a pas changé d'avis sur les impôts, non seulement on ne veut pas les augmenter mais on veut continuer à les baisser. Et c'est ce qu'on a fait ces dernières années. Je rappelle la suppression de la taxe d'habitation, et pour les 20% des Français qui la paient encore, elle sera définitivement supprimée l'an prochain. Je rappelle les baisses des premières tranches d'impôt sur le revenu, toutes les mesures qui ont été prises en ce sens. Je rajouterai une 3e possibilité, pour rembourser la dette et avoir une meilleure trajectoire des finances publiques…

MARC FAUVELLE
C'est faire de la croissance.

GABRIEL ATTAL
C'est avoir une activité économique qui vous permet…

MARC FAUVELLE
Oui, mais là, ça ne marche pas trop en ce moment.

GABRIEL ATTAL
Eh bien, vous avez eu l'an dernier 30 milliards d'euros de recettes fiscales supplémentaires par rapport à ce qui avait été prévu, parce que vous avez un chômage qui a beaucoup baissé, il est au plus bas depuis 15 ans, plus vous avez de gens qui travaillent, plus vous avez de cotisations qui sont versées par les entreprises, c'est bon pour les finances publiques.

MARC FAUVELLE
L'an dernier on a eu de mémoire une croissance de 7%, cette année le gouvernement prévoit ou prévoyait 4%. Vous êtes à peu près les seuls aujourd'hui au gouvernement à dire : on va tenir les 4%. L'INSEE dit autour de 2%, la Banque centrale dit autour de 2%. A quel moment vous allez rétablir les chiffres ?

GABRIEL ATTAL
Nous allons actualiser notre prévision de croissance au moment de la présentation des textes financiers, qui interviendra dans les prochaines semaines. Ça, Bruno LE MAIRE avait eu l'occasion de le dire…

MARC FAUVELLE
Donc juste après les législatives.

GABRIEL ATTAL
Au moment de la présentation des textes. Quand vous présentez un projet de loi de finances rectificatives, vous présentez un certain nombre d'indicateurs, notamment la prévision de croissance, mais elle sera actualisée, Bruno LE MAIRE a eu l'occasion de le dire. Mais ce que je veux vous dire…

SALHIA BRAKHLIA
Actualiser, c'est revoir à la baisse.

GABRIEL ATTAL
Elle sera actualisée en fonction de ce qu'on constate au niveau mondial, que la guerre en Ukraine a un impact sur la croissance mondiale, on le voit sur les croissances de l'ensemble des pays du monde et les croissances de la zone euro. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a eu une reprise économique très forte en France. Il y a un chômage qui a baissé, qui encore une fois est au plus bas depuis 15 ans, et pour les jeunes au plus bas depuis 40 ans. C'est ce qui explique que l'an dernier on a eu des recettes supplémentaires. Et les tendances, les premières tendances dont je dispose en tant que ministre du Budget sur l'année 2022, montrent qu'on a là aussi des recettes extrêmement dynamiques, précisément parce que nous avons cette situation d'emploi qui s'est nettement améliorée, et donc plus vous avez de gens qui travaillent, plus vous avez aussi de recettes pour les finances publiques, pour pouvoir ensuite protéger les Français et investir.

SALHIA BRAKHLIA
Pardon Gabriel ATTAL, mais là, vous nous décrivez un ciel tout bleu, tout…

GABRIEL ATTAL
Non, ce n'est pas ce que je vous ai dit.

SALHIA BRAKHLIA
Tout va bien, alors il n'y aura pas d'augmentation d'impôts pour les particuliers ça vous nous le garantissez pour les 5 ans à venir…

GABRIEL ATTAL
Oui.

SALHIA BRAKHLIA
Pour les entreprises, Emmanuel MACRON avait promis une baisse de 7 milliards sur les impôts de production dès l'an prochain, c'est toujours d'actualité ?

GABRIEL ATTAL
Oui, et ça oui nous avons eu l'occasion de le dire avec Bruno LE MAIRE, la baisse des impôts de production pour les entreprises aura lieu en 2023.

SALHIA BRAKHLIA
7 milliards.

GABRIEL ATTAL
Mais c'est ce qui a été annoncé. Encore une fois, vous savez, vous parliez tout à l'heure de la croissance et des prévisions en baisse au niveau mondial. Si nous voulons que l'activité économique soit stimulée et que les entreprises puissent investir, puissent recruter, il faut continuer à leur redonner des marges de manoeuvre, c'est ce qu'on a fait dans le quinquennat précédent, on a pris des mesures au début du quinquennat précédent, pour baisser l'impôt sur les sociétés, pour renforcer la compétitivité de nos entreprises, ça a porté ses fruits, puisqu'il y a 1,2 million emplois qui ont été créés dans notre pays ces 5 dernières années. Et donc c'est exactement la même chose qu'on veut faire en ce début de quinquennat, avec la baisse des impôts de production, qui est un engagement de campagne, que le président avait a présenté dans le cadre de sa campagne présidentielle, qui sera présenté dans le projet de loi de finances pour 2023.

MARC FAUVELLE
Et elle ne sera pas étalée sur plusieurs années comme on a pu lire hier.

GABRIEL ATTAL
Le texte sera présenté en septembre, le budget. Moi, ce que je vous dis, c'est que la baisse de la CVAE, la baisse des impôts de production pour les entreprises, aura lieu en 2023.

SALHIA BRAKHLIA
On essaie de savoir comment on peut récupérer de l'argent avec vous Gabriel ATTAL, parce qu'il y a un quoi qu'il en coûte qui se prépare pour l'été prochain, on va en parler point par point, au Royaume-Uni par exemple, Boris JOHNSON, le Premier ministre, a décidé de taxer temporairement les géants du pétrolier, 25% sur leurs bénéfices. C'est inimaginable chez nous ?

GABRIEL ATTAL
Non, mais on a eu un débat sur ce sujet-là, régulièrement. Nous, ce qu'on souhaite, c'est avoir une trajectoire des finances publiques qui s'améliore, un, par la croissance économique et par l'emploi, et deux, par la maîtrise des dépenses. Et on a toujours tenu cette ligne-là. Voilà. Donc moi je vous réaffirme la ligne qui est la nôtre, qui est de ne pas augmenter l'impôt sur les entreprises mais de continuer à les baisser, pour qu'elles puissent investir et recruter.

SALHIA BRAKHLIA
Les maîtrises des dépenses, on ne voit pas où c'est pour le moment, la maîtrise des dépenses.

GABRIEL ATTAL
Mais vous savez, on a présenté une loi de programmation des finances publiques, c'est le cas en début de quinquennat, elle sera présentée avec le projet de loi de finances. On a un programme de stabilité qui va être présenté aussi et qui va donner la trajectoire jusqu'en 2027. On a un objectif qui est : stabilisation de la dette en 2026, et atteinte des 3% en 2027, qui sera tenu…

MARC FAUVELLE
Ce que dit Salhia, si vous me permettez de traduire ses propos, c'est qu'on voit les nouvelles dépenses, et on va en parler dans un instant, les dépenses liées à l'inflation, mais qu'on ne voit pas les mesures d'économies aujourd'hui. Où faire des économies pour compenser la hausse des intérêts, on va rembourser plus cher notre dette, et les nouvelles mesures que vous êtes en train d'annoncer ? Où sont les économies ?

GABRIEL ATTAL
On va présenter une loi de programmation des finances publiques. Mais, ce que je…

MARC FAUVELLE
Mais vous ne pensez pas que les Français, à deux jours des législatives, peuvent peut-être avoir envie de savoir ?

GABRIEL ATTAL
Non, mais ce que je viens d'expliquer, c'est que dans un contexte, vous avez des recettes extrêmement dynamiques. Faire…

MARC FAUVELLE
Avec une croissance qui a baissé au 1er trimestre.

GABRIEL ATTAL
Avoir une politique budgétaire raisonnable et responsable pour revenir vers les 3%, n'implique pas de faire des coupes drastiques, brutales, dans des ministères, mais de maîtriser le rythme d'augmentation de vos dépenses. C'est ça exactement ce qu'on est en train de construire, puisque de l'autre côté vous avez des recettes, parce que vous avez une activité économique qui est dynamique, et des rentrées dans les finances de l'Etat.

SALHIA BRAKHLIA
Ce sera des économies par petites touches, en fait, c'est ça ?

GABRIEL ATTAL
Non, ça sera une maitrise des finances publiques, une maîtrise des dépenses, et ça passera, et ce sera le cas dans opérateurs de l'Etat où ce sera possible, les collectivités locales où ce sera possible aussi, ça on a eu l'occasion de le dire dans le cadre de la campagne. On a fixé entre un cadrage budgétaire.

MARC FAUVELLE
Les collectivités locales, par exemple, elles disent : vous nous demandez 10 milliards d'économie, c'est bien gentil, mais faites-le d'abord chez vous.

GABRIEL ATTAL
C'est, encore une fois…

MARC FAUVELLE
David LISNARD, le président de l'Association des maires de France, qui était à votre place il y a quelques jours, nous a dit : que l'Etat fasse d'abord des économies avant de nous en demander à nous.

GABRIEL ATTAL
Vous savez, dans le budget qui a été le cadrage financier du programme du président de la République, qui a été annoncé pendant la campagne, il y a autant d'efforts dans la maîtrise des dépenses pour l'Etat que pour les collectivités locales qui ont été annoncées. Il y a des réformes de structures aussi, notamment la réforme des retraites, d'autres réformes de simplification, de modernisation de l'Etat, la facturation électronique, la e-prescription, la e-carte Vitale, qui vont nous permettre là aussi de faire des économies.

MARC FAUVELLE
Le fil info 08h40. Et on parle des mesures pour tenter d'effacer les effets de l'inflation dans un instant, avec le ministre du Budget Gabriel ATTAL. Le fil info, c'est avec Solène CRESSANT.

- Fil Info

SALHIA BRAKHLIA
Toujours avec le ministre du Budget Gabriel ATTAL. Pour faire face à l'inflation, Elisabeth BORNE a promis une indemnité pour les foyers les plus modestes. Qui sera concerné ?

GABRIEL ATTAL
Alors ce sera présenté dans le cadre du projet de loi pouvoir d'achat dans les prochaines semaines, mais effectivement il s'agit d'accompagner les Français, les familles les plus modestes, les plus précaires qui font face à une inflation. Je veux rappeler que l'inflation en France est élevée, évidemment trop élevé - 5,2% en glissement annuel sur un an - mais qu'elle est toujours la plus faible de la zone euro. Qu'en moyenne dans la zone euro, c'est au-dessus de 8% précisément parce que nous avons fait le choix en France très tôt de prendre des mesures très fortes pour limiter l'augmentation des prix, notamment dans le domaine de l'énergie. Sur l'électricité, sur le gaz avec la remise carburant. Mais il y a une inflation qui touche un certain nombre de produits alimentaires, il y a des familles qui sont dans de très, très grandes difficultés, les familles les plus modestes, les plus précaires, et il faut les accompagner. C'est ce qu'a annoncé la Première ministre avec une aide exceptionnelle.

SALHIA BRAKHLIA
Alors vous mettez où le curseur ?

GABRIEL ATTAL
Ce sera précisé dans le texte mais vous vous souvenez pendant la crise Covid, on avait eu l'occasion par deux fois dans l'année 2020 de verser une aide exceptionnelle pour les familles les plus modestes et les familles qui étaient aux minima sociaux. Je crois que c'était 4 millions de familles qui avaient été concernés et donc c'est une référence à laquelle vous pouvez vous raccrocher dans ce qui avait été fait.

MARC FAUVELLE
Ça ne peut pas être moins de 100 euros, on est d'accord.

GABRIEL ATTAL
À l'époque, ça avait été plus que ça et puis surtout…

MARC FAUVELLE
Ce sera le même ordre ?

GABRIEL ATTAL
Je ne peux pas vous faire d'annonce ici mais, en tout cas, je pense que c'est une bonne référence de ce qu'on est capable de faire et on s'adapte aussi à la situation familiale, puisque là aussi la Première ministre l'a dit : le nombre d'enfants dans le foyer sera évidemment comptabilisé pour le versement.

SALHIA BRAKHLIA
Ça veut dire qu'on pourra percevoir plus si on a beaucoup d'enfants, si on est une famille nombreuse ?

GABRIEL ATTAL
À l'époque, encore une fois il ne s'agit pas ici d'une annonce, mais je rappelle ce qui avait été mis en place à l'époque, je crois que c'était 150 euros pour les parents et puis ensuite 100 euros par enfant.

MARC FAUVELLE
Le délai ?

GABRIEL ATTAL
Je ne vous dis pas que c'est ce qui sera fait. Ce que je vous dis, c'est que c'est une bonne référence de ce qu'on a pu faire à un moment aussi où il y avait de grandes difficultés pendant la crise Covid, de manière ponctuelle, pour accompagner les familles les plus modestes dans notre pays.

MARC FAUVELLE
La Fondation Abbé Pierre alertait hier sur Franceinfo sur le fait que cette aide sera versée directement sur le compte bancaire et que, du coup, les sans-abri pourraient ne pas la toucher. Comment vous allez faire ?

GABRIEL ATTAL
Je pense que précisément à cette époque aussi du Covid quand on avait versé cette allocation, on avait trouvé des solutions en lien avec les associations qui viennent en aide aux sans-abri, et donc je ne doute pas qu'évidemment, en lien avec mes collègues en charge des solidarités, on trouvera des solutions pour évidemment accompagner les sans-abri.

MARC FAUVELLE
Alors ça, c'est donc pour la partie indemnité inflation - je ne sais pas comment ça va s'appeler au final - il y a également le chèque alimentation qui est censé voir le jour depuis des mois et des mois et qui a été encore une fois repoussé cette fois-ci. Est-ce que vous êtes sûr qu'il verra le jour si vous gagnez les législatives ?

GABRIEL ATTAL
Mais bien sûr, on veut qu'il voie le jour et on veut qu'il remplisse ses objectifs.

MARC FAUVELLE
C'est quoi les objectifs ? Parce qu'ils ont beaucoup changé en cours de route.

GABRIEL ATTAL
Les objectifs du chèque alimentaire tel qu'il a été préparé, travaillé, proposé d'ailleurs il y a quelques années par la Convention citoyenne pour le climat…

MARC FAUVELLE
La Convention citoyenne disait il faut des produits locaux, des produits bio.

GABRIEL ATTAL
C'est ça.

MARC FAUVELLE
Et apparemment ça coince à la fois à Bercy et dans les modalités.

GABRIEL ATTAL
L'objectif du chèque alimentaire, c'est d'accompagner des Français qui n'ont pas les moyens de s'alimenter en produits bio et locaux. Ensuite une fois que vous avez dit ça, c'est assez compliqué techniquement que de pouvoir avoir une aide qui vient cibler certains produits à certains endroits. Et c'est ça tout le travail qui est en train d'être mené entre évidemment Bercy et puis le ministère de l'Agriculture pour trouver la meilleure solution. Le fait est qu'elle n'est pas aboutie aujourd'hui et Bruno LE MAIRE a eu l'occasion de le dire aussi : on n'a pas encore trouvé cette solution technique qui permet de garantir que cette aide, elle vient bénéficier évidemment aux Français qui ont besoin mais aussi à nos producteurs locaux et bio. Et donc on continue ce travail avec le ministère de l'Agriculture et on espère pouvoir présenter cette mesure en 2023.

MARC FAUVELLE
En 2023 ?

GABRIEL ATTAL
C'est ce qu'a dit la Première ministre.

MARC FAUVELLE
Ce n'est pas pour cette année ?

GABRIEL ATTAL
La Première ministre a dit qu'on a une aide exceptionnelle pour répondre à l'inflation qui est mise en place cette année…

MARC FAUVELLE
Oui. J'avais compris que c'était pour la fin de l'année.

SALHIA BRAKHLIA
Pardon, l'aide exceptionnelle, l'indemnité inflation - on verra pour le nom - mais ce sera pour fin août, en même temps que la rentrée scolaire ?

GABRIEL ATTAL
La Première ministre a dit à la fin de l'été donc oui.

SALHIA BRAKHLIA
Malgré la baisse de 18 centimes à la pompe, les carburants ont atteint un niveau historique ces derniers jours.

GABRIEL ATTAL
Oui.

SALHIA BRAKHLIA
Est-ce qu'il y aura un nouveau coup de pouce supplémentaire là pour les vacances, pour les vacanciers ?

GABRIEL ATTAL
D'abord on a fait le choix de prolonger la remise carburant. Vous vous souvenez qu'elle devait s'arrêter à la fin juillet, au 31 juillet, et le président de la République a annoncé qu'elle se poursuivra au moins jusqu'à la fin août, notamment pour que les aoûtiens puissent à en bénéficier aussi. Et après, on travaille sur un dispositif ciblé vers ce qu'on appelle communément – je n'aime pas trop le terme - mais les gros rouleurs, c'est le terme qui a été un peu consacré médiatiquement, mais en tout cas des Français qui utilisent beaucoup leur voiture notamment pour travailler, qui n'ont pas d'autre choix que d'utiliser leur voiture pour travailler et qui ont des revenus limités qui fait qu'ils sont très impactés par l'augmentation des prix du carburant.

SALHIA BRAKHLIA
Et à quel moment on décide que, important d'utiliser la voiture pour aller travailler ? À quel moment le gouvernement choisit que…

GABRIEL ATTAL
Non mais il y a un travail technique qui se fait. Ça peut être fondé sur la distance entre le domicile et le travail, sur le territoire dans lequel vous habitez. Là aussi c'est évidemment un travail technique qu'il faut mener pour cibler mais aujourd'hui, vous avez un dispositif de remise à la pompe qui a été mis en place - et on a annoncé dès le départ qu'il était temporaire parce qu'il coûte beaucoup d'argent - mais surtout parce qu'il ne cible pas qui vous accompagner. Et évidemment nous ce qu'on souhaite, c'est accompagner davantage l'infirmière qui utilise sa voiture pour faire ses tournées, pour aller voir ses patients toute la journée plutôt que le gros 4x4 qui est utilisé pour partir en vacances.

SALHIA BRAKHLIA
Donc le nouveau dispositif, on le connaîtra quand ?

GABRIEL ATTAL
Il sera présenté dans le cadre des textes financiers qui arriveront dans les prochaines semaines. Je le souhaite, je l'espère, on y travaille pour ça. Pour être en mesure de progressivement basculer vers ce système ciblé vers les Français, encore une fois, qui utilisent leur voiture pour aller travailler. Il y en a probablement qui nous écoutent sur cette antenne, qui n'ont pas d'autre choix que d'utiliser leur voiture et qui doivent être accompagnés même de manière plus forte qu'aujourd'hui avec la remise de 18 centièmes.

MARC FAUVELLE
Emmanuel MACRON souhaite supprimer dès cette année la redevance audiovisuelle. Par quoi sera-t-elle remplacée pour financer l'audiovisuel public ?

GABRIEL ATTAL
Elle sera remplacée par un budget qui financera l'audiovisuel public et qui permettra de garantir ses moyens, son indépendance et une visibilité.

MARC FAUVELLE
Ce sera compensé à l'euro près, 3 milliards ?

GABRIEL ATTAL
Je crois même que c'est 3,2 milliards, je le dis. Evidemment, on garantira les moyens de l'audiovisuel public.

MARC FAUVELLE
Mais ça veut dire que chaque année, l'Assemblée nationale votera un budget pour l'audiovisuel public qui pourra augmenter certaines années et baisser d'autres années.

GABRIEL ATTAL
Précisément ce qu'on souhaite faire dans les textes financiers qui vont être présentés, c'est donner de la visibilité. C'est d'avoir des garanties dans le cadre du budget qui sera voté sur les prochaines années pour garantir aux sociétés de l'audiovisuel public - parce que ce sont des sociétés, pour leur gestion elles ont aussi besoin d'avoir de la visibilité sur leurs ressources dans les années suivantes - pour leur garantir que leurs ressources seront pérennes et leur donner une visibilité sur ce sujet.

SALHIA BRAKHLIA
Un mot sur les loyers qui augmentent eux aussi. Christophe ROBERT, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, milite pour une augmentation des APL. C'est votre piste ou pas ?

GABRIEL ATTAL
Je vous ai dit à l'instant, notre objectif c'est de garantir le pouvoir d'achat des Français. Et garantir le pouvoir d'achat des Français, c'est faire en sorte qu'ils dépensent moins et qu'ils gagnent plus. Qu'ils dépensent moins, je le disais à l'instant, il y a une série de mesures qui a été annoncée. Je n'ai pas d'autre mesure supplémentaire à vous annoncer mais on veut poursuivre le bouclier tarifaire sur les prix de l'énergie. On veut revaloriser un certain nombre de prestations, notamment les retraites qui vont être revalorisées dès le mois de juillet de 4%.

MARC FAUVELLE
Ça, c'est pour la partie retraite de base mais beaucoup de retraités aujourd'hui touchent une retraite complémentaire, parfois même elle est plus importante que la retraite de base. La retraite complémentaire, elle est gérée directement par les partenaires sociaux. Souhaitez-vous qu'elle augmente dans les mêmes proportions ?

GABRIEL ATTAL
Evidemment notre souhait, c'est que les Français puissent bénéficier de revalorisation pour leur pouvoir d'achat et notamment les retraités qui sont impactés aussi par l'inflation. Donc c'est évidemment un souhait mais, vous l'avez dit, les retraites complémentaires sont gérées par les partenaires sociaux.

MARC FAUVELLE
Il arrive que l'Etat mette une pression amicale sur les partenaires sociaux, c'est arrivé sur d'autres réformes.

GABRIEL ATTAL
On a des échanges avec eux évidemment mais ils sont aussi conscients, les partenaires sociaux, des besoins des Français et notamment des retraités de bénéficier d'une amélioration de leur pouvoir d'achat ou, en tout cas, d'une protection de leur pouvoir d'achat. Mais vous aurez aussi dans le cadre de ces revalorisations un certain nombre de prestations sociales qui seront concernées. Et puis ensuite, il y a le ‘gagner plus' et on a annoncé, vous l'avez rappelé, la suppression de la redevance télé, la poursuite de la suppression de la taxe d'habitation pour les Français qui la payent encore, et puis des dispositifs pour renforcer la rémunération de ceux qui travaillent. Avec le triplement de la prime Macron, des plafonds pour permettre aux entreprises de la verser, avec la mise en oeuvre d'un dividende salariés qui va permettre de mieux partager la valeur en entreprise, et avec un certain nombre de dispositifs qui sont ciblés sur les Français qui travaillent. L'augmentation du point d'indice pour les fonctionnaires. C'est un paquet global…

MARC FAUVELLE
De combien ?

SALHIA BRAKHLIA
Ou, de combien ?

GABRIEL ATTAL
On est en négociations et c'est mon collègue ministre de la Fonction publique qui travaille sur ce sujet-là.

MARC FAUVELLE
On avait cru comprendre qu'on connaîtrait le chiffre avant les élections, ce n'est pas le cas ? Ou alors, ça va vraiment être annoncé au dernier moment ?

GABRIEL ATTAL
Je n'ai jamais… Pour le coup, je ne me suis pas engagé sur ce sujet-là.

SALHIA BRAKHLIA
Est-ce que ce sera à hauteur de 4% comme les retraites ?

GABRIEL ATTAL
Vous savez que l'Etat n'est pas le seul à payer des fonctionnaires. Il y a aussi les collectivités locales, il y a une fonction publique hospitalière donc c'est important d'avoir ce dialogue aussi avec eux, avec les partenaires sociaux pour fixer le cap.

MARC FAUVELLE
Vous reconnaissez qu'il y a un petit côté un peu pochette surprise dans les élections législatives qui arrivent aujourd'hui. En face de vous, vous avez des… Je pense à la NUPES, d'ailleurs on n'en a pas parlé jusqu'à présent, ça m'étonne de vous…

GABRIEL ATTAL
Oui, parce qu'on peut en parler.

MARC FAUVELLE
Qui affiche son programme et de l'autre côté, quand on vous interroge, vous renvoyez à la future loi pour pas mal de points qui sera connue après les élections, le 29 juin.

GABRIEL ATTAL
Alors je ne crois pas. 1/ On donne beaucoup de précisions sur notre programme.

MARC FAUVELLE
Le chèque alimentaire, non, l'augmentation des fonctionnaires, non.

GABRIEL ATTAL
Les retraités qui nous écoutent savent qu'ils auront une retraite en amélioration de 4 % à partir du mois de juillet. Les salariés qui nous écoutent savent que leurs entreprises pourront leur verser une prime Macron au plafond relevé…

MARC FAUVELLE
Ça dépend des entreprises.

GABRIEL ATTAL
Jusqu'à 6 000 euros et que, par ailleurs, on va mettre en place un dispositif pour que quand une entreprise fait des profits et verse des dividendes à ses actionnaires, elle en verse aussi à ses salariés. Ils savent, ceux qui nous écoutent, que la redevance télé sera supprimée dès cet automne et que c'est donc 138 euros qui sont économisés pour les, je crois, 27 millions de foyers qui nous écoutent et qui la payent. Et donc, je veux dire c'est quand même assez clair sur ce qu'on va faire. La différence avec la NUPES, puisque, vous le disiez, eux ils donnent leur programme, c'est qu'ils ne disent pas comment ils financent. Ils ne disent pas comment ils financent leur programme. C'est facile de dire aux Français : on va tout augmenter. On va augmenter vos retraites tout en vous permettant de travailler moins longtemps. On va vous permettre de gagner plus tout en dépensant beaucoup plus sur l'ensemble des politiques publiques, mais sans dire une seule fois comment ils financent. La réalité c'est que le programme caché de la NUPES, c'est une augmentation d'impôts massive pour tous les Français.

SALHIA BRAKHLIA
Eux ils disent pour les plus riches.

GABRIEL ATTAL
Attendez. Ils ont un programme à 320 milliards d'euros par an. Ça veut dire que c'est quasiment un milliard d'euros en plus par jour pour financer…

MARC FAUVELLE
Ce que dit Jean-Luc MELENCHON, c'est que ce programme va créer de la richesse aussi et qu'il y a un coefficient multiplicateur.

GABRIEL ATTAL
Pour financer un tel programme, il faudrait tripler la TVA. Vous vous rendez compte ? Multiplier par 3 la TVA. Ils ont une réforme des retraites qui coûte l'équivalent de la moitié du PIB du Portugal, 7 fois le budget de nos universités. Tout ça pour permettre à des cadres de partir aussi tôt que des aides-soignants. Je veux dire, c'est quand même ça la réalité. Donc le programme caché, il est du côté de la NUPES qui cache le fait que s'ils étaient amenés à gouverner, ils augmenteraient massivement les impôts des Français. Nous on s'engage, je l'ai dit, je serai le ministre du Budget qui continuera la baisse des impôts des Français. (…)

SALHIA BRAKHLIA
Gabriel ATTAL, pendant la campagne présidentielle, ici même sur ce plateau, Emmanuel MACRON a été interpellé par Lucie CARRASCO, une jeune femme handicapée, qui lui a expliqué qu'elle avait accepté la demande en mariage de son compagnon, mais que si elle se mariait, elle ne pourrait plus bénéficier de l'Allocation adulte handicapé, et elle serait donc totalement dépendante de son mari. Ecoutez la réponse du président de la République.

EMMANUEL MACRON, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE LE 15/04/22
Choisissez l'amour. Non, mais on doit bouger sur ce point. Aujourd'hui, ce qui est vrai, c'est que quelle que soit la prestation qu'on a dans notre… Le système fiscal et social est ainsi fait en France, ce qui est assez juste, c'est qu'on regarde votre situation familiale, et donc on regarde la capacité à contribuer du couple. Et donc ce qui est vrai c'est que ça crée une situation aberrante pour les personnes en situation de handicap, donc on va le bouger.

MARC FAUVELLE
Ah. Donc ce n'est pas dans votre programme aujourd'hui…

EMMANUEL MACRON
Non non, ça ne l'est pas, mais je…

MARC FAUVELLE
… déconjugaliser l'Allocation adulte handicapé, ça vous l'ajoutez ?

EMMANUEL MACRON
Alors, il y a plusieurs réponses, il y a, soit avoir un revenu qui n'est pas conditionné, justement qui permette d'accompagner mais qui n'est pas ce couperet aujourd'hui qui est absurde, parce qu'il y a plein de personnes en situation de handicap qui l'ont.

SALHIA BRAKHLIA
« On va bouger », avait-il dit, est-ce que c'est toujours d'actualité ?

GABRIEL ATTAL
Bien sûr. On travaille sur " se bouger ", qu'avait annoncé le président de la République, pour faire en sorte qu'on ne se retrouve pas dans ces situations comme celle de cette auditrice, mais de beaucoup de Français. Moi je suis aussi, j'échange avec les Français et je suis régulièrement interpellé sur ce sujet-là, pour faire en sorte effectivement qu'une personne en situation de handicap, qui touche l'AAH, ne perde pas son AAH du fait d'un mariage avec quelqu'un qui n'est…

SALHIA BRAKHLIA
Mais on bouge comment ? Parce qu'on a entendu cette semaine la Première ministre, interpellée sur le même sujet, et elle, elle a répondu : " Il faut retourner travailler ".

GABRIEL ATTAL
Non, elle n'a pas répondu comme ça, elle a dit…

SALHIA BRAKHLIA
Eh bien " il faut retrouver une activité ".

GABRIEL ATTAL
Elle a dit que si la personne au bout du fil le souhaitait, évidemment qu'elle devait pouvoir retrouver une activité, qu'elle serait accompagnée pour ça. Mais je trouve que sa réponse a été un peu caricaturée parfois et instrumentalisée.

SALHIA BRAKHLIA
Mais alors, qu'est-ce qu'on fait ?

GABRIEL ATTAL
Ce qu'on fait, le président l'a dit, il y a plusieurs possibilités. Il y a cette fameuse déconjugalisation et il y a aussi renforcer…

MARC FAUVELLE
Contre laquelle la majorité a voté à deux reprises, vos députés ont voté à deux reprises dans le quinquennat précédent.

GABRIEL ATTAL
Oui, parce que c'est une autre voie qui avait été poursuivie, qui était celle de créer un abattement pour que le revenu pris en compte pour le fait de savoir si la personne peut toucher ou pas l'AAH, soit baissé à hauteur de 5 000 € de mémoire, plus 1 500 € par enfant. Voilà, c'est la voie qui avait été poursuivie, ce qui a permis de mémoire là aussi, à 140 000 personnes en supplémentaires, de percevoir l'AAH cette année. Donc il y a un travail qui est mené, pour bouger, comme l'a dit le président de la République, et pour aller vers un système où vous ne vous retrouvez pas avec cette situation où, en plus pour des personnes qui ont des revenus assez faibles, puisque les plafonds sont aujourd'hui très faibles pour pouvoir percevoir l'AAH, on puisse répondre à cette situation. Je rappelle…

SALHIA BRAKHLIA
Juste, de mémoire.

GABRIEL ATTAL
Pardon, je rappelle qu'on a augmenté l'allocation Adulte handicapé dans le quinquennat qui vient de s'écouler.

MARC FAUVELLE
Mais que Lucie va la perdre quand quelques jours, parce qu'elle se marie ces jours-ci.

GABRIEL ATTAL
Oui, mais justement, on prépare une solution pour que ça ne soit pas le cas, mais je rappelle qu'on a augmenté de 100 € net par mois l'Allocation adulte handicapé, c'est une des plus fortes hausses de cette allocation qu'on a connue dans notre pays. Donc il faut aussi rappeler ce point là, on a pris des mesures pour qu'à peu près 150 000 ménages supplémentaires, 150 000 personnes handicapées en bénéficient, et évidemment on veut aller plus loin.

MARC FAUVELLE
Gabriel ATTAL, on a appris hier que les images tournées aux alentours du Stade de France, le soir du fiasco de la finale de la Ligue des champions, ont été supprimées, effacées automatiquement, parce que la justice ne les a pas réclamées et parce que personne d'ailleurs ne les a réclamées, y compris ceux qui ce soir-là les ont vues en direct dans le PC sécurité, il y avait entre autres Gérald DARMANIN, le ministre de l'Intérieur, il y avait aussi le préfet LALLEMENT. Vous trouvez ça normal ?

GABRIEL ATTAL
Alors, bon vous savez, d'abord je ne suis plus porte-parole du gouvernement, donc je ne suis pas associé à tous sujets, mais évidemment j'ai gardé quelques réflexes, donc je me suis renseigné avant de venir vous voir…

MARC FAUVELLE
J'étais sûr.

SALHIA BRAKHLIA
On ne perd pas les vieux réflexes. Allez-y.

GABRIEL ATTAL
Non, mais c'est quand même… je suis membre du gouvernement, je suis aussi là pour m'expliquer et répondre sur tout ce qu'on fait. Ce qu'on m'a expliqué, c'est qu'il y a plusieurs images qui ont été captées à l'occasion de cette soirée, il y a effectivement les images captées par le Stade de France…

MARC FAUVELLE
220 caméras du Stade de France, ce sont celles-ci qui ont été effacées.

GABRIEL ATTAL
Un opérateur privé, et ensuite les images captées par la police. Donc les images captées par la police, la police en dispose, et qu'au moins une partie des images captées par l'opérateur privé, ont été supprimées automatiquement, comme c'est le cas, puisque s'il n'y a pas de réquisition de la justice…

SALHIA BRAKHLIA
Au bout de 7 jours, oui.

GABRIEL ATTAL
Elles sont supprimées au bout de 7 jours.

MARC FAUVELLE
Mais pourquoi il n'y a pas eu de réquisition de la justice ?

GABRIEL ATTAL
Ce que me dit le ministère de la Justice, c'est qu'ils sont en train de regarder ce matin, d'établir les faits, de regarder quelles images ont été supprimées, pourquoi elles ont été supprimées, et donc qu'il y aura, qu'ils communiqueront sur ce sujet-là prochainement. Je comprends que ça interpelle, voilà.

MARC FAUVELLE
Oui.

GABRIEL ATTAL
Maintenant, c'est manifestement la justice qui ne les a pas réclamées, vous savez qu'on est toujours assez, on fait toujours attention à ne pas trop commenter les décisions de la justice ou ce que fait la justice…

MARC FAUVELLE
Eh bien là il n'y en a pas eu, donc…

GABRIEL ATTAL
Voilà, ou les non décisions en l'occurrence, mais je pense qu'il y aura des précisions qui seront données dans les prochaines heures sur ce sujet-là.

MARC FAUVELLE
Donc explications à suivre peut-être…

GABRIEL ATTAL
Et je comprends par ailleurs que pour les Français, et notamment ceux qui nous écoutent, ça interpelle et ça interroge.

SALHIA BRAKHLIA
Oui, 220 caméras quand même. Hier Didier LALLEMENT, le préfet de police de Paris, a reconnu un échec devant les sénateurs, est-ce qu'on se dirige tout droit vers un départ du préfet de police ?

GABRIEL ATTAL
Ah, je ne crois pas du tout, non, et je pense que c'est toujours sain, et c'est à souligner, que de reconnaître quand des choses n'ont pas fonctionné. Reconnaître quand il y a eu des échecs, pour reprendre le terme, et surtout d'essayer d'en tirer des enseignements pour que ça ne se reproduise pas.

MARC FAUVELLE
Gabriel ATTAL, qui n'est plus porte-parole du gouvernement, qui est désormais ministre du Budget, des Comptes publics, était ce matin, merci à vous, l'invité de France Info.

GABRIEL ATTAL
Merci beaucoup.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 13 juin 2022