Interview de M. Olivier Véran, ministre délégué, chargé du Renouveau démocratique, porte-parole du Gouvernement, à Europe 1 le 8 juillet 2022, sur l'inflation, la baisse du pouvoir d'achat, la politique budgétaire, les salaires et les difficultés de recrutement des enseignants.

Texte intégral

DIMITRI PAVLENKO
Bonjour Olivier VERAN.

OLIVIER VERAN
Bonjour,

DIMITRI PAVLENKO
Bienvenue sur Europe 1, vous êtes ministre délégué chargé du Renouveau démocratique et porte-parole du gouvernement. Face à l'inflation, le gouvernement complète donc l'arsenal de mesures déployées depuis l'automne dernier pour protéger le pouvoir d'achat des Français, je cite un quelques-unes des principales mesures, revalorisation de 4% des retraites et des prestations sociales, du point d'indice des fonctionnaires, baisse de cotisations pour les petits indépendants, une aide alimentaire, un chèque carburant ciblé sur les plus modestes, plafonnement des hausses des lois de loyer, il y a d'autres mesures bien sûr mais quelle est la philosophie générale de ce nouveau paquet anti-inflation Olivier VERAN ?

OLIVIER VERAN
La philosophie, elle est simple, là où les prix augmentent dans le quotidien des Français, nous sommes là pour accompagner notamment celles et ceux qui font face aux plus de difficultés pour boucler les fins de mois, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quand on parle d'inflation et de pouvoir d'achat, on parle de se loger, de se nourrir, de se déplacer, de se chauffer, de s'éclairer et puis on parle de ses revenus pour les dépenses courantes, et bien dans tous ces secteurs, nous sommes là. Vous auriez pu citer pour les étudiants aussi qui sont un public particulièrement fragile face à l'inflation, ils bénéficieront de l'aide financière à la rentrée, ils auront une augmentation de 4% aussi des bourses, le repas à un euro grâce au CROUS. Donc beaucoup de mesures qui sont là ; nous gelons l'augmentation du prix des loyers, nous augmentons les APL, donc c'est un bouquet qui fait en sorte que partout où vous regardez et où les prix augmentent, eh bien, vous ne serez pas, je dirais, dans l'impossibilité de boucler vos factures parce que nous nous interviendrons, ça concerne des millions, parfois des dizaines de millions de Français, la hausse des minima sociaux, de la prime d'activité, du RSA, des pensions de retraite, ça concerne plus de 30 millions de nos concitoyens. La nouvelle indemnité carburant qui interviendra à partir du mois d'octobre et qui remplacera la ristourne de 18 centimes, elle va concerner les Français qui travaillent et qui ont besoin de leur véhicule pour se déplacer. Donc vraiment on intervient là où c'est le plus efficace ou c'est le plus utile, là où c'est totalement nécessaire, c'est un coût pour l'Etat mais c'est un coût qui est indispensable pour accompagner les Français comme nous le faisons à chaque fois qu'ils en ont besoin.

DIMITRI PAVLENKO
On va reparler du coût pour l'Etat de ce nouveau paquet pouvoir d'achat. Donc action vous le dites tous azimuts, sur la consommation, l'énergie, la fiscalité, les revenus au sens large mais rien sur les salaires, déplorait la CGT dès mercredi à l'issue de la déclaration de politique générale d'Elisabeth BORNE. C'est un parti pris volontaire, pas de contraintes salariales notamment sur les entreprises par exemple, Olivier VERAN ?

OLIVIER VERAN
Je le disais, il y a plus de 30 millions de Français qui ont une hausse des revenus et une hausse qui parfois atteint des proportions inédites depuis 1985 ; depuis 1985 ! Vous augmentez de 4% tous les minima ou de la prime d'activité ou des pensions de retraite, vous augmentez le point d'indice des fonctionnaires et puis vous avez des dispositifs dans les entreprises qui font appel aux entreprises, et c'est normal de le faire, c'est-à-dire c'est la philosophie d'Emmanuel MACRON depuis un certain nombre d'années, ce sont par exemple les primes sans impôts, sans charges, qui peuvent être versées, nous les multiplions par 3, c'est-à-dire que des salariés dans les entreprises peuvent percevoir 3 000, voire 6 000 euros de prime, ça, c'est beaucoup plus fort qu'une augmentation de salaire parce qu'il y a un effet « waouh » si je puis dire, un effet « blast » vraiment au moment où les gens en ont besoin et puis j'invite celles et ceux qui considèrent que nous n'en ferions pas assez – personne ne dit qu'on en fera jamais assez en matière de pouvoir d'achat - à regarder autour de nous, à regarder chez nos voisins européens où l'inflation est en moyenne 2 à 3 fois supérieure, c'est-à-dire que l'augmentation du coût de la vie est 2 à 3 fois supérieure et j'invite chacun vraiment à faire un comparatif européen et regarder quel autre pays intervient dans le plein d'essence, intervient dans le panier de courses dans les ménages, intervient dans les revenus des Français, intervient en gelant le prix du gaz ou en augmentant n'augmentant pas le prix de l'électricité, rien que le gaz et d'électricité combinée, c'est plus de 1 000 euros en moyenne par an, ça n'existe pas ailleurs en Europe.

DIMITRI PAVLENKO
Alors vous dites, Bercy nous dit, toutes les mesures qui ont été prises plus les 20 milliards de nouvelles mesures qui arrivent, ça permet de gommer un point, un point et demi d'inflation effectivement, ça n'est pas rien mais au total, on est à presque 50 milliards d'euros de dépenses consenties en aides diverses depuis l'automne dernier. A ce micro hier, Bruno LE MAIRE jurait pourtant qu'on est sorti du quoi qu'il en coûte. A ces niveaux de dépenses, ça en a un peu l'air quand même, Olivier VERAN ?

OLIVIER VERAN
En fait, là, on est en train de recueillir les fruits de la politique déterminée qui a été conduite sous le la période Covid, je m'explique ; le « quoi qu'il en coûte » c'est quoi ? C'est les commerces qui ne ferment pas, ce sont les salariés qui n'ont pas perdu leur boulot et donc c'est un chômage qui a baissé, un chômage qui a baissé malgré le Covid, on est en train de se rapprocher des 7% de taux de chômage, on se rapproche du plein emploi et quand les gens travaillent, déjà ils perçoivent moins d'allocations sociales, de prestations sociales, donc c'est moins de dépenses publiques et quand les gens travaillent, c'est plus de recettes qui interviennent pour l'Etat et pour la Sécurité sociale. En l'occurrence, cette année, nous avons augmenté par rapport à ce qui était attendu, les recettes pour l'Etat de plus de 30 milliards d'euros, donc effectivement on dépense un peu plus que ce qui a été perçu mais nous allons continuer de maîtriser la dépense publique et le ministre de l'Economie et le ministre des Comptes publics ont rappelé à juste titre qu'en 2026, la dette commence à baisser et qu'en 2027, nous aurons récupéré l'objectif des 3% de déficit public et tout cela est transparent puisque, en plus du projet de loi sur le pouvoir d'achat, est présenté ce qu'on appelle un projet de loi de finances rectificative et un projet de programme de stabilité qui est envoyé à l'Europe qui dit comment nous allons faire.

DIMITRI PAVLENKO
Alors ceci dit, vous l'avez vu, la Cour des comptes, le Haut Conseil des finances publiques mettent quand même un petit peu en doute la crédibilité de à la fois les prix des prévisions de déficit (5% l'an prochain), de croissance, d'inflation ; en fait, ils vous trouvent très optimiste, Olivier VERAN. Qu'est-ce qui vous garantit ce retour à bonne santé financière pour les finances publiques, à cet horizon 2026, 2027 et même à l'an prochain ?

OLIVIER VERAN
Le président de la République et la Première ministre et le gouvernement sont parfaitement conscients de la nécessité d'avoir des comptes équilibrés. Si vous n'avez pas une Sécu à flots, vous ne pouvez pas faire ce qu'on a fait pendant la crise Covid et dépensé pour protéger ceux qui en ont besoin ; si vous n'avez pas une économie forte et équilibrée avec des taux d'intérêt maîtrisés, vous ne pouvez pas prétendre au plein emploi. Or, dans ces deux domaines-là, nous prétendons agir. Donc la feuille de route, elle est connue et encore une fois, regardez bien les prévisions qui pouvaient être faites il y a encore un an et demi, on nous disait avec le Covid, il y aura un million de pauvres en plus, cela pas été le cas. On nous disait : attention, le « quoi qu'il en coûte » ça risque de vider complètement les caisses de l'Etat et maintenant en fait, en créant de l'emploi, on a créé de la richesse pour l'Etat.

DIMITRI PAVLENKO
C'est votre réponse à ceux qui disent comme Dominique SEUX dans Les Echos que je me permets de citer que le gouvernement, peut-être en fait-il trop sur cette question de pouvoir d'achat ?

OLIVIER VERAN
Il y a toujours des gens qui considèrent qu'on en fait trop mais ils ont le droit, des gens qui considèrent qu'on n'en fait pas assez, ils en ont droit et ensuite, on débat et on discute. Le projet de loi qui a été présenté en conseil des ministres hier, c'est finalement le premier jour du deuxième quinquennat, ça y est, ça commence ; nous sommes à la manœuvre, c'est terminé !

DIMITRI PAVLENKO
Enfin !

OLIVIER VERAN
Enfin mais il faut que les choses se mettent en place mais là aujourd'hui, commence le second quinquennat. Aujourd'hui commence le second quinquennat, donc on ferme la page de la période de campagne qui a été longue et éprouvante pour les Français et on rentre dans le dur et le dur en l'occurrence, il est plutôt doux pour les Français puisqu'il est protecteur face à l'inflation et puis pardon il faut aussi comprendre quelque chose, c'est que vous pouvez faire de la dépense publique utile ou déraisonnable, là, on est dans l'utile. Pourquoi ? Parce que s'il y a de l'inflation, ce n'est pas parce que notre économie va mal, ce n'est pas parce qu'on a un chômage qui explose, ce n'est pas parce qu'il y aurait une crise bancaire et économique, si aujourd'hui il y a de l'inflation, c'est parce que la Chine se confine en permanence et que ça a un impact mondial, c'est parce qu'il y a la guerre en Ukraine, qui a un impact en cascade sur les prix des matières premières et sur le prix de l'essence. Donc ce sont des choses qui sont du domaine conjoncturel et pas structurel, ça va durer mais ça ne va pas durer l'éternité mais notre base économique à nous est saine, donc ça veut dire dépenser un peu plus quand vous avez une économie saine et que vous avez des besoins et ça, les Français savent très bien faire. Ça c'est ce qu'ils font dans l'année quand ils ont un besoin de dépenser un peu plus parce qu'ils ont une réparation à faire ou une voiture à changer mais ils savent qu'ils ont de l'argent sur leurs comptes en banque, des rentrées et qu'ils pourront rembourser ce qu'ils dépensent aujourd'hui. C'est notre situation : on n'est pas en train de dépenser à perte sans savoir comment on fera.

DIMITRI PAVLENKO
Vous venez de dire à l'instant, Olivier VERAN, on débat, on discute autour de ce projet pouvoir d'achat. Alors précisément c'est la question qui se pose, est-ce qu'il y a encore de la place dans ce projet de loi pour des propositions de l'opposition et j'ai envie de dire plutôt des oppositions, Olivier VERAN ?

OLIVIER VERAN
Oui bien sûr, il y a de la place bien sûr et d'ailleurs, je suis convaincu qu'il y aura des amendements de l'opposition qui seront adoptés.

DIMITRI PAVLENKO
Bien sûr il y aura des amendements…

OLIVIER VERAN
Mais c'est très sain, mais ça a toujours été le cas et ce sera encore le cas demain, oui ! Non, non mais une fois que le projet de loi est présenté, il arrive au Parlement, les députés s'en saisissent, les sénateurs s'en saisissent et discutent entre eux, ils débattent et lorsqu'il y a des choses qui leur paraissent plus favorables que ce que nous aurions proposé lorsqu'ils veulent le modifier ; ce qu'il ne faut pas, c'est percuter l'esprit du texte.

DIMITRI PAVLENKO
Alors justement quelles sont les lignes rouges que vous fixez aux propositions qui vont être nécessairement être faites par les oppositions ?

OLIVIER VERAN
Ni trop ni pas assez c'est-à-dire ni trop lorsque vous avez des propositions, je crois que c'était le groupe LR, les Républicains, c'est quand même paradoxal de dire ça qui proposent de mettre le prix de l'essence à 1,50 euro et que ça coûte 50 milliards rien que sur la mesure essence par an …

DIMITRI PAVLENKO
Via une baisse de taxe pérenne !

OLIVIER VERAN
...là, vous verriez le rapport de la Cour des comptes, il nous dirait « mais vous êtes .... Enfin, là, vous nous expliquez comment vous faites », c'est absolument impossible.

DIMITRI PAVLENKO
Les Allemands l'ont fait !

OLIVIER VERAN
Non, non, les Allemands ne mettent pas 50 milliards d'euros par an pour baisser juste le prix de l'essence en maîtrisant la fiscalité …

DIMITRI PAVLENKO
Non, une baisse de taxe sur le carburant …

OLIVIER VERAN
...et dans la durée, il faut savoir qu'on fait de ces taxes, de ces taxes lorsque le prix de l'essence augmente mais certainement pas cette mesure-là ; je vous garantis que ce n'est pas ce que font les Allemands et puis, ni « pas assez », c'est-à-dire que s'il y avait des parlementaires mais il y a peu de propositions en ce sens en général qui proposaient de réduire la protection pour les Français, nous dirions « non » mais sinon, bien sûr qu'il faut travailler, il faut bosser. Le président de la République, il connait ça très bien pardon mais la loi MACRON qu'il avait faite adopter dans le quinquennat 2012 / 1017 lorsqu'il était ministre en charge de l'Economie, c'était cet esprit-là, il a présenté un texte à l'époque qui n'emportait pas l'assentiment positif de la totalité de l'Assemblée mais en travaillant avec les députés d'opposition, d'un bord et de l'autre, il avait pu arriver à un consensus au Parlement.

DIMITRI PAVLENKO
Mais les blocages, vous les voyez plutôt se présenter de quel côté Olivier VERAN parce que je suppose que vous avez entendu ce que disait Marine LE PEN hier matin, elle dit, avant présentation du texte qu'elle souhaite que ce texte puisse être voté même s'il sera à ses yeux très certainement imparfait, vous avez quelqu'un quand même qui se présente comme plutôt coopératif du côté du côté du Rassemblement national.

OLIVIER VERAN
Moi ce que je dis, c'est que nous n'aurons pas besoin, nous ne compterons pas sur les voix du Front national pour faire adopter ce texte mais si le Front national souhaite - ils sont libres, ils sont parlementaires -, le voter, ils pourront le faire. Vous savez, c'est la différence entre voter avec et voter grâce. Nous souhaitons avoir une majorité en dehors du Rassemblement national mais de la mettre dans le même esprit.

DIMITRI PAVLENKO
Pourquoi ? Parce que ce sont des ennemis comme disait Gérard DARMANIN récemment ?

OLIVIER VERAN
Parce que c'est le Front national, parce que c'est l'extrême droite et parce que ça n'est pas un parti avec lequel nous souhaitons gouverner mais nous ne pouvons pas les empêcher de voter des textes. Donc je fais la différence. En revanche, je vois très mal un député socialiste, un député écologiste, un député communiste, un député Les Républicains, je vois très mal voter contre l'augmentation des pensions pour les retraités.

DIMITRI PAVLENKO
Ah bon ? Vous avez entendu ce qu'a dit Adrien QUATENNENS ? La NUPES dit que le gouvernement Élisabeth BORNE est illégitime.

OLIVIER VERAN
Vous avez cité Adrien QUATENNENS qui n'est pas, je crois, dans les partis que je viens de citer. Il est de La France insoumise. Je vois très mal – pardon, j'en viens - un député socialiste dire « moi je vote contre la hausse des pensions de retraite pour 18 millions de retraités ». Je vois très mal un député socialiste dire « je vote contre l'augmentation de 4 % pour les bourses des étudiants. Et je vois très mal un député Les Républicains dire « moi je vote contre cet équivalent de 25 centimes de ristourne ». Finalement c'est l'équivalent de ce qu'on va faire par litre et par an pour les gens qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler. Donc je veux dire, on peut toujours considérer qu'on peut faire plus, qu'on peut faire moins. On va discuter, trouver des équilibres et des compromis mais à la fin des fins, chaque parlementaire sera responsable de son vote devant les Français.

DIMITRI PAVLENKO
Je rappelle votre autre casquette Olivier VERAN, donc porte-parole du Gouvernement certes, mais aussi Ministre délégué chargé du Renouveau démocratique. Est-ce qu'on ne devrait pas commencer par ne pas ostraciser une partie des électeurs, comme vous venez de le faire d'une certaine manière, en disant « nous ne travaillerons pas avec le Front national ». Je vous cite, quand vous dites « Front national », pas « Rassemblement national ». Vous distinguez LFI des autres forces de gauche. Est-ce qu'en tant que ministre du Renouveau démocratique, votre mission précisément déjà est de ne pas écarter du périmètre républicain une part significative quand même de l'offre politique en France ?

OLIVIER VERAN
D'abord, je ne parle pas des électeurs et je souhaite que les électeurs…

DIMITRI PAVLENKO
Derrière les élus, il y a des électeurs.

OLIVIER VERAN
Attendez, je fais toute la différence et vous insistez là-dessus, et vous faites bien d'insister là-dessus, je le note. Toute la différence, c'est faire en sorte que des électeurs, lorsqu'ils ont une offre diversifiée politique, ne soient pas enclins à se reporter sur des extrêmes dans l'arc politique. La vie démocratique, c'est-à-dire être capable de refaire gagner de la confiance à celles et ceux qui s'engagent dans le collectif. Et c'est inciter les Français, leur donner envie de voter pour et pas contre. C'est-à-dire voter pour des partis politiques ou des représentants qu'ils soient de gauche ou de droite, qui ne font pas florès des divisions entre les uns et les autres. Et qui n'ont pas marqué l'histoire, ou qui ne sont pas les héritiers de celles et ceux qui ont marqué histoire pour d'autres raisons que la construction.

DIMITRI PAVLENKO
Mais est-ce que ce n'est pas creuser les divisions que de dire untel est républicain, untel ne l'est pas ?

OLIVIER VERAN
Non, c'est un enjeu très fort. Vous savez il y a encore quelques années, on était capable de dire dans tous les médias de ce pays que l'un des objectifs d'un parti démocratique au pouvoir, c'était de faire en sorte de faire reculer les extrêmes. Je n'ai pas changé de discours, je n'ai pas changé de discours. Et ça nous incombe. C'est-à-dire être capable d'expliquer pourquoi nous voulons changer la vie et améliorer la vie des Français et pourquoi notre société est une richesse. Et pourquoi ce n'est pas les uns contre les autres. Et pourquoi l'immigration n'est pas l'alpha et l'oméga des problèmes que peuvent rencontrer les Français quand on s'adresse plutôt du côté de l'extrême-droite. Ou pourquoi les modèles d'extrême gauche qui visent à dépenser totalement et à considérer qu'il n'y aurait pas de mondialisation ou que l'Europe serait plutôt un frein qu'un facteur d'expansion pour les Français dans leur vie quotidienne. Pourquoi ces politiques-là ne sont pas bonnes pour nous. Donc je suis à un ministre qui est engagé, je ne l'ai jamais nié, et quand on n'est pas engagé on ne fait pas de la politique. Mais pour autant j'ai un profond respect pour toutes les Français et tous les Français qui votent, y compris d'ailleurs ceux qui ne votent pas. Et s'occuper du renouveau démocratique, c'est être capable de recoller les Français à celles et ceux qui font leur vie au quotidien. C'est leur donner envie, alors que c'est un peuple politique, les Français sont un peuple puissant en politique, on en parle partout. À la machine à café, vos salariés ils en discutent entre eux, dans les repas de famille. Eh bien il ne faut pas que le jour des élections, les Français se disent « moi j'aime la politique mais je n'aime pas ceux qui la font ».

DIMITRI PAVLENKO
Olivier VERAN, les grandes vacances scolaires ont commencé hier soir. J'aimerais qu'on parle un instant de l'école puisqu'à l'issue des concours de recrutement, on voit qu'il manque 4 000 enseignants pour la rentrée. Votre collègue à l'Education Pap NDIAYE assure qu'il y aura un prof devant chaque classe à la rentrée. Mais alors comment allez-vous faire ? 4 000 quand même, 4 000 enseignants manquants.

OLIVIER VERAN
Déjà il y a eu des recrutements d'enseignants, il y a aussi une augmentation des revenus des enseignants qui vont continuer.

DIMITRI PAVLENKO
Semble-t-il ça ne suffit pas.

OLIVIER VERAN
Vous verrez que ça suffit. Je fais confiance au ministre Pap NDIAYE. Il a été extrêmement clair dans ce qu'il a affiché comme objectif. Et nous travaillons, et il va continuer de travailler dans les prochaines semaines pour que la rentrée se passe dans les meilleures conditions.

DIMITRI PAVLENKO
Il promet un choc d'attractivité pour l'éducation.

OLIVIER VERAN
Mais bien sûr.

DIMITRI PAVLENKO
Et c'est purement salarial aussi ?

OLIVIER VERAN
Non, ce n'est pas que salarial. Vous savez que l'école avec la santé, ça fait partie des deux grands chantiers. D'ailleurs dans le cadre de la vie démocratique, ce sont des chantiers pour lesquels nous souhaitons consulter massivement les Français, parce qu'ils ont beaucoup de choses à dire sur l'école, ils ont beaucoup de choses à dire sur la santé. Et donc nous allons travailler, nous allons continuer avec des mesures d'attractivité salariale, mais aussi d'organisation du travail, avec des objectifs aussi qui ont été fixés par le président de la République dans le cadre de sa campagne. J'en cite un par exemple : les 30 minutes de sport à l'école. J'en fixe un autre : la réintroduction des mathématiques. La poursuite du programme d'évaluation continue au lycée pour que le bac ne soit pas un examen couperet. C'était la première promo-là qui a obtenu le baccalauréat après une année de contrôle continu. Donc on poursuit et on amplifie.

DIMITRI PAVLENKO
Merci Olivier VERAN.

OLIVIER VERAN
Merci à vous.

DIMITRI PAVLENKO
Merci d'être venu ce matin au micro d'Europe 1. Je rappelle que vous êtes Porte-parole du Gouvernement et Ministre chargé du Renouveau démocratique. Bonne journée à vous.

OLIVIER VERAN
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 11 juillet 2022