Interview de M. Stanislas Guerini, ministre de la transformation et de la fonction publiques, à CNews le 19 juillet 2022, sur les incendies en France, la politique de l'énergie et les mesures en faveur du pouvoir d'achat .

Texte intégral

YOANN USAI
Bonjour et bienvenue Stanislas GUERINI.

STANISLAS GUERINI
Bonjour.

YOANN USAI
On va parler évidemment dans un instant du texte concernant le pouvoir d'achat qui est en discussion depuis hier dans l'hémicycle, à l'Assemblée nationale. Avant cela, 17.000 hectares de forêts sont déjà partis en fumées dans le département de la Gironde, la nuit a encore été une fois extrêmement compliquée, les incendies restent incontrôlables malgré les 1.700 pompiers qui sont présents sur zone. Est-ce que les secours disposent de suffisamment de moyens, et ces moyens peuvent-ils être renforcés ?

STANISLAS GUERINI
D'abord, je voudrais penser à ceux qui se battent, parce qu'il y a des milliers de pompiers qui, cette nuit, ont vécu une nuit en enfer, se battent pour notre sécurité, donc je le dis en tant que ministre de la Fonction publique, mais je le dis aussi en tant que citoyen, il y a une reconnaissance pour le travail qui est mené évidemment sur place. Les moyens des sapeurs-pompiers, ils ont augmenté dans le quinquennat précédent, c'est 850 millions d'euros consacrés en plus aux moyens des sapeurs-pompiers. Est-ce que c'est suffisant aujourd‘hui ? C'est difficile à dire, probablement pas pour les années qui viennent, on a besoin de plus de moyens, on voit bien, quand on regarde ces terribles incendies, qu'on est rentré dans une nouvelle ère, une ère où les changements, où les conséquences du dérèglement climatique, elles seront de plus en plus visibles, de plus en plus fréquentes. Et donc, dans cette société de prévention qu'on a besoin de construire, on aura besoin de consacrer plus de moyens.

YOANN USAI
Oui, parce que je vous cite ce que dit le porte-parole du syndicat national des personnels navigants de l'aviation civile, il dit la chose suivante : ouvrez les yeux, donnez-nous les moyens de travailler, donc manifestement, ces moyens, ils ne les ont pas aujourd'hui.

STANISLAS GUERINI
Aujourd'hui, la France a la plus forte flotte d'Europe…

YOANN USAI
Ça ne veut pas dire que ce soit suffisant…

STANISLAS GUERINI
Ce n'est pas ce que je suis en train de dire, ce que je veux dire, c'est que nous avons des moyens, il y a 18 avions, des Bombardier, des avions Dash, qui sont disponibles pour intervenir, certains ont besoin de maintenance, il y a des commandes supplémentaires, il y a des avions supplémentaires qui vont arriver. Il y a aussi la solidarité européenne qui joue, elle joue parfois dans l'autre sens, c'est-à-dire que les sapeurs-pompiers français vont aider des pays européens, aujourd'hui, ce sont des pays amis, Italiens, Grecs, qui viennent nous aider, parce qu'il y a des feux dans beaucoup d'endroits en France, vous l'avez rappelé. Et donc, on a aussi besoin de cette solidarité européenne, mais ce qui est certain, c'est qu'on a besoin de continuer à investir…

YOANN USAI
Et qu'à terme, c'est ce que vous dites ce matin, il faudra renforcer ces moyens-là.

STANISLAS GUERINI
A la fois, pour faire face aux conséquences, sur les feux de forêts, mais de façon générale, on a besoin d'adapter notre société à cette ère du changement climatique pour plus de sobriété, pour une planification écologique, c'est ça qu'on est en train d'opérer…

YOANN USAI
Oui, puisque dans le même temps, la France suffoque, nous avons battu hier de nombreux records de températures. Notre maison brûle, Stanislas GUERINI, et le Gouvernement n'est-il pas en train de regarder ailleurs ?

STANISLAS GUERINI
Non, je ne crois pas. Vous avez entendu le président de la République qui a sonné la mobilisation générale. On a besoin, encore une fois, d'entrer dans une nouvelle ère, celle de la planification écologique, on a réduit deux fois plus vite dans le quinquennat précédent que dans celui d'avant nos émissions de CO2. Mais pour nous mettre au niveau, il faudrait qu'on aille à nouveau deux fois plus vite. Donc ça veut dire qu'il y a des changements de société, de systèmes qui doivent nous mobiliser toutes et tous. Moi, je suis ministre de la Fonction publique. Et donc on doit passer encore davantage dans un Etat acteur, un Etat exemplaire.

YOANN USAI
J'entends ce que vous nous dites ce matin.

STANISLAS GUERINI
Nous sommes en train, et on a mis en place avec ma collègue, Agnès PANNIER-RUNACHER, justement, un groupe de travail pour, extrêmement rapidement, prendre des propositions, transformer nos administrations, les faire passer avec cette ère-là du dérèglement climatique…

YOANN USAI
Stanislas GUERINI, j'entends bien ce que vous me dites ce matin, mais dans le même temps, la France va rouvrir cet hiver une centrale à charbon, et dans le même temps, la France va importer massivement du gaz de schiste en provenance des Etats-Unis, tout cela est quand même extrêmement contradictoire.

STANISLAS GUERINI
Mais, des centrales à charbon que nous sommes avant train de fermer, il y avait 4 centrales à charbon, on a réussi à en fermer 2 dans le quinquennat précédent, et les 2 restantes, elles seront fermées dans les mois qui viennent. Mais il ne vous a pas échappé qu'on a dans le même temps un enjeu de souveraineté énergétique, c'est-à-dire, à assurer notre indépendance, l'indépendance du pays. Et donc c'est pour ça qu'on a besoin d'avoir ce plan de mobilisation énergétique, à la fois pour nos réserves en gaz, pour tout simplement être capable de proposer aux Français de l'énergie cet hiver, et c'est ce plan-là qui nous mobilise tous. Mais on a besoin, vous le voyez bien, de faire ces changements structurels, d'investir dans le nucléaire, d'investir aussi dans les énergies renouvelables, c'est exactement ce que nous sommes en train de faire...

YOANN USAI
Alors précisément, puisque vous l'évoquez, si la France va importer du gaz de schiste, notamment des Etats-Unis, c'est parce que Moscou va fermer les vannes, nous n'aurons pas de gaz russe vraisemblablement, durant l'hiver prochain…

STANISLAS GUERINI
C'est très plausible.

YOANN USAI
C'est très plausible, c'est ce que dit le président de la République, il y a la guerre en Ukraine, donc, mais, il y a aussi peut-être, Stanislas GUERINI, les mauvaises décisions stratégiques du président de la République, qui, en arrivant à l'Elysée, en 2017, ne croyait pas au nucléaire, il a validé la fermeture de Fessenheim…

STANISLAS GUERINI
Non, pardon, je ne peux pas vous laisser dire ça…

YOANN USAI
Il a arrêté les investissements, la France a perdu 5 années précieuses !

STANISLAS GUERINI
Jamais, jamais, vous n'avez entendu le président de la République dire qu'il ne croyait pas au nucléaire. Notre position, elle a toujours été constante, c'est-à-dire, à la fois, d'avancer, d'investir dans le parc nucléaire…

YOANN USAI
Non, la position n'a pas été constante, Stanislas GUERINI, il y a eu un revirement au début de... au mois de février dernier lorsqu'il a annoncé investir dans le nucléaire…

STANISLAS GUERINI
La fermeture de Fessenheim, elle était prévue, actée…

YOANN USAI
Et validée par Emmanuel MACRON…

STANISLAS GUERINI
Donc là…

YOANN USAI
Elle a été validée par Emmanuel MACRON…

STANISLAS GUERINI
Dans le quinquennat de François HOLLANDE, on a mis en oeuvre cette décision-là…

YOANN USAI
Validé…

STANISLAS GUERINI
Elle était validée, mais moi, je ne me cache pas derrière mon petit doigt, c'était la centrale la plus vieillissante, la plus vieille du pays, mais ce n'est pas du tout antinomique que de vous dire ça sur l'investissement dans le parc nucléaire, donc, oui, on a besoin d'accélérer, on a d'ailleurs toujours été aux côtés des acteurs du nucléaire dans notre pays, donc il n'y a aucun revirement de position. Nous avons besoin et du nucléaire et des énergies renouvelables, et on a besoin, y compris de valoriser le nucléaire, c'est ce que nous faisons au niveau européen pour ne pas payer en France l'énergie que nous produisons à plus bas coût au prix de l'énergie la plus chère en ce moment, le gaz. Donc on a besoin de se battre sur tous les champs, sur le sol national, au niveau européen, aussi pour changer les règles du jeu du marché de l'électricité.

YOANN USAI
S'il y a aujourd'hui 27 réacteurs nucléaires sur 56 qui sont à l'arrêt, en maintenance, c'est bien qu'il y a eu des sous-investissements.

STANISLAS GUERINI
Mais ça veut dire que nous avons des difficultés, et que nous ne cachons pas avec le parc nucléaire, qui a besoin, à la fois, de maintenance…

YOANN USAI
Des difficultés liées aux sous-investissements, c'est ce que je veux vous faire dire, oui ou non ce matin…

STANISLAS GUERINI
Oui, mais il n'y a pas de changement, ce que je conteste dans ce que vous êtes en train de me dire, c'est qu'il y aurait un changement de position, un renversement sur le nucléaire, non, ça n'est pas le cas, le président de la République a d'ailleurs posé les choses, nous l'avons fait avec RTE, qui a mené une consultation qui est la plus large consultation qui n'a jamais été menée dans notre pays pour objectiver…

YOANN USAI
RTE, qui est le réseau de transport d'électricité…

STANISLAS GUERINI
Exactement, parce que vous voyez bien qu'on a besoin de mettre de la rationalité aussi, ils ont mis 6 scénarios sur la table, le président de la République a fait un choix extrêmement clair, c'est un choix qui est ni celui du zéro énergie renouvelable, ni celui du tout énergie renouvelable, qui est un choix équilibré. Et c'est, je crois, je le crois profondément, sur ce mix énergétique-là, qu'on aura besoin de s'appuyer pour pouvoir avancer…

YOANN USAI
Emmanuel MACRON, qui a annoncé le 10 février dernier à Belfort le lancement de 6 nouveaux réacteurs EPR. Alors, vous l'avez évoqué, pour faire face à un risque de coupure l'hiver prochain, le président de la République a annoncé un plan de sobriété énergétique, concrètement, comment est-ce que cela va se traduire, d'abord, dans les administrations, puisque c'est vous qui en avez la responsabilité ?

STANISLAS GUERINI
Eh bien, ça peut se traduire de beaucoup de façons différentes, en termes de mobilité, en termes de chauffage, en termes de climatisation, en termes d'organisation du travail, en termes de rénovation du bâti. Donc, il faut activer tous les leviers pour consommer moins d'énergie, on a besoin de consommer 10% d'énergie en moins rapidement, à la fois pour la transition écologique, et pour faire face à ce défi de souveraineté énergétique, et donc, c'est ça qu'on est en train d'activer, je vais vous donner un exemple très concret, de faire en sorte que plus facilement, les agents de la Fonction publique, puissent utiliser des modes de transports doux, avant, quand on se faisait rembourser son abonnement de transport en commun, on ne pouvait pas bénéficier du forfait mobilité durable. Eh bien, ça, c'est une décision que nous avons prise, on permet d'avoir les deux à la fois, vous voyez, ce sont ces décisions-là qui vont se cumuler les unes les autres pour permettre d'avoir effectivement un Etat exemplaire, une Fonction publique exemplaire, et qui puisse aussi aider les citoyens à porter leur projet de transition écologique.

YOANN USAI
Là, quand vous parlez de rénovation des bâtiments, par exemple, c'est une politique de long terme, mais là, l'hiver prochain, pour faire face, pour appliquer ce plan de sobriété énergétique…

STANISLAS GUERINI
Mais je vous parle, à la fois de mesures de court terme…

YOANN USAI
Pour tenter de diminuer les mesures l'hiver prochain…

STANISLAS GUERINI
Et de mesures de long terme, vous avez parfaitement raison, et il faut tout faire en même temps. Parce que sinon, on va se retrouver dans quelques années à se dire : ah, mince, pourquoi est-ce qu'on n'a pas lancé plus activement…

YOANN USAI
Et alors, très précisément, quelles peuvent être les mesures de court terme pour l'hiver prochain ?

STANISLAS GUERINI
Mais moi, je vous parle de mesures par exemple consistant à favoriser le télétravail, qu'on puisse parfois avoir moins besoin d'utiliser sa voiture quand c'est possible, je ne dis pas à passer à 100 % de télétravail comme on l'a fait pendant le Covid, mais à réduire par exemple notre besoin d'utiliser les modes de transport…

YOANN USAI
Et ça, ce serait valable uniquement pour les fonctionnaires ou on pourrait imaginer que ça s'applique à l'ensemble des salariés ?

STANISLAS GUERINI
Eh bien, ça peut s'appliquer évidemment à l'ensemble des salariés, on a avancé dans justement la protection des salariés en matière de télétravail. Et donc on a besoin d'adapter aussi les modes de travail, ce sont les enseignements qu'on doit aussi tirer de la crise sanitaire qu'on a vécue, je pense qu'ils peuvent être parfois des opportunités, pas toujours, c'est pour ça que je prends soin de préciser qu'on ne souhaite pas passer en 100 % télétravail, mais pour autant, quand on a les possibilités d'organiser intelligemment les choses, d'adapter le temps de travail, d'adapter les modes de déplacement, il faut le faire absolument, ça, c'est du court terme. Et ces mesures-là, elles doivent se conjuguer avec le grand chantier de planification, qui inclut notamment la rénovation des bâtiments, parce que c'est le nerf de la guerre, et c'est vrai aussi pour les bâtis publics, dans les administrations, qui sont des mesures de plus long terme.

YOANN USAI
Alors le texte du gouvernement concernant le pouvoir d'achat, à présent, est examiné depuis hier à l'Assemblée nationale, Bruno LE MAIRE a dit refuser les compromis à coups de milliards, est-ce que vous pouvez déjà affirmer qu'avec ce texte, les Français n'auront pas besoin l'hiver prochain de choisir entre manger et se chauffer ?

STANISLAS GUERINI
Eh bien, c'est tout l'objectif, je veux dire, on n'aurait pas fait le quoi qu'il en coûte pendant la crise sanitaire pour protéger nos concitoyens, comme aucun pays au monde peut-être n'a protégé ses concitoyens, pour laisser des Français au bord du chemin à l'hiver...

YOANN USAI
Mais ce sera suffisant pour qu'il n'y ait précisément aucun Français au bord du chemin ?

STANISLAS GUERINI
Donc évidemment que les mesures que nous prenons dans la prolongation de ce que nous avons déjà mis en place, je pense par exemple au bouclier tarifaire, ce sont des mesures très importantes, c'est environ 50 milliards d'euros pour justement protéger les Français les plus vulnérables. Et nous, ce que nous souhaitons faire, c'est le faire dans un cadre qui est un cadre clair, qui n'entraîne ni impôt, ni d'aide supplémentaire. Donc une fois qu'on a posé ce cadre, eh bien, on est ouvert à la discussion avec nos oppositions, pour créer du compromis, parce que c'est ça le cadre que les Français nous ont demandé dans ce quinquennat, et surtout, voter ce texte pour le pouvoir d'achat, qui est un texte, je crois, attendu par tous nos concitoyens, on peut avoir des débats, savoir où est-ce qu'il faut placer le curseur, sur telle ou telle mesure, mais je crois que, aucun Français ne pardonnerait aux députés de la majorité, comme de l'opposition, de ne pas voter des mesures pour le pouvoir d'achat et pour la protection des concitoyens.

YOANN USAI
Et pourtant, et pourtant, une partie de l'opposition n'est pas satisfaite, elle considère que ce n'est pas suffisant, et elle dit surtout : on ne règle pas la question du pouvoir d'achat avec des chèques, et c'est vrai que ce qui est absent dans ce texte, c'est ce qui concerne l'augmentation des salaires dans le secteur privé, il n'y a rien concernant le secteur privé, c'est pourtant le nœud du problème, Stanislas GUERINI ?

STANISLAS GUERINI
D'abord, premièrement, est-ce que nous avons agi pour faire en sorte que dans notre pays, le travail paie plus, la réponse est massivement oui, c'est quand même notre majorité qui a augmenté la prime d'activité, qui a baissé les charges sur le travail, qui a baissé l'impôt sur le revenu…

YOANN USAI
Oui, mais là, il y a une inflation qui est à 7%, Stanislas GUERINI…

STANISLAS GUERINI
Je ne peux laisser dire que cette majorité n'est pas la majorité du travail qui paie. Et précisément, dans ce texte de loi, sur le pouvoir d'achat…

YOANN USAI
Tout cela a été absorbé par cette inflation qui est absolument énorme…

STANISLAS GUERINI
Pardon, je vais vous répondre très précisément, parce que ce sont des questions importantes, quand on baisse les charges pour les indépendants, on fait en sorte que le travail paie plus, quand on augmente la rémunération des agents de la Fonction publique, dont j'ai l'honneur d'être le ministre, on fait en sorte que le travail paie plus, quand on permet aux entreprises de verser des primes défiscalisées, on fait en sorte qu'on partage un peu mieux la valeur dans les entreprises, voyez, ce sont des mesures très précises, qui ont précisément pour objet de faire en sorte que le travail paie plus, il faut, là encore, mobiliser tous les leviers, baisser les impôts, faire que le travail paie plus, protéger les Français contre l'augmentation des coûts de l'énergie…

YOANN USAI
Faire que le travail paie plus, précisément...

STANISLAS GUERINI
Voilà, c'est ça que nous sommes en train de faire.

YOANN USAI
Peut-on dire que l'on fait en sorte que le travail paie plus quand on augmente le point d'indice de 3,5 %, alors que l'inflation sera probablement autour de 7 %, mécaniquement, ça signifie une baisse de pouvoir d'achat ?

STANISLAS GUERINI
Mais, d'abord, nous prenons une augmentation du point d'indice, qui est la plus importante depuis 37 ans, donc c'est à peu près 7,5 milliards d'euros consacrés à mieux rémunérer…

YOANN USAI
Il n'y a jamais eu une telle inflation depuis 37 ans également…

STANISLAS GUERINI
Les agents de la Fonction publique. Je veux préciser à votre antenne que cette augmentation du point d'indice, elle vient s'ajouter aux augmentations moyennes dans la Fonction publique, parce qu'il y a des augmentations de rémunérations pour les agents de la Fonction publique, c'est environ 5% en moyenne sur la fiche de paie des agents de la Fonction publique…

YOANN USAI
Mais êtes-vous d'accord pour dire que cette augmentation du point d'indice n'est pas une augmentation du pouvoir d'achat ?

STANISLAS GUERINI
C'est une réponse au retour de l'inflation, et j'ai d'ailleurs été très clair avec les organisations syndicales, nous aurons des rendez-vous pour travailler de façon plus en profondeur, plus systémique sur la rémunération des agents de la Fonction publique, parce que, oui, nous avons un déficit d'attractivité dans la Fonction publique, il est visible, de façon très criante dans certains pans, à l'hôpital, parfois pour nos professeurs, donc il y a des grands chantiers de revalorisation des agents de la Fonction publique, mais là, les mesures que nous avons prises sont des mesures de plus court terme, conjoncturelles, pour faire face au retour de l'inflation.

YOANN USAI
Alors, ce texte sur le pouvoir d'achat, il sera voté, Marine LE PEN l'a dit, par le Rassemblement national, très probablement par Les Républicains, ceux qui ne le voteront pas…

STANISLAS GUERINI
J'espère aussi, je vous le dis sincèrement, aussi par des députés venus des bancs de la gauche. Je crois que c'est possible…

YOANN USAI
Pas ceux de La France Insoumise en l'occurrence…

STANISLAS GUERINI
Probablement pas, je pense qu'ils n'ont pas eu l'intention de voter ce texte…

YOANN USAI
Précisément, concernant…

STANISLAS GUERINI
Probablement depuis le départ, pour être très honnête ce matin.

YOANN USAI
Alors justement, concernant ces députés de La France Insoumise, comment jugez-vous leur manière de travailler, leur opposition depuis le début de cette législature ?

STANISLAS GUERINI
On peut avoir des oppositions sur le fond, elles sont tout à fait légitimes, et au fond, on ne, partage pas le même projet politique c'est normal de s'opposer, mais dans la forme, l'invective permanente, l'insulte, on l'a encore vue ce week-end, je crois que ça abîme au fond notre démocratie, et ça fédère le jeu des députés du Rassemblement national qui, on le voit, ont adopté une stratégie, parce que c'est une stratégie totalement différente, de se réfugier dans une forme de respectabilité, moi, je suis très inquiet de ça, parce que je vois que les extrêmes, bien souvent, se retrouvent sur le fond, on l'a vu sur le texte sanitaire, n'ont pas la même stratégie, et j'ai bien peur que, au fond, celle qui en tire les marrons du feu, si je puis dire, à la fin, soit Marine LE PEN, et ça, je trouve ça terrible pour notre pays.

YOANN USAI
Une dernière question en 10 secondes, Stanislas GUERINI, vous allez quitter la tête de la République En Marche, pouvez-vous nous dire à quelle période vous allez partir ?

STANISLAS GUERINI
Mais je l'ai indiqué très clairement, ce sera à la rentrée, moi, je souhaite passer la main à la tête du parti présidentiel, on a un grand travail à opérer dans ce nouveau quinquennat, je suis ministre aujourd'hui, et je pense que cette fonction, elle nécessite d'être 100 % à sa tâche, et c'est ce que je m'attelle à faire.

YOANN USAI
Merci beaucoup, Stanislas GUERINI, d'être venu ce matin répondre en direct à mes questions.

STANISLAS GUERINI
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 22 juillet 2022