Interview de Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition énergétique, à CNews le 3 août 2022, sur les effets du réchauffement climatique, la politique de l'énergie et la polémique à l'Assemblée nationale concernant l'antisémitisme .

Texte intégral

LOÏC SIGNOR
Bonjour Agnès PANNIER-RUNACHER.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Bonjour Loïc SIGNOR.

LOÏC SIGNOR
Ministre de la Transition énergétique, ministère au centre de toutes les attentions, au coeur d’un été de tous les records, canicule, sécheresse, on va y venir et à l’approche d’un hiver qui vous inquiète. On va bien sûr en parler avec vous ce matin. Mais d’abord, ces records de températures, cette canicule, on est dans le 3e mois de juillet le plus chaud, depuis que les mesures sont enregistrées en France par Météo France. La sécheresse inquiète de nombreux départements, par exemple le Préfet de Corse tire la sonnette d’alarme, il dit que si on continue comme ça, dans 25 jours il n’y aura plus d’eau en Corse. Qu’est-ce que vous dites à cela, quelle est la réaction du Gouvernement ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors, c’est la manifestation du réchauffement climatique, je pense qu’aujourd’hui plus personne ne met en doute ce réchauffement climatique, et je peu d’ores et déjà vous dire que le climat 2020 on peut l’oublier, le climat 2022 est peut-être le plus frais des années à venir. Ça, c’est l’effet scientifique. Et face à cela, le Gouvernement a un plan de planification écologique. Ce plan de planification écologique, il vise à la fois à ralentir le réchauffement climatique, faire en sorte que la France soit la première grande Nation à sortir des énergies fossiles, puisque ce sont essentiellement ces énergies fossiles qui émettent des gaz à effet de serre, qui réchauffent l’atmosphère, mais également s’adapter aux changements climatiques. S'adapter aux changements climatiques, c'est mieux gérer l'eau, mieux gérer les forêts, anticiper dans notre manière de construire ou dans notre manière de nous déplacer, tous les effets de ce réchauffement climatique, et de manière générale tous les effets de ces aléas climatiques, parce que ce ne sont pas seulement des épisodes de canicule auxquels nous allons devoir faire face, c'est également des aléas climatiques renforcés, ça peut être la pluie, ça peut être le vent, ça peut être le froid, paradoxalement, et c’est donc face à tout ça que nous devons nous préparer, c'est notre responsabilité politique.

LOÏC SIGNOR
Mais, très concrètement, pour cet été, pour éviter cette pénurie d'eau, il n'y a rien à faire dans l'immédiat ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors, très concrètement…

LOÏC SIGNOR
A part les gestes du quotidien que les Français peuvent faire chacun…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors, déjà, bien entendu, être en responsabilité par rapport aux consignes de préservation de tout ce qui est eau. Aujourd'hui, dans tous les départements métropolitains, il y a des consignes sur l'utilisation de l'eau, ne pas l’utiliser à mauvais dessein, et puis en parallèle, renforcer notre capacité de résilience sur l'eau, c'est-à-dire récupérer tout ce qui est possible, faire en sorte d'utiliser les réserves d'eau pour faire face à cette situation, vous mentionnez la Haute-Corse, il y a d'autres situations qui sont tendues sur le territoire, vous savez que la Première ministre suit heure par heure cette situation avec Christophe BECHU le ministre de la Transition écologique et des Collectivités territoriales, donc voilà, nous sommes au travail, aux côtés des Français, pour faire face à cette situation.

LOÏC SIGNOR
Et vous l'avez dit, beaucoup de départements sont concernés, pas seulement la Corse, on prenait l'exemple du préfet qui tirait la sonnette d'alarme, avec ce chiffre qui inquiète effectivement, 25 jours à tenir pour les Corses, "Si l’on ne change pas les habitudes, il n'y aura plus d'eau là-bas ". On va parler de l'hiver à présent, qui nous inquiète tout particulièrement, à cause de ce qui se passe notamment en Ukraine et cette pénurie de gaz qui pourrait se profiler. Où est-ce qu'on en est aujourd'hui du stockage du gaz ? Parce que c'est la clé, il faut que la France ait du gaz pour préparer l'hiver, est-ce qu'on peut parler là aussi très concrètement, est-ce qu'on est aujourd'hui à l'abri de toute coupure, de toute pénurie en ce qui concerne le gaz ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Moi, mon rôle c'est de faire en sorte de prendre toutes les mesures pour limiter les risques de pénurie de gaz l'hiver prochain. Et donc vous parlez des stockages, c'est évidemment la 1ère mesure, nous sommes aujourd'hui à 80% de remplissage de nos stocks de gaz stratégiques…

LOÏC SIGNOR
Ça suffit ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors, nous sommes en avance par rapport à notre objectif, et cela veut dire que nous remplirons à 100 % nos stockages avant le 1er novembre, ce qui était notre objectif. La 2e chose, c'est le plan de sobriété que nous avons lancé. Il est très important aujourd'hui, on mentionnait tout à l'heure le sujet de l'eau, il est très important aujourd'hui de, collectivement, et en particulier les gros acteurs, je pense aux administrations, je pense aux entreprises, ceux qui ont la capacité très vite de limiter leur consommation de gaz, de faire en sorte de réduire leur consommation d'énergie, le gaz évidemment, mais également l'électricité, puisque les deux systèmes sont liés. N’oublions pas qu'une partie de notre gaz permet de produire de l'électricité, et surtout que l'électricité que nous importons, est très souvent produit sur la base de gaz naturel, et donc dans ces circonstances nous devons économiser les deux, le gaz et l'électricité, et cela va dans le sens de la lutte contre le réchauffement climatique. Sortir des émissions de gaz à effet de serre, ça veut dire réduire au maximum notre consommation d'énergies fossiles, et donc faire en sorte d'utiliser beaucoup moins de gaz dans les années qui viennent.

LOÏC SIGNOR
Et nous importons beaucoup d'électricité, 70%, de Belgique, d'Allemagne. L'Allemagne manque, elle, de gaz, à cause justement de sa dépendance au gaz russe, est-ce qu'on peut imaginer des principes des mécanismes européens de partage d'électricité et de gaz entre les Etats membres ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
C'est tout à fait le mécanisme central, c'est la solidarité entre les Etats membres, pour faire en sorte que les Français qui sont vulnérables sur l'électricité, parce que nous avons aussi un sujet de production nucléaire d'électricité, cette production sur la base du nucléaire a diminué ces dernières années, pour des raisons de maintenance, pour des raisons aussi de corrosion sous contraintes dans 12 centrales nucléaires, pour ces raisons-là nous comptons sur la solidarité notamment allemande, pour nous permettre d'importer de l'électricité et inversement nous devons être en soutien de l'Allemagne pour pouvoir exporter du gaz, que nous recevons au travers de nos terminaux méthaniers. Il faut avoir en tête que…

LOÏC SIGNOR
En septembre 2023, celui du Havre notamment, que vous avez annoncé.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors celui de 2023, mais nous avons…

LOÏC SIGNOR
Il faudra attendre un an.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Nous avons déjà quatre terminaux méthaniers qui sont au travail, et nous avons la chance en France d’avoir une façade maritime, comme l’Espagne, et donc nous faisons partie des pays qui pouvons importer massivement pour le compte du reste de l’Europe et c’est ce que nous faisons en ce moment.

LOÏC SIGNOR
Il y a quand même, Agnès PANNIER-RUNACHER, des décisions européennes qui interrogent, notamment celle de doubler nos commandes de gaz qui viennent d’Azerbaïdjan, ce pays est quand même très décrié dans son attitude diplomatique à l’égard de l’Arménie, est-ce qu’on a finalement mis un embargo, ou en tout cas des sanctions sur la Russie, pour se tourner vers un autre pays qui n’est pas forcément ami avec les membres de l’Union ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je crois qu’il faut être très clair. La Russie a fait une agression contre un pays qui était souverain, il occupe aujourd'hui ce territoire, il le bombarde, il tue des civils, il tue des femmes, il tue des enfants, et c’est pour ces raisons que nous avons pris des sanctions qui étaient massives et qui aujourd'hui font très mal à la Russie, je pense qu’il faut le dire et qu’il faut l’assumer. C’est la première guerre sur le territoire, aux portes de notre territoire européen, il faut prendre ça avec le plus grand sérieux, on ne peut pas laisser une guerre s’étendre sur le territoire européen. Je crois que la situation de l’Azerbaïdjan est assez différente, cela n’enlève rien aux questions légitimes que vous posez, mais de manière générale…

LOÏC SIGNOR
Y compris sur le terrain des droits de l’homme ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Notre objectif, et vous savez que le président de la République est toujours vigilant sur la question des droits de l’homme, et de manière répétée interroge les différents dirigeants pour lesquels on pourrait penser que des marges de progrès existent, pour le dire de manière diplomatique, donc cela n’enlève rien au combat que nous menons pour les droits de l’homme, mais nous, notre sujet c’est aussi de diversifier nos sources d’approvisionnement en gaz et nous le faisons en direction aussi de pays comme la Norvège, de pays comme les Etats-Unis, comme le Canada, et c’est ça qui va permettre aussi de construire la résilience de l’Union européenne. Je ne crois pas que nous ayons intérêt à ce que l’Union européenne soit faible économiquement et ne protège pas sa population par rapport à l’hiver prochain.

LOÏC SIGNOR
Vous disiez à l’instant ces sanctions font très mal à la Russie, elles font aussi très mal aux pays européens qui cherchent des solutions, on voit les prix des carburants exploser, on voit des pénuries qui menacent sur le gaz, sur l’électricité. Marine LE PEN, hier à l’Assemblée nationale, a dit qu’il fallait en finir avec les sanctions face à la Russie, qu’elles étaient inefficaces, que répondez-vous à la présidente du groupe RN à l’Assemblée ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je réponds que la personnalité politique qui se targue d'être la plus patriote est en fait la première à être prête à vendre notre République pour un plat de lentilles à la Russie, je pense que c'est un propos extraordinairement dangereux, je pense que c'est un propos irresponsable, et en tout état de cause cette solidarité européenne c'est notre meilleur rempart collectif, on l’a vu pendant la crise de la Covid avec notre capacité à monter des chaînes de fabrication de vaccins et à vacciner, finalement en étant le continent qui a fait cet exercice-là le plus rapidement de tous les continents sur la planète, nous le voyons aujourd'hui dans cette situation de crise, qui est une situation de crise que nous n'avons pas souhaitée, mais qui est aujourd'hui globale, elle n'est pas uniquement propre à l'Europe, et en tout état de cause il faut qu'on reste très solidaire et qu’on ne laisse rien, qu'on ne lâche rien sur les principes de la République et de la démocratie.

LOÏC SIGNOR
La sobriété énergétique, c'est le plan que vous avez préparé, que vous allez mener, -10 % de consommation dans les deux ans qui viennent, notamment pour les administrations, est-ce qu'on ne tombe pas, Agnès PANNIER-RUNACHER, dans cette société de la vigilance, du contrôle, de la délation parfois, vous en avez malheureusement vous-même fait l'expérience la semaine passée au Conseil des ministres avec les voitures, vos voitures moteurs allumés et climatisations enclenchées, est-ce qu'on ne tombe pas dans une société du contrôle permanent où chacun va se regarder, s’épier, sur cette question de l'énergie, de la consommation énergétique ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je crois que cet épisode des moteurs allumés montre qu'on a tous des comportements à changer et que l'enjeu de la sobriété énergétique c'est un enjeu de changement culturel, et il n’est pas du tout illégitime que les ministres soient comptables, comme tout à chacun, de ce comportement d'utilisation de l'énergie, surtout que c'est pour protéger l'ensemble de la société, et que nous avons… enfin, qu’il faut démarrer par ceux qui ont le plus de capacité à agir. On ne va pas demander à des Français en situation de précarité énergétique de faire des économies…

LOÏC SIGNOR
Ils le font déjà.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ça n’a pas de sens, ils le font sous contrainte, et moi mon objectif c'est que des Français précaires, qui ne peuvent pas se chauffer l'hiver prochain, puissent se chauffer, qu'on puisse les accompagner, dans par exemple la rénovation thermique de leur logement pour qu'ils puissent avoir accès à un chauffage correct, et dans le même temps faire en sorte que les plus grosses entreprises, que les plus grosses administrations, que les ministères, fassent des économies, et on sait qu'on a des marges de manoeuvre, aujourd'hui la température de consigne de 19 degrés, par exemple dans les bureaux, n'est pas respectée partout, ça ne veut pas dire que c'est mal et qu'il faut être dans la désignation des coupables, c'est plutôt une question de comment on change nos habitudes, comment on apprend à régler un thermostat, comment finalement on passe d'un moment où l'énergie était très répandue et pas chère, et donc finalement pas très précieuse, à un moment où on s'aperçoit que l'énergie est précieuse et qu'on doit y faire attention comme on fait attention à d'autres ressources rares.

LOÏC SIGNOR
Un mot sur le pouvoir d'achat. Le Sénat a adopté le projet de loi de finances hier tard dans la nuit. Juste une mesure, qui concerne le fuel, une alliance NUPES, Les Républicains, RN, a mis en échec le Gouvernement qui, hors résidences secondaires, remet en place un bouclier tarifaire pour 3 millions de foyers qui se chauffent encore au fuel, on est sur de l'ordre de 230 millions d'euros, est-ce que vous le regrettez, est-ce que c'est une manière de financer une énergie non renouvelable ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors, oui, c'est un bouclier qui finance une énergie non renouvelable, mais il faut aussi regarder la situation de la réalité des Français. Beaucoup de Français qui se chauffent aujourd'hui au fuel n’ont pas la capacité financière, ou n’ont pas tout simplement même la disponibilité d'un artisan pour changer de chaudière. Alors, qu'est-ce que je leur dis, débrouillez-vous ? On ne peut pas être dans cette position, on est obligé effectivement de tenir compte de la réalité, et c'est pour ça que nous avons à la fois une politique pour accompagner les Français dans leur changement de mode de chauffage, dans l'isolation de leur maison, dans le changement de leur voiture, et dans le même temps, à court terme, ce sont des dispositifs de court terme, des dispositifs pour les aider à passer le cap et effectivement à faire face à des augmentations énormes, parce qu’on parle d’augmentations énormes…

LOÏC SIGNOR
Vous ne considérez pas que ce soit un échec pour le Gouvernement ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Du prix du fuel, du carburant ou de l'électricité. Je considère que ce n’était pas notre choix, on pensait pouvoir accompagner autrement les Français, c'est le choix de l'Assemblée, du Sénat en l'occurrence, les Assemblées sont souveraines et donc nous mettrons en oeuvre ce dispositif destiné au fuel.

LOÏC SIGNOR
A l’Assemblée, justement, qui a été une nouvelle fois le théâtre d’un affrontement politique hier, votre collègue ministre de la Justice Eric DUPOND-MORETTI, a accusé la NUPES, l'extrême gauche, de frayer parfois avec l'antisémitisme. Est-ce que, Agnès PANNIER-RUNACHER, certains membres de la NUPES, en cause cette résolution sur Israël, cette résolution controversée, est-ce que certains membres de la NUPES sont, selon vous, antisémites ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Moi, je le formulerais autrement. Je crois que certains membres de la NUPES entretiennent volontairement une forme d'ambiguïté par rapport à des ennemis de la République ou par rapport à des personnes qui ont des positions clairement antisémites. Monsieur CORBYN, dont les positions étaient assez directement décriées, notamment des positions antisémites, n'a pas à être valorisé par des membres de la NUPES. Lorsque Gérald DARMANIN prend la décision courageuse d'expulser un imam prédicateur de haine contre les juifs, contre les femmes, contre les homosexuels, il est surprenant que certains membres de la NUPES s'interrogent sur l’état de droit dans ce type de décision. Quand on attaque la République, ce n'est pas une question d'état de droit, il faut la défendre, et c’est très exactement ce que fait Gérald DARMANIN, et le comportement encore une fois, c'est certains membres de la NUPES, je ne me permettrais pas d'avoir une opinion générique sur l'ensemble des différentes composantes de la NUPES, et en particulier le Parti socialiste, le Parti communiste, qui sur ces sujets-là ont été extraordinairement clairs sur leur lutte constante contre l'antisémitisme. Mais attention à ces communiqués de presse qui vont soutenir ici un prédicateur de haine, qui vont là poser la question et tenir des propos qui peuvent être assimilés à de l'antisémitisme, ce sont des faits et nous devons les dénoncer.

LOÏC SIGNOR
Vous serez ce soir à Matignon, Agnès PANNIER-RUNACHER…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Tout à fait.

LOÏC SIGNOR
Elisabeth BORNE, la Première ministre, a décidé de réunir le Gouvernement pour un dîner avant les vacances. A quoi ça va ressembler les vacances de ce Gouvernement ? Il faut faire attention, il faut là aussi montrer l'exemple on imagine, sur la sobriété énergétique notamment.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Tout à fait. Ceci dit je crois que ça va être surtout un peu de repos pour une équipe qui, depuis plusieurs semaines, a été à l'action, à l'action par rapport à la canicule, par rapport au réchauffement climatique. Nous avons voté plusieurs lois, des lois qui sont importantes pour les Français, qui vont avoir des conséquences directes : augmentation des minima sociaux, augmentation des retraites, augmentation des pensions de réversion, prolongation des boucliers énergétiques, tout cela compte pour les Français, et finalement c'est peut-être ce soir l'occasion de regarder ce qui a été réalisé ces dernières semaines ,et de se dire qu’une partie du chemin a été faite, et de nous redonner des forces pour la suite.

LOÏC SIGNOR
Et on a une rentrée qui s'annonce particulièrement mouvementée pour l'exécutif. Merci Agnès PANNIER-RUNACHER d'être revenue aujourd'hui sur Cnews avant le début de vos vacances et des vacances du Gouvernement. Merci Agnès PANNIER-RUNACHER.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Merci beaucoup et bonnes vacances à tous.


Source : Service d’information du Gouvernement, le 4 août 2022