Déclaration de Mme Catherine Colonna, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les relations entre la France et la Grèce, les tensions en Méditerranée orientale, le conflit en Ukraine et la situation dans les Balkans occidentaux, à Athènes le 6 septembre 2022.

Intervenant(s) :

Circonstance : Conférence de presse conjointe avec M. Nikos Dendias, ministre des affaires étrangères de la Grèce

Prononcé le

Texte intégral

Monsieur le Ministre, cher Nikos,
Mesdames et Messieurs,


Quelques mots de ma part, pour compléter ce qu'a dit le ministre, même s' il a été presque complet, mais je dois à mon tour prendre la parole, d'abord pour le remercier et lui redire et dire devant vous que je suis très heureuse d'être ici, à Athènes. C'est notre deuxième rencontre cet été, ce qui montre, je crois, la qualité de notre relation et la qualité du partenariat stratégique entre nos deux pays, un partenariat stratégique qui se nourrit aussi de ces rencontres. Je veux aussi remercier le ministre de l'aide que nous a apportée la Grèce cet été dans la lutte contre les graves incendies qui ont ravagé une partie des forêts françaises. Cela a été très apprécié, je l'ai également dit à votre Premier ministre.

Je souhaite saluer, c'est un évènement important, la sortie de la Grèce du mécanisme économique de surveillance. C'est un moment non seulement important mais positif, qui montre je crois la force du volontarisme de la Grèce et qui illustre aussi la résilience du peuple grec. C'est un beau résultat, donc bravo de cela. Le Premier ministre Mitsotakis m'a fait l'honneur de me recevoir, nous avons évoqué avec lui, puis avec le ministre, une série de questions bilatérales, européennes et internationales, parce que ce que nous constatons que la plupart des défis auxquels nous faisons face, sont des défis pour les uns comme pour les autres et que nous y répondrons d'autant mieux que nous coopérons et rapprochons, s'il le faut, nos points de vues. Mais, cela n'a pas été vraiment nécessaire aujourd'hui, nous sommes, je crois, en pleine harmonie sur tous les sujets que vous avez cités.

Je reviens de Turquie, vous l'avez dit cher Nikos. Bien sûr nous avons évoqué aujourd'hui la situation en Méditerranée orientale. J'ai relaté mes entretiens. Nous avons évidemment échangé sur la montée des tensions entre la Turquie et quelques-uns de ses voisins ces derniers mois et, j'avais fait part à notre collègue turc de la préoccupation de la France devant la montée de ces tensions. Je le redis sans hésitation, la France a toujours été aux côtés de la Grèce et de Chypre lorsqu' il le faut et lorsque les atteintes à la souveraineté peuvent faire partie des tentations de pays voisins. Donc, nous avons toujours été aux côtés de la Grèce et nous continuerons de l'être. Nous restons très attentifs à l'évolution de la situation pour éviter toute escalade : je l'ai dit hier à Ankara, je veux le redire dans les mêmes termes aujourd'hui. Vous avez bien voulu rappeler cher Nikos le souci qui est le nôtre, qu'aucune spirale ne s'engage involontairement, que chacun fasse preuve de retenue, et que l'apaisement vienne. J'avais dit hier à notre homologue turc, j'avais rappelé auprès de lui l'importance de s'abstenir de tout geste ou de toute action, de toute déclaration qui puisse être vue comme une provocation. La région n'a pas besoin de tensions, elle a besoin d'apaisement, elle a besoin de respect du droit international.

Nous avons aussi évoqué la situation en Ukraine. La France et la Grèce continueront à participer à l'effort de solidarité avec Kiev et s'emploieront également à entretenir l'esprit d'unité des Européens, cette unité qui s'est manifestée depuis le premier jour et qui nous permet d'être efficaces face à l'agression russe et au soutien de l'Ukraine. Nous avons aussi évoqué notre détermination à agir pour la protection de nos sociétés contre les conséquences de la guerre engagée par la Russie en Ukraine. Il y a des conséquences économiques pour nos sociétés, il y a une augmentation également des prix de l'énergie qui soucie nos concitoyens et qui fait l'objet d'un travail intense. On devra agir au niveau européen sur lequel nous souhaitons coopérer pour que l'UE y réponde le plus vite possible. J'ai aussi évoqué, le ministre l'a dit, la mission de l'AIEA à Zaporijjia, pour laquelle le Président de la République a œuvré, une mission qui a été essentielle à la sécurité de tous et à la sûreté de la centrale, et vous savez que la France préside aujourd'hui une réunion du Conseil de sécurité consacrée à ce sujet.

Nous avons également échangé sur la situation dans les Balkans occidentaux, et j'ai réitéré notre engagement pour soutenir la Macédoine du Nord et l'Albanie sur leur chemin européen, après l'ouverture des négociations d'adhésion avec ces deux pays, qui était un des développements positifs de la présidence française du Conseil de l'UE. J'ai salué l'accord sur la libre circulation entre Belgrade et Pristina, autre développement positif dans un contexte qui est parfois difficile, le ministre le sait bien, grâce au dialogue facilité par l'Union européenne. Il y a donc tout de même des signaux encourageants et nous devons continuer de les rechercher, les appeler de nos vœux et les faciliter. Il faut que les discussions se poursuivent sur d'autres volets de la situation dans les Balkans, dans le même esprit de dialogue et de compromis.

Au niveau européen, nos deux pays souhaitent continuer à travailler ensemble pour préparer la réforme du pacte de stabilité et de croissance. Je crois pouvoir dire que nos points de vues convergent, et que, main dans la main nous essayerons de prendre ce chemin avec nos partenaires de l'UE, avec pour objectif, le ministre l'a dit, le développement de la transition écologique, le développement d'une économie plus verte, et nous devons là aussi unir nos forces bien au-delà d'ailleurs de la relation amicale entre la Grèce et la France pour que tous les Etats membres de l'UE ne perdent pas de temps à relever ces différents défis.

Nous sommes effectivement convenus de nous voir prochainement, peut-être à Paris cher Nikos puisque cette fois-ci je suis à Athènes, et que venant à Athènes tout à l'heure, je réalisais qu'il y avait bien longtemps que je n'étais pas venue en Grèce. Trop longtemps, certains s'en souviendront peut-être, en tout cas moi je m'en souviens, c'était je crois il y a quinze ou seize ans, donc je ferai en sorte de faire un peu mieux dans les années qui viennent. Merci en tous cas de ton accueil et de ces très bons entretiens. Merci beaucoup.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 19 septembre 2022

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