Interview de Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition énergétique, à Sud Radio le 23 septembre 2022, sur la politique de l'énergie.

Texte intégral


PATRICK ROGER
Bonjour Agnès PANNIER-RUNACHER.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Bonjour Patrick ROGER.

PATRICK ROGER
Est-ce qu’on va réussir à remettre en route les centrales pour cet hiver ? Est-ce qu’on peut avoir confiance dans le photovoltaïque et l’éolien ? La sobriété énergétique, oui ou non est-ce qu’on peut produire et consommer mieux finalement ? Quel est votre projet et puis toutes les autres questions autour de l’actualité, notamment les retraites, et puis on reviendra peut-être aussi sur la petite parodie avec Pascal PRAUD hier pour terminer. Mais commençons donc par la volonté d’accélérer le nucléaire et les énergies renouvelables. Vous étiez hier aux côtés d’Emmanuel MACRON pour inaugurer le premier parc éolien en mer au large de Saint-Nazaire. Vous devez présenter lundi en conseil des ministres le projet de loi sur les énergies renouvelables. Alors sur quoi voulez-vous accélérer et quelle est l’ambition du projet, Agnès PANNIER-RUNACHER ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors la politique énergétique que nous menons, elle est très claire. C’est une stratégie qui vise à sortir des énergies fossiles. Sortir des énergies fossiles d’abord parce qu’elles contribuent au réchauffement climatique et que c’est dramatique pour la biodiversité et dramatique aussi pour les phénomènes que nous vivons. On l’a encore vu cet été, de sécheresse, d’inondations, de méga feux. Il faut le faire aussi pour des raisons de souveraineté. Maîtriser la production de notre énergie en France, c’est un enjeu fort. On le voit dans le cadre de la crise en Ukraine. La dépendance de l’Europe à l’égard du gaz russe est quelque chose de très préoccupant. Et puis le troisième enjeu, c’est un enjeu de pouvoir d’achat pour les Français et de compétitivité. Aujourd'hui les énergies renouvelables sont très compétitives par rapport aux coûts du marché de l’électricité et du gaz.

PATRICK ROGER
Mais alors, c’est à quel horizon ? Parce que ça ne va pas se faire du jour au lendemain. Pour l’ensemble des projets, c’est des véritables parfois cathédrales qu’il faut construire, des Tours Eiffel sur l’énergie. L’éolien, c’est l’équivalent de la Tour Eiffel en mer qu’on peut construire. Ça ne peut pas se faire en l’espace de quelques minutes ou quelques jours.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors vous avez raison. C'est-à-dire que le problème de la France, c’est qu’elle a beaucoup de projets mais qu’elle met deux fois plus de temps que les pays voisins à les mener au bout. On parle de l’inauguration que nous avons faite avec le président de la République hier du premier champ éolien marin à Saint-Nazaire. Ce choix, il a mis 12 ans à voir le jour, là où dans d'autres pays on va mettre 5 ans, 6 ans, 7 ans. Et c'est pareil pour le photovoltaïque : on met 4 en France pour 2 ans chez nos voisins allemands, néerlandais ou suédois et pourtant…

PATRICK ROGER
Mais pourquoi on met autant de temps

AGNES PANNIER-RUNACHER
Parce que c'est du temps administratif, c'est du temps de contentieux, c'est beaucoup de contestations et donc on a un enjeu de se réapproprier les énergies renouvelables, d’en faire un combat fondamental parce que aujourd'hui on n’a plus le luxe d'attendre. Il faut changer notre mix énergétique.

PATRICK ROGER
Oui. Alors ça veut dire, si je vous suis Agnès PANNIER-RUNACHER, qu'il n'y aura plus de recours possible contre des projets alors.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Absolument pas, absolument pas.

PATRICK ROGER
Oui, mais le chef de l'Etat a dit : il y en a beaucoup trop, on va aller plus vite.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Mais piloter les énergies renouvelables, accélérer les énergies renouvelables, c'est ce que nous faisons dans le plan que nous menons. C'est d'abord mobiliser toute l'administration. J'ai signé avec Gérald DARMANIN une circulaire aux préfets pour que ce sujet soit une de leurs priorités d'action, et que non seulement ils agissent sur l'instruction des dossiers, mais également qu'ils organisent avec les élus locaux des concertations pour anticiper, pour repérer les zones où il est approprié de positionner du photovoltaïque ici, de l'éolien terrestre pour que cela soit beaucoup mieux accepté par les populations. Ça, c'est le premier enjeu. Le deuxième enjeu, c'est de lever les verrous réglementaires. Je l'ai fait. Il y avait des projets qui n'arrivaient pas à sortir pour des raisons d'inflation. Nous avons levé ces verrous réglementaires sur du photovoltaïque, sur du gaz renouvelable et ça fonctionne. Et le troisième enjeu, c'est de lever les verrous législatifs. C'est l'enjeu de ce projet de loi. Je dirais qu’il y a 3 objectifs. Le premier objectif, c'est d'accélérer les procédures. On ne revient pas sur la concertation bien entendu, on ne revient pas sur le droit de l'environnement mais on essaye d’être plus efficace.

PATRICK ROGER
Oui, parce que c’est quand même l’un des piliers de notre politique écologique. Justement de mesurer un peu les impacts sur l'environnement.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Il n'est pas question de revenir sur ça. Evidemment qu'on continue à avoir des études d'impact. En revanche, rien ne nous oblige à ne pas être plus rapide et parfois à faire deux opérations en parallèle plutôt que d'attendre la fin d'une première concertation pour ensuite enclencher le sujet suivant, et ça c'est un enjeu d'efficacité collective. Il faut également, c'est ce que nous faisons, libérer du foncier toutes les parties un peu dégradées sur le territoire. Les abords des autoroutes peuvent accueillir des énergies renouvelables. Aujourd'hui nous n'arrivons pas à le faire. Et puis, mieux planifier les énergies renouvelables.

PATRICK ROGER
Donc on va voir des éoliennes un peu partout apparaître sur le territoire, le long des autoroutes.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Mais ça c’est le fantasme et je veux tout de suite arrêter. D'abord je viens de vous parler de panneaux photovoltaïques donc ce ne sont pas des éoliennes.

PATRICK ROGER
Fabriqués à partir de charbon et ça vient de Chine. En partie.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Non. C’est du silicium, ce qui n’est pas du charbon. Ça n’a même rien à voir. Mais non, ce que ce que nous faisons c’est – et effectivement, vous avez raison - il faut des filières industrielles derrière. L'éolien marin, je veux le rappeler, nous avons une filière industrielle française, nous sommes exportateurs aux Etats-Unis de nos pales et de nos nacelles donc de ces équipements d'éoliennes. Donc là encore, c'est un enjeu industriel. Mais pour revenir à la question que vous mentionnez, de quoi parle-t-on ? Sur les éoliennes terrestres, c’est moins de 0,2% du territoire. 0,2% du territoire.

PATRICK ROGER
Oui. Donc il y a trop de fantasme, c’est ce que vous dites.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je dis qu'il faut aujourd'hui améliorer la concertation, prendre beaucoup plus en amont les projets, mais aussi lever les verrous qui nous permettent de sortir des énergies fossiles. Dire qu’il y aurait le droit de l'environnement qui s'oppose aux énergies renouvelables, c'est oublier le mal que font les énergies fossiles à la biodiversité. La première cause de disparition de la biodiversité aujourd'hui, c'est les énergies fossiles. On ne peut pas attendre de lutter pour le changement climatique.

PATRICK ROGER
Alors Agnès PANNIER-RUNACHER, vous voulez aller beaucoup plus vite, je l'ai compris. Alors c'est quoi en fait en termes de chiffres et d'objectifs pour que ça aille vite ? Et puis où est-ce que vous allez installer tous ces parcs ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors nous allons d'abord évidemment accélérer sur toutes les énergies renouvelables. C'est de la géothermie, c'est des méthaniseurs, c’est du biogaz renouvelable. C'est de nouvelles technologies d'ailleurs à partir aussi de déchets, donc ce n'est pas que de l'éolien et du photovoltaïque. C'est du photovoltaïque sur les parkings, sur les bâtiments, dans les délaissés routiers, c'est de l'éolien marin. Nous avons un objectif de 50 parcs éoliens marins, c'est à peu près 40 gigawatts, et nous avons un objectif de multiplier par 10 notre puissance solaire installée en France.

PATRICK ROGER
Multiplier par 10 à quel horizon ça ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
2050.

PATRICK ROGER
2025, voilà, c'est ça.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Puisqu’en 2050, nous devons atteindre la neutralité carbone si nous voulons avoir une chance de casser l'augmentation - enfin la progression - du changement climatique.

PATRICK ROGER
Voilà donc pour les objectifs. C’est ce que vous allez présenter lundi en conseil des ministres ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Tout à fait.

PATRICK ROGER
Ça va être les grandes orientations.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Les grands axes. Meilleure planification, accélération, libération du foncier et meilleur partage de la valeur, parce que nous pensons que les habitants et les collectivités locales doivent avoir un retour de ces installations, avoir un bénéfice qui leur permette de mener des projets au niveau de leur territoire et de s'approprier ces installations.

PATRICK ROGER
Agnès PANNIER-RUNACHER, je rappelle que vous vous étiez auparavant ministre de l'Industrie. Est-ce que vous avez pu mesurer aussi le nombre d'emplois potentiellement et qu'est-ce que ça peut amener à la France de créer ça ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Oui. C’est des dizaines de milliers d'emplois, filière par filière.

PATRICK ROGER
Des dizaines mais c'est-à-dire ? C’est quoi ? C’est 100 000, c'est 200 000, c’est 300 000 ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ça dépend des filières. Par exemple sur l'hydrogène bas carbone, c'est un nombre d'emplois qui est évalué aux alentours de 100 000 emplois. Ce sont des chiffres qui sont encore préliminaires, mais vous avez une filière éolienne marine, un projet comme Saint-Nazaire, c'est 2 600 emplois. Voilà. Pour vous donner un élément très factuel, si vous imaginez que vous avez 50 parcs derrière, ça vous donne une notion de ce que ça représente en termes d'emplois pour monter de tels projets. Vous avez le photovoltaïque o% il faut réinstaller une filière solaire. Vous avez la géothermie où on a beaucoup de points forts. Donc toutes ces filières, c'est des emplois.

PATRICK ROGER
Le coût total aussi ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors le coût aujourd'hui, c'est très compétitif. Il faut savoir que les énergies renouvelables…

PATRICK ROGER
Il y a de l'investissement.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Mais les énergies renouvelables, c'est 20 milliards d'euros dans le budget de l'Etat. C'est ce qui va nous permettre l'année prochaine de financer une partie…

PATRICK ROGER
20 milliards de recettes.

AGNES PANNIER-RUNACHER
20 milliards de recettes dans le budget de l'Etat, parce que le coût de l'énergie produite est largement inférieur à celui du coût de l'électricité sur le marché. Et donc ça va nous permettre de financer le bouclier énergétique des Français, et le coût de production est aujourd'hui aux alentours de 60, 80 euros du mégawatt sur un marché qui est au-delà de 300 euros. Pour le prix de l'électricité, on voit qu'on est très loin.

PATRICK ROGER
Alors ça, on voit, c’est du moyen terme Agnès PANNIER-RUNACHER, c’est du moyen terme. Mais là il y a le court terme, il y a cet hiver aussi. Les centrales, est-ce que vous pouvez accélérer les remises en route complète pour cet hiver ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors c'est une question que vous pouvez poser à EDF. Accélérer la remise en route…

PATRICK ROGER
Oui, mais vous êtes au gouvernement.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Accélérer la remise en route des centrales, c'est un processus industriel et EDF effectivement a mis les bouchées doubles pour avoir les compétences sur le terrain pour mener ces maintenances. Ces maintenances elles sont nécessaires, elles arrivent chaque année. Hier on avait 28 centrales qui étaient au travail, et chaque semaine - vous avez d'ailleurs ce calendrier publié, disponible pour tous les Français ; vous le trouvez sur le site de RTE – et chaque semaine vous avez des centrales qui sont remises en route à l'approche de l'hiver.

PATRICK ROGER
L’objectif, c'est quoi ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ce qu’a fait EDF, c'est de pousser toutes les maintenances sur le moment où on a le moins besoin d'électricité, c'est-à-dire le printemps, l'été et le début de l'automne, pour pouvoir avoir le maximum de production au moment de l'hiver.

PATRICK ROGER
On ne pas chiffrer alors ? On ne peut pas dire… Si ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Si. Le chiffre, il est donné par les experts EDF et RTE, et on sait par exemple que notre scénario central avec RTE, c’est 45 gigawatts de production au mois de janvier. Et donc nous calons toutes nos analyses sur ce scénario central.

PATRICK ROGER
Le plan de sobriété aussi, puisque vous êtes en charge de ce plan, c'est le 6 octobre je crois - c'est ça ? – où vous aurez des conclusions.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Notre objectif est effectivement de faire une présentation du plan de sobriété de l'Etat, puisque ce plan-là pour les administrations et les ministères sera porté par les ministres et notamment Stanislas GUERINI, le ministre de la Réforme de la Fonction publique, et puis de recueillir tous les plans sobriété qui sont aujourd'hui en cours de mise en forme, de finalisation des grandes entreprises, des collectivités locales…

PATRICK ROGER
Eteindre la lumière la nuit, c'est ça, oui.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ça va plus loin évidemment. C'est l'extinction des lumières mais c'est les consignes de température, c'est l'utilisation de l’eau chaude sanitaire, c'est la façon dont on utilise le numérique pour consommer moins d'énergie. Et l'objectif, c’est moins 10% de consommation de carburant, de gaz et d'électricité dans les 2 ans qui viennent.

PATRICK ROGER
Oui. Agnès PANNIER-RUNACHER, dans cette sobriété il risque d'y avoir un événement où il n'y aura pas de sobriété : c'est la Coupe du monde de football au Qatar. Je sais que vous avez dit : pour l'instant, il faut rester sur cette ligne de " on y va, on continue d’y aller. " Il y a de plus en plus de voix qui appellent au boycott.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ce n’est pas ce que j’ai dit.

PATRICK ROGER
Non. Vous avez dit quand même…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ce n’est pas ce que j’ai dit. Sur la Coupe du monde au Qatar, qu'on soit clair : tout événement sportif a une empreinte carbone, et le fait d'organiser une Coupe de monde dans un pays où on climatise les stades n'est pas un bon signal envoyé au climat à un moment où chaque pays doit faire un effort d'économie d'énergie. Ce qui par contre m'a surprise, c'est des appels au boycott. Je pense notamment à François HOLLANDE, de personnes qui étaient en responsabilité entre 2012 et 2017 et qui auraient dû moment-là avoir des positions aussi dures. Là on est à 3 mois de la compétition, je préfère regarder devant moi. Regarder devant moi, c'est prendre mes responsabilités en France.

PATRICK ROGER
Vous dites à François HOLLANDE qu’il se regarde dans un miroir, en face, c’est ça ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Oui. Et puis surtout, moi ma responsabilité vis-à-vis des Français, c'est de diminuer l'empreinte carbone du sport. C'est de faire en sorte que les compétitions comme les Jeux olympiques de 2024 soient des compétitions où on minimise au maximum l'empreinte carbone, ce que nous faisons.

PATRICK ROGER
Ça ne peut pas être remis en cause d’ailleurs.

AGNES PANNIER-RUNACHER
C’est de porter le plan sobriété dans le sport et de regarder toutes les manières de transporter les équipes, les fans, les staffs, comment on éclaire les stades par exemple Et avec Amélie OUDEA-CASTERA le 6 octobre, nous présenterons, ou plutôt le monde sportif présentera son plan sobriété.

PATRICK ROGER
Est-ce qu'il ne faudrait pas jouer dans l'après-midi alors à ce moment-là, plutôt que de jouer le soir ? Non mais puisque vous dites : il faut éteindre la lumière.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Mais je vais être très claire. On s’est aperçu que dans les stades, on commençait à éclairer 3 heures avant le début de la compétition On n’a peut-être pas besoin d'éclairer trois heures avant la compétition.

PATRICK ROGER
Donc on va peut-être jouer au football, au rugby dans l'après-midi.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Pardon, avant même… Et encore une fois un plan sobriété c'est une démarche qui est portée par ceux qui y travaillent, des gens de la profession. Avant même de dire « on va déplacer les compétitions », regardons comment on fait des économies sur l'électricité et l'énergie gaspillée.

PATRICK ROGER
Oui. D'un mot hier Emmanuel MACRON a mis en garde les PME et les collectivités locales à ne pas signer des contrats d'énergie à des prix fous. C’est quoi cette histoire ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Deux choses. D'abord vous avez beaucoup de très petites entreprises, moins de 10 salariés, et de collectivités locales moins de 10 salariés, moins de 10 agents, et moins de 2 millions de budget qui ont droit au tarif réglementé. Et je veux dire ici que ces petites entreprises, elles doivent vérifier qu'elles ont bien accès au tarif réglementé. Ce tarif réglementé, c'est celui qui vous protège sur le prix de l'électricité. C'est celui des ménages qui fait que les ménages en France payent le prix de l'électricité le plus bas d'Europe. Ensuite pour ceux qui sont un peu plus importants, des entreprises de plus de 10 salariés, il faut effectivement qu'elles regardent les contrats qui leur sont proposés. Il y a beaucoup de spéculation en ce moment sur le marché de l'électricité. Il faut comparer et on les invite à la vigilance par rapport à la spéculation sur ces marchés.

PATRICK ROGER
Un dernier mot Agnès PANNIER-RUNACHER. Hier Pascal PRAUD a donné une fake news : un site parodique où vous appeliez en fait à une sobriété avec le frigo etc. On ne va pas revenir dessus complètement mais comment vous avez pris cette information et cette fake news ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Vous savez, ce n’est pas la première fois qu'un journaliste à des heures de grande écoute relève des fake news et met du temps à les corriger. Et c'est grave parce que les fake news, finalement, elles diffusent et elles font le jeu des complotistes et des extrêmes. Et donc je crois qu'il y a un vrai enjeu et une responsabilité, une importance. Il faut que nos journalistes puissent travailler de la manière la plus rigoureuse possible et faire cette analyse de l'information qui est essentielle dans une démocratie, et donc on voit là à quel point le travail des journalistes est essentiel pour une démocratie.

PATRICK ROGER
Vous ne n'avez pas pris avec le ton de la rigolade, vous, hier cette histoire.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Non parce que c'est au-delà de ma personne - et ça je pense que ce n’est pas le sujet des Français - c'est plutôt le fait que on laisse passer dans l'atmosphère des informations, on relaie des informations qui font le jeu des complotistes et des extrêmes. On est en démocratie, il y a la guerre en Ukraine, il y a un pays comme la Russie qui a un comportement extraordinairement agressif, ce n'est pas le moment de ne pas avoir une information rigoureuse.

PATRICK ROGER
Merci Agnès PANNIER-RUNACHER.


Source : Service d’information du Gouvernement, le 29 septembre 2022