Interview de Mme Agnès Pannier-Runacher , ministre de la transition énergétique, à LCI le 14 octobre 2022, sur les difficultés d'approvisionnement dans les stations-service, le prix des carburants et la contestation sociale.

Texte intégral


ADRIEN GINDRE
Bonjour Agnès PANNIER-RUNACHER, merci d'être avec nous en direct de Lens où vous résidez et où vous sortez d'une semaine d'isolement pour cause de Covid. On parlera dans un instant du fond des discussions chez TOTAL, mais d'abord un point sur le calendrier. Cette nuit, la CFDT et la CFE-CGC ont avancé sur la voie d'un accord avec TOTAL mais sans la CGT. Sans la CGT, la perspective évoquée par Emmanuel MACRON d'un retour à la normale dans le courant de la semaine prochaine est-elle toujours d'actualité ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ecoutez déjà, je pense qu'il faut souligner ces avancées, ces négociations qui ont duré une grande partie de la nuit, qui pourraient déboucher sur un accord, je l'espère, dans les prochaines heures. Moi, j'invite toutes les organisations syndicales à poursuivre ce dialogue et faire en sorte d'avoir un accord majoritaire. Je note que la CGT dans le secteur Energie vient d'annoncer un accord sur le secteur Energie ; donc vous voyez, la CGT peut signer des accords, et je suis confiante sur le fait que le dialogue social est la voie de sortie, ce dialogue social qu'avec l'ensemble des membres du gouvernement, nous avons porté, suscité pour ramener chacun à la table des négociations, chez ESSO d'abord avec un accord majoritaire mardi, et chez TOTAL depuis mercredi où les discussions ont démarré.

ADRIEN GINDRE
Mais vous ne pouvez pas garantir aujourd'hui de jour de retour à la normale. Il n’y a pas d'engagement calendaire de la part du gouvernement.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Adrien GINDRE, il faut que ce soit le plus rapidement possible. Et croyez bien que nous faisons tout pour le faire. Depuis le 21 septembre, j'ai décidé de libérer des stocks stratégiques pour venir en appui des stations-service ; depuis le 21 septembre, nous avons mis en place toute une série de mesures pour faciliter la logistique et l'approvisionnement. Ce n'est pas satisfaisant aujourd'hui. Avec les réquisitions ciblées que nous avons prises et qui sont des réquisitions pour les Français, pour faire en sorte que les Français sortent de cette galère, de cette situation insupportable de ne pas pouvoir aller travailler, de pas pouvoir amener leurs enfants à l'école, nous avons débloqué dans la journée de mercredi, dans la journée de jeudi, des stocks supplémentaires. Donc cela va prendre plusieurs jours, mais notre objectif c'est que ça aille le plus vite possible.

ADRIEN GINDRE
On a appris que la grève avait été levée sur les sites d’ESSO En revanche, elle est reconduite, c'est ce qu'indique la CGT, sur l'ensemble des sites TOTAL concernés. Est-ce que vous allez procéder à de nouvelles réquisitions aujourd'hui ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Aujourd'hui, vous le savez, nous faisons des réquisitions ciblées sur le dépôt de Dunkerque ; ce n'est pas les raffineries, c'est le dépôt de Dunkerque, c’est quelques personnes par équipe à chaque reprise du travail, toutes les huit heures, et aujourd'hui ces réquisitions se passent bien, au sens où ça se passe de manière calme ; et je remercie de leur responsabilité l'ensemble des acteurs, et les camions désormais peuvent livrer les sites des Hauts-de-France et approvisionner notamment les dépôts de Valenciennes. Donc c'est ce qui explique l'amélioration lente et progressive de la situation des Hauts-de-France ces dernières heures.

ADRIEN GINDRE
Il n’y aura pas de réquisitions sur d'autres sites ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
A ce stade, nous avons fait des réquisitions qui étaient essentielles pour permettre d'approvisionner les stations-service. Il n'est pas de notre souhait de nous immiscer dans une négociation sociale. Le droit de grève est un droit constitutionnel et la négociation sociale doit être privilégiée. Ce que nous avons fait, c'est des réquisitions ciblées pour soulager la situation des Français. Moi mon travail, c'est d'être au service des Français.

ADRIEN GINDRE
Cela dit quand on regarde la situation des stations-service, alors certes, il y a une très légère amélioration ; hier soir, 29 % d'entre elles sont en rupture sur au moins un produit ; avant-hier, c'était 30 %, encore avant-hier, 31 %. Est-ce que vous pouvez, malgré tout, faire davantage pour aller plus vite ? Le gouvernement a annoncé que les camions-citernes allaient à nouveau circuler dimanche ; vous évoquiez à l'instant les stocks stratégiques, les importations. Est-ce qu'il peut y avoir encore un effort supplémentaire ? Est-ce qu'il vous reste de la marge ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
C’est surtout l’impact des réquisitions qui ont été mises en place mercredi et jeudi qui vont apporter des volumes complémentaires dans le système. Ce qui a été mis en place par exemple à Gravenchon, c'est 7 000 mètres cubes de carburant qui est réinjecté ; c'est l'équivalent de la consommation d'essence normale des Hauts-de-France, donc ce sont des mesures qui vont porter leurs fruits. Et comme vous le soulignez, nous reconduisons évidemment les arrêtés qui permettent aux camions-citernes de circuler ce week-end. Nous faisons des réunions tous les jours entre distributeurs et transporteurs pour faire en sorte qu'ils se rencontrent et qu’il y ait le plus de camions possible sur les routes. D'habitude les camions s'arrêtent de circuler en fin de matinée, là ça continue jusque dans la soirée. Il faut continuer à mettre le maximum de camions-citernes sur les routes pour soulager et approvisionner les stations-service. C'est ce que nous faisons.

ADRIEN GINDRE
Certaines professions bénéficient d'un accès prioritaire, c'est le cas des policiers, des ambulanciers par endroits, d'autres demandent à en bénéficier. Je pense par exemple aux aides à domicile qui vont à la rencontre de personnes âgées isolées. Est-ce que vous demandez aux préfets partout sur le territoire de leur donner gain de cause ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
C'est ce que nous faisons depuis plus d'une semaine, Adrien GINDRE, notamment dans les Hauts-de-France…

ADRIEN GINDRE
Mais ça relève de la décision des préfets ? Il y a beaucoup de départements où ce n'est pas le cas aujourd'hui.

AGNES PANNIER-RUNACHER
En fait les préfets sont en dialogue constant avec l'ensemble des professions pour débloquer les situations et elles les traitent au cas par cas. Au cas par cas au sens où ils vont chercher l'approvisionnement le plus rapide, le plus proche et donc c'est un appareillage continu. Dans les Hauts-de-France par exemple, nous avons traité des situations pour les pêcheurs, pour les professions agricoles, pour les transporteurs et pour certains EHPAD. Donc vous voyez, c'est une demande, une solution qui est trouvée dans les heures qui suivent la demande et c'est un travail continu avec l'ensemble des organisations professionnelles, et j'appelle ces organisations professionnelles évidemment à se mettre en contact avec les préfets. Moi je les ai réunis, les préfets, la semaine dernière. J'étais à Arras. Je les ai re-réunis lundi pour prendre toutes les mesures et partager ce qui se passait sur le territoire. Depuis le déclenchement de la cellule interministérielle de crise, ils se retrouvent tous les jours pour faire le point sur la situation. Donc oui, nous gérons cette situation y compris pour les professions qui ont besoin de carburant pour travailler.

ADRIEN GINDRE
Alors il y a justement des secteurs qui sont perturbés dans leur activité économique. C'est le cas des transporteurs routiers, d'artisans. Est-ce qu'il y aura des aides de l'Etat pour faire face aux éventuelles pertes de chiffre d'affaires comme on l'avait vu par exemple pendant le Covid ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors Bruno LE MAIRE l'a dit de manière générale sur la crise énergétique, nous avons mis en place des aides de l'Etat. Nous continuons à les simplifier pour permettre de compenser une partie des factures d’énergie des entreprises. Nous ferons le point, Bruno LE MAIRE l’a fait mercredi avec l'ensemble des professions, et vous savez que tout au long de ces crises successives que nous avons eu à gérer, nous avons toujours été au contact des entreprises et toujours aux côtés de celles-ci pour trouver des solutions et faire en sorte qu'elles passent chaque étape de ces crises. Je ne vais pas rappeler les multiples mesures qui ont été mises en place.

ADRIEN GINDRE
Quand on regarde les prix à la pompe, il y a des endroits où le litre dépasse les 2 euros malgré les remises, en particulier celle du gouvernement. On a même dans certains reportages, vu des stations-service qui frôlaient les 3 euros. Vous avez saisi la répression des fraudes, pourtant ces prix datent d'hier. Est-ce que vous avez déjà des remontées de terrain, des résultats, et est-ce que ces prix vont être modifiés ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors, je le dis très directement, il y a des motifs d'augmentation des prix qui sont liée au fait que nous importions depuis l'étranger et qu'il y a des coûts d'approvisionnement qui sont supérieurs. Mais cela ne justifie en aucune manière des prix à la pompe de 3 euros, et oui nous allons continuer les contrôles de la DGCCRF, et j'en appelle aux distributeurs pour ne pas profiter de cette situation pour augmenter leurs prix et augmenter leurs marges. C'est absolument inacceptable.

ADRIEN GINDRE
Est-ce que vous demandez également un TOTAL de prolonger sa remise carburant qui doit s'achever, comme celle du gouvernement, prochainement ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ecoutez, nous avons des discussions sur ce sujet-là donc je ne vais pas trahir ces discussions. L'enjeu que nous avons, c’est d’abord de débloquer la situation aujourd'hui, débloquer la situation pour les Français et faire en sorte qu'ils soient approvisionnés en carburant. Donc je crois qu'il faut prendre les sujets aussi dans l'ordre.

ADRIEN GINDRE
Alors revenons justement au sujet de la discussion. Je disais tout à l'heure en introduction que les discussions de cette nuit se sont faites avec le départ de la CGT qui a claqué la porte de chez TOTAL. Ce qui est sur la table, c'est 7 % d'augmentation de salaire, des primes allant de 3 000 à 6 000 euros. La CGT, elle parle de propositions qui sont insuffisantes, d'une mascarade. Quelle est la solution pour trouver un compromis de votre point de vue ? Est-ce que c'est à TOTAL de faire des augmentations supplémentaires ou est-ce que c'est à la CGT de revoir ses revendications à la baisse ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ecoutez, moi je ne vais pas m'immiscer dans une négociation sociale. Notre objectif, c'est qu'il y ait un accord au niveau de l'entreprise. Cet accord, il est porté par plusieurs organisations syndicales. Je comprends que la CFDT et CFE-CGC vont consulter leur base mais considèrent que l’accord est raisonnable. Je ne vais pas me substituer à ces organisations, elles sont majoritaires vous le savez, et j'invite la CGT également à éventuellement poursuivre son dialogue avec TOTAL ou rejoindre cet accord. Ce qui est important, c'est d'arriver à un accord majoritaire dans les heures qui viennent. Toute la nuit, il y a eu des négociations ; ces négociations étaient sérieuses, elles ont duré à ma connaissance sept heures. Nous ne sommes pas très loin d'un accord me semble-t-il de ce qui me remonte des différentes organisations. Il faut aboutir à un accord majoritaire, c'est-à-dire qui représente la majorité des salariés.

ADRIEN GINDRE
Exactement. Il y a un débat depuis plusieurs jours sur le montant du salaire que touchent les salariés des raffineries des dépôts. On a vu les chiffres de 4 000, 5 000 euros même si des syndicats le contestent. Est-ce qu’à de tels niveaux de salaire, les demandes d'augmentation supplémentaire formulées par la CGT vous semblent légitimes et fondées ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors je vais être très claire, je me réjouis que les salariés des raffineries aient des salaires élevés. Je me suis battue depuis 4 ans pour montrer que les métiers de l'industrie étaient des métiers qui avaient des bonnes rémunérations, dans lequel on pouvait faire de belles carrières, et je trouve une très bonne nouvelle qu'il y ait des salariés dans le secteur industriel qui gagnent bien leur vie, et c'est légitime qu’ils aient des revendications par rapport à leur direction. C'est le cours normal du dialogue social.

ADRIEN GINDRE
La CGT, disait Emmanuel MACRON cette semaine, doit permettre au pays de fonctionner. Est-ce que vous partagez cet avis ? Est-ce que ça veut dire que la CGT aujourd'hui, dans ses revendications que vous considérez comme légitimes, a malgré tout une attitude irresponsable ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Moi ce que je considère, c'est qu’il faut laisser sa place à la négociation. Et donc si un accord majoritaire est trouvé, s'il représente, s'il reflète la majorité des salariés de l'entreprise, je trouverais surprenant que le mouvement se poursuive. En revanche il faut que l’accord se fasse. Il faut que la discussion ait lieu. Et le gouvernement s'est employé à faire en sorte que la discussion ait lieu.

ADRIEN GINDRE
Il y a également des mouvements dans plusieurs centrales nucléaires, quelles vont être les conséquences sur le redémarrage des réacteurs ? Je rappelle qu'il y a encore 20 6 réacteurs sur 56 qui sont à l'arrêt.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors je l'ai dit tout à l'heure, nous venons d'apprendre que la CGT de la branche Energie signait l'accord de branche sur l'augmentation, ce qui montre que la CGT signe des accords salariaux, des accords majoritaires, je pense que c'est une bonne nouvelle pour détendre la situation. Vous savez que dans la foulée, il va y avoir des négociations au niveau de chaque entreprise et là à nouveau place au dialogue social, place à la négociation pour arriver à de bons accords pour les salariés et pour les entreprises.

ADRIEN GINDRE
Alors il y a tout de même cet appel à une journée de grève interprofessionnelle mardi à l'initiative de la CGT, FO, Solidaires, la FSU ; il y a une marche de Jean-Luc MELENCHON et de la Nupes ce dimanche. Est-ce que vous sentez la colère sociale dans le pays ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Moi, j'entends surtout des Français qui sont confrontés à des difficultés, les difficultés liées à l'inflation, des difficultés liées à la crise de l'énergie, aujourd'hui des difficultés liées au carburant et j'appelle chacun en responsabilité à ne pas rajouter de la difficulté à la difficulté. Nous avons toujours promu le dialogue social, nous avons été très clairs en direction des entreprises qui pouvaient faire des augmentations salariales en leur demandant de faire des augmentations salariales dans un contexte d'inflation, c'est quelque chose de normal, important et nous avons également, nous nous sommes battus pour protéger le pouvoir d'achat des Français et nous allons continuer sur cette ligne là en appel à la responsabilité. Et vraiment je salue aussi la responsabilité des organisations syndicales qui aujourd'hui se sont mobilisées pour trouver un accord chez Esso, qui ont poursuivi la négociation chez Total, qui ont signé, CGT Energie pour l’accord de branche Energie, c'est le dialogue social qui doit permettre de sortir par le haut de ces conflits et de ces tensions.

ADRIEN GINDRE
Vous dites la responsabilité, ça veut dire par exemple que quand certains, comme la députée écologiste Sandrine ROUSSEAU appellent à la grève générale, ils sont irresponsables ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Moi, je suis surprise de l'appel à la grève générale de Sandrine ROUSSEAU ; je ne crois pas que ce soit l'intérêt des Français de bloquer le pays ; je ne crois pas que ce soit la responsabilité d'un député d'appeler au blocage du pays mais on retrouve là la rhétorique de la NUPES, c'est-à-dire que même quand ils perdent démocratiquement, ils détiennent la vérité. Donc non ce n’est pas acceptable et de la part d'un élu de la République.

ADRIEN GINDRE
Vous aviez été informés que la grève chez Total était annoncée pour le 27 septembre, vous aviez été informés que la grève chez Esso commençait le 20 septembre, c'était il y a 3 semaines et demie. Pourquoi le gouvernement n'a pas réagi plus tôt ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors comme je vous l’ai indiqué, j'ai décidé de libérer les stocks stratégiques depuis le 21 septembre donc depuis le début de la grève.

ADRIEN GINDRE
Donc il n’y a pas eu de retard à l’allumage du gouvernement ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je vous donne les faits, j'ai activé la libération des stocks stratégiques depuis le 21 septembre, ils ont été renforcés au fur et à mesure de mouvement de grève. Lorsqu'il y a eu le 3 octobre un accord majoritaire donc représentant l'ensemble des salariés de la branche chimie, nous avions le sentiment que nous allions sortir par le haut, ce n'est pas ce qui s'est passé avec effectivement des tensions qui ont amené beaucoup de Français, inquiets de leur capacité à pouvoir se fournir en carburant, à aller chercher plus de carburant qu’en temps normal et effectivement, nous avons dû réinjecter beaucoup plus de stocks stratégiques depuis la semaine dernière. Il faut maintenant qu'on continue, c'est une situation de tension, elle est insupportable pour les Français et moi, mon objectif, c'est de faire en sorte de ramener la situation à la normale dans les plus brefs délais. Cela prendra plusieurs jours.

ADRIEN GINDRE
Mais vous considérez avoir bien agi à chaque moment de la crise ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je pense qu'on fera un retour d'expérience sur cette crise. Lorsque vous avez une situation qui n'est pas satisfaisante, nécessairement à un moment, vous pouvez vous dire que vous auriez pu prendre d'autres mesures. Donc je ne balaie pas d'un revers de main cette situation. Ce que je dis très simplement c'est que dès le 21 septembre, les équipes étaient au travail, tous les jours il y avait des remontées sur les sorties des dépôts stratégiques et l'approvisionnement des stations-service qui était partagées avec le ministère des Transports, avec le ministère de l'Intérieur et que ce travail, nous l'avons mené ces derniers jours. Maintenant, nous sommes dans une situation qui n’est pas satisfaisante pour les Français et c'est à nous de faire le travail pour la débloquer et pour aller encore plus vite.

ADRIEN GINDRE
Nos confrères de l'Agence France Presse indiquent que deux plaintes ont été déposées contre Total pour complicité de crimes de guerre en Ukraine ; le groupe dénonce des accusations qui sont outrancières, qui sont diffamatoires, qui sont infondées, c'est lié à l'exploitation d'un gisement en Russie et à la fabrication de carburant qui pourrait avoir servi à des avions russes. Est-ce que vous faites confiance au groupe Total dans sa réponse ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ecoutez, je vais être très claire : aucune entreprise qu'elle soit petite ou grande ne doit s’exonérer de l’application des sanctions. Donc ça, c’est une ligne très claire du gouvernement depuis le début. La justice va faire son travail. Là encore, je n’ai pas les tenants et les aboutissants de cette plainte et je ne me substituerai pas à la justice mais je vais être très claire : il sera inacceptable, il serait inacceptable qu’une entreprise française n’ait pas respecté les sanctions.

ADRIEN GINDRE
Je reviens d'un mot sur la …

AGNES PANNIER-RUNACHER
...n’ait pas respecté et fait des crimes de guerre au cas d'espèce qui va au-delà des sanctions évidemment.

ADRIEN GINDRE
C'est un message qui est très clair que vous lancez à Total ce matin. Je reviens d'un mot justement sur la situation qui nous occupe, sur les carburants. A l'instant, le leader de la CGT, Philippe MARTINEZ, estime que le gouvernement a commis plusieurs fautes dont celle de minimiser les grèves Avez-vous minimisé les grèves comme le dit Philippe MARTINEZ ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je vous l’ai dit, nous avons accompagné depuis le 21 septembre par la libération de stocks stratégiques les stations ; nous avons fourni de manière spécifique les organisations professionnelles qui avaient besoin du carburant. Nous nous sommes trouvés, et c'est parfaitement factuel dans une situation où plus de 30% des stations-service étaient bloquées en France, ce n'est pas une situation satisfaisante, il ne faut pas la minorer mais maintenant nous travaillons d'arrache-pied à sortir de cette de cette grève et j'appelle Philippe MARTINEZ en responsabilité effectivement à trouver une issue par le dialogue social.

ADRIEN GINDRE
Merci beaucoup Agnès PANNIER-RUNACHER de nous avoir répondu ce matin en direct de Lens


source : Service d’information du Gouvernement, le 17 octobre 2022