Texte intégral
Monsieur le député Stéphane Peu,
Bien sûr que la France aspire à avoir de bonnes relations avec l'Algérie, qui est un pays voisin, avec lequel nos relations sont denses, complexes. Et pour cela, il nous faut que ces relations s'apaisent. Mais l'apaisement, ça ne se décrète pas unilatéralement.
Ce n'est pas la France qui est à l'origine de ce que vous avez qualifié dans votre question de "surenchère". Ce n'est pas la France qui est à l'origine de la détention arbitraire d'un écrivain franco-algérien. Ce n'est pas la France qui refuse de réadmettre des ressortissants français en situation irrégulière sur le territoire algérien.
Ces tensions dont nous ne sommes pas à l'origine, nous voulons évidemment les résoudre, mais avec exigence et sans aucune faiblesse.
C'est la raison pour laquelle, comme nous l'a demandé le Premier ministre, nous allons transmettre aux autorités algériennes une liste de ressortissants algériens qui ont vocation à quitter le territoire français. Nous souhaitons que les autorités algériennes se saisissent de cette liste et qu'elles initient ainsi une nouvelle phase de nos relations qui nous permette de traiter nos différends et d'amorcer d'éventuelles coopérations stratégiques. Dans le cas contraire, le Premier ministre l'a dit, nous sommes prêts à défendre nos intérêts, comme nous l'avons déjà fait d'ailleurs récemment en prenant des mesures restrictives - mais réversibles - qui visaient les dignitaires algériens.
Tout cela, nous voulons le faire de façon très pragmatique, sans aucune idéologie et avec une obsession, qui est d'obtenir des résultats, et en particulier des résultats pour les Français.
Mais puisque vous m'avez interrogé, permettez-moi, comme l'avait fait le Premier ministre à l'issue du comité interministériel de contrôle de l'immigration, d'avoir un mot pour les milliers de personnes, en France, qui sont liées d'une manière ou d'une autre à l'Algérie, qui n'ont rien à voir avec les difficultés que nous rencontrons avec les autorités algériennes et qui ont le droit à la tranquillité. Je m'entretiendrai très prochainement avec des représentants de cette diaspora.
Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 13 mars 2025