Texte intégral
PHILIPPE BAPTISTE
Bonjour.
JÉRÔME CHAPUIS
Merci d'être avec nous. C'est une étape importante pour toutes les familles qui nous écoutent. Je parlais des jeunes, mais il y a aussi les parents qui sont concernés. C'est un rite de passage, notamment pour tous ceux qui s'apprêtent à quitter le giron familial. On a entendu sur France Info ces inquiétudes. Il y a 25 000 formations disponibles. Alors c'est formidable, mais est-ce que ce n'est pas un peu la jungle ? Comment est-ce qu'on s'y retrouve ?
PHILIPPE BAPTISTE
Vous avez raison. C'est un moment important pour près d'un million de jeunes qui sont entre des futurs bacheliers qui sont aujourd'hui en terminale et puis des jeunes qui ont envie de se réorienter, qui sont sur Parcoursup et qui vont commencer aujourd'hui à faire leurs choix.
JÉRÔME CHAPUIS
On ne risque pas de s'y perdre ?
PHILIPPE BAPTISTE
C'est une plateforme incroyable où vous avez une foule d'informations et un très grand nombre de formations qui sont disponibles. Et évidemment un des sujets de stress, d'inquiétude, c'est devant l'ampleur des possibles. Qu'est-ce que je fais demain ? Mais j'ai envie de dire, ce n'est pas tellement la question de la plateforme. C'est la question simplement de mon orientation. Je suis en terminale aujourd'hui, qu'est-ce que je vais faire demain ? Qu'est-ce que je vais choisir comme formation ? C'est ça le sujet. Et c'est ça qui est important. C'est quelque chose qui a été préparé normalement tout au long du lycée et qu'il faut continuer à préparer même pour ceux qui sont un peu en retard. Ça existe. On le sait.
JÉRÔME CHAPUIS
Il y a les fichiers à venir, il y a les dialogues avec les profs, les conseillers d'orientation.
PHILIPPE BAPTISTE
Exactement. Il y a des outils numériques qui sont absolument incroyables. MonProjetSup, j'encourage les jeunes qui sont aujourd'hui…
JÉRÔME CHAPUIS
MonProjetSup.
PHILIPPE BAPTISTE
MonProjetSup. Donc il y a un outil de l'Onisep qui permet justement d'aider à l'orientation, qui permet de trouver son chemin quand on n'a pas trop d'idées, quand on hésite. Mais ce ne sont que des outils. Après, il faut réfléchir. Qu'est-ce que j'ai envie de faire demain ? Et surtout, évidemment, c'est un moment de stress. Mais je voudrais quand même dire une chose pour rassurer un tout petit peu les jeunes. Évidemment que c'est un moment de stress. Mais vous n'êtes pas en train de jouer votre vie. Vous avez le droit de vous tromper. Et vous avez le droit de rejouer. Enfin vous avez le droit de rejouer. Il y a beaucoup de réorientations aujourd'hui dans le système. Et ce sont souvent des réorientations très positives. C'est-à-dire que ce qu'on voit aujourd'hui, ce sont des gens qui essaient quelque chose. Ils ont un parcours. Ça ne marche pas. Ils reviennent. Et l'année d'après, ils vont trouver leur voie.
JÉRÔME CHAPUIS
Vous parlez de stress, Philippe BAPTISTE. Mais écoutez, on va réécouter Jeannie. C'est une future bachelière. C'est ce qu'on lui souhaite. Elle est en terminale. Elle a été rencontrée par Mathilde VINCENEUX à Marseille. Et vraiment, elle s'inquiète.
JEANNIE, ÉLÈVE DE TERMINALE
On a peur de ne pas être admise. Que la plateforme bugue tout simplement. Parce que se faire classer par un algorithme, ça ne me plaît pas du tout. Je ne suis pas du tout à l'aise avec ceci. Gros stress.
JÉRÔME CHAPUIS
Voilà. Alors il y a la question, est-ce que c'est une boîte noire ? On entend, je vais me faire classer par un algorithme.
PHILIPPE BAPTISTE
Non.
JÉRÔME CHAPUIS
Vous êtes un spécialiste reconnu des algorithmes, d'ailleurs. Mais ce n'est pas un algorithme, c'est ça, Parcoursup ?
PHILIPPE BAPTISTE
Non. C'est vraiment une plateforme qui met en relation des jeunes, d'un côté, qui sont demandeurs d'une formation, et des formations qui ont des places qui sont des places limitées.
JÉRÔME CHAPUIS
Mais comment se passe la sélection ?
PHILIPPE BAPTISTE
La sélection, c'est l'université, c'est l'IUT, c'est le BTS. Ce sont les profs qui vont se mettre autour de la table, qui vont regarder les dossiers, et qui vont, quelque part, classer les candidatures.
JÉRÔME CHAPUIS
Donc ils lisent vraiment les lettres de motivation, ils regardent le dossier.
PHILIPPE BAPTISTE
Je peux vous garantir que les collègues qui sont autour de la table, etc., c'est un travail énorme. Ils peuvent se faire aider, évidemment, d'outils divers et variés, mais après, ils regardent les dossiers un par un. Et donc vraiment c'est un travail qui n'est pas du tout un outil, ce n'est pas du tout une boîte noire, presse bouton, ce n'est pas du tout ça. C'est vraiment un travail qui est un travail individuel, avec des enseignants-chercheurs, avec des enseignants qui regardent les dossiers les uns après les autres. Donc c'est vraiment, je veux dire, un très gros travail aussi du côté des formations.
JÉRÔME CHAPUIS
Alors quelques questions pratiques.
PHILIPPE BAPTISTE
Et peut-être quand même pour la rassurer, moi, je voudrais donner juste un chiffre. Par exemple, les lycéens, aujourd'hui, enfin l'an dernier, les lycéens généraux, on avait quelque chose comme 98 % des jeunes qui recevaient dans la procédure normale une proposition. Enfin je veux dire, vous allez trouver…
JÉRÔME CHAPUIS
La quasi-totalité. Pardon mais alors pour les 2 %, bien sûr on est journaliste, donc on s'inquiète toujours aussi à ceux qui ne vont pas y arriver. Qu'est-ce que vous prévoyez pour les 2 % qui restent ?
PHILIPPE BAPTISTE
Alors après, ça veut dire qu'après, il y a des commissions qui vont s'occuper spécifiquement des jeunes. Je voudrais dire qu'à la fin, l'an dernier, à la fin, une fois que ces commissions étaient passées, qu'on était allé chercher les jeunes qui étaient un petit peu perdus, les uns après les autres, etc., pour leur trouver des formations, il y a eu au total 35 personnes qui voulaient continuer et qui n'ont pas trouvé. Évidemment, il faut s'améliorer. Je voudrais juste rappeler, 35 personnes, nous avions initialement à peu près 1 million de candidatures. Donc c'est une plateforme qui marche, c'est une plateforme éprouvée, il n'y a pas de bug, on va y arriver.
JÉRÔME CHAPUIS
On l'entendait, la peur des bugs. On l'a dit, il y a dix vœux, sans hiérarchisation, sans classement par ordre de préférence. Vous nous disiez, on a le temps, c'est bon, et puis on peut se réorienter. Si je fais une erreur, si je me trompe, là, dans les prochaines semaines, je peux modifier jusqu'au 12 mars, jusqu'au 1er avril même ?
PHILIPPE BAPTISTE
Bien sûr, il y a de la souplesse, il faut aller voir les équipes dans le rectorat. Au rectorat, il y a un numéro vert qui est disponible et éventuellement, on peut revenir en arrière si jamais il y a une erreur. Ce n'est pas ce que je souhaite, évidemment.
JÉRÔME CHAPUIS
Oui. Il faut quand même faire ça.
PHILIPPE BAPTISTE
Donc soyez attentif. Réfléchissez. Ne vous y prenez pas au dernier moment. Je veux dire il faut réfléchir à ce que vous avez envie de faire l'an prochain. La question clé, c'est ça. Réfléchissez à ce que vous voulez faire l'an prochain
JÉRÔME CHAPUIS
Les filières les plus demandées, l'an dernier, je crois que c'était la médecine, enfin les parcours santé.
PHILIPPE BAPTISTE
Oui, les diplômes d'ingénieur post-Bac, les études d'infirmière, ce sont des filières qui sont très demandées. Les STAPS aussi, très demandées. Après, évidemment, ces filières qui sont très demandées, ce sont aussi des filières où il y a le plus de tensions et qui sont mécaniquement aussi les plus compliquées. Donc l'autre conseil, c'est aussi, parfois, élargissez un peu vos vœux. C'est-à-dire que si vous voulez faire un parcours très précis, très particulier, évidemment, tentez votre chance, allez au bout de votre ambition, mais élargissez aussi, en vous disant : "Si jamais je n'ai pas ce que je voulais faire initialement, il y a peut-être d'autres parcours qui vont m'intéresser". Discutez-en avec vos profs. Vous savez, les profs qui sont aujourd'hui vos enseignants en terminale, eh bien, ce sont eux qui aussi sont des ressources extraordinaires en termes de connaissance, de l'environnement et des études supérieures.
JÉRÔME CHAPUIS
Philippe BAPTISTE, je profite de votre présence pour une question d'actualité. Vous allez tout à l'heure en conseil des ministres pour l'examen final, on va dire, du budget. La grande question 49.3 ou ordonnance. Je ne sais pas si vous avez des infos là-dessus. Ce qui est sûr, c'est que les présidents d'universités, notamment, se sont beaucoup inquiétés ces dernières semaines. Leur budget, ce budget, il inquiète. Vous êtes toujours inquiets ? Vous, vous êtes inquiets comme eux ?
PHILIPPE BAPTISTE
Alors le budget initial prévoyait déjà, pour la mission du ministère un peu globale, 600 millions d'Euros d'augmentation budgétaire. Donc c'est déjà beaucoup d'argent. Et puis là, probablement, dans le budget qui va être présenté là, cette nouvelle proposition, il y a de nouveau un effort supplémentaire. Pourquoi ? Parce qu'il y a les repas à 1 Euro, il y a l'augmentation des bourses pour les étudiants, mais il y a aussi des moyens spécifiques pour les universités et pour les organismes de recherche parce que c'est une priorité de la Nation.
JÉRÔME CHAPUIS
Parce qu'on a vu des universités qui sont obligées, en ce moment, de diminuer leur nombre d'étudiants.
PHILIPPE BAPTISTE
Non, il n'y a pas de diminution. Les étudiants aujourd'hui qui vont rentrer dans le système vont trouver des places. Aujourd'hui, on peut avoir des tensions à un certain nombre d'endroits. On est très attentifs à ça. Et évidemment, on sera mobilisés pour trouver des solutions.
JÉRÔME CHAPUIS
Et d'un mot, l'effort qui est fait en direction des universités, il est de combien ?
PHILIPPE BAPTISTE
Vous savez, l'effort pour la recherche et pour l'université, il est fondamental parce que c'est l'avenir de la Nation.
JÉRÔME CHAPUIS
Mais il est de combien ?
PHILIPPE BAPTISTE
On va avoir, attendez quelques heures, mais c'est de l'ordre de plusieurs centaines de millions d'Euros qui vont être sur la table. Donc c'est un vrai effort. C'est un effort qui est très important et qui est considérable et qui montre aussi que c'est une priorité de la Nation. Parce que derrière, c'est la recherche, c'est l'innovation. Et ce ne sont pas que des mots, ce n'est pas simplement l'extension du savoir, mais c'est aussi les emplois de demain, les produits de demain dans nos entreprises, dans nos industries.
JÉRÔME CHAPUIS
Un dernier mot, 49.3 ou ordonnance ?
PHILIPPE BAPTISTE
Écoutez, nous allons voir.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 20 janvier 2026