Texte intégral
Monsieur le maire d'Angers, cher Christophe,
Monsieur le président des Instituts nationaux du tourisme, cher Jean-René MORICE, que je remercie chaleureusement pour l'organisation de ce bel événement,
Mesdames et messieurs,
Mes chers amis,
J'aimerais m'adresser directement à chacun d'entre vous. Pas à une salle, pas à une assemblée. A chacun d'entre vous. Et tout particulièrement à ceux qui ont entre 15 et 20 ans, et qui se posent la question de leur avenir, ou bien à qui on pose souvent cette question : "qu'est-ce que tu veux faire plus tard ?"
Alors, peut-être qu'on vous a déjà dit que vous étiez un peu des "touristes" dans la vie, quand vous arrivez en DS les mains dans les poches, quand vous êtes en retard le matin et que vous avez oublié la moitié de vos affaires, voire parfois, soyons honnêtes, quand il vous arrive de sécher certains cours.
Eh bien, ce que je voudrais vous dire ce matin, c'est que le tourisme en réalité, c'est tout sauf de l'improvisation. Le tourisme, c'est du talent. Mais c'est surtout du travail, de l'exigence, de l'engagement. C'est un vrai business.
Et un business qui peut vous emmener loin. La preuve ? vous savez où j'étais à votre âge ? Au camping. Ou plus exactement, je tenais la supérette du camping de mon père, sur la côte vendéenne. Et de cette supérette de camping, me voilà, soixante ans plus tard, à la tête d'un ministère.
Mais je pourrais vous citer des exemples encore plus parlants. A commencer par le parcours de celui que nous sommes très fiers d'avoir comme parrain de cette 4e édition de la Semaine des Métiers du tourisme : le chef colombien Juan ARBELAEZ, il aurait dû être parmi nous ce matin, mais il a été retenu pour des raisons familiales. Il est venu se former en France dans une école du tourisme Aujourd'hui, il est à la tête de 11 restaurants, reconnu, médiatisé avec plus de 500 000 abonnés sur Instagram.
Des formations d'excellence aux métiers du tourisme, du CAP au Master, la France en regorge. Mais que le mot excellence ne vous fasse pas peur. Ces formations sont accessibles à tous, quel que soit votre âge, votre parcours, votre point de départ. Et nous allons d'ailleurs entendre des témoignages, des parcours très divers de jeunes issus de tous horizons, qui ont 3 ans, 5 ans ou 10 ans de plus que vous. Je n'ai qu'un conseil à vous donner : soyez curieux. Ecoutez ces histoires. Car pour choisir on a besoin de modèles qui inspirent.
Pour choisir, il faut aussi connaître. Soyez curieux, et profitez de cet événement pour aller voir les entreprises et les écoles du tourisme sur leurs stands. Au-delà de cette semaine des métiers du tourisme, plus de 1 300 évènements, et encore bien d'autres à venir, sont organisés partout en France jusqu'au 1er mars. Allez consulter la carte des évènements afin de rencontrer des professionnels du secteur et découvrir plus en détails leurs métiers et les formations permettant d'y accéder. Posez-leur vos questions, dites-leur vos doutes, vos hésitations. Ils sont là pour vous.
A votre âge, quand on pense à son avenir, je crois qu'on a souvent trois grands doutes, trois grandes peurs.
1. La peur de devoir choisir un métier dans lequel on resterait pendant 50 ans. La bonne nouvelle, c'est que choisir la filière du tourisme, c'est choisir la possibilité de bouger : de bouger de lieu, mais aussi de changer de métier.
Car il y a une telle diversité de professions que l'on peut très bien passer d'employé dans un restaurant sur la côte Atlantique à manager d'un hôtel dans les Alpes, de guide dans un château en Anjou à responsable d'une agence de voyage à l'autre bout du monde. Ne serait-ce que dans le domaine de la mer, on peut choisir de travailler dans un hôtel-restaurant sur le littoral, de devenir sauveteur-nageur, ou encore de travailler dans le nautisme ou la plaisance. Une diversité qu'on retrouve rarement dans les autres domaines.
2. La deuxième peur, c'est celle de ne pas bien gagner sa vie. Soyons clairs : s'il y a bien un métier où tu peux être sûr d'avoir un job à la fin de tes études, d'aller loin, et de bien gagner ta vie parce que tu es doué, parce que tu fais tes preuves en bossant, c'est le tourisme. Le travail paye, et paye bien dans tous ces métiers où l'on est en relation avec les clients, où l'on peut facilement être remarqué quand on fait bien son travail, et connaître une véritable ascension sociale et professionnelle. On peut ainsi commencer sa carrière comme réceptionniste de nuit en gagnant plus de 2 000 euros par mois et devenir quelques années plus tard, directeur d'hôtel et avoir un salaire de 4 000 euros – ou encore être animateur dans un club de vacances et passer quelques années après responsable du club. C'est aussi ça, le tourisme : des parcours humains, des carrières où l'ascenseur social est encore en marche, et peut aller très vite.
Pourtant, quand on réfléchit à l'après, on ne pense pas forcément à ces métiers, mais plutôt aux formations traditionnelles à l'université. Elles sont évidemment importantes, et j'encourage ceux qui s'y sentent appelés à s'y engager. Mais n'oubliez pas que d'autres domaines existent. D'autres domaines qui ont de l'avenir, qui recrutent et où vous pourrez avoir de très belles carrières. Combien compte-t-on aujourd'hui de jeunes diplômés du supérieur qui ne trouvent pas de job, après parfois de longues études à l'université ? Alors que dans le secteur de l'hôtellerie café restauration, il y avait encore l'an dernier pas moins de 61 000 postes non pourvus.
Et même avec la révolution de l'intelligence artificielle, les métiers du tourisme ne vont pas disparaître. Au contraire : de nouveaux métiers émergent liés au numérique. Car la mer, la montagne, notre patrimoine ne sont pas délocalisables. Mais aussi car la France, rappelons-le, est et demeure le pays le plus visité au monde. Des millions de touristes étrangers viennent dans notre pays pour découvrir la beauté de nos paysages, de nos plages, de nos campagnes, de nos montagnes, et la richesse de notre patrimoine : nos musées, nos châteaux, nos églises, nos vignes, nos fermes, nos sites archéologiques… Et ce n'est pas près de s'arrêter.
3. Enfin, la dernière peur, c'est peut-être celle du bullshit job, du métier où l'on s'ennuie, du métier qui n'a pas de sens. Je le sais bien : parfois, le plus dur quand on entre dans la vie professionnelle – mais déjà quand on est au collège ou au lycée -, c'est le matin. C'est de trouver la motivation de sortir de son lit pour aller travailler, de ne pas avoir la flemme.
Je peux vous assurer d'une chose : quand on bosse dans le tourisme, dans un cadre parfois paradisiaque, à la mer ou à la montagne, la motivation, on la trouve facilement le matin. Quand on sait qu'on fait un métier qui a du sens, on n'a pas de mal à sortir de la couette. Car rares sont les métiers qui permettent de gagner sa vie en créant des souvenirs pour les autres. Rares sont les métiers où on a un rôle d'ambassadeur de la France.
Mes chers amis,
Prenez cette semaine comme une occasion rare : celle de découvrir des métiers, au-delà des clichés que l'on peut parfois avoir à leur sujet. Mais peut-être aussi celle de découvrir une envie, un déclic, un avenir possible.
Être un touriste dans la vie, ce n'est pas une vocation. Mais faire du tourisme un métier, ça peut tout à fait en être une.
Alors soyez curieux. Je vous souhaite de trouver ici des réponses — et surtout des envies.
Et je déclare officiellement ouverte la 4e édition de la Semaine des Métiers du Tourisme.
Source https://www.economie.gouv.fr, le 28 janvier 2026