Déclaration de M. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, en réponse à une question d'actualité au Gouvernement sur la situation à Cuba, au Sénat le 25 février 2026.

Prononcé le

Intervenant(s) : 

Circonstance : Question d'actualité au Gouvernement, en séance publique, au Sénat

Texte intégral

Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les sénateurs,
Monsieur le sénateur Dominique Théophile,

Merci de soulever la question de Cuba et donc la situation en mer des Caraïbes et les conséquences pour nos territoires d'outre-mer où vivent 800.000 de nos compatriotes. Parce que oui, l'instabilité en mer des Caraïbes provoquée par les opérations militaires récentes des États-Unis dirigées vers le Venezuela ont eu non seulement une conséquence pour la stabilité dans la région mais des conséquences très concrètes pour nos compatriotes avec, autour du 3 janvier, la suspension des vols Air France desservant la Guadeloupe, la Martinique ou encore Saint-Martin.

Cette situation d'instabilité ne doit pas nous faire détourner les yeux des interconnexions entre Caraïbes et Amérique latine et de la criminalité organisée, du narcotrafic qui se densifient et qui se structurent dans cette région utilisant les Antilles comme un point de transit voire un point de rebond. C'est la raison pour laquelle nous avons conçu un volet international du plan de lutte contre la criminalité organisée et le narcotrafic mis en œuvre sous l'autorité du Premier ministre.

Je rejoins vos remarques et vos réflexions. La France considère que ce n'est pas par la pression maximale et par les embargos qu'elle dénonce chaque année devant l'Assemblée générale des Nations unies que des solutions peuvent être trouvées à Cuba mais par un dialogue exigeant avec les autorités cubaines. Les autorités cubaines quant à elles doivent s'engager sincèrement dans le dialogue, s'ouvrir sur le plan économique et sur le plan démocratique et respecter un certain nombre de droits fondamentaux. Je dois vous dire que bien que nous ne puissions qu'acquiescer lorsque les autorités cubaines rappellent les principes d'intégrité territoriale et les principes du droit international, je regrette très vivement qu'elles n'aient pas soutenu, hier, à l'Assemblée générale des Nations unies, la résolution présentée par l'Ukraine qui faisait appel à ces mêmes principes exactement.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 26 février 2026