Texte intégral
Monsieur le Président,
Madame,
Mesdames, Messieurs les membres du gouvernement,
Mesdames, Messieurs les parlementaires,
Mesdames, Messieurs en vos rangs et qualités,
Chers amis de la Corée et de France,
Je veux remercier le Président pour son accueil pour autant qu'il ait saisi mon coréen approximatif.
Monsieur le Président, dans son discours de réception du Prix Nobel de littérature en 2024, Han Kang comparait les mots et les sentiments à un fil d'or qui relie nos cœurs.
Elle évoquait sa surprise et son émotion en réalisant que ses lecteurs étaient traversés par un même courant, un même flux vital : ce fil d'or. Cette métaphore du fil d'or, que j'emprunte à Han Kang pour décrire la relation d'amitié cent-quarantenaire entre nos deux pays, vient en écho avec la référence que vous venez de faire de Victor Hugo. Cette relation a été marquée par des explorateurs avec La Pérouse, des missionnaires tels Monseigneur René Dupont, évêque d'Andong, des diplomates, comme Victor Collin de Plancy ou Roger Chambard, des militaires, comme le général Monclar, que vous avez évoqué, mais aussi des entrepreneurs, des savants, des artistes, et dont plusieurs sont aujourd'hui à nos côtés.
Ce fil d'or s'est poursuivi à travers les décennies depuis le 4 juin 1886, avec des périodes évidemment qui ont marqué ce lien lors de l'occupation japonaise. C'est dans la concession française de Shanghai que le cœur de la résistance coréenne a continué de battre, relayé à Paris par de puissants avocats tels le parlementaire Louis Marin, premier président du groupe d'amitié France-Corée.
Pendant la guerre de Corée, ce fil d'or fut celui de la fraternité d'armes, avec le bataillon français des Nations Unies que les soldats de nos deux pays ont nourri et par lequel nous avons combattu côte-à-côte pour défendre la souveraineté et l'intégrité territoriale de la République de Corée. Ce fil d'or, c'est aussi celui de l'attachement à la démocratie, à l'exigence qui l'accompagne. Vous avez fait référence aux grands philosophes français, mais je sais aussi combien votre pays a montré ces dernières années, et vous en êtes l'incarnation, une capacité à se dresser, à défendre les valeurs démocratiques, marquant ce faisant le monde entier, et tout particulièrement les Françaises et les Français.
Ce fil d'or, c'est celui qui lie nos entreprises.
C'est la réussite extraordinaire ces dernières décennies de la Corée, mais c'est le lien de l'énergie en passant par la mobilité des semi-conducteurs, en passant par le transport maritime, de la gastronomie jusqu'à l'art, et je ne saurais citer ici l'ensemble des secteurs qui lient la Corée et la France et que nous voulons continuer de développer et que nous voulons continuer d'enrichir. Et qu'on parle d'intelligence artificielle, de quantique, de semi-conducteur, de spatial et de tant de secteurs d'innovation, plusieurs acteurs sont ici présents et les portent.
Nous avons encore beaucoup à écrire.
Et ce fil d'or, Monsieur le Président, c'est aussi celui des liens humains, de la culture. Vous l'avez rappelé, la communauté française ici est particulièrement jeune. Elle a une moyenne d'âge de 29 ans, incarnant l'énergie, la curiosité, la passion. À l'INALCO, nous enseignons le coréen.
Les demandes vont au-delà de nos capacités tant le coréen fascine la jeunesse française.
Je crois pouvoir dire que tout cela est largement dû aux talents de vos cinéastes, de vos actrices et de vos acteurs, et à la fascination qu'exerce sur notre jeunesse l'ensemble de la K-pop à laquelle vous avez rendu avec justice hommage.
Nous coprésiderons avec le Président le 7 septembre prochain le premier Sommet pour le cinéma et les images animées que nous organiserons en France, et ce sera une coprésidence franco-coréenne au moment de votre visite d'État, et je vous en remercie, Président.
Nous avons beaucoup d'ambition pour la culture, pour le cinéma, les séries et la K-pop, et depuis que Félix s'est mis au français, il n'y a maintenant plus aucune chance que nous soyons arrêtés sur cette perspective.
Monsieur le Président,
Madame,
Merci infiniment pour votre accueil, pour votre défense aussi des arts de la culture. Je sais combien vous êtes musicienne aguerrie, mais au fond, vous avez parlé de coopération et de confiance depuis 140 ans. S'ouvre désormais une page d'affinité et d'amitié. Celle qui va nous lier sur tous les domaines que nous avons évoqués. Ce que nous sommes en train de bâtir, c'est une relation au service de nos valeurs, d'une certaine idée du monde que nous défendons, et au service des jeunesses coréennes et françaises.
Merci beaucoup.
Vive la France, vive la République de Corée.
Je veux lever mon verre à l'amitié donc entre la Corée et la France pour les 140 ans qui viennent.