Déclaration de M. Emmanuel Macron, président de la République, sur les relations entre la France et Andorre, en Andorre le 27 avril 2026.

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Circonstance : Déplacement en Andorre : première journée

Texte intégral

Monseigneur,
Cher co-prince,
Monsieur le chef du gouvernement,
Monsieur le Syndic général,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les conseillers généraux,
Mesdames et Messieurs les ambassadrices et ambassadeurs,
Messieurs les préfets,
Mesdames et Messieurs les consuls,
Mesdames et Messieurs en vos grades et qualités,
Chers amis,

J'ai un discours très intelligent et très bien préparé. Mais je vais encore donner un discours demain. On s'est déjà exprimés, alors permettez-moi, puisque c'est un toast dont il s'agit, de vous parler davantage avec le cœur, pour vous dire combien je suis heureux de vous retrouver, sept ans après.

Il y a sept ans, nous étions ensemble.

Monseigneur, c'était votre prédécesseur, mais beaucoup d'entre vous étaient là.

Je retrouve des visages amis qui ont parfois égrainé quelques visites.

Depuis sept ans, beaucoup de choses se sont passées. Mais je veux vous dire la joie qui est la mienne de vous retrouver, de retrouver les élus, les forces vives du territoire. Alors demain, je ne ferai pas le parcours entre les sept paroisses. Nous l'avions fait il y a sept ans, mais nous irons voir notre jeunesse, nous irons au Parlement, et nous aurons l'occasion de voir l'ensemble des maires, des élus si importants.

Mais je veux vous dire combien, en tant que co-prince, je suis fier de ce que vous avez collectivement fait durant ces sept années écoulées. Je vous le dis tout particulièrement, Monsieur le chef du gouvernement, mais cela va à toute la principauté. Vous avez d'abord tenu, tenu dans une période qui était si difficile, celle de la pandémie du Covid, où évidemment compte tenu des caractéristiques qui sont les nôtres ici, beaucoup était à craindre.

Vous avez résisté avec intelligence, avec force. Puis, le monde ne s'est pas calmé dans les années qui ont suivi. Nous en connaissons les tourments. Vous avez tenu ce cap auquel je suis particulièrement attaché. Nous l'avons exprimé chacun dans nos termes tout à l'heure, Monseigneur, co-princes inséparables. Au fond, cette neutralité active à l'international et cette capacité si singulière de l'Andorre d'être ancrée, attachée à ses traditions, à sa géographie et à savoir toujours se projeter vers une forme d'universel, vers des principes qui la dépassent et à savoir aussi embrasser une Europe au sein de laquelle elle est inscrite.

C'est dans cette tension permanente entre la modernité à laquelle nous sommes confrontés et qui est aussi le départ de l'avenir d'Andorre sur le plan économique et ses traditions, entre son ancrage, son enracinement et son avenir européen que se joue en effet le destin de la principauté. C'est ce qui nous rend si forts, c'est ce qui vous rend en effet si singuliers.

Ce chemin n'est pas exempt de ce qui fait parfois le charme, d'autres fois les tourments du quotidien, mais ça importe peu quand on regarde le chemin parcouru. Mais d'ici, vous le voyez depuis les cimes, ce qui est une bonne chose. Je suis heureux d'avoir emmené dans mes bagages les voisins d'Occitanie, en particulier de l'Ariège, Monsieur le ministre, pour des projets magnifiques comme celui que nous avons vu entre EDF et FEDA à l'instant, mais aussi pour des partenariats multiples.

Nous savons combien ils sont importants, qu'il s'agisse des routes, des projets d'échanges.

Vous savez combien nous tenons à ce partenariat quand il s'agit aussi, par exemple, d'éducation, on y reviendra demain, et de tout ce qui fait la vie du quotidien.

Voilà ce que je voulais vous dire.

Vous dire que depuis sept ans, vous avez fait beaucoup de choses et vous avez bien fait. Et que nous nous retrouvons là. Je salue aussi les ambassadrices et ambassadeurs qui sont à nos côtés. Et je leur redis ce message important à porter à leur capitale : l'Andorre est une principauté singulière. Et aimez-la comme telle. Au fond, depuis plus de sept siècles, c'est ce compagnonnage singulier, Monseigneur, Urgell et Foix, et maintenant, entre les évêques co-princes et les présidents co-princes, qui fait aussi la force de cette principauté. Et qui lui donne ce rôle si actif à l'international que je rappelais tout à l'heure.

Je suis pour ma part très heureux de vous retrouver. Et très heureux de retrouver ce caractère aussi pyrénéen qui m'est cher et familier. Pour vous dire les choses de manière un peu plus intime. Les gens ignorent tout ce qu'on peut faire dans nos vallées quand ils vivent loin. Mais ceux qui ont bâti ces premiers barrages, ces premières routes, qui ont fait la principauté d'aujourd'hui, les premiers à dos d'âne, en tout cas à sueur d'hommes. C'est à eux que nous devons tout cela.

Ceci donne des caractères qui sont faits pour le monde qui s'offre à nous. C'est-à-dire des caractères qui ne cèdent rien et qui, dans les temps difficiles, se révèlent. C'est ce que vous êtes. C'est la chance de cette principauté.

Alors, mesdames et messieurs, chers amis, permettez-moi de vous dire toute la joie ce soir de vous retrouver, d'être aux côtés du co-prince, du chef du gouvernement.

Permettez-moi de vous souhaiter une excellente soirée en vous remerciant d'être là, en fidélité à l'Andorre, en fidélité à la principauté, en reconnaissance de tout ce qui a été fait.

Et en sachant aussi que nous avons devant nous, j'en reparlerai demain plus avant, des défis qui nous attendent, mais que nous relèverons avec le même caractère, avec la même fidélité à cette histoire. Et pour ma part, avec la même confiance en vous.

Vive Andorre.