Texte intégral
Monsieur le Ministre, Cher Jean-Didier,
Monsieur le Préfet,
Mesdames et Messieurs,
Quand je suis arrivé à Bercy – comme tout bon Ministre du commerce - j'ai commencé par rencontrer… des commerçants.
Ils m'ont demandé de répondre à 3 questions :
1. Comment redonner de la trésorerie à nos commerces ?
2. Comment soutenir l'implantation et le développement des commerces dans les centres-villes ?
3. Comment répondre au besoin de plus de sécurité exprimé par nos commerçants ?
Pour ce qui est de la trésorerie, nous venons de voter le projet de loi de simplification de la vie économique. Résultat ? Nous allons redonner environ 2 milliards de trésorerie aux commerçants grâce au plafonnement des garanties et à la mensualisation des baux commerciaux.
Pour soutenir l'implantation des commerces dans nos villes nous avons présenté en novembre dernier un plan avec 9 outils facilement activables pour lutter contre la vacance commerciale – notamment à destination des communes. Parmi eux le soutien aux foncières de redynamisation, aux managers de centre-ville ou encore au développement de l'IA au sein des commerces. Les mesures de ce plan sont en train d'être déployées sur le terrain.
Qu'en est-il aujourd'hui de la sécurité ?
Ceux qui le sont ou l'ont été le savent : être un commerçant c'est être un battant.
C'est se battre pour exister, pour attirer une clientèle, la fidéliser, la développer — dans un environnement complexe où la concurrence est mondiale, parfois déloyale, notamment face à certaines plateformes de e-commerce.
Mais c'est aussi parfois – et trop souvent - se battre pour tenir, face aux incivilités, aux vols, aux agressions.
Cette réalité, je la connais, pour avoir été moi-même commerçant pendant plus de 50 ans. Aujourd'hui, je veux agir pour que ces femmes et ces hommes qui sont en première ligne, qui se lèvent tôt, qui font vivre nos centres-villes au quotidien puissent tout simplement faire leur travail sereinement, et bénéficier pleinement du fruit de leur travail.
Nous le savons : la sécurité est l'une des préoccupations majeures des Français à l'échelon municipal.
Face à ce constat, nous avançons aujourd'hui des réponses claires, opérationnelles, qui sont celles demandées par les représentants des commerçants.
Dans ce plan que nous vous présentons sur la sécurité dans les commerces, nous avons une conviction simple : la sécurité repose sur 2 piliers – la PRESENCE et le POUVOIR.
La présence d'abord :
- présence de dispositifs de vidéoprotection assistée dans des bâtiments ouverts au public comme des gares accueillant souvent plusieurs commerces, afin de détecter les situations à risque ;
- présence de caméras pour les agents de sécurité privée à l'entrée des centres commerciaux ;
- présence, enfin, d'interlocuteurs identifiés au sein de l'Etat, en lien direct avec les commerçants. Ce lien existe avec les forces de sécurité intérieure sur le terrain, entre les services de Bercy et la profession. Mais désormais, il y aura au sein du ministère de l'Intérieur des équipes qui formeront avec les associations de commerçants une task force dédiée à ce sujet.
- Le but est que les commerçants fassent remonter leurs ressentis, leurs constats et leurs besoins directement au Ministère compétent sur ce sujet.
Le pouvoir ensuite :
- Donner les moyens aux policiers municipaux d'agir vite, et de réprimer par exemple les vols à la sauvette en établissant elles-mêmes l'amende forfaitaire délictuelle sous l'autorité du procureur de la République.
- Le pouvoir c'est également celui des maires, qui doivent pouvoir fermer les commerces causant des problèmes. Ces décisions municipales de fermeture souffrent parfois de fragilités juridiques compte tenu de la diversité – et donc de la complexité - des textes. Ils auront désormais un guide très simple, qui leur donnera les modèles à suivre pour prendre ces arrêtés
Je laisserai Jean-Didier décrire exhaustivement ces dispositifs portés pour certains dans les projets de loi actuellement discutés au Parlement.
Parce qu'au fond, être commerçant, oui c'est être un battant – face à la concurrence, pas face à l'insécurité. C'est se battre pour gagner des clients, pas pour protéger sa vitrine.
Je vous remercie.
Source https://www.economie.gouv.fr, le12 mai 2026