Texte intégral
Monsieur le maire de Paris,
Monsieur le Premier ministre [Michel Barnier],
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les chefs de mission diplomatique,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Monsieur le procureur général près la Cour de cassation,
Monsieur le délégué national de l'Ordre de la Libération,
Monsieur le préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris,
Monsieur le préfet de police de Paris,
Mesdames et Messieurs les élus et membres du Conseil de Paris,
Mesdames et Messieurs les officiers généraux,
Mesdames et Messieurs les présidentes, présidents et membres des fondations et associations patriotiques, mémorielles ou d'entraide,
Mesdames et Messieurs les représentants des cultes,
Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualités,
Merci, monsieur le maire, pour vos mots et pour votre invitation.
Il y a 82 ans résonnait le bourdon de Notre-Dame-de-Paris à l'entrée des premier Français Libres dans la capitale.
Les rumeurs de la capitale, de nouveau, se mêlaient à celles de la liberté.
Depuis quatre ans, Paris vivait sous l'Occupation.
Vie de tickets de rationnement, de coupures, de peur ; Ville outragée par l'occupant, qu avait installé ses états-majors dans ses palaces, ses geôles rue des Saussaies et avenue Foch, ses pelotons d'exécution à ses portes, au Mont-Valérien.
Pourtant, Paris n'avait jamais cessé de résister et d'espérer.
Dans les arrière-salles, les ateliers et les imprimeries clandestines, on renseignait, cachait imprimait, sabotait : dans l'ombre déjà, la Résistance préparait le retour de la liberté.
En cet été 44, tout s'accélère en quelques jours.
Le 10 août, les cheminots se mettent en grève.
Le mouvement gagne métro, postiers, fonctionnaires et policiers.
Le 18, la grève générale est proclamée et le colonel Roi-Tanguy appelle à la mobilisation.
Le 19, 2000 policiers insurgés occupent la Préfecture de police.
Tandis que dans les rues, les barricades surgissent des pavés.
Parisiens, gaullistes, communistes, démocrates-chrétiens, syndicalistes, combattants étrangers et alliés, femmes et hommes de toutes conditions : tous ensemble frayent un chemin de liberté.
Edgar Morin, qui nous a quittés cette année, en était,
Comme tant d'autres.
De Gaulle et Leclerc le savent : Pour Paris, l'enjeu dépasse la seule bataille.
Paris doit être libéré par les Français et par les Parisiens parce qu'à travers Paris se joue la souveraineté retrouvée de la France, sa capacité à reprendre elle-même son destin en main, à rétablir la République et l'État.
Le 24 août au soir, les premiers éléments de la 2e division blindée entrent dans Paris.
Le lendemain, la capitulation allemande est signée à la Préfecture de police, en présence de Leclerc et de Roi-Tanguy.
Puis c'est le général de Gaulle qui arrive à Montparnasse. Paris est presque libéré.
Les balles sifflent encore.
En quittant la gare, le Général veut gagner le ministère de la Guerre, l'Hôtel de Brienne.
À Saint-François-Xavier, une fusillade détourne son cortège qui passe par les rues Vaneau et de Bourgogne.
Le Général retrouve alors le bureau qu'il avait quitté en juin 1940.
Dans ses Mémoires, il écrit:
" À cinq heures, nous arrivons.
Immédiatement, je suis saisi par l'impression que rien n'est changé à l'intérieur de ces lieux vénérables.
Des événements gigantesques ont bouleversé l'univers. Notre armée fut anéantie.
La France a failli sombrer.
Mais, au ministère de la Guerre, l'aspect des choses demeure immuable. Rien n'y manque, excepté l'État. Il m'appartient de l'y remettre. Aussi m'y suis-je d'abord installé. "
Ces mots,
Ces mots qui disent le retour de la France à elle-même,
Ces mots figurent encore aujourd'hui gravés dans son bureau au 1er étage de l'hôtel de Brienne.
Quand Paris fut libéré, sa joie déborda la capitale.
Elle fut celle de la France et celle du monde.
Quatre-vingt-deux ans plus tard, nous nous souvenons.
Et je veux me réjouir ici que cette histoire ait pu, cet été, ressurgir avec tant de force dans l'imaginaire des Français, grâce à l'immense succès populaire du film La Bataille de Gaulle, qu'a accompagné le ministère des Armées et des Anciens combattants.
Aujourd'hui,
Souvenons-nous de ce que Paris nous enseigne encore :
Souvenons-nous que la France se relève toujours.
Souvenons-nous que la France se relève d'autant mieux qu'elle rassemble toutes ses forces et fait passer son destin commun avant ses différences.
Vive Paris !
Vive la République !
Vive la France !
source https://www.defense.gouv.fr, le 16 octobre 2026