Texte intégral
Mesdames les ministres,
Monsieur le ministre,
Monsieur le préfet,
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Monsieur le maire,
Mon général,
Mesdames et Messieurs les médaillés olympiques, championnes et champions du monde, sportives et sportifs de haut niveau,
Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualités,
Aujourd'hui, soixante-dix ans d'exigence, de culture sportive, de camaraderie et de fidélité nous regardent.
Soixante-dix ans durant lesquels des générations de sportifs ont porté un même uniforme tricolore et fait rayonner la France.
Soixante-dix années durant lesquelles les terrains du bataillon ont vu défiler des régiments d'athlètes, des plus anonymes aux plus illustres, tous venus y faire leurs armes et y user leurs espadrilles : Jacques Anquetil, Michel Platini, Yannick Noah, Alain Prost, Zinédine Zidane, Fabien Galthié, David Douillet, pour n'en citer que quelques-uns!
Ce bataillon a donc une histoire à part.
Une histoire qui conte, depuis près de deux siècles, la manière dont notre pays pense le corps, pense l'effort et pense la performance.
Des agrès et des échelles de l'École de gymnastique, son ancêtre née en 1852, aux équipements du sport de haut niveau d'aujourd'hui, les méthodes ont changé ; l'exigence, elle, demeure.
C'est en 1956, dans le contexte de la guerre d'Algérie, que naît le Bataillon de Joinville, destiné aux appelés sportifs de renom. Car oui : être champion n'exonère pas du service militaire !
Il fallait donc inventer un modèle français, qui permette aux meilleurs sportifs du pays de revêtir l'uniforme sans raccrocher leurs crampons, sans quitter les pistes ou sans abandonner les bassins.
En 1967, le Bataillon s'installe à Fontainebleau, au camp Guynemer.
Au début des années 2000, avec la fin de la conscription, le Bataillon est mis en sommeil. On aurait pu croire, alors, que disparaîtrait avec la conscription ce modèle appartenant à un monde d'avant.
C'est tout l'inverse qui s'est produit : le lien entre nos armées et nos champions a survécu. Les Armées se mettent à constituer des équipes de France militaires, avec, pour chacune, des sports bien identifiés.
À la Gendarmerie, le tir, à l'armée de l'Air et de l'Espace, le parachutisme et la voltige, àla Marine nationale, la voile évidemment, et à l'armée de Terre, le triathlon, l'équitation ou le ski.
En 2015, le Bataillon renaît, au sein du Centre national des sports de la défense, sous les couleurs de l'Armée de champions. Son fonctionnement est entièrement modernisé.
Aujourd'hui, le Bataillon fédère, en tout, les disciplines de 27 fédérations sportives.
132 athlètes et 31 para-athlètes pour la compagnie d'été, 48 athlètes et 4 para-athlètes pour celle d'hiver, basée à Chamonix.
Mesdames et messieurs,
Ce Bataillon, formidable vivier d'excellence sportive et militaire, est également un pôle d'innovation hors normes.
Il a créé un lien singulier entre des générations d'athlètes et d'instructeurs, donnant naissance à une tradition française d'innovation au service de la performance.
À ce titre, le nouveau protocole interministériel de gestion et de suivi des sportifs de haut niveau des armées et de la gendarmerie nationale signé cet été permet d'aller encore plus loin. Il élargit notamment le profil de recrutement des sportifs, plus adaptés aux talents des armées, et facilite les aménagements d'emploi.
Creuset d'excellence, le sport de haut niveau militaire conjugue culture et culte de la performance, dépassement de soi et engagement total.
Ses résultats l'ont démontré avec panache à travers les compétitions.
Des centaines de médailles, remportées au prix des milliers d'heures d'entraînement, des réveils à l'aube, des blessures, des centièmes de seconde gagnés, et au bout de l'effort, un drapeau tricolore hissé, une Marseillaise qui résonne.
Depuis 2003, les sportifs de haut niveau des armées ont remporté aux Jeux olympiques et paralympiques 184 médailles, dont 60 d'or.
À Tokyo, 13 des 33 médailles olympiques françaises, soit un tiers des médailles, viennent d'ici.
Comme à Paris, en 2024, où vous avez remporté 46 des 139 médailles françaises.
Et cette année encore, à Milan-Cortina, les athlètes du Bataillon ont remporté 15 des 23 médailles tricolores aux Jeux d'hiver, et la moitié de celles de notre délégation paralympique.
Derrière ces résultats, il y a, et je veux les saluer, entraîneurs, instructeurs, préparateurs, juges-arbitres, et toutes celles et tous ceux qui travaillent dans l'ombre.
Comme sur le champ de bataille, on ne gagne jamais seul !
Tout cela est évidemment de bon augure pour les prochains rendez-vous: je pense bien évidemment aux Jeux militaires d'été, l'été prochain, bien sûr à Los Angeles puis aux Jeux d'hiver dans les Alpes françaises en 2030.
Je veux également saluer les champions qui ont pu se dédier à leurs carrières sportives grâce au Bataillon, Martin Fourcade pour l'armée de Terre, six fois champion olympique de biathlon, la capitaine Élodie Clouvel, championne de pentathlon moderne, le sergent Nicolas Gestin, médaillé d'or au canoë slalom, le sergent-chef Léo Bergère, champion de triathlon, la sergent Audrey Tcheuméo, championne de judo.
Dans la Marine nationale, Charline Picon, médaille d'or à Rio en 2016, d'argent à Tokyo de planche à voile, l'adjudant Clarisse Agbégnénou, multi-médaillée olympique et championne du monde de judo.
Dans les disciplines paralympiques, Marie Bochet en para-ski, 8 titres paralympiques et 22 titres de championne du monde, ou encore Aurélie Richard, qui a obtenu deux médailles d'argent aux deux derniers JO d'Hiver.
Que tous les athlètes que je n'ai pas pu citer soient chaleureusement remerciés, leur engagement quotidien contribue pleinement à l'excellence et au rayonnement du sport de haut niveau militaire.
Je veux saluer également le capitaine Bernard Véré, aujourd'hui retraité, ancien commandant et historien du Bataillon de Joinville pour ses travaux.
Le général Cyrille Becker, également historien militaire, qui a retracé l'histoire du Bataillon, commandant actuel de l'Académie militaire des sports de la défense, ainsi que le commandant du Bataillon, le capitaine Édouard Billé.
Enfin, je veux m'adresser aux jeunes sportifs qui portent aujourd'hui cet héritage.
À vous de l'écrire à votre tour.
À vous de faire vivre cet esprit de Joinville, ce riche héritage qui mêle engagement et vertus militaires, performance et ambitions olympiques.
Sept décennies plus tard, cette ambition demeure. Soyons-en fiers.
Vive le Bataillon de Joinville !
Vive la République ! Vive la France ! Je vous remercie.
source https://www.defense.gouv.fr, le 20 octobre 2026