Texte intégral
Monsieur le ministre,
Monsieur le préfet, Monsieur le préfet maritime,
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Monsieur le président du conseil départemental,
Madame la maire de Cherbourg-en-Cotentin,
Mesdames et messieurs les élus,
Monsieur le délégué général pour l'armement,
Monsieur le directeur des applications militaires,
Monsieur le major général de la Marine,
Mesdames et messieurs les officiers généraux,
Monsieur le président-directeur général de Naval Group,
Ingénieurs, techniciens, ouvriers,
Mesdames et messieurs en vos grades et qualités,
Je voudrais, pour ces premiers mots, partager avec vous la fierté que j'éprouve à la vue de ce magnifique SNA, ainsi que mon émotion quand je vous vois tous et toutes devant moi, parce que je sais que c'est l'alliance de vos savoir-faire qui nous permet d'être rassemblés ce matin pour cet évènement.
Du fond du cœur, je veux vous remercier pour l'engagement qui est le vôtre.
Ici, dans le Cotentin, prend forme un bâtiment qui va porter pour les prochaines décennies, sur toutes les mers du monde, une part de notre puissance et une part de notre liberté.
Pierre-Eric Pommelet l'a rappelé, ce bâtiment porte un nom prestigieux :
Rubis, comme le deuxième Rubis, sous-marin de la France libre, fait compagnon de la Libération, il y a 85 ans, le 14 octobre 1941, par le général de Gaulle.
Ses futurs marins sauront s'en montrer dignes.
Nous venons d'assister à un moment singulier : le transfert vers le dispositif de mise à l'eau.
Pour ce cinquième sous-marin nucléaire d'attaque du programme Barracuda, c'est bien sûr une étape majeure.
Pour vous qui travaillez depuis des années, j'imagine ce que représente cette journée.
C'est pourquoi je voudrais citer les ingénieurs, les soudeurs, les chaudronniers, les techniciens, tous ces artisans de notre souveraineté.
Je suis là pour exprimer devant vous la reconnaissance de la Nation. Dans un sous-marin, plus qu'ailleurs, rien ne peut être laissé au hasard.
Ceux qui le construisent le savent: de leur savoir-faire dépend la vie de nos marins. Cette réussite est le fruit d'un effort collectif.
Naval Group, TechnicAtome pour les chaufferies nucléaires, les équipementiers, la Direction générale de l'armement, le Commissariat à l'énergie atomique et la Marine nationale y prennent chacun leur part.
Plus de 10 000 personnes et 800 entreprises ont contribué au programme partout sur le territoire.
Je tiens particulièrement à cette dimension territoriale.
Derrière un bâtiment, il y a des ateliers, des bureaux d'études, des PME et des entreprises de taille intermédiaire.
Notre souveraineté prend corps dans ces entreprises, grâce à celles et ceux qui y travaillent.
Ici, chez Naval Group vous êtes plus de 5 000 collaborateurs.
Pour le Cotentin, ce sont des emplois, des compétences et des perspectives pour notre jeunesse.
Cette excellence est évidemment reconnue au-delà de nos frontières.
Je voudrais tout particulièrement saluer les représentants des Pays-Bas et du Brésil qui sont là aujourd'hui et leur dire que bien évidemment nous saurons être à la hauteur de leur confiance.
Nos sous-marins à propulsion nucléaire sont construits pour la France.
Les savoir-faire développés avec Barracuda renforcent, eux, la crédibilité de nos offres à propulsion conventionnelle.
Cette confiance ouvre de nouvelles perspectives à Cherbourg.
Derrière la prouesse technique, évidemment, il y a la vocation de sous-marinier.
Un univers dans lequel chacun doit connaître intimement son bâtiment, bien au-delà de sa seule spécialité.
Ceux qui répondent à cet appel des profondeurs savent aussi ce que suppose la vie en plongée.Cette maîtrise technique, cette force morale et cette confiance absolue dans ses camarades sont clés.
C'est un engagement total. Une unicité de destin.
Je veux saluer celles et ceux qui le choisissent.
Le Rubis vient après le Suffren, le Duguay-Trouin, le Tourville et le De Grasse. Les trois premiers sont déjà admis au service actif.
Le quatrième le sera tout prochainement.
j'ai aussi visité ce matin le Casabianca, en cours d'assemblage et d'intégration.
Avec ces six bâtiments, nous renouvelons entièrement notre flotte de sous-marins nucléaires d'attaque à l'horizon 2030.
Ce renouvellement est indispensable aux moyens d'action de notre Marine et s'inscrit pleinement dans les orientations de la dernière loi de programmation militaire et de son actualisation que j'ai eu l'honneur de porter devant le Parlement.
Elle a été promulguée par le Président de la République le 16 août dernier ajoute 36 milliards d'euros supplémentaires aux 400 milliards déjà prévus par la loi de programmation militaire 2024-2030.
Pour le Rubis, il reste maintenant des étapes décisives à franchir. Je pense notamment aux essais à quai puis à la mer.
L'expérience acquise à bord des Barracuda déjà en mer profitera à ceux qui suivront.
Car au-delà de la mise au point de ces bâtiments, c'est bien leur capacité à remplir les missions les plus exigeantes qui est en jeu.
Leur propulsion nucléaire leur donne une endurance exceptionnelle.
Avec leur discrétion et leur puissance de feu, ces bâtiments sont de redoutables chasseurs.
Ils tirent parti de l'opacité du milieu pour se dissimuler, observer et frapper l'adversaire au moment où il ne s'y attend pas.
Pour vaincre en mer, cette capacité est indispensable. On parle bien du « monde du silence ».
Mais les sous-mariniers le savent bien pourtant : ce monde est très bruyant ! Savoir distinguer ces bruits, classifier un contact grâce au sonar passif, c'est un savoir-faire qui peut décider de l'issue du combat.
Ces sous-marins éclairent la route d'une force navale et protègent notre groupe aéronaval.
Aux côtés des avions de patrouille maritime, des frégates et de leurs hélicoptères, ils contribuent à la sûreté de notre FOST, et donc à notre dissuasion.
Ils peuvent frapper dans la profondeur et conduire des opérations spéciales, notamment en mettant en œuvre les nageurs de combat du commando Hubert. Alors que la guerre, plus que jamais, s'étend de l'espace aux fonds marins, nous avons besoin de cette liberté d'action sous la mer. Peu de nations possèdent de tels moyens.
Moins encore savent les concevoir et les faire naviguer.
La France a la fierté d'appartenir à ce cercle restreint.
Cette ambition nous oblige.
Ici, à Cherbourg, cet héritage est vivant.
Et avec Barracuda, qui engagera nos forces sous-marines jusqu'en 2060, nous lui donnons un avenir.
Cette histoire va se poursuivre avec les SNLE 3G de classe " L'invincible ", qui remplaceront nos SNLE actuels à partir du mitan de la décennie 2030.
Nous préparons déjà les missions de marins qui, pour certains, ne sont pas encore nés.
Gouverner, c'est bel et bien prévoir !
Mesdames et messieurs,
Le Rubis est une réussite française. Il porte le travail du Cotentin, l'excellence de notre industrie et l'ambition de toute une nation.
Notre force, c'est de réunir les deux : des industriels capables de construire ces bâtiments et des marins capables de les mener au combat.
De l'atelier à la conduite des opérations, la France maîtrise des savoir-faire parmi les plus exigeants au monde.
Nous pouvons en être fiers. Nous devons le partager. Nous devons le dire !
À celles et ceux qui l'ont construit, merci. Vous donnez à nos marins les moyens de leurs missions. Vous donnez à notre pays les moyens de rester libre.
Pour le succès des armes de la France.
Vive la République, vive la France !
source https://www.defense.gouv.fr, le 20 octobre 2026