Texte intégral
Monsieur le Ministre, cher Nikos,
Messieurs les Ministres [Cher Jean-Yves Le Drian et Fabrice Loher],
Messieurs les Ambassadeurs,
Monsieur le Préfet,
Monsieur le Président de la commission de la défense nationale et des forces armées [Cher Jean-Michel Jacques],
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur le Délégué Général pour l'Armement,
Messieurs les chefs d'état-major,
Messieurs les officiers généraux et supérieurs,
Monsieur le Président-directeur général de Naval Group, [Cher Pierre-Eric Pommellet],
Mesdames et Messieurs,
Chers amis Grecs,
Merci, cher Nikos, d'être une nouvelle fois parmi nous à Lorient.
Il y a un moins d'un an, le 18 décembre dernier, nous nous retrouvions pour la réception du Kimon, que j'ai ensuite eu le plaisir de voir à Athènes, lors de son arrivée fin janvier. Puis en avril, lors de la visite d'Etat du Président Macron
Aujourd'hui la Grèce reçoit le Nearchos, deuxième des 4 FDI qu'elle a commandées.
Je veux dire combien la confiance de la République hellénique honore la République française.
Elle nous oblige aussi.
C'est pourquoi je tiens à souligner que cette livraison démontre que le calendrier est tenu.
C'est l'honneur de la DGA, de Naval Group et des chantiers de Salamine comme de Lorient
C'est l'honneur des centaines de techniciens, d'ouvriers, d'ingénieurs, de l'ensemble des corps de métiers impliqués, qui permettent à notre pays de tenir sa parole, et d'être à la hauteur de la confiance de ses partenaires.
A toutes celles et à tous ceux qui ont contribué à cette réussite, je veux exprimer ma reconnaissance.
Cher Nikos en janvier vous m'avez accueillie aux chantiers de Salamine. J'y ai retrouvé la même exigence qu'ici à Lorient, la même fierté de servir, la même exigence du travail bien fait. De Lorient à Salamine, de la France à la Grèce, les commandes de nos États font vivre et rayonner nos entreprises, permettent de former notre jeunesse, permettent de transmettre des métiers, de génération en génération. C'est la démonstration concrète de ce que notre coopération apporte à nos territoires.
Avec la FDI française la Grèce a choisi une frégate capable de combattre en surface, de se défendre contre les menaces aériennes, de traquer les menaces sous-marines.
Cet été, la Suède a décidé de nous rejoindre dans ce choix.
Et donc pendant les prochaines décennies, les marins français, grecs et suédois vont servir sur les mêmes bâtiments, des bâtiments de même conception, permettant une interopérabilité et une intimité opérationnelle que peu de Nations partagent.
D'ailleurs, dès mars dernier, nous avons pu en mesurer toute la portée stratégique, au service de la souveraineté européenne. Lorsque le Kimon a été déployé au large de Chypre, aux côtés du dispositif naval français, dans un contexte de fortes tensions en Méditerranée orientale.
La semaine dernière, l'exercice EUNOMIA réunissait les marines grecque, chypriote, italienne et française.
Notre partenariat, engagé en 2021, cher Jean-Yves, et renouvelé en avril dernier, cher Nikos, prépare cette capacité d'action commune, en mer comme sur la terre, dans les airs et dans l'espace, dans un contexte de conflictualité renouvelée sur l'ensemble de nos zones d'influence respectives, dont les conséquences se font directement ressentir dans le quotidien de nos concitoyens, partout en Europe.
La France et la Grèce n'y font pas exception.
Ce lien pluriséculaire entre la France et la Grèce, à quelques jours du cinquantième anniversaire de la disparition d'André Malraux, je voudrais reprendre ses mots, prononcés à Athènes le 28 mai 1959, qualifiant notre relation :
" Il y a une Grèce secrète qui repose dans le cœur de tous les hommes de l'Occident "
C'est probablement l'une des clés de cette relation spécifique à laquelle nous sommes tellement attachés.
Dans le domaine de la défense nous l'entretenons par nos engagements communs. Membres de l'Union européenne et de l'OTAN, attachés au lien transatlantique, à notre souveraineté, nous voulons renforcer le pilier européen de l'OTAN, assumer notre part de la charge de la défense de l'Europe et donner corps à l'autonomie stratégique de notre continent.
Cette ambition exige des moyens militaires et des industriels à la pointe, et deux nations sœurs, aux traditions maritimes historiques, qui veulent travailler ensemble : Les nôtres !
Amiral, la France célèbre cette année les 400 ans de sa Marine Nationale
Reconnaissons-le : L'histoire de la Grèce est millénaire. Elle est celle du monde.
En l'an 325 avant notre ère, Néarque, amiral d'Alexandre le Grand, conduit sa flotte de l'embouchure de l'Indus jusqu'au Golfe Persique, franchissant le détroit d'Ormuz !
Pendant ce temps, Alexandre traversait le désert de Gédrosie, le long de la mer d'Oman, où son armée avait perdu des milliers d'hommes. Sans nouvelles de sa flotte, il la croyait perdue.
Lorsque Néarque se présenta devant lui, épuisé, méconnaissable, Alexandre pensa d'abord avoir affaire à un survivant.
Mais Néarque lui annonça que sa flotte était sauve. L'histoire raconte qu'Alexandre fondit en larmes. Et qu'il déclara que cette nouvelle lui procurait davantage de joie que la conquête de l'Asie entière. Il y a 2300 ans, Néarque venait de faire la preuve de ses qualités exceptionnelles de marin. L'année suivante, à Suse, dans l'actuelle Iran, il reçut une couronne d'or en reconnaissance de son exploit.
Vingt-quatre siècles plus tard, c'est cette histoire que vous recevez en héritage, avec le nom de votre frégate.
Alors
Aux membres de l'équipage de la frégate, je veux adresser tous mes vœux de réussite. Après des mois de préparation, il vous revient désormais de la conduire et de servir à son bord. Bon vent et bonne mer au Nearchos !
Et vive l'amitié entre la France et la Grèce !
source https://www.defense.gouv.fr, le 3 novembre 2026