Déclaration à la presse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les relations entre la France et l'Algérie, à Alger le 12 mars 2020.

Déclaration à la presse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les relations entre la France et l'Algérie, à Alger le 12 mars 2020. Jean-Yves Le Drian 12/03/2020 France-Algérie Audience auprès de M. Abdelmadjid Tebboune, président de la République algérienne démocratique et populaire

Mesdames, Messieurs,


J'ai été reçu par le président Tebboune pendant très longtemps après plusieurs réunions que nous avons tenues aujourd'hui, avec mon ami Sabri Boukadoum, sur tous les sujets de partenariat entre l'Algérie et la France.

J'étais déjà venu ici le 21 janvier et j'avais senti le message du président Tebboune qui souhaitait que la relation entre l'Algérie et la France soit un partenariat extrême. Et nous avions à ce moment-là établi une forme de feuille de route, de rendez-vous, d'itinéraire d'action, pour que ce partenariat extrême progressivement devienne une réalité. Nous n'y sommes pas encore, mais cette visite est une étape dans cette dynamique nouvelle entre nos deux pays.

Nous avions aujourd'hui une réunion sur l'ensemble des enjeux économiques, ce partenariat économique que nous avions déjà initié dans le passé, mais qui retrouve de la vigueur. D'autant plus que le plan d'action proposé par le président Tebboune et son Premier ministre, récemment, permet de nouvelles ouvertures et une relation encore plus positive dans le domaine économique entre l'Algérie et la France qui se manifestera dans les semaines qui viennent.

Nous avons aussi évoqué l'ensemble des questions de partenariat, que ce soit sur les questions mémorielles, que ce soit sur le calendrier à venir, puisque nous tiendrons au début du mois de juillet, avec les deux Premiers ministres, un comité interministériel de haut niveau, qui est une structure qui ne s'était pas réunie depuis longtemps et qui permettra de faire le point sur l'ensemble de nos partenariats, ceux que je viens d'évoquer, mais aussi des questions culturelles, des questions universitaires, des questions de formation, des questions de jeunesse qui sont centrales dans nos relations.

J'ajoute que sur les questions internationales, en particulier sur deux grandes situations conflictuelles que nous connaissons, à la fois en Libye et au Sahel, nos positions sont très proches. Nous avons pu le constater, à la fois au sommet de Berlin au mois de janvier, puis au sommet de Pau concernant le Sahel. Et nous voulons continuer à agir ensemble, dans la transparence et la confiance, mais aussi avec la volonté, le plus rapidement possible, d'établir la paix dans ces deux régions qui nous sont proches, à l'un et à l'autre.


Merci de votre attention.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 13 mars 2020

Algérie France - Algerie Relations bilaterales Relations economiques 203000642
Date et heure de mise à jour

Déclaration de M. Emmanuel Macron, président de la République, sur les relations franco-italiennes, à Naples le 27 février 2020.

Déclaration de M. Emmanuel Macron, président de la République, sur les relations franco-italiennes, à Naples le 27 février 2020. Emmanuel Macron 27/02/2020 France-Italie Conférence de presse avec M. Giuseppe Conte, président du Conseil des ministres d'Italie

Merci beaucoup, Monsieur le Président du Conseil, cher Giuseppe. Merci beaucoup à vous et vos ministres pour votre accueil et merci de nous avoir accueillis dans cette ville de Naples.

Je veux ici aussi avoir un mot de remerciement pour le maire de Naples, l'ensemble des autorités de la ville et de la région pour leur accueil aujourd'hui. Ce n'est pas le fruit du hasard et Stendhal avait décidé, comme les écrivains peuvent le faire de manière arbitraire, qu'il y avait deux capitales en Europe, Naples et Paris. Ensuite, dans les échanges qu'il avait entre autres avec Lamartine, il y a eu cette formule du second disant que la plus belle vue de mer au monde était la baie de Naples. Pour tout vous dire de cette histoire, la plus belle vue de terre pour le poète était la vue des Pyrénées depuis la ville de Pau. Beaucoup, beaucoup d'autres écrivains français ont à travers le temps été fascinés par Naples, qui dit beaucoup de notre histoire et de cet amour commun, de Dumas jusqu'à André Gide, qui y a fait sa dernière conférence, en passant par Lamartine que j'évoquais ou, plus récemment, des auteurs comme Dominique Fernandez ou Jean-Noël Schifano. C'est une ville qui a toujours inspiré et nous l'avons vu tout à l'heure d'ailleurs en nous replongeant dans le 20ème siècle théâtral ensemble. Je vous remercie pour cette parenthèse et ce que Edouardo de Filippo, et je dirais toute la famille, a permis d'apporter au théâtre napolitain et plus largement au théâtre européen.

Je suis très heureux d'être parmi vous aujourd'hui dans cette belle ville. Je veux aussi avoir pour commencer un mot de solidarité et d'amitié avec l'Italie, avec votre gouvernement et l'ensemble des autorités sanitaires dans la gestion du coronavirus. Ce virus nous concerne tous et la situation à laquelle nous sommes collectivement confrontés ne pourra se régler qu'en parfaite coopération européenne et internationale. C'est d'ailleurs ce dont nous devons nous féliciter, nos ministres de la santé se sont vus mardi, ils étaient réunis à Rome et cette coordination est constante depuis le premier jour dans l'anticipation et continuera de se faire selon ces termes.

Nous avons donc tenu, vous l'avez rappelé, le 35ème Sommet bilatéral. Le précédent avait eu lieu à Lyon en septembre 2017 il y a maintenant deux ans et demi. Et je crois pouvoir dire qu'ensemble, depuis quelques mois, nous oeuvrons pour justement que les choses puissent repartir après une période qui a été difficile, il faut bien le dire, au début de l'année 2019 et je crois pouvoir dire, grâce à votre implication, celle du président Mattarella, celle de l'ensemble de votre gouvernement aujourd'hui, nous avons pu réussir à retrouver une voie commune.

Depuis le voyage que j'avais effectué et la visite à Rome du 18 septembre dernier, nous avons travaillé d'arrache-pied et je crois pouvoir dire que ce sommet bilatéral est véritablement celui de la relance franco-italienne. Cette relance n'est pas simplement importante pour nos deux pays, vous l'avez parfaitement rappelé et je n'ai aucun mot à retrancher du compte-rendu que vous venez de faire. Elle est un facteur d'équilibre et de dynamisme pour l'Europe. Nous avons ainsi acté une série de coopérations importantes soit par des positions communes que nous défendrons ensemble au niveau européen ou international soit par des initiatives bilatérales concrètes et la déclaration conjointe très précise justement qui a été conclue.

Le travail de nos ministres, que je remercie pour la préparation et leur présence, permet d'acter justement toutes ces convergences. En matière de défense, notre coopération s'illustre au premier plan par le partenariat entre Naval Group et Fincantieri dans le domaine de la construction navale militaire et la déclaration échangée par nos ministres et nos groupes.

Au plan opérationnel, nous sommes également convenus de renforcer notre coopération, notamment en Méditerranée orientale, et d'y assurer le respect du principe de libre navigation mais également en agissant ensemble pour garantir la sécurité dans le détroit d'Ormuz ou au Sahel. Ces coopérations militaires viennent en appui d'initiatives communes et d'une coordination toujours plus étroite que nous voulons prendre sur les grands dossiers internationaux. Vous l'avez rappelé, je me félicite de tout le travail qui a été fait ces derniers mois sur le sujet libyen. Nous travaillons main dans la main et les ministres l'ont dit, d'ailleurs nos conseillers diplomatiques seront avec le conseiller diplomatique de la chancelière Merkel sur place pour coordonner des contacts stratégiques, nos ministres travaillent ensemble étroitement et je pense que la coopération italo-française sur le dossier libyen est absolument essentielle pour trouver un aboutissement et en particulier faire respecter l'embargo sur les armes, comme vous l'avez évoqué. À ce titre nous allons aussi relancer dans les prochaines semaines tout le travail de surveillance et de coopération en Méditerranée au niveau européen et je sais qu'ensemble nous oeuvrerons également pour un mandat ambitieux qui permettra d'agir en ce sens. C'est la même coordination que nous voulons sur le sujet sahélien, sur le dossier iranien comme aussi en Syrie.

Je vous rejoins pleinement pour dire ici notre condamnation très claire et solennelle de ce qui est en train de se passer depuis plusieurs jours, plusieurs semaines en Syrie et tout particulièrement dans la région d'Idlib. Le régime syrien, aidé par ses alliés, procède à des attaques qui ne sont pas simplement la lutte contre le terrorisme mais véritablement relèvent d'un scandale humanitaire : des destructions de centres médicaux, le non-respect du droit humanitaire international, les attaques contre les civils ne peuvent être acceptés. Je veux ici dire combien l'ensemble des membres permanents du Conseil de sécurité doivent dans cette période prendre leurs responsabilités et savoir dans cette enceinte condamner cette action comme nous avons décidé de la prendre au niveau européen ensemble en nous coordonnant aussi sur les actions humanitaires à conduire et les positions que vous avez rappelées.

Dans le domaine de l'économie et de l'innovation, vous avez parfaitement rappelé nos choix communs. Nous avons aujourd'hui acté la mise en place d'actions de financement communes entre la Caisse des dépôts italienne et la BPI du côté français. Nous allons continuer de faire oeuvrer ensemble justement nos jeunes entreprises innovantes de la même manière que nous continuerons d'avancer dans un agenda industriel ambitieux.

Nos ministres ont à cet égard eu des propos forts qui consistent d'une part à faire avancer l'agenda européen en la matière mais aussi à favoriser les coopérations industrielles communes et les grands projets. Nous en avons aujourd'hui, cela a été rappelé dans le naval, nous en avons dans l'automobile. Je pense qu'il nous faut aussi bâtir en matière spatiale car l'espace doit être un lieu de coopération franco-italien encore plus important.

Mais ce sont au fond des liens humains qui constituent le coeur de notre relation bilatérale. Nous fêtons cette année, et vous l'avez rappelé, le dixième anniversaire de l'Esabac qui permet à des lycéens français et italiens d'acquérir simultanément le baccalauréat et son équivalent italien. Nos ministres tout à l'heure ont rappelé l'importance de ce dispositif : près de 26.000 lycéens participent actuellement à ce programme que nous allons encore développer.

Je pourrais également citer les universités européennes qui, là aussi, sont un projet que nous soutenons l'un et l'autre et qui lient très profondément nos grandes institutions de part et d'autre dans des projets désormais conjoints.

Vous avez également parfaitement rappelé l'importance de notre agenda culturel, nos ministres là aussi l'ont redit, avec des projets communs, avec une coopération en matière de patrimoine culturel au niveau européen mais aussi au niveau bilatéral et avec des projets que nous avons relancés il y a quelques mois et sur lesquels les ministres ont pu s'exprimer que nous allons poursuivre. Je sais combien les femmes et les hommes qui font la vie culturelle entre nos deux pays souhaitent cela et vont continuer sur ce chemin.

Fondée sur une proximité culturelle et historique sans égal en Europe, la relation franco-italienne ne se limite pas à tous ces sujets bilatéraux, je ne vais pas reprendre tout ce que vous avez dit en la matière qui était formidablement complet, mais c'est aussi une ambition européenne commune. Notre Europe, vous l'avez dit, vit un moment très particulier face à des grandes crises internationales, aux défis de la puissance, à un moment où le Brexit est aujourd'hui à gérer, et nous avons, sur l'élargissement, le Brexit, la conférence sur l'avenir de l'Europe, défini des agendas communs.

Je veux simplement insister sur quelques sujets européens où vraiment notre convergence et notre travail commun sera indispensable. Le premier c'est sans doute le climat. Nos ministres l'ont dit, nous avons un agenda en matière de climat et de biodiversité très important durant cette année 2020 et nous allons donc ensemble travailler parce que nous partageons ce sentiment d'urgence. D'abord avec des projets concrets, là aussi sur le plan bilatéral. Je me félicite que nous ayons pu relancer la délégation de service public de l'autoroute ferroviaire alpin qui va permettre justement de faire ce qu'on appelle du transfert modal et de limiter les émissions. Je me félicite aussi qu'on ait eu des projets concrets comme ceux que les ministres viennent de signer qui permettent les coopérations ensemble sur justement la recherche et notre coopération scientifique polaire. Nous avons aussi un agenda international sur lequel nous allons nous coordonner pour justement mobiliser notre jeunesse comme nos chercheurs. La préparation de l'UICN à Marseille à laquelle vous serez partie prenante, évidemment la COP Biodiversité en Chine et la COP de Glasgow en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Mais plus largement, nous allons aussi ensemble porter ces ambitions climatiques dans l'agenda européen, la mise en oeuvre du Green Deal. Ce que nous devons cette année justement réussir à acter ce sont nos objectifs climatiques plus ambitieux pour 2030.

Sur le plan de la politique économique, nos ministres depuis plusieurs mois travaillent ensemble et, au-delà des coopérations bilatérales, notre Europe et tout particulièrement notre zone euro a besoin d'une politique budgétaire et économique beaucoup plus ambitieuse, et je crois que nous nous retrouvons pleinement sur ce point. Quand nous regardons aujourd'hui à l'échelle mondiale notre situation, nous avons une politique monétaire qui ne peut plus répondre aux défis de la croissance européenne, et tout particulièrement de la zone euro, et donc des politiques budgétaires qui doivent être beaucoup plus largement sollicitées pour préparer notre avenir et pour être au rendez-vous d'une croissance indispensable pour notre économie mais aussi pour nos sociétés et lutter efficacement contre le chômage. Ce "policy mix" européen nouveau, et donc cette équation politique en particulier budgétaire de réforme économique et de politique monétaire, est ce que nous devons ensemble pousser, et je souhaite que nous puissions avancer sur ce point.

Il y a aussi, et les ministres de l'intérieur y sont revenus, la question migratoire. Notre coopération bilatérale est exemplaire en la matière. Plusieurs initiatives ont été rappelées. Nous avons acté des contrôles conjoints et une coordination plus étroite aux postes frontière. Nous avons amélioré notre coopération dans tous les domaines. Mais sur le plan migratoire, il nous faut aujourd'hui, ensemble, réussir à donner une nouvelle ambition à l'agenda européen. Les propositions qui seront faites au début du mois de mars par la Commission et le Sommet que nous aurons à tenir au mois d'avril sont absolument essentielles, et je le dis parce que nous avons des destins liés. L'Italie est un pays d'arrivée. Vous avez eu à subir, par les années passées, des pressions migratoires extrêmement fortes qui ont déstabilisé parfois politiquement votre pays, et l'Europe a eu une responsabilité, j'ai eu l'occasion de le dire en septembre dernier, lorsqu'elle n'a pas été au rendez-vous de la solidarité. La France est aujourd'hui le premier pays d'accueil secondaire. Disons-le de manière plus simple et politiquement non correcte : quand on ne sait pas traiter le sujet en Italie, cela devient un sujet en France de toute façon.

Nous avons des destins liés. Il nous faut aujourd'hui bâtir une vraie politique européenne d'abord de coopération avec les pays d'origine beaucoup plus ambitieuse, ensuite de protection commune de nos frontières, de gestion commune des flux migratoires et de l'asile et de solidarité et de responsabilité commune, et sortir des clivages dans lesquels l'Europe s'est installée. Nous avons acté de travailler ensemble sur ce sujet ô combien essentiel.

Je ne vais pas poursuivre plus longuement. Sur tout ce que je n'ai pas évoqué, je suis d'accord avec le président Conte, qui a été très complet, et je n'ai rien à retrancher à ce qu'il a dit. Je veux simplement conclure en disant que nous avons véritablement relancé, consolidé cette relation centrale en Europe, et c'est pour cela que je crois que ce projet d'un traité du Quirinal que vous avez rappelé est extrêmement important. Je souhaite que, dans le semestre qui vient, nous puissions, comme nous nous le sommes dit tous les deux, pouvoir justement, sur la base du travail du groupe des sages, maintenant accélérer, rentrer dans des projets très concrets et pouvoir finaliser ce travail qui permettra d'acter une étape importante.


Voilà, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs les Ministres, ce que je souhaitais dire en vous remerciant à nouveau pour votre accueil, pour la qualité du travail commun et pour l'amitié qui lie l'Italie et la France. Merci, cher Giuseppe.

Italie France - Italie Epidemie Relations bilaterales 207000578
Date et heure de mise à jour

Déclaration à la presse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les relations entre la France et le Mozambique, à Maputo le 21 février 2020.

Déclaration à la presse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les relations entre la France et le Mozambique, à Maputo le 21 février 2020. Jean-Yves Le Drian 21/02/2020 France-Mozambique Déplacement à Maurice, Madagascar et au Mozambique du 20 au 22 février ; audience auprès de M. Filipe Jacinto Nyusi, président de la République du Mozambique

Je voudrais vous dire, Mesdames et Messieurs, que je suis très heureux d'être aujourd'hui au Mozambique. La dernière visite d'un ministre des affaires étrangères français dans ce pays remonte à il y a vingt ans. Donc il était temps de venir.

Je sors d'un entretien très fructueux avec le président Nyusi, et nous avons évoqué ensemble le dynamisme de notre coopération actuelle et des nouvelles perspectives qui s'offrent à nous. Si je suis venu ici, c'est pour voir comment nos deux pays peuvent aller plus loin ensemble dans un esprit de confiance, d'amitié et de respect. Et après cet échange, je suis tout à fait convaincu que le président Nyusi partage totalement cette ambition commune.

Le 6 août dernier, le Mozambique s'est engagé dans la voie de la paix en signant un accord historique. Des élections générales et présidentielle ont eu lieu au mois d'octobre et de nouvelles autorités sont désormais en place. Comme je l'ai rappelé au président Nyusi au cours de notre entretien, la France veut se tenir aux côtés du Mozambique, à la fois pour appuyer la mise en oeuvre de cet accord et aussi pour contribuer au développement économique du pays.

La ministre des affaires étrangères a rappelé tout à l'heure qu'il y avait déjà ici au Mozambique une coopération économique avec la France qui était significative. Cent entreprises, douze mille emplois, dans des secteurs autour de l'agroalimentaire, de la pêche, de l'énergie durable. Et comme vous le savez, des investissements majeurs ont été confirmés par des grands groupes français récemment.

Le Mozambique est sur le point de devenir un producteur de gaz de tout premier plan, et les entreprises françaises ont une expertise et des ressources importantes à faire valoir dans ce domaine dans une logique gagnant-gagnant. La logique gagnant-gagnant, cela veut dire que les investissements français produisent des créations d'emplois et on peut envisager plus de quatorze mille emplois dans les prochaines années sur cette nouvelle disposition, cette nouvelle perspective. Gagnant-gagnant, cela veut dire aussi que nos entreprises puissent promouvoir une croissance inclusive et durable au Mozambique.

Vous avez évoqué, chère Ministre, l'ensemble des sujets que nous avons abordés avec le président Nyusi, y compris des questions liées à la sécurité maritime. Nous nous situons dans une logique de voisinage tant nos enjeux et sécuritaires et de coopération sont communs. Et nous aurons l'occasion de le redire au moment du sommet Afrique-France auquel participera le président du Mozambique.

Je voudrais terminer en soulignant deux points complémentaires de notre coopération et de notre partenariat. D'abord la force de notre coopération culturelle, en particulier au centre culturel franco-mozambicain où je vais me rendre maintenant. Celui qu'on appelle le centre "Franco", c'est ça ? Pas en référence à l'Espagne, mais en référence à la France.

Je voulais aussi souligner la force de la présence de l'enseignement du français au Mozambique qui a complètement explosé. Il y a un demi-million d'apprenants du français grâce à l'ensemble des écoles initiées par le partenariat très fructueux passé entre les autorités académiques du Mozambique et l'impulsion donnée par l'ambassade de France.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 26 février 2020

Mozambique France - Mozambique Relations bilaterales Relations economiques Cooperation culturelle 203000511
Date et heure de mise à jour

Déclaration à la presse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les relations franco-malgaches, à Tananarive le 20 février 2020.

Déclaration à la presse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les relations franco-malgaches, à Tananarive le 20 février 2020. Jean-Yves Le Drian 20/02/2020 France-Madagascar Déplacement à Maurice, Madagascar et au Mozambique du 20 au 22 février ; audience auprès du président de la République de Madagascar

Cette visite à Madagascar va se poursuivre, demain. Le président Rajoelina était venu à Paris, deux fois, en France, deux fois, au mois de mai pour une rencontre officielle, j'avais eu l'occasion de le rencontrer à ce moment-là. Et puis, ensuite, à Lyon, au mois d'octobre pour la manifestation du fonds mondial de lutte contre le Sida.

Nous avions beaucoup apprécié, nous lui avons dit, le plan Emergence, par lequel il veut mobiliser les forces de Madagascar pour faire en sorte qu'on puisse sortir des difficultés lourdes qui existent dans ce pays. Et j'ai annoncé tout à l'heure notre contribution, dans l'immédiat, à ce plan Emergence, qui est significative : 240 millions d'euros, ce n'est pas rien. Et c'est un plan qui a deux objectifs, une décision qui a deux objectifs pour nous : le premier, c'est de répondre aux préoccupations des autorités de Madagascar, à ses choix qui ont été validés par des votes. Et puis, le deuxième, c'est d'être en priorité sur les enjeux de vie quotidienne, ce qui puisse montrer à la population que des progrès concrets existent dans le domaine de l'eau, dans le domaine de l'électricité et dans le domaine de l'éducation en particulier. Ce seront nos priorités dans nos contributions dont on vient de parler avec le président et ses collaborateurs.


Q - (Inaudible) Souveraineté des îles Eparses

R - C'est un sujet qui mérite une discussion approfondie. Comme vous le savez, les deux présidents s'en sont parlé au mois de mai. Ils ont décidé de mettre en place une commission mixte pour à la fois échanger nos arguments juridiques, échanger aussi nos propositions de développement sur les zones concernées. Il y a eu une première réunion qui s'est tenue au mois de novembre. Il va maintenant y avoir une deuxième réunion et le travail va se poursuivre en confiance, en amitié et en clarté. Merci.

Q - Est-ce qu'on a une date pour la deuxième réunion

R - Pas encore, mais cela ne va pas tarder.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 26 février 2020

Madagascar France - Madagascar Relations bilaterales Aide au developpement 203000508
Date et heure de mise à jour

Déclaration à la presse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur l'aide française en faveur du développement de Madagascar, à Tananarive le 20 février 2020.

Déclaration à la presse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur l'aide française en faveur du développement de Madagascar, à Tananarive le 20 février 2020. Jean-Yves Le Drian 20/02/2020 France-Madagascar Déplacement à Maurice, Madagascar et au Mozambique ; Rencontre avec la communauté française

Messieurs les élus,
Monsieur l'Ambassadeur,
Mesdames et Messieurs les Conseillers consulaires,
Mesdames et Messieurs,


J'étais hier à Port-Louis et je serai demain à Maputo. Mais, ce soir, je suis très heureux d'être avec vous à "Tana", au terme d'une après-midi très riche qui, je crois, aura permis de consolider les liens qui unissent la France et Madagascar. Ces liens, vous qui avez choisi de faire votre vie ici, vous en connaissez tous la densité et l'importance. Et vous êtes sans doute les mieux placés pour apprécier ce que l'on peut considérer comme une dynamique nouvelle, voire même une dynamique prometteuse, dans laquelle essaie de s'insérer notre relation bilatérale.

La France veut bâtir un rapport nouveau au continent africain, veut bâtir un rapport nouveau à l'océan Indien, et cela passe nécessairement par le renforcement de notre coopération avec Madagascar. Il y a là comme une évidence, ancrée dans notre histoire commune, une histoire tourmentée, une histoire parfois douloureuse, c'est vrai, mais une histoire que nous devons regarder en face et dont je crois que nous pouvons nous ressaisir ensemble, dans le respect des mémoires, afin de travailler, main dans la main, à construire le présent.

Les traits d'union entre nos deux pays et nos deux peuples ne manquent pas, à commencer, bien sûr, par la francophonie qui est aussi un puissant vecteur d'ouverture et de développement pour Madagascar. Evidence de l'histoire, donc, mais aussi évidence du moment, une forme d'occasion à saisir, car Madagascar se trouve à un moment charnière. Avec une transition démocratique réussie, une page s'est tournée et le président Rajoelina, avec lequel je me suis longuement entretenu tout à l'heure, est manifestement déterminé à donner un nouvel élan à son pays. Et comme je le lui ai dit : nous serons là, à ses côtés, aux côtés des Malgaches, pour soutenir le plan Emergence et lutter avec eux contre le retard de développement extrême dont souffre ce pays.

Et pourtant cette île exceptionnelle a tout pour réussir, j'en suis convaincu, vous le savez vous-mêmes, un potentiel humain extraordinaire, une nature incroyable, des ressources économiques considérables, une situation stratégique de première importance, entre l'Afrique et l'océan Indien. Alors, ce que j'ai dit au président Rajoelina, c'est que la France, qui est déjà très présente à Madagascar, peut aider son équipe à transformer l'essai. Il y a ici une équipe de France, que nous pouvons et que nous voulons mettre au service du développement et du progrès. J'ai dit "transformer l'essai", j'aurais pu dire "marquer des buts", car j'ai vu, comme vous, les performances des "Barea" lors de la dernière CAN, mais c'est d'ailleurs un très bel exemple de l'amitié et de la proximité entre nos deux pays puisque l'entraîneur et plusieurs joueurs sont français... bel exemple.

La France à Madagascar, c'est une présence affirmée dans le secteur économique, aéronautique, les infrastructures, les communications, le tourisme, l'agroalimentaire. La France à Madagascar, c'est un formidable réseau culturel et éducatif, qui ne compte pas moins de 23 établissements d'enseignement français qui accueillent près de 12 000 élèves, pas moins de 29 Alliances, un très bel Institut français ici à Tananarive. La France, ce sont à Madagascar les opérateurs scientifiques d'excellence, le CIRAD, l'IRD, l'Institut Pasteur, que je visiterai demain. La France à Madagascar, ce sont des projets de coopération ambitieux, portés principalement par notre opérateur, l'Agence française de développement, et j'ai annoncé tout à l'heure que dans les quatre prochaines années, jusqu'au terme du mandat présidentiel actuel, la France engagera ici 240 millions d'euros, soit en dons, soit en prêts, pour les projets significatifs du plan Emergence. La France à Madagascar, ce sont des ONG, ce sont des volontaires internationaux, en un mot, c'est vous, avec vos compétences, votre énergie, votre connaissance intime de cette île.

Cette île, je sais que vous l'aimez. Certains d'entre vous y sont nés. Certains y ont des attaches familiales. Beaucoup ont même la double nationalité. Tous, vous voulez la voir se relever, j'allais dire se relever enfin. Chacun, dans votre domaine, vous avez donc un rôle de premier plan à jouer pour donner, avec nous, un nouveau départ à la coopération franco-malgache.

À mon sens, il y a deux urgences. La première, c'est la restauration de l'autorité de l'Etat. Pour avancer, Madagascar a besoin d'institutions renforcées, d'une gouvernance efficace et transparente, de moyens conséquents pour garantir sa sécurité terrestre et sa sécurité maritime. Et par des actions de formation, de coopération opérationnelle, par de nouveaux équipements, nous pouvons aider le président à suivre le cap qu'il s'est fixé. La seconde urgence, c'est le développement. Développement solidaire, au profit des populations, un développement durable, respectueux de la biodiversité - et j'aurai demain à cet égard un échange approfondi avec des représentants de la société civile.

Et ce développement solidaire et durable, comment pouvons-nous, nous, y contribuer ? D'abord, me semble-t-il, en aidant Madagascar à se doter d'infrastructures de meilleure qualité. Tous les secteurs sont concernés : les transports, l'énergie, l'eau, ou encore le numérique, parce que c'est une condition sine qua non, me semble-t-il, au décollage de l'économie malgache. Les entreprises françaises doivent être au rendez-vous, elles seront au rendez-vous. Je l'ai dit au président, en précisant que ces entreprises ont besoin de stabilité juridique, de règles du jeu transparentes, bref d'un environnement sûr, et je sais vos inquiétudes sur ce sujet. Et j'en ai fait écho.

Ensuite, il faut lutter contre la pauvreté et pour l'amélioration des conditions de vie des Malgaches. Et de ce point de vue, les deux accords de coopération que nous venons de signer dans les secteurs essentiels de l'éducation sont importants. Et nous serons également amenés à agir ensemble dans le domaine de la santé, dans le domaine de l'agriculture, dans le domaine de la rénovation urbaine. J'ai évoqué la mobilisation de l'AFD, je voudrais aussi, devant vous, saluer le travail de nos collectivités territoriales engagées aux côtés de leurs partenaires malgaches, et rappeler que Madagascar est le premier pays destinataire de l'aide de nos collectivités et de nos volontaires.

C'est pourquoi j'attends beaucoup de la participation des acteurs institutionnels privés et de la société civile malgache au prochain sommet Afrique-France qui se tiendra début juin à Bordeaux, mais je sais que tout ça est en préparation plutôt positive.

Avant de vous rejoindre, il y a un instant, j'ai eu le grand plaisir d'inaugurer le nouveau bureau de la représentation de Mayotte à Madagascar, au sein de l'ambassade de France. Je salue les élus mahorais qui étaient présents, ou qui -je ne sais pas- ont pu arriver ce soir, ici. C'était une manière très concrète de renforcer la coopération entre nos territoires, et dans le même temps d'assurer la place de Mayotte dans son environnement régional, et donc la place de la France dans l'océan Indien.

Et à ce sujet, je veux dire un mot des îles Eparses, du canal de Mozambique. Je sais que cette question vous préoccupe, vous n'êtes pas les seuls, mais c'est sur ce sujet, que j'ai évoqué avec le président Rajoelina tout à l'heure, que nous devons poursuivre le dialogue dans un esprit de confiance et essayer de part et d'autre de trouver des solutions satisfaisantes pour nos pays. Les deux présidents Macron et Rajoelina se sont engagés sur cette démarche, ce qui veut dire commission mixte et elle a tenu sa première réunion, une deuxième doit avoir lieu assez rapidement, c'est dans cet esprit-là et cette volonté-là que nous devons continuer notre travail ensemble.

Voilà, mes chers amis, nous avons une occasion historique d'écrire un nouveau chapitre de la relation qui unit la France à Madagascar. Et je compte sur vous pour nous aider à la saisir. Car tous, autant que vous êtes, entrepreneurs, coopérants, commerçants, enseignants, travailleurs humanitaires, fonctionnaires, chercheurs, volontaires internationaux, vous êtes tous les visages de l'amitié franco-malgache dans sa richesse et dans sa diversité. Alors merci de ce que vous faites déjà au quotidien pour cette île et pour notre pays, et surtout, merci pour ce que vous ferez encore demain. Bonne soirée à vous.


Vive la France, vive Madagascar, vive l'amitié franco-malgache !


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 26 février 2020

Madagascar France - Madagascar Aide au developpement Relations bilaterales 203000510
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